Carnet n°668 du 12 juillet 2021

« Sérénité, courage et sagesse »

Ces 3 mots clefs d’une citation de Marc Aurèle, « il faut de la sérénité pour accepter les choses que l’on ne peut changer, du courage pour changer ce que l’on peut changer et de la sagesse pour distinguer l’un de l’autre », résument bien ce que beaucoup de femmes et d’hommes voudraient avoir, sinon en avoir au moins la volonté… ce qui est mon cas. Ils résument bien aussi ce qui devrait présider à tous les programmes politiques (et à leur mise en œuvre une fois les élections passées), trois mots et trois conditions qui, sous réserve d’être reconnus et énoncés clairement, constitueraient sans doute une petite chance de sortir de la spirale mortifère que connaissent nos démocraties dont les taux abyssaux d’abstention en furent la dernière illustration il y a 2 semaines. 
Si on se souvient que Marc Aurèle, né en 121 de notre ère, mort  en 180, philosophe stoïcien et Empereur Romain connu comme le dernier des « cinq bons empereurs », le dernier aussi de la « pax romana » (paix romaine) avant  » le début de la fin  » de l’empire romain, un empereur dont le règne fut marqué par de multiples guerres victorieuses contre  » les barbares  » de l’époque ainsi que par une terrible pandémie de peste, on se dit, une fois encore, qu’il y a  ce que j’appellerai des « permanences » dans l’Histoire et surtout dans la pensée Humaine… telles que vécues et écrites…
Ceux qui, comme moi, aiment et connaissent Albert Camus savent qu’il aurait pu s’exprimer dans les mêmes termes que Marc Aurèle, après l’avoir certes déjà fait en d’autres termes… si nous avions eu la chance de le voir vivre plus longtemps … sans ce « foutu arbre » autour duquel il s’est fracassé le 4 janvier 1960.
Au demeurant, s’il n’est pas simple d’avoir la sérénité nécessaire pour accepter qu’il est des choses et des situations que l’on ne peut changer, ne serait-ce que la mort, mais aussi tout ce qui dépasse nos compétences, avoir du  courage pour changer ce qui peut l’être est davantage une affaire de volonté et dans ma vie publique je n’en ai pas manqué, ce dont j’avoue ma fierté. Quant à la sagesse de savoir distinguer l’un de l’autre, elle s’acquiert avec l’âge et le temps qui passe ce qui constitue sans doute le seul avantage du vieillissement personnel et de la longévité en politique. Je pense en être un exemple  » significatif  » y compris quand j’essaie de témoigner et de transmettre mon expérience  » coups d’images de mon passé  »  dans mes carnets.
Au demeurant, à ceux et celles qui en vue des Présidentielles  » prévues  » dans 9 mois sont déjà dans les « starting  blocks » en dehors du Président sortant et de son adversaire  » favorite », en grand nombre chez les LR de la Droite Républicaine dans la foulée de Xavier Bertrand (ex LR), en grand nombre aussi au sein d’une  » gauche social-démocrate et écologiste » éclatée avec, en leurs flancs à tous, un Jean Luc Mélenchon qui y croit encore engoncé qu’il est dans son armure populiste, sans compter sur tous les bancs, des  » girouettes  » qui s’affolent faute d’être sûres de faire le bon choix pour pérenniser ou assurer leurs carrières et qui ne savent pas, de ce fait,  » dans  » quel wagon sauter ou  » de  » quel wagon sauter pour ne pas courir à la  » chute finale  » comme dans certains films d’aventure bien connus…, à elles et à eux parmi lesquels je n’ai pas encore fait mon choix(en dehors de celles et de ceux pour qui je suis déjà sûr de ne pas voter aux Présidentielles et aux législatives), je conseillerai simplement de relire ces mots  de Sénèque plus que jamais d’actualité, ne serait-ce que pour être dignes de leurs mandats actuels et de ceux qu’ils  » lorgnent d’avoir « . J’en connais d’ailleurs qui devraient y réfléchir plus près de nous dans la 2ème circonscription et dans notre ville car même si mon avis ne pèse plus  » que de peu de poids  » et si je ne serai pas le troisième Maire de Villeneuve d’Ascq qui enlèvera une délégation à un élu, adjoint ou conseiller comme le firent Jean Demaretz pour son Premier Adjoint et Jean-Michel Stievenard pour moi, je redis que dans la vie politique comme dans la vie tout court, c’est à chacun d’assumer ses choix et leurs conséquences, en ne gardant pas un pied sur une barque qui descend en un courant contraire à celui sur lequel il a posé une planche avec son deuxième pied… sous peine de tomber sinon de se noyer. Il ne s’agit pas d’une affaire de personne mais une affaire de cohérence et de respect des électeurs. Je sais que « l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire » vient d’en haut … mais ce n’est pas une excuse, sachant que, par ailleurs, je respecte, depuis le Président de la République jusqu’à tout élu local, celles et ceux qui assument leurs idées et leurs choix y compris quand elles et ils sont contraires aux mien(ne)s…, d’autant plus que dans la période que nous vivons entre une pandémie qui n’en finit pas, une crise économique et sociale qui s’accroît, des déchirements sociétaux, de la délinquance et des violences en tous genres qui explosent, nous avons tous le devoir d’être dignes de nos idées, de nos choix, de nos mandats et de nos électeurs en faisant preuve là aussi, de sérénité, de courage et de sagesse. Je conclurai ce chapitre « politique » au sens noble du terme par ces paroles du Général de Gaulle quand il évoquait son départ : « Ce qui est à redouter, ce n’est pas le vide politique, c’est plutôt le trop plein », des paroles aujourd’hui encore particulièrement d’actualité.
J’en resterai là pour remettre à de futurs carnets des souvenirs et des images de mon passé en formes de témoignages sinon de leçons, après, quand même, à l’heure des départs de nos centres de vacances 2021 ce dimanche 11 juillet, avoir rappelé le souvenir de ma première visite à la Ferme de la Donne à Rémuzat en 1977, une visite durant laquelle, avec Jef Martin et Denis Blanchatte, (tous deux partis depuis vers un autre monde), nous coururent du centre du village de Rémuzat jusqu’à notre centre de vacances d’abord sur une route sur 1.5 km, puis sur une pente pierreuse de 900 mètres … alors que, en cette années 2021, une prothèse de hanche  » en attente  » ne me permettra même pas de faire la tournée annuelle des  » colos  » que j’ai effectuée chaque année qui m’a vu Maire depuis 1977.
Au demeurant, en dehors de ce « petit problème », certes douloureux, mon esprit et ma volonté sont intacts avec deux objectifs en cette dernière étape du  » Tour  » que constitue ma vie, un « tour » dont la continuité n’est heureusement pas comparable à celle, pour le moins étonnante, du « Tour de France 2021 »

  1. Bien finir ma vie personnelle, sous le triple signe de la sérénité, du courage et de la sagesse en essayant de « parfaire » ce qui peut encore et malgré tout l’être, 
  2. Bien finir mes lourdes tâches pour ma Ville et mes concitoyen(ne)s sous le signe de ces mêmes mots de Sénèque pour parfaire aussi ce qui peut l’être, inscrire nos réussites dans la durée, atténuer les effets de certains échecs, rendre irréversible la place de Villeneuve d’Ascq dans toutes ses dimensions, verte, nature, nourricière en circuit court, de loisirs de proximité, de qualité architecturale, d’innovations positives … dans tous les domaines et sous le signe de « l’Humain d’abord ». Je compte qu’il me faudrait  encore un peu plus de 3 ans pour cela si j’en ai la force et la santé, le tout en formant les équipes qui « assureront la suite » dans l’esprit, à tous les niveaux, de ce qui fonda Rassemblement Citoyen : « Il n’est pas nécessaire d’être d’accord sur tout pour bien travailler ensemble au service de tous ! », en espérant que les multiples variants actuels et à venir de la COVID 19 nous en laisseront l’opportunité et que ce que j’écrivais le 27 janvier 2020 dans mon 591ème carnet sous le titre « Probabilité ou espérance mathématique » ne verra pas les faits d’aujourd’hui, de demain et d’après-demain me donner raison dans mes inquiétudes d’alors, sachant enfin, comme l’a dit Albert Camus dans son roman « l’Etranger » qu’  » on se fait toujours des idées exagérées de ce que l’on ne connaît pas « … ce qui est vrai pour tout dans un sens comme dans l’autre…

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