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MITTERRAND FRANCOIS

D’un beau jour de 1965 où, au Palais de la Bière à Lille, j’ai fait tout simplement parti de son service d’ordre quand il vint y lancer sa première campagne présidentielle, au 10 novembre 1995, dans son appartement de la rue Frédéric Le Play à Paris où je l’ai vu souffrant face à sa mort qui se rapprochait, me confiant les pas qu’il venait de compter sur l’esplanade des invalides, mais l’œil encore pétillant et l’esprit toujours aussi affûté en évoquant  les femmes et les hommes du moment, François Mitterrand a été de près ou de loin présent, tout au long d’une grande partie de ma vie.

 

Je suis donc fier de faire partie de ce qu’on a appelé « la Génération Mitterrand » et ce, malgré depuis, quelques révélations qui m’ont fait mieux prendre conscience de la complexité de son personnage.

 

Pendant 30 ans, je l’ai ainsi rencontré régulièrement. De Clermont Ferrand au temps de la FGDS, à Paris en mai 68 puis plus tard en 1978 dans un restaurant des Halles où il m’avait convié, à Villeneuve d’Ascq où il est venu, en tant que Premier Secrétaire du Parti Socialiste, passer une journée entière inaugurer la place Léon Blum et faire une conférence à la Rose des vents,… (en l’absence de Pierre Mauroy et de ses lieutenants), à Metz lors du congrès où je fis l’erreur grossière de vouloir ménager Michel Rocard, à Paris encore où je fus de ceux qui l’invitèrent à être candidat en 81 avant de lui pronostiquer un peu plus tard qu’il allait être élu, à Paris toujours le 24 mai 1981, où j’ai fais parti de ses invités personnels lors de son intronisation, à Paris, à Lille, à Villeneuve d’Ascq, à Liévin et ailleurs… sous la Manche et au Parlement européen, à l’Élysée souvent, dans d’autres lieux parfois, pour une heure ou deux, parfois plus, souvent moinsil m’a régulièrement interrogé, souvent écouté… quelques fois entendu.

 

Je ne faisais certes pas parti du « premier cercle ». Pas question pour moi de Week-end à Latché, ni de Roche de Solutré ni du Vieux Morvan à Château Chinon… mais j’étais de ceux à travers lesquels il prenait en permanence « le pouls » des français.

 

Somme toute, je l’ai vu plus souvent que ce qu’en savent les membres de sa cour de l’époque, qui, depuis, ont tout fait pour le faire oublier mais aussi moins souvent que j’aurai voulu le croire.

 

Il ne m’a jamais proposé le poste de Ministre que je n’ai d’ailleurs jamais souhaité obtenir.

 

Je lui dois pourtant mon premier mandat de Député européen en 1989 alors qu’il me demandait d’entrer dans son équipe de collaborateurs élyséens.

 

J’ai été plus souvent dans les foules qui le portaient que parmi celles et ceux qui l’encadraient sur les photos.

 

Je l’ai toujours soutenu. Je ne l’ai jamais trahi et… accessoirement je ne l’ai jamais renié y compris au nom du trop fameux « droit d’inventaire ».

 

Oui pour moi, François Mitterrand fait parti de ces personnages rares que l’Histoire conserve et qui donc conserve aussi en ombre portée celles et ceux qui l’ont approché.

 

Pour conclure, si j’avais une seule image à retenir de lui je décrirais le Président très malade mais debout face aux députés européens l’acclamant plus de 20 fois, déclarant sa foi européenne pendant une heure. C’était en janvier 1995 à Strasbourg où après l’hémicycle il avait passé près de deux heures en Préfecture avec tous les représentants de la galaxie européenne…

 

Ce fut un moment unique dans la vie du parlement. Cinq mois plus tard, en fin de présidence française, c’était Jaques Chirac qui « s’y collait » sous les hués de parlementaires en colère.

 

Il faut dire que si le premier avait dénoncé en janvier le nationalisme fauteur de guerre, le second, entre temps, avait relancé les essais nucléaires militaires de le France.

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