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FUSION (LA)

La consommation d’énergie dans le monde atteindra, en 2050, au moins 2 fois sa consommation actuelle. L’épuisement des combustibles fossiles rend indispensable le développement de nouvelles énergies qui devront satisfaire des critères économiques et prendre en compte des exigences d’environnement, de sûreté, de disponibilité des ressources. L’énergie de fusion répond à ces exigences.

 

Rappelons que pour produire de l’énergie, il faut réaliser une transformation dans laquelle, entre l’état initial et l’état final, un peu de la masse des corps en jeu a disparu. Ce défaut de masse se retrouve sous forme d’énergie par la formule E=mc2.

 

Si on part du noyau d’un atome lourd (par exemple l’atome d’uranium) pour en faire des atomes plus légers : c’est la fission et donc la centrale nucléaire classique.

 

Si on part de noyaux d’atomes légers (exemple le deutérium et le tritium) pour construire des atomes plus lourds : c’est la fusion.

 

Intérêts de la fusion :

 

Le premier intérêt réside dans la quantité d’énergie obtenue et dans la disponibilité des éléments employés, l’hydrogène et ses isotopes, le deutérium et le tritium.

 

Le deutérium existe en abondance dans l’eau de mer. Le tritium peut être produit à partir de réactions entre des neutrons et deux isotopes du lithium issus de la croûte terrestre et de l’eau de mer.

 

A titre d’illustration, on peut estimer que la fusion du deutérium contenu dans un litre d’eau de mer permettrait d’obtenir une énergie équivalente à la combustion de 300 litres d’essence.

 

Par ailleurs, la fusion produit peu de déchets et la durée de vie de ces déchets est courte.

 

Enfin, la fusion se contrôle à tout instant et ne présente aucun des risques de la fission (il n’y a pas de réaction en chaîne).

 

Le projet ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor) est né avec les Etats-Unis, la Russie, le Japon et l’Europe (à laquelle s’est associé le Canada et plus récemment la Chine), sous les auspices de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique.

 

La phase d’ingénierie détaillée achevée en juillet 2001, il a fallu, dès lors, s’occuper du site d’ITER, des conditions de financement de la construction ainsi que des contours juridiques de la future entité qui aura en charge sa construction et son exploitation.

 

En 2002, le Parlement européen a voté les crédits nécessaires à ITER dans le cadre du 6ème PCRD.

 

En 2005 le lieu d’implantation est enfin choisi : ce sera en France à Cadarache.

 

ITER sera ”la première machine” qui intègrera les technologies essentielles à la préparation du futur réacteur à fusion, en particulier dans le domaine du confinement électromagnétique.

 

C’est un enjeu planétaire majeur que de fournir à l’humanité cette énergie dont elle aura besoin et donc un enjeu qui exige une réponse elle-même planétaire.

 

Il n’y a plus de temps à perdre :

 

– ni pour construire ITER,

– ni pour poursuivre toutes les recherches sur la FUSION

– ni pour former les chercheurs et techniciens qui travailleront sur le réacteur expérimental avant de construire et de faire fonctionner un réacteur ”Fusion” opérationnel.

 

« Il est revenu le temps des cathédrales ! »

 

(les premiers bâtisseurs savaient qu’ils ne verraient pas leur oeuvre achevée… mais ils savaient qu’ils devaient l’entreprendre.)

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