Carnet n°682 du 18 octobre 2021

« Pour qu’une pensée change le monde… »

C’est, une fois encore, Albert Camus qui titre mon carnet hebdomadaire, le 682ème du 18 octobre, avec une citation extraite de son carnet II (1942 – 1951) :

       « Pour qu’une pensée change le monde, il faut d’abord qu’elle change la vie de celui qui la porte. Il faut qu’elle se change en exemple ».

Je rappelle à cette occasion qu’Albert Camus né en 1913 et décédé tragiquement en 1960, tout au long de sa courte vie, en plus de ses pièces de théâtre, adaptations, récits, nouvelles et romans, sans oublier ses articles, en particulier dans le journal Combat, et ce, de 1935 à 1959, a pris des notes dans 7 cahiers qui ont été publiés sous le titre de  » carnets « , des carnets à propos desquels j’ai pu lire : 

« Qu’il y livre ses blessures, ses colères, ses désirs et sa croyance dans le pouvoir de l’écriture et qu’on y perçoit l’empreinte de sa pensée et de sa conscience en action, celle d’un homme fragile et combatif s’efforçant d’être heureux, amoureux de la beauté du monde… Entre journal de travail et journal intime, c’est ce combat héroïque et acharné d’un homme, l’un de nos plus beaux écrivains et l’un de nos plus grands humains, face à la machine inexorable des jours… ».

Tout est dit ou presque et je voulais le redire…

Alors dans « un monde du tweet » où , aujourd’hui,  » les Grands du Monde « … comme les plus Petits, (dans tous les sens du terme) réduisant leurs opinions, pensées, hommages, projets, en moins de 140 signes, (une règle fixée par le site de microblogage Twitter), on comprendra encore mieux mon lien avec Albert Camus et mon refus absolu de me prêter à ce jeu des tweets, un jeu que j’oserai qualifier de funeste, et même si cela m’interdit de me voir citer dans quelques médias que ce soit… pour qui les tweets sont devenus leurs  » sources essentielles  » d’information.

En effet, si pour qu’une pensée change le monde, il faut qu’elle change celui qui la porte et se change en exemple, comment  peut-elle tenir en un message de moins de 140 signes ?

Qui « s’étonnera » encore avec cela de la pauvreté de la campagne électorale des Présidentielles qui commence, celle de la plupart des propositions des candidat(e)s déclaré(e)s ou encore  » potentiels « , pour certain(e)s certes volontairement et pour d’autres en manque de parrainages ou (et) de finances…?

Alors certes, pour ce qui est de Valérie Pécresse ou de Xavier Bertrand qui avaient  » claqué la porte » de leur parti LR, ce sont sans doute les raisons principales de leur  » retour au bercail  » et pour certains, en quelques heures, de leur  » passage du maillot jaune à la voiture balais « , tandis que pour d’autre(s) c’est le moyen d’essayer de contourner les règles du C.S.A …, sans oublier d’autres encore pour qui c’est le moyen d’avoir une existence médiatique éphémère.

On peut peut-être le comprendre mais faut-il alors s’étonner de la pauvreté de la campagne et faudra-t-il dans moins de 6 mois s’étonner de la nature de la « participation citoyenne » et des résultats ?

Si j’ajoute à cela les 2 candidat(e)s aux allures de la « mère-grand du petit chaperon rouge » et cet ancien Premier Ministre qui se lance déjà vers des « horizons »… plus ou moins lointains mais tout aussi inaccessibles vu son bilan cumulé à Matignon coconstruit avec l’Elysée en termes d’erreurs, d’échecs…. voire pire pour ce qui est du début de la pandémie, de la gestion de la crise des Gilets jaunes et des  « réformes » avortées,

une candidature socialiste qui patine encoreun « géant vert » dont les premiers adversaires sont dans son propre camp, sans oublier un Jean Luc Mélenchon qui devrait regretter de n’avoir pas suivi, après son bon score de 2017, l’exemple de François Mitterrand après ses 45% réalisés aux Présidentielles de 1965…,

comme le dit cette formule populaire : « on n’est pas sorti de l’auberge ».

Et pour compléter une « bouillabaisse » qui vraiment ne m’attire pas, je citerai le titre d’un dernier ouvrage de  » confidences  » , « le traite et le néant » , à propos du Président Macron et du macronisme, et ce qu’on peut lire de l’attitude de nouveaux maires écolos vis-à-vis de leurs opposants dont ce jugement d’un conseiller municipal d’opposition de Strasbourg  : « Il y a une volonté chez les nouvelles majorités écologistes d’affaiblir les contre-pouvoirs et d’inventer de nouveaux outils à leurs mains(….). C’est assez troublant de retrouver les mêmes travers à Bordeaux qu’à Grenoble ou Strasbourg ».

C’est l’occasion pour moi de citer à nouveau Albert Camus qui nous disait : 

          « La Démocratie, ce n’est pas (que) la loi de la majorité, mais la protection de (des) la (les) minorité(s)… »

A Villeneuve d’Ascq personne ne pourra contester le fait que j’y veille….

Et c’est sûrement largement pour cela que Villeneuve d’Ascq, en 44 ans, est passée d’une situation quasi-faillite quand j’ai été élu Maire en mars 1977, la ville ne disposant même pas alors de budget, à la grande et belle ville rayonnante, innovante, naturelle, nourricière et universitaire qu’elle est aujourd’hui où des demandes nous viennent de partout pour s’y installer y compris, m’a-t-on dit, de la Région Parisienne vu les conséquences de la pandémie en termes d’organisation, de logements et de travail, 

une philosophie que j’ai résumé ainsi : « Il n’est pas nécessaire d’être d’accord sur tout pour bien travailler ensemble aux services de tous ! »

et qui m’a conduit à toujours tout faire pour associer un maximum de Villeneuvois(es) à la vie de leur Ville…. bien au-delà des  » contingences politiciennes « .

J’ai d’ailleurs lancé récemment un appel en Conseil Municipal pour que les oppositions nous aident dans notre volonté de faire de Villeneuve d’Ascq une Ville nourricière et de racheter pour cela des terres à la MEL, des terres héritées par elle lors de la fin anticipée de la ville nouvelle que j’avais décidé en 1983 et qui aura laissé ainsi des centaines d’hectares de terres agricoles publiques.

Comme le dit un vieux proverbe africain

                      « Si seul on va (parfois) plus vite, ensemble on va (toujours) plus loin ».

Personne ne peut donc nier qu’à mon modeste niveau ma pensée m’a changé la vie et qu’elle s’est changée en exemple .

C’est et ce sera « mon héritage », le moment venu, pour celles et ceux que je forme pour prendre le relais après ce mandat 2020-2026….

Il me reste d’ici là un lourd travail à faire dans un contexte national et sociétal qui, je l’ai explicité en ce début de carnet, ne s’y prête pas, c’est le moins qu’on puisse dire.

Heureusement, après mon opération du 4 octobre, je me  » reconstitue  » très vite ayant même pu  » délaisser  » mes béquilles dès le 15… soit à peine 11 jours plus tard…

Heureusement la vie Villeneuvoise a continué à « bouillonner » tout au long de la semaine dans ses musées, ses associations, avec un Forum des Aînés, des marchés, une fête de la science avec le CARL, des expériences nourricières, une manifestation contre la misère celles, sans oublier une manifestation patriotique et une pensée  pour Samuel Paty assassiné il y a un an. 

Et je ne parle pas des compétitions sportives à tous les niveaux, dont le Handball avec le HBCV, à 3 ans des JO où le handball  mondial rayonnera à Villeneuve d’Ascq.

Certes rien n’est simple quand on sait la complexité des dossiers, des problèmes rencontrés et les moyens réduits laissés aux communes qui doivent avoir des budgets équilibrés et qui ne peuvent donc jouer au  » quoi qu’il en coûte « … comme  » quelqu’un  » que tout le monde connaît bien.

Pas simple non plus vu l’état d’une partie de la population en termes de « pouvoir d’achat en berne » du fait, en particulier, des hausses massives des coûts de l’énergie.

Pas simple de subir les conséquences de violences de tous ordres, de trafics et de situations qui touchent d’ailleurs les plus fragiles des citoyen(ne)s avec un Etat qui, particulièrement en ce moment, parle beaucoup, promet beaucoup et agit  » peu  » pour ne pas dire  » pas « …

Pas simple enfin de voir se multiplier parallèlement des égoïsmes et des individualismes chez des citoyen(ne)s pour qui seuls comptent leurs problèmes… même relativement mineurs par rapport à ce que nous vivons par ailleurs.

Je publierai un jour, en forme de  » bêtisier  » les messages que je peux recevoir de la part de citoyens qui, sans doute, ne lisent pas ou ne regardent pas à la télé ce qui se passe ailleurs, du type d’un des derniers reçus cette semaine :  » Je n’ai rien contre la verdure mais il y a devant chez moi un arbre dont les feuilles me gênent quand elles tombent et que je vous demande donc d’abattre ».

Pas simple non, mais cela ne nous empêche pas d’agir dans tous les domaines qui concernent l’avenir de nos enfants en particulier dans les domaines  de la nature, du nourricier, des espaces de vie, de l’éducation de tous, du sport pour tous, somme toute, pour apprendre à vivre autrement dans  » des jours d’après  » différents « des jours d’avant « , sachant, comme le dit le proverbe chinois, que : « toutes les fleurs de l’avenir sont dans les semences d’aujourd’hui ».

Je  terminerai  mon 682-ème carnet par « ce cri » de Guillaume Apollinaire, poète et écrivain Français, né sujet polonais de l’empire Russe avant de mourir à Paris le 9 novembre 1918 de la grippe espagnole et déclaré  » Mort pour la France  » en raison de son engagement durant la guerre 14 – 18, ( Guillaume Apollinaire dont le parcours et la vie devraient « interpeler » certain(e)s des candidat(e)s de 2022) :   « Il est grand temps de rallumer les étoiles » !

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