Carnet n°725 du 22 août 2022

« Dans la tourmente des temps… (suite) »

L’été, disais-je la semaine dernière, une saison propice à une recherche d’un certain repos et, disais-je aussi, une période propice à une réflexion sur la et sa vie que l’on peut remonter tout au long de sa mémoire en se projetant parallèlement dans un avenir aux contours incertains et à l’échéance inconnue… 

Quel voyage, émouvant et angoissant à la fois !

C’est ce que j’ai encore fait, de retour à Villeneuve d’Ascq, durant la semaine écoulée et, pour ce qui me concerne, en me posant une question « existentielle » : 

comment le petit garçon que je fus, né en 1945 dans un village d’une centaine d’habitants d’une mère polonaise de naissance et d’un père aux parents tout aussi modestes

un petit garçon timide et peu bavard qui, de Chailvet à Laon, a fait ses études avant de travailler, pour les poursuivre, à Lille et Clermont Ferrand en alternant un travail aux Services du Trésor Public avant un à l’Éducation Nationale, 

comment ce garçon, devenu adulte, a-t-il pu vivre et organiser dès l’âge de 30 ans « un grand basculement » qui l’a vu ensuite durant 47 ans élu de Villeneuve d’Ascq, Maire de cette ville, conseiller à la Communauté Urbaine (aujourd’hui MEL), conseiller départemental durant 6 ans et Député Européen durant 15 ans ?

Comment donc ce petit garçon dont les copains, amis et relations natifs de son même village et de ses villes d’adoption, devenu adolescent puis adulte a-t-il pu contribuer largement à construire la belle et grande Ville  qu’est aujourd’hui Villeneuve d’Ascq, contribuer plus modestement à transformer la Métropole Lilloise et contribuer encore plus modestement à construire l’Union Européenne tout en militant pour une social-démocratie Républicaine, solidaire, empreinte de libertés et laïque ?

J’avoue que je n’en ai pas la réponse, mais si un jour il m’arrivait d’écrire « des mémoires » ce sont ces questions qui en seraient le cœur en forme de dialogue non pas pour « me dresser un monument » mais pour essayer de convaincre une partie de notre jeunesse qui, comme moi, « n’est pas née avec une cuillère d’argent dans la bouche » que si « rien n’est jamais acquis », comme le chantait Georges Brassens, rien n’est jamais réglé d’avance et encore moins ni impossible ni perdu à priori… et que donc il ne faut jamais désespérer de rien.

Somme toute, si dans la vie tout ne dépend pas de nous, beaucoup dépend quand même de nous quelles que soient « les tourmentes des temps… »

Très simplement, en ce peu de temps de vie qui me reste sans doute, je voudrais être ce témoin  tout en parachevant mon travail pour ma ville et pour la Métropole de Lille et tout en défendant un modèle de société Républicaine démocratique, progressiste et laïque , « pas trop en forme aujourd’hui » vu le nombre de forces, de pays, de dirigeants et de responsables politiques de tous bords qui s’emploient, pour des raisons multiples à mettre à mal tout ce qui aura toujours été au cœur de tous mes engagements publics.

Dans « la tourmente des temps », disais-je, j’ai donc revisité le et mon passé pour en tirer des forces nécessaires pour continuer à construire modestement notre avenir.

Maintenant , à une autre échelle , comme prévue si la pluie, en réduisant les incendies, a brutalement remis sur tous les écrans de nos télévisions et à la « une » de tous les journaux, l’Ukraine, Poutine, les risques nucléaires et les violences de tous ordres, de toutes natures et à tous les niveaux,

et même si heureusement « les quatre cavaliers de l’Apocalypse » porteurs d’armes, d’épidémies, de violences et de famines ne font encore que tourner au-dessus de nos têtes, 

en terme de langages de celles et de ceux qui, se faisant, « intéressent les plateaux télé », on parle de plus en plus de risques sinon même de début de la Troisième Guerre Mondiale.

Personnellement je n’en suis pas là, même si je sais qu’elle est peut-être déjà commencée, en rappelant qu’on ne connait la date de début d’une guerre et la date de sa fin qu’après qu’elle ait eu lieu…

Je rappellerai, pour illustrer mon propos, que ce sont les historiens qui ont fait ainsi le choix des dates pour « la Guerre de cent ans » (de 1337 à 1453… (excusez du peu… s’agissant de la précision des dates), comme celles de bien d’autres guerres qui ont égrené l’histoire de l’espèce humaine depuis ses débuts, et pour prendre peut être un exemple plus significatif de ce que connaît l’occident en ce 21 ème siècle : « la chute de l’empire Romain d’occident ».

Si , en effet, certains historiens ont fixé la date de sa fin le 4 septembre 476 lors de l’abdication de l’Empereur Romulus Augustule devant Odoacre chef des Hérules, des « barbares »  alliés aux Huns d’Attila eux-mêmes venus d’Asie via l’est du continent européen,

il est plus raisonnable de parler pour Rome d’une longue période de déclin, sans doute beaucoup plus longue même si comparable que ce qu’a connu l’occident au long du 20ème siècle avec ses 2 guerres mondiales avant son accélération en ce début de 21ème

Entre et autour du « sac de Rome  » en 410 par Alaric , la bataille de Soissons en 486 quand Clovis vainquit et exécuta le dernier Général Romain en Gaulle, il y a sans doute encore des dizaines voire une ou deux centaines d’années de déclins  ce qui fait que « personne n’a jamais personnellement vécu la chute de l’Empire Romain » !

Reste qu’en « ces temps de tourmente » que nous vivons en ce moment , tout s’accélère qui touche bien plus qu’une civilisation pour concerner l’ensemble de l’espèce humaine qui semble contribuer à rendre notre planète inhabitable dans 50 ans ou dans un siècle si on ne prend pas toutes les mesures nécessaires pour tenter de l’éviter tout en s’adaptant au mieux aux conséquences d’une évolution qui nous impactent déjà.

Pour en revenir à des actualités plus récentes et plus proches, si je peux dire que j’ai apprécié le discours du Président Macron à Bormes-les-Mimosas à l’occasion du 78ème anniversaire du débarquement de Provence et si je crois aussi que « La Liberté » comme « notre survie » ont un prix qu’il nous faudra tous contribuer à payer, il serait plus « crédible » dans « son docte propos » s’il faisait aussi et d’abord payer ceux qui se sont « engraissés » de manière indécente tout au long de la crise du Covid et depuis le début de la guerre en Ukraine !

Il suffit de regarder pour cela l’explosion des pourcentages d’augmentations et des montants inouïs des grandes fortunes, sans oublier, à l’heure où on culpabilise les possesseurs de vielles voitures, les niveaux invraisemblables de pollutions des yachts des richissimes et de leur jets privés, (dernier chiffre entendu hier : le jet d’un milliardaire d’ailleurs bien connu vient de polluer en une journée autant qu’un travailleur avec sa voiture durant 10 ans !), et je ne parle pas de l’eau et de l’énergie gaspillées par les golfs, les piscines privées, la neige artificielle etc… (j’en passe et des meilleurs !)

J’en resterai là pour aujourd’hui… bien décidé à ne pas rester muet sur tous ces sujets voire sur tout ce qui concerne aussi nos institutions Républicaines et nos politiques pour assurer notre sécurité intérieure et extérieure, la pérennité de la France et la grandeur de l’Union Européenne.

Il faut arrêter de nous comporter comme « ces trois petits singes qui ne voient, ni n’entendent, ni ne parlent » !

Il faut en finir avec toutes les formes de lâchetés !

Il faut refuser toutes les décisions , tous les discours et tous les comportements qui pour « avoir une paix factice et temporaire » nous conduisent à des régimes et à une société qui n’aura plus rien ni de Républicaine, ni de citoyenne, ni de démocratique, ni de laïque ! 

… il faut donc arrêter, en finir et refuser et ce « quoiqu’il en coûte ! »

Si « certains » se cabrent devant l’obstacle, en ce qui me concerne, comme Léonard de Vinci :

« Tout obstacle renforce ma détermination »

et finalement c’est peut-être cela la réponse à ma question « existentielle » sur le sens de ma vie avec laquelle j’ai ouvert mon carnet n° 725 d’aujourd’hui…

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