Carnet n°667 du 5 juillet 2021

« Dans l’œil du cyclone »

Au moment d’écrire en ce dimanche matin mon carnet n°667 qui sera certes revu, corrigé et finalisé demain lundi 5 juillet avant d’être mis sur mon blog aux alentours de midi,

assis devant mon bureau, chez moi près de l’ancien couvent Saint-Sauveur, face à la végétation sauvage riche de biodiversité de mon jardin,

j’ai, avant de choisir de le titrer « Dans l’œil du cyclone », un titre qui me fait penser à ce que nous vivons sur tous les plans : pandémie de la COVID et situation sanitaire, économie et emploi avec leurs conséquences budgétaires, social, injustices, solidarités en berne et tous leurs effets sociétaux, 

politique enfin avec de « grands déballages »,

sans oublier un environnement dont le dérèglement se manifeste à coups de tornades, d’orages, d’inondations et, en Amérique du Nord, d’extrêmes chaleurs proches des 50 degrés (y compris à Calgary pourtant située comme Chamonix à plus de 1000 mètres d’altitude ),

j’ai donc, avant de choisir ce titre qui structurera une partie essentielle de mon carnetrepensé, comme chaque semaine, à Albert Camus et à ce qu’il nous disait de sa pensée sur le monde :

             « Je suis peut-être trop sensible au monde comme il va… »,

une déclaration à la fois de désolation et d’émerveillement face à la « bête humaine » qui me décrit sans doute aussi  trop bien si j’en crois certaines  » appréciations  » à mon égard, y compris de certain(e)s qui se sont dit ou qui se disent  » mes amis « … justifiant ainsi par avance leurs comportements futurs, sinon déjà en cours, une précipitation pour certain(e)s de ces dernier(e)s qu’elles et qu’ils pourraient bien regretter, « le vieux lion »… n’étant pas encore mort… car même si mes douleurs, quand je marche, limitent  » mes courses d’une manifestation à l’autre », « la tête est encore là »… en bon état de fonctionnement, ce que l’on me reconnaîtra sûrement en me lisant, en m’écoutant lors du dernier et long Conseil Municipal, voire ce samedi pendant la cérémonie des Jubilaires, fêtant 75 ans de mariage pour l’un d’entre eux, 60 ans pour deux couples et 50 ans pour cinq.

En effet, et pour en revenir au titre et au thème choisis pour mon carnet de cette semaine,

 » être dans l’œil du cyclone « , c’est bien vivre un calme après une tempête mais aussi un même calme avant le retour de la tempête…,

l’œil du cyclone étant défini comme se situant au centre d’une circulation cyclonique délimitée par un mur d’orages aux conditions météo extrêmes…

On peut craindre qu’il en soit ainsi de la pandémie de la COVID 19, de son virus initial et de ses variants qui nous ont contraints à vivre durant un an et demi ce que peu de personnes auraient imaginé devoir vivre un jour… ( rappelons nous, en décembre 2019, quand nous regardions avec « un rien de condescendance » ce qui se passait dans la ville de Wuhan en Chine…)

Après donc des mois « d’orages » en la matière qui nous ont impacté dans tous les aspects de nos vies, le calme est revenu et la vie a reprise presque comme avant…,

sauf qu’on nous dit qu’une quatrième vague se profile déjà à l’automne, et peut-être même bien avant, voire une cinquième au printemps 2022… du fait de variants plus agressifs et d’une vaccination qui reste insuffisante… pour de multiples « raisons »…,

somme toute, qu’après les orages passés, un mur d’orage non moins violent semble aujourd’hui encore devant nous.

Il en est de même pour le fonctionnement de notre économie et donc de l’emploi, de leurs conséquences budgétaires, des endettements que l’État devra bien un jour rembourser à coups d’impôts, de coupes dans les finances communales… et bien sûr de réductions de services publics, de politiques de solidarité et des droits légitimes à la retraite.

« Dans l’œil du cyclone », qui peut douter que nous y sommes pour ce qui concerne la politique, le monde politique et ses « acteurs »…

Après les balbutiements des « années Hollande » chèrement payées par le Parti Socialiste et la Gauche (dernier exemple : 9 élu(e)s PS sur les 209 que compte le Conseil Régional des Hauts-de-France), « les années Macron » qui ne nous auront rien épargné que ce soit sur le fond et surtout sur la forme, des années qui nous engagent dans « une dernière étape » après deux élections boudées par 70% des Français(e)s ce qui est quand même plus qu’un signe à défaut d’être une raison unique de la décadence démocratique en cours,

si chaque dirigeant politique, depuis le sommet de l’État jusqu’à sa dernière « boutique politicienne», semble avoir repris sa vie d’avant, avec, pour l’un, son  » Tour de France  » et pour beaucoup d’autres l’excitation de candidatures présidentielles qui font parler d’elles et d’eux sous les sourires goguenards d’une majorité de nos concitoyens (et qui conduisent des  » troisièmes couteaux partisans  » à solliciter des signatures… y compris de moi dont sans doute  » ils se rappellent alors l’existence « …),

un mur d’orages est devant nous qui a pour nom « Démocratie en péril sinon à l’agonie » dont les taux d’abstention abyssaux récents ne sont que la première étape si on en juge par toutes les poussées de violences sous toutes leurs formes et ce qui nous attend dans les prochains mois surtout si la majorité présidentielle persiste dans des voies qui nous y conduisent inévitablement.

Comme l’a dit aussi Albert Camus :

         « On se fatigue de voir la bêtise triompher sans combat »

À droite les candidatures se multiplient et à gauche davantage encore, tandis que même au Rassemblement national des doutes s’expriment au sein de la « PME familiale » qui le dirige…

Si certaines candidatures peuvent se comprendre, la plupart n’ont que pour objectif de mettre en lumière leurs auteur(e)s l’espace de quelques semaines…

Je noterai en cet instant les candidatures sérieuses (même si cela ne veut bien sûr pas dire que je voterai pour eux) de Xavier Bertrand, plutôt solide mais …, de Yannick Jadot,  » un pays  » né à Clacy-et-Thierret, le village de ma mère, avant de grandir et d’étudier à Laon comme moi mais trop bien sans doute pour être le candidat des verts, de Fabien Roussel dont « le look » et le style me plaisent tout comme son slogan  » le défi des jours heureux  » et ce, malgré une  » étiquette surannée « …

Dans  » l’œil du cyclone  » enfin  pour ce qui concerne le dérèglement de tout ce qui touche à notre environnement et à la survie même de l’espèce humaine.

Et là, le calme actuel n’est qu’apparent, car il n’est que le résultat du « masque » que posent sur sa gravité d’autres éléments ci-dessus rappelés, certes pas beaucoup plus graves, mais considérés comme plus  » urgents « …

Je n’en dirai pas davantage aujourd’hui :

« La maison brûle et nous regardons ailleurs » disait Jacques Chirac le 2 septembre 2002 à Johannesburg en ouverture du 4ème sommet de la Terre…

19 ans plus tard c’est toujours vrai à l’heure où il ne reste plus que les murs et des charpentes d’une « maison » déjà largement calcinée…

J’en ai déjà donné de multiples exemples et je crains qu’on ait passé la limite du « non-retour ».

Il faudrait sans doute une forme « d’Union Nationale » avec ce « point » mis en tout premier dans tous les programmes électoraux et cesser de n’être que le moyen pour un seul parti de progresser électoralement…

Est-ce encore possible ? Je le voudrais mais je redis, car je le pense, comme Albert Camus :

                  « Je me fatigue de voir la bêtise triompher sans combat »…,

comme j’en ai eu plusieurs exemples lors de notre conseil Municipal de mardi dernier de la part de celles et ceux qui se réclament  » en des termes partisans  » de l’écologie.

Oui donc je le crains, et cela m’angoisse, nous sommes donc bien dans « l’œil du cyclone » et nous nous précipitons dans le mur d’orages qui est devant nous…

Nul doute que je n’ai pas fini d’y revenir…

Quelques images pour terminer ce 667ème carnet, des images puisées dans mon passé ne serait-ce que pour essayer de relativiser certains événements et dangers que nous vivons, voire pour nous donner de l’espoir,

et ce, en  rappelant que : « l’espoir, ce n’est pas de croire que tout va bien mais de croire que les choses auront un sens. »

– Mon premier rapport au Parlement européen en 1989 sur « les modules de certification », un préalable au marquage CE pour regrouper tous les produits existants en sept modules, évitant ainsi des millions de certifications à réaliser, un rapport pour moi au départ  » incompréhensible  » mais dont on m’a dit à l’époque, qu’après lui… rien ne me ferait plus peur… et ce fut vrai…

– Le  » marquage CE «  qui me valut la visite de représentants d’une secte américaine,  » en costumes noirs trois pièces et attaché-case à la main « , venus me dire leur refus de ce qu’ils appelaient « la marque du diable ».

– Mes 10 ans de travaux au sein de la délégation Europe-Chypres avec la découverte de « la ligne verte » qui partage depuis 1974 la République de Chypres et sa partie occupée par la Turquie et qui est contrôlée depuis par des forces de l’ONU,

Ce qui signifie qu’un des États, aujourd’hui membre de l’Union européenne, a une partie de son territoire occupée par un État, la Turquie, qui a demandé son adhésion à l’Union dès 1963 obtenant ainsi en 1999 un accord très favorable pour elle d’union douanière.

– Mon entrée à la SFIO en 1964 en son siège historique Lillois, alors déjà presqu’en ruine, situé place Rihour, avec à l’étage un responsable  » d’un certain âge « , une cigarette  aux lèvres, me demandant avec un étonnement non dissimulé ce que je venais faire ici…

– Mon arrivée à Lille en 1963 quand faute de  moyens  j’étais  » contraint  » d’habiter dans le Vieux Lille …

– Kourou et mes 36 heures passées en Guyane en tant que Député Européen pour assister au 50ème tir d’Ariane… un masque de protection à la main, à près de 2 km du pas-de-tir et ce, quelques heures après avoir visité les ruines du bagne de l’Ile du Diable.

– Un repas officiel à Ramallah où, parce que « Président de la Délégation Israël-PE », je fus placé avec les chauffeurs des officiels dans une salle-couloir contiguë à la Salle d’honneur de réception. On comprendra que j’ai écourté mon séjour… en évitant d’aller à Gaza.

– Mes années au sein des services du Trésor où j’ai appris  » à la base  » mon métier de Maire dans sa dimension « finances publiques », ce qui me sert encore aujourd’hui pour éviter certaines facilités en termes de hausse des taux d’imposition.

– Ma résistance constante, et dès la première heure, aux promoteurs immobiliers de tous poils qui savent « faire feu de tout bois » pour  » convaincre les élus  » du bien fondé de leurs projets…, une résistance qui constitue certainement la première raison de l’attractivité aujourd’hui de notre ville, de par sa verdure et de ses perspectives nourricières…

– Les accords d’Évian de mars 1962 qui m’évitèrent un an plus tard d’aller faire 30 mois en Algérie.

– Les soirs de Noël en famille à minuit dans la Cathédrale de Laon, avant un repas frugal, après la messe, dans notre logement familial certes sans confort et doté d’un seul petit poêle à charbon… mais tellement chaleureux.

– À Laon toujours, une Chapelle des Templiers qui m’a toujours fait rêver.

– Téhéran où « j’ai failli aller » en 1978 à l’invitation, pour un congrès mondial des villes nouvelles, de Mohammad Reza Shah Pahlavi, le Chah d’Iran et sa Chahbanou, un an donc avant sa chute brutale suivie de l’arrivée de Khomeini…

– Mes réunions au Ministère de la Culture en 1977 et 1978 pour déjà sauver « la Rose des Vents », des réunions sans lesquelles, il y a longtemps qu’on n’en parlerait plus, ce qui justifierait peut-être encore de la part de certain(e) un minium de respect vis-à-vis d’une ville et de ses élu(e)s qui y ont consacré et qui y consacrent des moyens considérables…

Et pour en finir de ce 667ème carnet avec ces quelques images dont la dernière qui m’a rappelé, à propos de la Rose des Vents, que, là aussi, on était dans l’œil du cyclone, et donc résumer ainsi les raisons de ma détermination à me battre contre tout ce qui constitue le « mur d’orages » dressé devant nous,

en écho à ces paroles qui ont conclu ce film inoubliable de Costa Gravas marqué par l’extraordinaire composition d’Yves Montand, « l’Aveu » :« Lénine réveille-toi, ils sont devenus fous ! », 

   un cri de ma part en ce 5 juillet 2021 qui parodie ces paroles célèbres :

« François Mitterrand, réveillez-vous, ils sont devenus fous ! »

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