Carnet n° 619 du 10 Août 2020

« Un été entre COVID  et canicule…

                                       mais un été quand même »

    Si il y a encore eu, ce samedi 8 août, une pointe de plus de 700 kms de bouchons routiers cumulés après les  1000 kms du 1er août, c’est la preuve que beaucoup de Français(es) qui le peuvent, qui en ont les moyens, qui ne sont ni malades, ni trop fragiles, ni trop angoissés par la situation d’aujourd’hui , ni surtout qui ne sont pas seul(e)s face à ces périls, difficultés et angoisses,

c’est la preuve, disais-je, que beaucoup de Français(es) ont eu envie, en cet été 2020, de partir pour (re)découvrir notre belle France et ce que l’on appelle  » la France profonde « hors des lieux, villes et plages de « grandes concentrations « .

  C’est ce que je fais cette année encore, comme je le fais chaque année…depuis des années…en commençant par une étape en Haute-Savoie pour y rencontrer les jeunes « colons » ainsi que leurs animatrices et animateurs d’un des 4 centres de vacances que j’ai réussi à maintenir , avant de venir passer une semaine de vacances  en Ardèche d’où je ferai , demain mardi, un crochet à Rémuzat pour visiter un deuxième centre de vacances …dans notre « site historique » de la Drôme qu’est la Ferme de la Donne.

  De vrais moments de bonheur que de rencontrer ces jeunes heureux de vivre de si belles découvertes avec des animatrices et animateurs professionnels et humains .

  Depuis 1977, avec ma découverte de Rémuzat ,alors sous l’autorité  de Jef Martin, je ne me suis jamais lassé de ces visites et de ces rencontres en des lieux et sous des formes qui sont à l’image de notre Ville , de nos services publics pour les jeunes, les enfants et pour  les autres citoyens Villeneuvois.

  Pour eux comme pour moi, il s’agit toujours après ,pour beaucoup ,un pénible confinement et, pour tous, un déconfinement « aléatoire », 

de revivre, de vivre encore malgré les menaces qui persistent   en essayant de « vivre autrement »…

 Ce n’est ni simple…ni acquis, d’autant plus qu’une terrible canicule s’est abattue sur toute la France et on imagine ce que vivent celles et ceux qui, après avoir été confinés dans leurs appartements, y subissent aujourd’hui des chaleurs souvent insupportables…

 C’est sans doute pour partie « le fruit du hasard » que de se voir, en cet été 2020, imposer un tel cumul de difficultés mais c’est aussi le signe du début d’une décennie dont les caractéristiques sont largement les résultats des excès collectifs de nos sociétés dans tous les sens du terme « excès »…

 J’en parle régulièrement dans mes carnets, étant loin d’être sûr que « l’espèce humaine », dont chacun(e) d’entre nous n’est qu’une infime parcelle, aura compris ce qui pourrait être un dernier avertissement à l’image d’un film de 2008 : « Le jour où la terre s’arrêta »…et de bien d’autres films tout au long de ces  2, 3 ou 4 dernières décennies…

 Aura-t-on « pris conscience » durablement, avec ces « gestes barrières qui s’imposent à nous », ce besoin de services publics et d’Etats forts pour faire face aux violences, aux épidémies, aux désordres d’une mondialisation dérégulée, aux conséquences d’un environnement en voie de destruction…sans oublier les terrorismes sous toutes leurs formes comme vient de nous le rappeler le massacre de 8 humanitaires au Niger…voire la catastrophe de Beyrouth…

Aura-t-on « pris conscience », disais-je, que nous vivons le temps d’un dernier avertissement ?

D’où le sentiment particulier que j’éprouve durant cette semaine en Ardèche où « l’âme » de Jean Ferrat me semble plus que jamais palpable, 

 !Jean Ferrat, de son vrai nom, Jean Tenenbaum qui nous a quitté il y a 10 ans à Aubenas, dont le père fut déporté à Auschwitz, Jean Ferrat un homme de gauche engagé, un amoureux de la France, de la Liberté et d’une société de justice sociale .

Jean Ferrat et sa « montagne belle » qui, dès 1967, regrettait sa désertification tout en la comprenant, …en concluant ainsi sa chanson :

« Pourtant que la montagne est belle, comment peut-on s’imaginer, en voyant un vol d’hirondelle que l’automne vient d’arriver »

Et ce, tout en chantant aussi par ailleurs :

« Que c’est beau la vie ! »,

Jean Ferrat, dont je ressens les mots, les musiques, les pensées de plus en plus profondément au fur et à mesure de mon « temps  passe »….,

des mots, des musiques, des pensées ,par certains côtés empreints de pessimismes mais aussi souvent heureusement pleins d’espoirs :

« Que c’est beau la vie »…oui que c’est beau la vie…oui que la montagne est belle , oui que la France est belle ! 

Oui, en effet, malgré l’épidémie, malgré les canicules, malgré les violences et les catastrophes…, « que c’est beau la vie »,

car la vie c’est aussi nous, ce que nous faisons, ce que nous pensons, ce que nous construisons.

« L’avenir ne se prédit pas…il se construit… »

Et cette décennie 2020-2030 sera aussi, et même d’abord, ce que nous en ferons, pour nous, pour nos enfants, pour leurs enfants…

 Et c’est pourquoi j’ai décidé de « continuer à servir », en espérant des prises de conscience à tous les niveaux qui ne laissent pas les élus locaux  seuls face à des problèmes qui explosent, des moyens qui diminuent, des égoïsmes fruits des inégalités sociales et des violences y compris à leurs égards « qui s’envolent »…

   En ce lundi 10 août, par plus de 35 degrés à l’ombre , il n’est pas interdit de rêver…tout en fredonnant des chansons de Jean Ferrat…

Et pour ce qui me concerne, il ne m’est pas interdit, voire il me revient…car j’en ai vraiment envie, 

de souhaiter à toutes mes lectrices et à tous mes lecteurs le meilleur été possible et quand cela leur (et donc vous) est possible de bonnes et belles  vacances ,

avec mon amical souvenir de Maire  et  d’homme.

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