Carnet n°663 du 6 juin 2021

« Opération OVERLORD… il y a 77 ans »

Si j’ai voulu, cette semaine, dater mon 633ème carnet du dimanche 6 juin 2021 du nom de l’opération commencée dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, « Opération OVERLORD », qui allait, en Normandie, ouvrir un nouveau front contre les armées d’Hitler, une opération dont on a surtout retenu le 1er jour, « Le jour le plus long », le 6 juin, qu’un film célèbre a repris en titre mais qui devait durer  près de 3 mois comme l’a illustré un autre film, sans doute d’ailleurs plus réaliste, « Il faut sauver le soldat Ryan »,

c’est peut être un petit peu parce que j’ai décidé de me refaire « un peu de santé » et donc ne pas travailler ce lundi 7 juin et ce, jusqu’au vendredi 11, mais c’est  surtout parce que beaucoup sont aujourd’hui tentés, pour de multiples raisons, d’ignorer que si ce jour n’avait pas existé ou s’il avait échoué (comme à Dieppe le 19 aout 1942), la guerre ne se serait pas arrêtée 9 mois plus tard le 8 mai 1945.

Moi qui suis né le 27 février 1945, 9 mois moins une semaine après ce 6 juin, et surtout moi à qui les gens de la génération précédente à la mienne m’on dit et répété l’importance de ce jour, dont Alfred Dequesnes fils du Maire socialiste de Flers de de 1924 à 1947 qui chaque année me rappelait ce jour déjà alors tombé dans un certain « anonymat », je voulais aujourd’hui, en dehors de toute commémoration officielle, en rappeler l’existence à celles et ceux qui l’ont oublié.

L’opération OVERLORD, dont la 1ère phase s’appelait « Opération Neptune », consistât en un débarquement sur 5 plages normandes de 160 000 alliés à partir de ce jour du 6 juin, dont 3 000 Français libres du Général de Gaulle, face à 30 000 Allemands sur les plages et 350 000 sur les terrains normands et ce, grâce à des milliers de navires qui n’avaient pas été repérés, ce qui serait inimaginable aujourd’hui, et à 821avions qui parachutèrent 13348 hommes tandis que d’autres centaines d’avions bombardaient les villes normandes occupées par l’ennemi. 

4 000 jeunes soldats alliés qui, pour la plupart, savaient à peine où était la France quelques semaines avant, y perdirent la vie dès le 6 juin, suivis de milliers d’autres dans les semaines qui suivirent sans oublier les plus de 5 000 civils victimes des bombardements des villes normandes dont Rouen, Le Havre, Caen et bien d’autres, des victimes trop longtemps « pudiquement oubliées » pour ne sans doute pas « gâcher » la joie de la Libération de la France ainsi engagé en ce « Jour le plus long ».

Voilà qui est fait !

Mais au-delà de ce rappel accompagné de cet hommage aux combattants et aux victimes civiles, il n’est peut-être pas non plus inutile de rappeler ce qui avait conduit » à en devoir arriver là » : la montée en Europe des années 30 du 20ème siècle du nazisme et des fascismes. La volonté d’Hitler de mettre l’Europe à feu et à sang pour bâtir son « empire millénaire ». Les regards complaisants ou complices de beaucoup d’autres États même si certains ont « changé de voie » en cours de route comme l’URSS après qu’Hitler ait violé le pacte germano-soviétique qu’il avait signé avec Staline le 23 août 1939 ou l’Italie quand les patriotes italiens ont renversé Mussolini le 25 juillet 1943, d’autres restant » neutres » comme l’Espagne de Franco, ce qui permit au « Caudillo » de rester au pouvoir dans son pays jusqu’en 1975 …malgré les massacres des Républicains Espagnols qu’il avait commis entre 1936 et 1939 avec l’aide des dictatures fascistes et grâce à la lâcheté des Démocraties qui, après les accords de Munich de septembre 1938 , le payèrent bien cher dont la France qui  » sera mise à genoux » en 5 semaines entre le 10 mai et le 17 juin 1940, malgré le courage de bon nombre de nos soldats.

Il n’est pas non plus inutile de rappeler que si on en est arrivé là, c’est parce que au 20ème siècle les valeurs Républicaines avaient cédé la place à des idées populistes mortifères, racistes, xénophobes, violentes et même pires

Et je le dis en pesant mes mots « ces restes » de ce que l’on a appelé « la bête immonde » sont en train de reprendre vie en écho déjà à une réplique de Bertolt Brecht :

« Le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde ».

J’ajoute, toujours en pesant soigneusement mes mots, qu’il est parfois trop facile d’identifier et de cibler « ces restes » uniquement du côté de certains partis ou individu(e)s, l’expérience des années 30 du 20ème siècles, les profils et la diversité de leurs leaders, leurs parcours politiques, les choix faits par les uns et les autres  soit de collaborer soit de résister sont là pour nous le rappeler.

Tout ce que l’on peut lire sur les réseaux internet (que je me refuserai toujours d’appeler « sociaux »)et tout ce qu’on peut voir sur les » télés à jets continus », sans compter les tweets et les petites « phrases assassines « quotidiennes  ,m’angoissent profondément !

Car si, « pris un par un », ils sont rentrés, nous dit-on, dans un « langage courant », globalement ils illustrent une violence, une perte de valeurs, un « grand n’importe quoi » qui peuvent conduire au pire, avec des « retournement de vestes » de certains d’abord et des  » basculements d’alliances à 180 degrés » ensuite… 

Si on peut encore sourire en lisant ce qu’écrit Albert Camus dans « L’état de siège »: 

          « on se fatigue de voir la bêtise triompher sans combat »,

on sourit moins à la lecture d’une autre de ses citations :

« le mépris des Hommes et souvent la marque d’un cœur vulgaire et s’accompagne alors de la satisfaction de soi ».

Mais comme je veux aussi ,comme nous le conseille Albert Camus, croire et faire en sorte que :

« là où il n’y a pas d’espoir, il faut l’inventer »

je veux dire à notre Président de la République pour qui j’ai voté au 2ème tour de 2017 et contrairement à François Bayrou qui n’a cessé de répéter sur BFM Télé ce samedi qu’il ne l’a jamais regretté…, que moi, si je le respecte et si je reconnais les complexités de ses tâches, il m’a donné trop d’occasions de  regretter mon vote d’alors ! 

Et si je peux comprendre que le Président de la République a légalement le droit  de commencer « un tour de France » qui ressemble, disent beaucoup de commentateurs, à une pré-campagne (il n’est d’ailleurs pas le premier à le faire),

il lui faudrait changer de comportement et de langage sous peine de le payer cher, ce qui n’est pas le plus grave le concernant, mais surtout de nous le faire payer très cher, et pas uniquement en termes de nombre de voix gagnées ou perdues.

Quand il dit dans le Lot que face au reproche d’être « le Président des riches », « il s’en fout » et qu’il répond à un citoyen qui l’interpelle dans les rues de la ville de Martel : « vous êtes quand même gonflé »… ajoutant même « vous êtes tordu »…,

je lui réponds très respectueusement :  « Monsieur le Président, vous passez une nouvelle fois la ligne rouge »…

J’en resterai là pour ce qui est de l’Histoire de la politique et de la situation aujourd’hui

pour d’abord redire à propos de la grande panne téléphonique qui a bloqué les numéros d’urgence, ce que je ne cesse de répéter : à force de tout informatiser et de tout interconnecter ,on crée ,comme avec la mondialisation, une grande fragilité qui, à un moment donné, pour quelque cause que ce soit, risque de nous « fracasser » au moins autant ,sinon plus vite ,que le dérèglement climatique et toutes ses conséquences.

À tous les niveaux non seulement on confond les outils et les objectifs, mais on se soumet aux outils… avec des scénarii en forme de « films catastrophes » bien pire que des chutes de météorites ou des invasions d’extraterrestres…

J’aurai l’occasion d’y revenir…

Quelques images avant de terminer ce 663ème carnet :

   – La plantation en 1989 pour le bicentenaire de la Révolution d’un Arbre de la Liberté haut alorsde 2 m sur le Rond-Point de Valmy, un arbre qui en fait plus de 10 ou 15  aujourd’hui et ce, avec des enfants qui ont maintenant passé « la quarantaine » … (on le voit sur la photo sur le trottoir face à lui, côté V2)

   – La chute en quelques heures programmée par Pierre Mauroy d’Arthur Notebart Président de la CUDL, pour prendre sa place, sans soupir, ni regret… ni remord… 

  – La mémoire de Pierre Bérégovoy et son désespoir de se voir reprocher des choses dont il n’était que très peu responsable et sa décision « de descendre du train » grâce à un révolver resté imprudemment à  portée de sa main.

  – Un Jean Poperen, véritable socialiste et ami que je n’oublierai jamais …

   – Le drame d’Ouvéa qui m’a noué à jamais avec des liens indélébiles à notre Gendarmerie.

   –  Une réunion à Istanbul en tant que Député européen de la commission Europe-Turquie, où, à l’arrivée, une délégation turque est venue me chercher dans l’avion tandis qu’au retour on m’a mis dans un taxi sans doute parce que je n’avais pas manifesté la complaisance qu’on attendait de moi durant nos réunions.

  – 36 heures de voyage officiel avec Laurent Fabius en Israël et en Jordanie avec un avion du GLAM qui a dû « ralentir » au retour pour avoir assez de carburant… vu que, en raison d’un retard pris en Jordanie, les aéroports italiens étant fermés de nuit, il ne nous était plus possible de « refaire le plein » pour aller jusqu’à Villacoublay.

  – Les manifs étudiantes de la « Saint Nic » à Lille qui se terminaient alors de manière « bon enfant » dans des « paniers à salade » pour celles et ceux qui, contrairement à moi, « n’arrivaient pas à s’échapper du dernier cercle ».

  – Une manifestation au soir de la réélection en 1988 de François Mitterrand que j’ai, à la demande de commissaires de police, contribué à détourner de la Préfecture pour la renvoyer vers la Grand-Place de Lille afin d’ éviter de graves affrontements.

  – L’inauguration à Lille le 6 février 1989 de la Place de la Fontaine de la Solidarité où Pierre Mauroy m’avait fait exclure du bon côté de la barrière où il circulait aux côtés de François Mitterrand…, le Président qui me voyant ainsi écarté la faisant ouvrir pour me faire marcher quelques minutes à ses côtés .

  – Elisabeth II Reine d’Angleterre, rencontrée le 6 mai 1994 quand elle a inauguré le tunnel sous la Manche aux côtés de François Mitterrand…juste après l’inauguration de la gare TGV Lille-Europe.

Un grand moment d’Histoire !

  – Le voyage inattendu de François Mitterrand en 1992 à Sarajevo en guerre qui a fait trembler son entourage et ses vrais  amis…

À suivre

Ah non si peut-être encore … ,

    À celles et ceux qui « enfoncent des portes ouvertes » à propos d’écologie…,

quelques chiffres qui illustrent le courage qu’il a fallu pour décider de ne pas urbaniser le secteur du Héron et ses 100 hectares, soit 1 million de m²,

au « tarif actuel » des terrains à bâtir cela fait entre 400 millions et 600 millions d’euros.

 Si on ajoute à cela une décision plus récente de non urbanisation du secteur de la rue Colbert à Ascq jusqu’à Tressin,

on double la mise !

  Avis aux « mouches du coches » !

Et pour en termine, toujours avec Albert Camus, une réflexion sinon un constat suivi d’un conseil :

– La réflexion : « Etre différent n’est ni une bonne ni une mauvaise chose. Cela signifie simplement que vous êtes suffisamment courageux pour être vous-même. »

– Le conseil : « je vais vous dire un grand secret : n’attendez pas le jugement dernier, il a lieu tous les jours. »

Avec enfin de ma part, en clin d’œil à François Mitterrand , « moi aussi je crois aux forces de l’esprit »

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