Carnet n°687 du 29 novembre 2021

« On ne peut vivre sans raison »

Si, je l’avoue, j’ai de plus en plus de mal à écrire mon carnet hebdomadaire du lundi, « condamné » que je suis, comme beaucoup d’entre nous en ces temps  » innommables « , à me répéter à défaut de pouvoir me contredire, (même si je le voulais, ce qui n’est pas le cas), et ce, contrairement aux « Princes qui nous gouvernent » dont on mesure « les pulsions jubilatoires » en la matière,

en ce lundi 29 novembre 2021, c’est encore Albert Camus qui « me prêtera sa plume » pour « écrire (une partie de) mes mots », en particulier son titre : » On ne peut vivre sans raison « ,

un titre extrait d’une de ses pièces de théâtre, « Caligula » qui publiée en 1944 après « l’Étranger », « le mythe de Sisyphe » et « le Malentendu », constituera un des éléments de ce qu’Albert Camus lui même a appelé son « cycle de l’absurde »

« on ne peut vivre sans raison », 5 mots qui concluent un texte plus explicite :  » Perdre la vie est peu de chose et j’aurai ce courage quand il le faudra. Mais voir se dissiper le sens de la vie, disparaître notre raison d’existence, voilà ce qui est insupportable. On ne peut vivre sans raison « .

Et il est vrai que plus on vieillit, plus ce sentiment nous « taraude » avec, en tête, ces mots de Jacques Brel : « Mourir cela n’est rien. Mourir la belle affaire ! Mais vieillir, oh ! vieillir… », des paroles extraites d’une de ses célèbres chansons que je complèterai à ce stade par une citation de François Mitterrand dont on connait les « obsessions « en la matière :

            « La vieillesse n’est pas une question de mort, puisque la mort est certaine, c’est une question de santé ».

Alors oui, le plus difficile et en même temps le plus indispensable, c’est d’éviter, (chacun à notre niveau) « de voir se dissiper le sens de la vie et de voir disparaître notre raison d’existence ».

C’est aujourd’hui, je le redis, ce qui constitue le moteur de ma vie,  » un moteur  » qui m’a permis et qui me permet de continuer à me battre, envers, contre et malgré tout, pour l’avenir de notre planète et de l’espèce humaine avec, bien sûr, mes très modestes moyens, pour ma ville et mes concitoyens contre tout ce qui vise à détruire ses atouts et nos réussites, pour la MEL en tant que très modeste et très petit Vice-Président dans un monde politique où les rapports de force quantitatifs l’emportent sur tout le reste, 

pour mes valeurs Républicaines et laïques sans lesquelles l’Europe disparaîtra engluée qu’elle serait dans « un désordre mondial » dont on devine toutes les dimensions …

Somme toute, oui, pour que « les jours d’après », si les virus nous le permettent, soient de bien meilleures qualités que ce que nous préparaient « les jours d’avant »,

et, je le redis : c’est possible et je fais confiance, pour cela, à la science, à l’intelligence humaine et surtout à notre jeunesse,

on comprendra, après ces rappels, mes  » réserves « …. (et le mot est faible) face au triste spectacle de la pré-campagne des élections Présidentielles où, à défaut quels que soient les domaines, de débattre sur le fond, tout ne tient plus que dans de médiocres  » débats de forme « …, de tweets et de petites phrases assassines !

Je ne sais pas davantage que tous les « pseudos spécialistes » qui occupent « nos écrans télés » dans quelle situation nous serons en avril et mai 2022 et ce, même si je continue à espérer que le temps du « revivre enfin » sera alors revenu,

mais si ce n’était pas le cas, on n’aurait sans doute pas d’autre solution que de chercher à constituer une très large majorité et un gouvernement d’Union Nationale… pour le temps de passer, si possible, une crise dont les dimensions  » quasiment mortifères  » ne peuvent être aujourd’hui complètement ignorées.

Comme je le répète souvent, si la probabilité de ce scénario catastrophe reste faible,  » l’espérance mathématique  » nous interdira toute hésitation en la matière, (l’espérance mathématique étant la multiplication de la probabilité, même faible, par l’importance du risque quand il est énorme).

On aura sans doute l’occasion d’en reparler, sachant qu’une « Union Nationale » nécessairement limitée dans le temps n’a absolument rien à voir avec les « opérations de débauchages » auxquelles on a assisté depuis 5 ans et dont certaines se dessinent déjà en vue de 2022 avant, pendant ou après les Élections Présidentielles, ce qui me rappelle ces mots d’Edgard Faure, un homme politique bien connu de ma génération, rendu célèbre par sa note d’humour sur les girouettes et le vent :« Ce ne sont pas les girouettes qui tournent mais le vent »…,

Edgard Faure qui, le 8 mai 1985, s’adressait ainsi à François Mitterrand : « Monsieur le Président, je suis à votre disposition. Vous savez que je suis le mitterrandiste de l’opposition ».

Au demeurant cela ne manquait pas de classe un peu (et même si c’est sans comparaison) avec celle (je parle de classe), de Renaud Muselier quittant cette semaine  LR,  » le parti des droites de gouvernement  » sans pour autant encore se rallier aux macronistes…

Et j’avoue que dans ce monde politique de brutes, je ne suis pas insensible à celles et ceux qui savent encore faire preuve de « classe »… (elles et ils ne sont pas nombreux).

Avis donc à la « brochette » de candidat(e)s dits de gauche qui se partagent, à 5 ou 6, aux alentours de 25% des voix, un total que les sondages attribuent au seul Président sortant !

Alors oui, je le redis une fois encore, durant les  7, 8, 9 ans ou 10 ans de vie qui me restent peut être encore dont un peu plus de 3 ans en tant que Maire de Villeneuve d’Ascq, mon travail et mon rôle consisteront à témoigner, à « transmettre la mémoire », à me battre contre les périls mondiaux de tous ordres, à former mes successeurs locaux sans esprit de chapelle, à conforter ma ville au service de ses habitants, à la faire vivre et bouillonner,… si bien sûr, l’État cesse de nous « garrotter »…

Durant la semaine écoulée, en dehors des  » réorganisations sanitaires « , du bras de fer avec le nouveau prestataire de restauration municipale plus, les discussions sérieuses avec la MEL sur nos dossiers et nos exigences vis-à-vis d’un État plus que défaillant dans ces missions régaliennes,

« les décos de Noël » ont été allumées qui donnent un peu de gaitéle Marché de Noël du Château de Flers a ouvert ses portes et j’ai pu rendre hommage à nos retraités communaux, je parle, en termes d’hommage, de celles et de ceux heureusement très majoritaires qui ont fait preuve d’esprit et d’action de service public en demandant, une fois de plus, aux « princes actuels et futurs qui nous gouvernent » qu’ils permettent aux Maires de davantage sanctionner celles et ceux qui ne sont pas dignes de leurs statuts mais aussi de mieux récompenser celles et ceux qui font  » plus  » que ce que l’on pourrait attendre d’eux.

En période de crise, dans tous les domaines, les un(e)s comme les autres montrent leurs vrais visages… il est plus que temps de le reconnaître et d’en tenir compte.

Le statut futur de la fonction publique devra en tenir compte sans tarder, un statut qui sera sans doute réformé après 2022.

En effet, s’il y a des fonctionnaires qui ne méritent pas  » leur statut « , ces dernier(e)s sont très minoritaires, tandis que beaucoup d’autres, en termes de rémunérations, d’avancement et de retraites mériteraient beaucoup mieux que ce que leurs statuts actuels leurs permettent.

Voilà, en ce lundi 29 novembre, une page qui se tourne…, sans doute pas très lumineuse, et une autre qui s’ouvre qu’on espère davantage porteuse d’espoirs…, 

une nouvelle page qui reste donc à vivre puis à écrire sur laquelle j’aimerais tant pouvoir dire comme William Shakespeare dans Hamlet il y a 420 ans : 

             « Il est plus de merveilles en ce monde que n’en peuvent contenir tous nos rêves ! ».

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