Carnet n°653 du 29 mars 2021

« Un jour sans fin »

Je veux avouer à mes fidèles lectrices et lecteurs que j’ai failli ne pas écrire, en ce matin du 29 mars 2021, un et donc mon 653ème carnet.

    Plus qu’une certaine fatigue doublée d’une réelle lassitude, la raison de cette hésitation m’en avait été « illustrée » par un film que j’avais revu récemment  : « Un jour sans fin », une comédie fantastique sortie en 1993 qui décrit, jour après jour, une situation monotone, déplaisante et répétitive quand chaque matin le héros du film rejoint, en quelque sorte, une boucle temporelle pour revivre la même journée que la veille.

   Qui aujourd’hui, parmi une grande majorité de nos concitoyen(ne)s Français(e)s et parmi bien d’autres dans le monde, peut dire qu’il n’a pas, depuis plus d’un an, en dehors peut-être de la « coupure » de l’été dernier, le sentiment de vivre un jour sans fin, autrement dit une situation monotone, déplaisante et répétitive ?

En plus, sinon en prime, ce « jour sans fin » nous abreuve de chiffres toujours angoissants quelles que soient leurs évolutions, de déclarations du monde médical et du monde politique toujours incertaines, inquiétantes, souvent déconnectées de nos réalités… quand elles ne sont pas autoritaires, pleines de suffisances indécentes et même menaçantes.

Et donc ce « jour sans fin » pour le rédacteur de carnets que je suis, pour les acteurs que j’observe et que j’y décris et surtout pour mes concitoyens qui le vivent douloureusement,

me conduit à me répéter, à défaut de me contredire ce qui ne plait pas aux fans (sinon encore groupies) de M. Macron qui lui trouvent toujours « l’excuse du temps », à lui dont je rappelle pourtant que son mentor fut François Hollande avant et après 2012 c’est-à-dire il y a plus de 10 ans, et ce qui ne plait pas d’ailleurs non plus à ses opposants chez les populistes de droite comme de gauche qui espèrent « tirer les marrons du feu » aux Régionales, Présidentielles et Législatives en disant, elles et eux aussi trop souvent, tout et n’importe quoi…

Ce qui est désespérant aujourd’hui, c’est à qu’à défaut d’avoir une vision et des solutions de fond (et je peux en comprendre les difficultés), ils ne font que  » de la forme  » et de « la com » , en n’hésitant pas pour cela à se contredire voire à mentir …

    En regardant hier soir un autre film de science-fiction, (oui je confirme que j’aime la science fiction ayant même dans mes armoires près de 200 ouvrages de SF), un film de 2016, « La Cinquième Vague » dans lequel « de petits êtres teintés de vert venus d’ailleurs » ont  » infiltré » des êtres humains pour mieux éliminer les survivants après 4 vagues qui ont déjà fait l’essentiel de l’extermination, je pensais à celles et à ceux qui, volontairement ou non, sont sur une voie comparable en oubliant ou en « assumant » ces mots d’Albert Camus :

« Faites attention, quand une Démocratie est malade, le fascisme vient à son chevet mais pas pour prendre de ses nouvelles »

en n’oubliant jamais non plus les leçons du 20ème siècle en Europe quand le fascisme et les fascistes sont venus de partout et pas uniquement, loin s’en faut, des mouvements étiquetés ou qualifiés tels auparavant…

C’est à l’image des extra-terrestres de nos films et des virus de toujours : on ne sait jamais d’où, quand et sous quelles formes ils viennent, nous pénètrent et nous détruisent.

Ne l’oubliez jamais M. Macron et les vôtres, M. Mélenchon et les vôtres, Mesdames et Messieurs les Verts,…. et tous les autres qui, réduits à la position congrue, ne rêvent que de revenir à leurs lustres d’antan !

Les images de « sorties de réunions » de préparation des Régionales dans les Hauts-de-France me dépriment… d’où et de quels camps elles viennent…

Elles peignent une « Démocratie »… au mieux , en réanimation…

Alors je le redis en citant à nouveau Albert Camus :

« N’attendez pas le jugement dernier, il a lieu tous les jours »,

avant pour terminer sur un note plus optimiste, une citation de l’actrice principale de « La Cinquième Vague », une adolescente en lutte contre les « petits êtres verts  camouflés  » :

           « C’est l’espoir qui fait de nous des êtres humains  »…

C’est pourquoi, résolument, je nous le dis : soyons toutes et tous dignes d’être des « êtres humains » !

et pour cela ne nions pas qu’il existe aussi en cette terrible période de pandémie des « porteurs d’énergies nouvelles », des regards différents sur la vie pour en vivre les moments les plus simples, des preuves d’épanouissement et de progression humains possibles, davantage d’attention aux autres contre les égoïsmes et les préjugés…

c’est aussi sur cet espoir que se déroule et se termine « La Cinquième Vague »…,

un espoir qui fait de nous des êtres humains.

    Je pourrais à ce stade en rester là.

Mais quand hier on a, malgré tout, avec ferveur, commémoré sous le soleil le 77ème anniversaire du Massacre d’Ascq, certes en mode contraint et donc réduit de par les directives qui nous sont imposées,

quand demain on votera un Budget communal 2021 sans augmentation des taux locaux d’imposition, et ce, grâce à une gestion passée et présente qui nous le permet,

tout en préparant l’avenir dans une ville aux services publics communaux et associatifs incomparables, à la gestion de la crise sanitaire « remarquable » (je n’ai pas peur de le dire), une ville enfin où il n’est pas nécessaire de « sonner le tocsin » de l’urgence écologique à la mode chez certain(e)s vu tout ce que nous y avons fait depuis 44 ans, tout ce que nous faisons et tout ce que nous continuons à faire avec tous les Villeneuvois(es).

    En Conseil Municipal, j’ai déjà connu des « mouches du coche »… mais jamais, comme aujourd’hui, des mouches hybrides dotées de dards…

Pour autant elles ne m’impressionnent pas davantage !… je le confirme !

Oui donc, je pourrais en rester là mais il me faut quand même m’associer à la colère de Martine Aubry, des personnels de santé, des médecins et pharmaciens face à la pénurie de vaccins, une pénurie qui rend indécents certains discours ministériels.

Il me faut aussi dénoncer les communautarismes qui « virent » de plus en plus non seulement aux sectarismes mais maintenant aux « fractionnismes clanistes » que certains partis politiques et certain(e)s de leurs candidat(e)s flattent en espérant recueillir leurs voix .

Somme toute quand en France on atteint les 95 000 morts du COVID-19, les 43 000 cas nouveaux déclarés samedi, les 5 000 malades en réanimation, l’abandon de fait de bien d’autres soins possibles pour bien d’autres maladies tout aussi graves, un état de désespérance qui se généralise en « ce jour sans fin » qui nous est imposé, il faudrait que « les politiques » se mobilisent pour d’autres choses que des élections dont on n’est même pas sûr qu’elles auront lieu aux dates prévues.

    Enfin quand on connaît le désespoir des étudiants, l’UNEF, dont j’ai été aussi membre quand c’était un grand syndicat, ferait mieux de se battre pour eux que d’organiser des réunions « sous le signe des non-mixités ».

« Un jour sans fin » disais-je qui me « démolit » comme il « démolit » beaucoup de mes concitoyen(ne)s et même si, comme le chêne de la fable, le vent, les vents, jusqu’au plus près de moi, « qui redoublent leurs efforts » n’ont pas encore réussi à ce jour à déraciner…

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