Carnet n°643 du 18 janvier 2021

« Tombe la neige  », …  ce joyeux cortège tout en larmes blanches, impassible manège …

C’est par cette douce chanson d’Adamo des « années 60 » que j’ai aujourd’hui décidé de titrer mon 643ème carnet en un temps présent où la douceur, la sérénité voire la tendresse des mots et des comportements n’est trop souvent plus de mise.

   J’aurais bien sûr l’occasion, un peu plus loin, de redire ce que je pense de ce temps et de la jubilation « palpable » de celles et ceux qui en jouent sans pudeur…

Mais en ouverture de mon carnet je voulais surtout dire les plaisirs d’un samedi 16 janvier après-midi qui a vu Villeneuve d’Ascq recouverte de neige en la transformant quasiment en station de montagne avec ses arbres et des sapins enneigés, ses parcs et ses forêts qui rappelaient le massif vosgien, ces enfants faisant de la luge sur la colline des Marchenelles et dans le parc Saint-Jean.

Somme toute, une petite compensation pour celles et ceux qui auraient pu et voulu partir vers des massifs enneigés mais qui en ont été empêchés par les règles sanitaires décidées par le Gouvernement,

un vrai plaisir pour tous les autres, bien plus nombreux, qui n’avaient pas vu de neige ces dernières années.

   Alors certes, cela a compliqué la circulation automobile malgré les efforts immédiats des équipes de déneigement dont la tâche était difficile quand on a plus de 300 km de voiries diverses et qu’il gèle en même temps qu’il neige (un grand merci à tous ces agents !).

À l’issue de ma tournée quotidienne de la ville j’ai d’ailleurs été, moi-même, dans l’incapacité de rentrer directement chez moi à cause d’une petite pente à la sortie de la voie latérale menant vers la Ferme Saint-Sauveur ce qui m’a obligé à refaire un tour par la Cousinerie et Annappes pour rattraper ladite rue sans pente verglacée par la rue A.J. du Bourg, …  mais qu’importe, il y a, en temps « normaux », tant de gens qui paient très cher pour subir ce type de désagrément afin de pouvoir aller skier…

  Reste que quand une voiture hybride vous impose une boite automatique… il est beaucoup plus difficile de manœuvrer et j’imagine un long épisode neigeux comme on en a déjà connu dans la Vallée du Rhône, avec un arrêt durant des longues heures de toutes les voitures qui seraient alors toutes alors électriques… un arrêt qui les immobiliserait… sans non plus de chauffage ni de possibilités de redémarrage, les batteries s’étant alors déchargées.

  C’est d’ailleurs un problème « incommensurable » pour la planète et ses habitants qui sont passés de 1,8 milliards en 1920, 3,7 milliards en 1970 à près de 8 milliards aujourd’hui avec, en perspective, plus de 15 milliards en 2060 si le taux de croissance démographique continue au même rythme, la population mondiale augmentant de 250 000 par jour, 16 milliards d’habitants, un « chiffre » tout à fait ingérable ! 

 Si j’ajoute à cela notre dépendance à hauteur de quasiment 100 % à l’électricité et celle non beaucoup moins grande aux ondes électromagnétiques, 

j’avoue mon angoisse pour l’avenir de nos enfants et petits-enfants…

  Si j’ajoute enfin les pollutions de tous ordres, la raréfactions de toutes nos ressources y compris alimentaires et en eau avec, parallèlement, un dérèglement climatique qui les aggrave… il faisait bon samedi pour tous de se replonger dans nos souvenirs et nos images d’enfance….

  Et j’en arrive, à ce stade, à la crise épidémique du  » COVID 19 en marche »… et en mutation  qui, certes, au pire, pourrait être « un élément de régulation de l’espèce humaine » à l’image des films post-apocalyptiques… (mais à quel prix ?), et qui, en attendant, montre l’impréparation de nos sociétés et de ses dirigeants pour y faire face .

C’est dramatique, et je pèse mes mots !

M’adressant donc aux politiciens qui pensent, à juste titre peut-être, pouvoir électoralement en profiter, je leur dis que, vu la gravité de la situation, ils se trouveront devant les mêmes situations sans doute encore dégradées par rapport à ce 18 janvier 2021 et tout aussi démunis malgré leurs éventuelles « bonnes volontés », voire malgré  « une intelligence de bon sens » meilleure que celle des dirigeants d’aujourd’hui…

   Sur le fond, « je ne jette pas la pierre » aux « princes qui nous gouvernent » aujourd’hui, qu’ils soient

Présidents, Ministres, hauts fonctionnaires face à une crise inédite.

  Mais sur la forme

après nous avoir considérés comme « des grenouilles plongées dans une eau que l’on chauffe… » pour finir par les (et nous) anesthésier en les (et nous) faisant ainsi mourir en silence, 

après nous avoir « construit (et traité) comme des marionnettes », 

ils font revivre (pour celles et ceux qui les ont connues) les pièces théâtrales sur Radio Luxembourg ,

puis « Au théâtre ce soir » à partir de 1966 sur les deux chaînes de l’ORTF… voire l’émission, que je n’ai pas oubliée, toujours alors sur Radio Luxembourg à l’époque de la TSF (Dans les mailles de l’inspecteur Vitos), 

   Comme quoi le soi-disant nouveau monde n’hésite pas à piocher dans l’ancien…, la technique et la technologie en plus, ce qui d’ailleurs n’arrange rien…

Je pense en effet à ce nouveau « théâtre du jeudi soir » avec le Premier Ministre et des ministres (qui seraient tous restés parfaitement inconnu(e)s si il n’y avait pas eu le virus…) qui « jouent leurs rôles à tour de rôle » avec une certaine « suffisance » teintée d’un rien de « jubilatoire », ne pouvant complètement maîtriser une certaine jouissance dans le regard et dans la voix en disant aux 65 millions de Françaises et de Français ce qu’ils et elles ont droit de faire et de ne pas faire, à quelle heure et comment…, en choisissant tout à leur place y compris leurs goûts tout en leur faisant porter la responsabilité de ce qui se dégrade, accusés qu’ils sont alors de ne s’ être suffisamment pas « soumis aux ordres ».

Si je voulais être désagréable, en faisant de l’humour noir, je dirais que c’est, comme « le Canada Dry », une forme allégée de « soviet suprême »… la répression en moins mais la jubilation et les égocentrismes en plus…ou de manière plus souriante, ce que  j’ai lu sur google : « on ne sais pas si on est la 7ème puissance au monde mais on est gouverné par la 7ème compagnie »…

  Les « Télés à jets continus », voire certains médias locaux que je connais bien pour en être la cible privilégiée, en s’y prêtant… n’arrangent rien… ce qui contribue au « mal être » ambiant.

   C’est pourquoi je le redis avec angoisse : certaines des blessures profondes infligées à notre société ne se refermeront jamais, même si l’épidémie (et ce n’est pourtant pas sûr) est régulée, voire stoppée en septembre, octobre ou novembre 2021…

  Si on ne prend que l’exemple du « couvre-feu » (quelle expression !!), on sait que cela ne fait que déplacer les heures et les lieux de contamination et que ce n’est que l’acte principal destiné à nous montrer que nous ne sommes plus « qu’en liberté conditionnelle »…

   « En bon démocrate et en bon Républicain respectueux que je suis » de nos lois et règlements, je m’y soumets comme je me suis soumis à toutes les injonctions multiples, variées et contradictoires qui nous ont été imposées depuis mars 2020 avec les « résultats » que l’on sait certes « indiscutables »…  car « incomparables » à ce qui se serait passé si elles ne nous avaient pas été imposées…et toutes les insatisfactions citoyennes qui sont retombées sur moi comme sur tous les maires.

   En espérant enfin que le vaccin sera efficace et que surtout on en aura assez pour toutes celles et ceux qui veulent se faire vacciner… ce qui n’est pas si simple et qui va encore mettre à contribution les communes aux finances exsangues… ce que pourtant j’accepte s’agissant d’une question  de « vie ou de mort » et en soutien et hommage à toutes celles et ceux qui, très nombreux,  se battent pour nous et avec nous pour tous les autres.

  On s’en rend compte en préparant notre budget communal 2021 et dans la perspective des budgets 2022, 2023 et plus, avec des dépenses qui augmentent davantage que les recettes.

  Faut-il les anticiper en réduisant très vite certaines dépenses et donc certains services publics, et si oui lesquels ?

  Faut-il les anticiper en augmentant très vite certaines recettes, si oui lesquelles ? Et elles ne sont pas nombreuses celles qui dépendent encore de nous en dehors de l’impôt foncier et des tarifs des services…

Ma position personnelle en la matière est connue. Reste que le débat est légitimement ouvert… et on en reparlera bientôt.

   On comprendra, après tout cela, mon désir de rêver encore un peu en écoutant « Tombe la neige » d’Adamo avec une nostalgie que j’assume sans que pour autant elle me rende aveugle aux réalités d’aujourd’hui en termes d’inégalités croissantes, de désespoirs mortifères, de jeunes pour beaucoup désespérés, de militants associatifs découragés, de salariés menacés de chômage, de commerçants, artisans et PME placés dans « l’antichambre de la mort »,…

C’est Sénèque qui écrivait il y a plus de deux millénaires : « La vie n’est pas d’attendre que les orages passent, c’est d’apprendre à danser sous la pluie. »

   C’est ce que nous répètent à l’envie nos dirigeants à propos du virus… peut-être …mais « apprendre à danser sous la pluie « c’est plus sûrement surtout apprendre à vivre autrement dans un monde qui fonctionne autrement.

Et cela, ce n’est pas simple  pour ces dirigeants    car « ce n’est pas dans leurs gènes »…

Je m’en rends aussi compte quand j’entends ce qui se dit et ce que je lis dans les discours de vœux 

y compris dans certains des vœux envoyés sur le site internet de la Ville : www.villeneuvedascq.fr

      Les 150 vœux ont été dépassés en une semaine, en très grande majorité positifs et déterminés 

C’est notre originalité villeneuvoise et la liste n’est pas  close…qui devrait nous voir à la fin du mois approcher les 500 !

C’est de la responsabilité de tous que de le confirmer d’ici le 31 janvier !

      Merci donc par avance à toutes celles et tous ceux des villeneuvois(es) qui ont fait et font de Villeneuve d’Ascq, la grande et belle ville humaine qu’elle est aujourd’hui !

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