Discours du 14 juillet 2020

Mesdames et Messieurs les représentants des corps constitués, locaux, départementaux, régionaux et nationaux,

Mesdames et Messieurs les responsables des Associations Patriotiques accompagnés de leurs Porte-drapeaux,

Mesdames et Messieurs les dirigeants et militants associatifs de notre ville, ainsi que des conseils de quartier et du conseil des jeunes,

Mesdames et Messieurs les élus du Conseil Municipal de Villeneuve d’Ascq dont certains sont parmi nous cette année pour la première fois, de la Métropole Européenne de Lille, du Conseil Départemental et du Conseil Régional,

Mesdames et Messieurs les représentantes et les représentants de celles et ceux qui ont été dénommés « héros du quotidien » et qui vont recevoir symboliquement pour elles, eux et au nom de tous les autres, connus ou anonymes, grâce à qui, dans leurs nombreux métiers, tous les autres citoyens ont pu faire face et pour certain(e)s survivre face à l’épidémie du COVID 19, au confinement et à toutes leurs conséquences,

Mesdames et Messieurs, chères concitoyennes et chers concitoyens,

Permettez-moi, une nouvelle fois, avec une émotion particulière en ce cinquantenaire de la nouvelle ville de Villeneuve d’Ascq, en ce 14 juillet 2020, de vous redire mon émotion de vous retrouver ce matin, ici au pied de l’Arbre de la Liberté sur notre place de la République, dans une configuration quasiment normale et cela même si les festivités, comme notre célèbre feu d’artifice chaque année tant attendu le 13 juillet, et comme notre bal Républicain et populaire à l’Espace Concorde, ont dû être malheureusement supprimés cette année.

Vous le savez et nous le savons, mais je me dois chaque année de le répéter : notre Fête Nationale, le 14 juillet, c’est d’abord la fête de notre République et donc de toutes les citoyennes et citoyens qui la composent, qui l’ont faite et qui l’a font.

C’est vrai partout en France. C’est peut-être un peu plus vrai ici à VILLENEUVE D’ASCQ, où nous célébrons le 14 juillet sur cette Place de la République, devant notre Arbre de la Liberté, près de notre « Monument aux Morts pour la France » et non loin de la salle Marianne.

Alors redisons-le nous une fois de plus :

Célébrer le 14 juillet, c’est d’abord célébrer un moment fort de notre Histoire.

Célébrer le 14 juillet, c’est aussi mettre à l’honneur notre République et aujourd’hui tous « les héros de la République », en ce…, espérons-le, lendemain d’une terrible crise sanitaire qu’on espère terminée.

Célébrer le 14 juillet, c’est enfin rappeler que la France a fait depuis le début de la 3ème République de cette date du 14 juillet sa Fête Nationale, et que donc, chaque année, nous avons des raisons de nous féliciter de l’existence de ce jour, symbole de la Liberté :

Car au-delà, du contenu même de la journée du 14 juillet 1789 et au-delà de ses conséquences pour notre pays, le 14 juillet est le symbole d’une intervention majeure et nouvelle du Peuple de France dans son Histoire et dans sa vie… un événement, une invitation qui reste aujourd’hui une leçon pour nous toutes et pour nous tous.

Avec la Révolution Française, à partir de ce 14 juillet et de la prise de la Bastille par les parisiens, c’est un peuple auparavant « sujet » qui a commencé à devenir enfin un peuple « acteur » de sa vie… une leçon disais-je, une leçon, oui, à se rappeler sans doute, où les « sujets », comme beaucoup trop de citoyen(ne)s le sont trop souvent redevenus doivent se retrouver unis et rassemblés face à de nouvelles bastilles qu’il nous fait abattre si on veut que l’espèce humaine elle-même ait encore un avenir dans les prochaines décennies.

Le 14 juillet 1789 est en effet sans doute une des premières, sinon la première de « ces dates symboles » lors desquelles le peuple modifiera le cours des évènements et donc le cours de notre Histoire.

Puisse-t-elle nous inspirer en cette année 2020 et en ce jour de 14 juillet !

Le 14 juillet 1789, c’est donc bien le peuple qui est entré en scène et en ce 14 juillet 2020, 231 ans plus tard, il est vital qu’il se le rappelle.

Mesdames, Messieurs, Mes chers concitoyens,

le 14 juillet, c’est la fête de notre République, cette République qui est un peu comme l’air que l’on respire, quelque chose dont on ne se rend vraiment compte que lorsqu’elle se raréfie… quantitativement et aujourd’hui qualitativement.

En ces temps de crises que nous vivons et qui résonnent de souffrances, en plus et aussi, d’intolérances, de violences et de désordres de langage, en particulier dans les réseaux internet, célébrer notre 14 juillet doit être plus que jamais l’occasion de nous rappeler que nous disposons, avec la République et la Démocratie, d’un bien d’autant plus précieux qu’il est trop rare dans le monde… nous en avons de nouveaux exemples chaque jour qui passe…

C’est un bien qui mérite qu’on se batte pour lui pour le préserver, pour l’enrichir, pour l’enraciner, pour le conforter… et d’abord au quotidien dans nos villes au sein desquelles la crise épidémique a creusé et creusera sans doute bientôt davantage encore des écarts et des injustices pourtant déjà bien insupportables.

Alors redisons le : la République n’est pas seulement une forme de gouvernement.

C’est une éthique, une manière de voir le monde, un mouvement, une espérance. C’est la volonté de faire en sorte que les règles de la vie en commun soient élaborées par l’ensemble de celles et ceux auxquelles elles s’appliquent pour davantage de solidarité et de justice… somme toute, pour davantage de « vivre mieux » ensemble et de citoyenneté.

C’est l’exigence d’une Egalité par le respect des différences dans le cadre, bien sûr, de nos règles et de valeurs communes, car pour nous Français, la Nation est liée à la République. C’est l’exigence d’une solidarité accrue en direction des plus faibles, des plus fragiles, grâce à des politiques allant dans ce sens, en en évitant d’autres qui vont en sens contraire avec enfin des services publics et donc un État fort qui donne aux collectivités territoriales de véritables moyens pour répondre aux besoins des citoyens avec lesquels les élu(e)s locaux sont le plus en contact.

Cela nous donne des devoirs particuliers.

Cela aussi définit la Nation française « comme un peuple assemblé dans la volonté de vivre ensemble et de se construire ensemble ».

Dans la crise que nous vivons, qui peut ne pas dire en cette année 2020 que cela n’a jamais été aussi vrai, nécessaire, voire vital ?

La Nation ne doit en effet pas se réduire à un  »je ne sais quel conglomérat de communautés soi-disant ethniques, religieuses, ou culturelles ». La Nation ne peut pas non plus se réduire à la juxtaposition de groupes autonomes, indifférents ou pire… hostiles.

Nous devons faire preuve d’une vigilance extrême pour refuser toute dérive qui accepterait des droits ou des devoirs particuliers pour des groupes particuliers dans la Nation, mais en refusant aussi toute dérive qui aboutirait à refuser le droit à l’appartenance à la Nation à celles et à ceux qui, vivant avec nous, nés à nos côtés, partageant nos valeurs, restent fiers de leurs origines, tout en se sentant pleinement Françaises et Français.

C’est tout l’enjeu de l’adéquation entre la nationalité en termes juridiques et l’appartenance à la Nation en termes politiques, sociaux, sociétaux, culturels, citoyens et donc laïcs.

De ce point de vue aussi, la France, sa République, sa conception de la Nation, peuvent et doivent être un exemple pour une Europe qui, avec certains, est malheureusement en début de déconstruction.

Enfin, et j’en terminerai par ce point, le 14 juillet, c’est habituellement aussi l’occasion de faire la fête, même si en 2020, la fête sera d’abord et avant tout dans nos cœurs et pas ni sur la plaine Canteleu, ni à l’Espace Concorde, dans nos cœurs oui parce que la fête fait partie de ces moments d’Unité du Peuple Français quand elle porte ce très beau nom de « fête populaire »,

Car oui, notre Fête Nationale est une fête populaire dans le sens le plus riche et le plus respectable du mot « populaire ».

C’est une fête enfin, comme dans quelques minutes, en nous accompagnant jusqu’à la salle Marianne pour y partager le plaisir d’être ensemble (tout en respectant les règles sanitaires indispensables).

Merci mes chères concitoyennes et mes chers concitoyens pour votre présence « une nouvelle et première fois » depuis bien trop de mois de confinement sans doute nécessaire pour éviter le pire du pire.. mais, quand même… que ce fut dur !

Que vive donc le 14 juillet 2020… malgré les contraintes qui s’imposent encore à nous !

Que vive notre République malgré des décisions et des comportements, ici ou là, qui auraient pu en remettre en cause certains de ses fondements !

Que vive notre Fête Nationale, avec au cœur de ces 2 mots, le mot Nation dont certains ont pu retrouver le véritable sens !

Alors, pour et dans la Paix,

pour et dans l’unité,

pour et dans notre rassemblement au nom de nos valeurs de Liberté, d’Egalité, de Fraternité

et de Laïcité.

Vive le 14 juillet, vive notre Fête Nationale,

Vive la nation Française au cœur d’une Europe citoyenne,

Vive celles et ceux qui durant la crise sanitaire ont fait notre fierté de par leurs comportements et de leurs engagements,

Et Vive la France !

Gérard CAUDRON

Le 14 juillet 2020

Lien Permanent pour cet article : http://www.gcaudron.com/?p=7894