Carnet n°707 du 19 avril 2022

« LE BAL DES GISANTS »

C’est à l’occasion d’un week-end de Pâques quasiment estival situé en cette année 2022 entre les deux tours des élections présidentielles que j’ai voulu retrouver « mes racines picardes » entre Laon, Royaucourt et Chailvet, Clacy et Thierret, Mons en Laonnois, le Chemin des Dames, le lac de l’Ailette, Soissons, Pierrefonds, le lac de Monampteuil , Chaillevois et Coucy le Château…

Une plongée dans le (et mon) passé illustrée de multiples images liées à l’Histoire ainsi qu’à mon enfance avec, en particulier, la visite du Château de Pierrefonds, un château féodal  » réinventé  » au 19ème siècle par Eugène Viollet-Le-Duc qui d’ailleurs  » travailla  » aussi sur le Château de Coucy avant que ce dernier ne soit quasiment rasé par l’armée Allemande car situé à une dizaine de kilomètres seulement du Chemin des Dames où l’affrontement entre l’armée française et l’armée allemande fit des centaines de milliers de morts, blessés et disparus en 1917… durant ce que l’on a appelé jusqu’en 1939  « la guerre européenne de 1914 »

Le Château de Pierrefonds, disais-je, qui servit depuis de lieu de tournage de plusieurs « films de capes et d’épées », un château féodal comme on en rêvait au temps de ma jeunesse et qui accueille aujourd’hui le long d’une de ses ailes, dans une mystérieuse pénombre, une centaine de gisants (sculptures funéraires pour rappeler le souvenir de défunts aux vivants dans diverses postures) initialement exposés à Versailles avant d’être déposés à Pierrefonds puis d’y être présentés à ses nombreux visiteurs.

C’est le nom de cette galerie, « le bal des gisants », qui m’a fait penser à la situation politique Française  au soir du premier tour des Présidentielles du 10 avril, avec 8 candidats à moins de 5%, un à 7% et un trio au dessus de 20% , trio qui fit d’ailleurs le titre de mon carnet 706 du 11 avril dernier.

D’où aujourd’hui le titre de mon 707ème carnet de ce mardi 19 avril« le bal des gisants » bien à l’image du PS, des LR et même des verts sans oublier Zemmour qui lui non plus n’imaginait pas obtenir un aussi médiocre score, des gisants que j’ai photographié  » dansants dans l’ombre »  tandis que d’autres sont allongés…, peut-être d’ailleurs finalement les mêmes, dans  » une attitude béate sinon souriante « ….

Restent « les trois » arrivés en tête dont deux sont sans doute « des gisants potentiels » .

Je pense bien sûr à Jean Luc Mélenchon dont on peine à imaginer une nouvelle candidature en 2027 (encore que…), un J.L.M. qui aurait pu, en 2017 après son bon résultat à près de 20%, s’engager sur la voie d’un François Mitterrand d’après 1965 et surtout d’après 1974 mais qui, lui, a préféré se replier sur un populisme que je ne qualifierai pas mais qui ne pouvait que l’écarter de la victoire.

Un « gisant », sans doute disais-je, dans une position, sourire aux lèvres, de  » premier opposant  » attendant « un nouveau mai 68 » après la victoire possible sinon probable d’Emmanuel Macron….

Je pense aussi à une Madame Le Pen avec son chat à ses pieds (c’est courant chez les « gisants » que d’avoir ainsi un petit animal couché près d’eux),

une Madame Le Pen qui, à ce jour, peut néanmoins encore gagner si le Président sortant persiste, pour se faire élire, à continuer de demander notre bulletin de vote uniquement pour battre l’extrême droite, sans renier ni ses échecs, ni ses fautes et surtout sans proposer un programme, une méthode et un comportement susceptibles d’être  » acceptables  » pour une femme ou un homme de gauche…

D’où un dernier gisant possible portant le nom d’Emmanuel Macron même si, heureusement, ce n’est pas le plus probable et surtout parce que, à son âge, tous les rebonds politiques  sont possibles auxquels quelques  » caveaux  » que ce soient ne sauraient résister…

A 9 jours du premier tour des Présidentielles et à 5 jours aujourd’hui du second, si le scénario final du dimanche 18 avril reste incertain, le paysage politique de la France d’aujourd’hui et de demain est bien à l’image du  » bal des gisants  » du Château de Pierrefonds…

Et cela est très angoissant sinon très inquiétant quel que soit le résultat et donc le nom du ou de la Président(e) qui s’affichera à 20 heures sur les écrans des  télévisions.

Que dire de plus aujourd’hui 19 avril 2022 dans une France qui « retient son souffle », une France largement « partagée » entre des campagnes et petites villes qui ont mis en tête Madame Le Pen tandis que les grandes votaient Mélenchon ?

Les analystes nous en diront sans doute davantage y compris en terme d’influence des religions lors de ce scrutin…

Que dire donc de plus sinon que beaucoup de Français(es) souffrent dans leurs quotidiens, que la planète souffre dans sa pérennité, que l’Europe souffre d’une guerre commencée à l’Est comme le fut déjà « la guerre européenne de 1914 » ?

Oui l’Europe est déjà en guerre sur une partie de son territoire dans une Ukraine meurtrie avec des crimes de guerre que personne n’aurait accepté dans les pays occidentaux si son responsable, M. Poutine, n’avait pas sous son doigt le déchainement nucléaire  » cher au Docteur Folamour « …

Si Hitler l’avait rêvé en 1944 , Poutine en a les moyens en 2022.

C’est donc peu de dire que le monde, l’Europe et la France n’avaient pas connu une telle situation depuis 77 ans (sinon beaucoup plus) entre une pandémie dont on ignore encore beaucoup de  » ses suites possibles de toutes natures « , une guerre européenne qui peut déboucher sur une troisième guerre mondiale nucléaire, avec à la clé  » ici et maintenant « , demain ou après-demain… , des mouvements insurrectionnels provoqués, accompagnés ou suivis de l’installation de régimes autoritaires populistes ou fascistes comme on en avait connu un peu partout en Europe et dans le monde au XX -ème siècle…

On y verra plus clair en France dimanche prochain au soir, en Europe d’ici le 9 mai et dans le monde dans les prochains mois…

Alors  » croisons les doigts  » sachant, pour que ce qui me concerne, mon appel à mes concitoyens qui est de bien réfléchir avant de voter, au Président sortant de ne pas oublier sa responsabilité, qui est grande, concernant notre situation d’aujourd’hui et des risques pour demain, à JL Mélenchon que c’est à lui de voir s’il veut n’être qu’un des  » fossoyeurs de la gauche  » ou plus justement l’un de ceux, le principal peut-être, qui pourrait encore la faire renaître.

Comme l’a dit Albert Camus :

                         « Le temps qui nous reste à vivre est plus important que toutes les années écoulées ».

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