Carnet n°678 du 20 septembre 2021

« Rien de tel que les temps morts pour se sentir revivre… »

Dans ma recherche hebdomadaire d’une citation pour titrer et dérouler mon carnet du lundi et sachant qu’en étant aujourd’hui à mon 678ème, on peut en imaginer la complexité, sinon la difficulté, soit de n’en pas trouver une qui s’impose soit d’en trouver plusieurs qui se bousculent … (ce qui finalement en revient au même).

Après avoir longuement hésité entre une citation de Barack Obama, un Président Américain que l’on regrette après  » l’aventure Trump  » et un Joe Biden que je ne peux encore vraiment  » qualifier « …,  « Le changement ne se produit que si des gens ordinaires s’impliquent, s’engagent et se rassemblent pour l’exiger »,

une citation qui me servira quand même un peu plus loin dans mon déroulé,

et une citation sans doute plus personnelle d’Albert Camus que l’on peut élargir à l’espèce humaine en mettant un « H majuscule » à homme : 

« La grandeur de l’homme est dans sa décision d’être plus fort que sa condition », ( que j’utiliserai aussi)

j’ai finalement choisi une citation plus anonyme après une semaine et un week-end du « Revivre enfin », une citation qui explique peut-être l’ampleur festive, humaine, joyeuse et conviviale de cette semaine et de ce week end écoulés : 

             « Rien de tel que les temps morts pour se sentir revivre »,

tant il est vrai que  » les temps morts  » n’ont pas manqué depuis mars 2020, c’est-à-dire depuis 18 mois, des temps morts qui, par leurs continuités, ont finalement constitué  un vrai et pénible  » temps mort « .

Entre une vie associative Villeneuvoise qui a repris avec ses Assemblées Générales, ses multiples activités 

et ce, après une Foire aux Associations très réussie dimanche dernier au PALACIUM,

des expositions dont celle « les incroyables modèles du Dr Auzoux avec l’Université à la Ferme d’en Haut et une autre, particulièrement attractive, sur les Moulins de Jean Bruggman et de son association l’ARAM qui ont sauvé 61 moulins à vent et à eau, 

un week-end autour de nombreux sites ouverts de notre patrimoine si riche de sa diversité avec de multiples animations, un week-end ouvert d’ailleurs dès vendredi soir par un merveilleux « Mapping » sur l’église St Sébastien à Annappes consacré à la longue et riche histoire de notre Ville, 

sans oublier des compétitions sportives (dont les victoires du VAM en foot et du LMRCV en rugby féminin), 

les habitants du quartier de la Résidence qui se sont retrouvés à « la Maison des Genêts » sous le soleil tandis que les enfants faisaient des promenades dans une charrette tirée par un des chevaux « Bonvarlet » 

et bien sûr Asnapio, le Musée du Terroir, le Musée de Plein Air, les moulins et leur musée, la cour du château de Flers en fête etc., etc.,

la liste en est si longue qu’il me faudrait tout mon carnet du jour pour la reprendre dans sa totalité, d’où  » ma contrainte »  de ne devoir en prendre que quelques exemples…, ce que je regrette pour les autres… 

Au demeurant, je le redis avec les temps morts de ces 18 mois, on sentait partout que les citoyen(ne)s avaient tout simplement envie de « revivre enfin »… et ils l’ont montré.

J’avoue mon sentiment d’un « grand bonheur retrouvé » qui a largement atténué les « difficultés physiques » que je traverse et cela même si elles m’ont, on le comprendra , empêché de passer partout sur tous les sites comme je le faisais avant et comme j’espère bientôt pourvoir le refaire.

C’est cela être élu local, être Maire, c’est être et rester un(e) citoyen à part entière, vivre comme un(e) citoyen(ne)et surtout comme les autres, éprouver les plaisirs et les petits bonheurs de tous, et surtout avoir toujours sur tout un regard citoyen.

Je le dis souvent à de plus jeunes représentant(e)s de nouvelles  » générations politiciennes  » : il faut aimer cela d’être toujours et partout 

car si on peut  » faire semblant » durant quelques mois ou quelques années, il est impossible de le faire durant des décennies, voire, comme moi aujourd’hui, durant 45 ans !

Etre Maire n’a jamais été pour moi  une étape  dans une « carrière politique ». Cela a toujours été « le choix », le choix de Villeneuve d’Ascq et de ses habitants.

c’est toujours mon « choix »  aujourd’hui même si je suis dans ma dernière étape, ce qui aurait pu me conduire à vivre autrement ce dernier mandat… (en mode allégé).

Certes, le travail sur dossiers pour parfaire notre Ville est vital et donc prioritaire, ce qui est chronophage . 

Certes, il me faut former du mieux possible les membres de mon équipe qui assureront ma relève et ce, en délégant davantage mes rendez vous,

mais on ne me changera pas car pour moi « aller sur le terrain rencontrer des citoyens » a été, est et restera ma dimension d’homme qui comme l’a si bien dit Albert Camus a toujours voulu « être (ainsi) plus fort que sa condition « ….

C’est, comme Albert Camus, « mon  maître en la matière », ma conception de  » la grandeur  » : 

décider en tout lieu et en tout moment de tout faire pour être plus fort que  sa condition initiale.

Mes seuls, mais bien réels regrets aujourd’hui sont dans une évolution sociétale où les violences verbales et écrites sont devenues courantes, en plus des violences physiques, où le respect même s’est perdu, où les égoïsmes deviennent envahissants et donc où il est tellement plus facile avec les messageries et des réseaux internet de s’en prendre aux élus locaux et aux Maires plutôt que de s’adresser aux vrais responsables que sont ceux qui nous gouvernent à Paris et en Préfecture . 

Ils nous envoient et ils nous « conservent » des problèmes, en faisant croire aux citoyens que  » c’est de la faute du Maire « …, 

C’est devenu insupportable ! A quand une « République des territoires » ?.

Cette semaine, par exemple, le Président de la République vient à Roubaix à l’Ecole de Police pour nous faire des promesses qu’il sait ne pouvoir tenir durant le temps qui lui reste dans son mandat qui s’achève …. (en me faisant d’ailleurs, en tant que Maire, laisser un message vocal d’invitation tout juste la veille au soir de sa venue par une secrétaire de Monsieur le Préfet…)

« Un petit tour électoral et puis s’en va »…et ça marche  si on ne croit certains sondages

Mais moi je ne l’accepte pas et je le dis car pour moi, comme l’a dit Albert Camus : « Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde. Ne pas nommer les choses, c’est nier notre humanité ».

C’est ce que je reproche le plus à notre Président de la République et aux siens, de nous avoir traité avec indifférence, mépris, condescendance et irrespect de nos fonctions Républicaines… nous les élus locaux et à travers nous, nous les citoyen(ne)s pour ce qui est du plus grand nombre. On en retrouve, par dizaines, des exemples depuis mais 2017.

Espérons que les Français(es) n’auront pas la mémoire courte …

D’où pour moi cette reprise nécessaire à ce stade de l’appel de Barack Obama :

                     « Le changement ne se produit que si les gens ordinaires s’impliquent, s’engagent et se rassemblent pour l’exiger »,

dans la vie quotidienne où les plus fragiles se font écraser, mais aussi dans la vie du monde et bien sûr pour ce qui est de l’avenir environnemental de la  » Planète terre « …

Pas si simple me dira-t-on et donc « pas gagné » !

Mais comme l’a dit Bob Hunter co-fondateur de Greenpeace :

« Les grands changements semblent impossibles au début avant de devenir inévitables à la fin »… (en espérant qu’il ne soit pas alors trop tard).

Une chose est sûre en France, c’est qu’il sera difficile de compter sur Monsieur Macron pour cela…

car si, comme l’a dit Albert Camus : « Le chemin importe peu, la volonté d’y arriver suffit à tout »

pour Monsieur Macron de même qu’il ne s’est agit en 2017 que de son élection, il ne s’agira en 2022 que de sa réélection…. aussi bien en termes de  » chemin  » que de « volonté « .

Alors me dira-t-on, qui d’autres ?

Aujourd’hui, je n’en sais rien mais les candidat(e)s déclaré(e)s, potentiel(le)s voire  » putatifs »  ont encore quelques mois pour nous convaincre par leurs discours et leurs comportements qu’ils ou elles peuvent être de celles et ceux qui, comme l’a dit Coluche, sauront « pousser les portes de l’avenir » sachant, comme l’a écrit André Maurois« que le monde progresse grâce aux choses impossibles qui ont été réalisés »,

et pour cela 

qu’il faut que  » les gens ordinaires s’impliquent « , ce que personnellement je n’ai jamais cessé de faire, 

que le temps du  » revivre enfin « , après de nombreux temps morts, se confirme,

qu’on cesse à tous les niveaux de  » mal nommer les choses »,

que cesse le règne de la polémique et de l’insulte qui doit laisser « sa place retrouvée » au  » dialogue réfléchi « ,

que  » les jours nouveaux  d’après la crise  » rompent clairement et définitivement avec  » les jours d’avant  » qui nous ont menés à cette crise.

Et si, pour conclure sur un optimisme sans doute un peu fou, on donnait raison à William Shakespeare ? quand il nous disait dans Hamlet en 1601, il y a donc 420 ans :

    « Il est plus de merveilles dans le monde que n’en peuvent contenir tous nos rêves » 

Je veux y croire encore en ce lundi 20 septembre 2021, malgré les horribles images du Bataclan au soir du 13 novembre 2015 rediffusées cette semaine et les terribles informations venues d’Afghanistan concernant, en particulier, la vie des femmes afghanes remises sous le joug de la charia islamique par les talibans.

Je veux y croire et c’est pour cela que, sous une forme ou sous une autre, je me battrai jusqu’à mon dernier souffle pour l’avenir de nos enfants, des jeunes dont les sondages nous disent que, majoritairement, ils désespèrent ….et je les comprends !

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