Carnet n° 615 du 13 juillet 2020

« Les jours d’après les jours d’avant… »

Avant finalement de choisir ce titre sans doute moins « percutant » qu’un autre titre beaucoup plus connu et plus souvent utilisé durant ces derniers mois, un titre qui fut en 2004 celui d’un film catastrophe « Le jour d’après » et qui décrivait par son ampleur et surtout par sa rapidité une catastrophe planétaire par certains côtés comparables à celle provoquée par le COVID 19,

un événement bouleversant qui remet (ou doit remettre) en cause profondément nos fondamentaux sociaux, nos mécaniques économiques ultra-libérales pour qui ne comptent que le court terme, la recherche effrénée du profit et de richesses accrues pour « les déjà plus riches », une catastrophe qui remettra (ou devrait remettre) en cause nos échelles de valeurs, nos modes de production, de consommation et finalement de vie,

si j’ai choisi pour mon 615ème carnet de ce 13 juillet 2020 : « les jours d’après les jours d’avant », c’est parce qu’il correspond mieux à une dimension temporelle qui ne peut jamais se résumer à un jour précis, pas davantage d’ailleurs dans ce film que dans la crise que nous traversons.

En effet dans ce film, le fameux « Jour d’après »,

est d’une part le résultat de décennies de destructions de notre environnement, ce que nous faisons d’ailleurs encore aujourd’hui à notre planète,

tandis que d’autre part, quand les lumières de la salle de cinéma se rallument, on ne sait pas vraiment ce que sera « ce jour d’après » pour l’ensemble de l’espèce humaine, ni quand, ni vraiment comment…,

et concernant la crise sanitaire de la COVID 19, ses 30 000 morts en France, ses 600 000 dans le monde avec sans doute des dizaines de millions de malades,

quel jour pourrait être titré de « jour d’après » ?

le 17 mars 2020, à 12 heures quand les Françaises et les Français ont été confinés ?,

le 11 mai 2020, quand le déconfinement a commencé ?

Personne aujourd’hui ne le sait et personne ne peut le savoir tant que « l’Histoire n’est pas écrite ».

Il en est de même pour tout, en particulier pour les guerres. C’est toute la différence entre « l’Histoire » et « la Mémoire ». La mémoire se vit et se construit au jour le jour tandis que l’Histoire s’écrit quand on peut décider quand « l’événement » a commencé et surtout que l’on sait quand il s’est terminé. C’est aussi vrai pour la guerre de 100 ans que pour la deuxième guerre mondiale ou la Peste noire au XIVème siècle,

Ce sera vrai quand on devra dater le début d’une catastrophe climatique planétaire déjà commencée, le vrai début du coronavirus et sa fin… si fin un jour il y a…

D’où mon choix pour mon carnet de parler des jours d’avant le mois de mars 2020 et des « jours d’après »… que nous vivons aujourd’hui.

Concernant les jours d’avant mars 2020, il y a d’abord tous ces jours, mois et années où une mondialisation économique et financière s’est développée avec comme conséquences notre dépendance folle, par exemple vis-à-vis de la Chine, avec des modes et des circulations désordonnées, rapides et sans aucunes précautions.

Malgré cela, durant plus de 2 mois, nous avons regardé avec une certaine condescendance d’abord la Chine et ses villes confinées, puis l’Italie comme « l’exception européenne »,… et encore, heureusement, « on a évité » l’impudence des dirigeants britanniques, brésiliens et américains qui se sont tout permis sans vergogne dans leurs discours… avant de devoir « manger leur chapeau », de se faire soigner, de porter des masques ou de compter leurs morts par centaines de milliers.

Au demeurant, et même si, quand le Président Macron dans son discours du 12 mars annonce que le premier tour des municipales aura bien lieu le 15 mars, avant de faire annoncer le 14 mars la fermeture, le soir même, des cafés et des restaurants, et, le lundi 16 mars, le confinement pour le lendemain 17 mars à midi sur tout le territoire de la France,

on est en droit de se poser des questions. Je les ai posées, on les lui a posées… et il faudra bien qu’un jour il nous y réponde.

Et je ne parle pas des impréparations matérielles et autres… car si le pouvoir national en place et ses Préfets se sont souvenus qu’il y avait des Maires, c’était d’abord parce que, nous les Maires fûmes les seuls à réussir à tenir plus ou moins bien des promesses faites par « les princes qui nous gouvernent », des promesses faites sans concertation ni véritable information et surtout sans aucun moyen supplémentaire,

c’était, j’en suis sûr, pour faire partager à tous ces Maires, auparavant méprisés, les impopularités citoyennes consécutives à la situation sanitaire, aux mesures à prendre et à leurs conséquences multiples et variées.

Cela ne leur a pas réussi quand on regarde les résultats des élections municipales sinon, qu’en la matière, « le pouvoir en place » portera longtemps le record d’un pourcentage d’abstentions dans toutes les communes comme on n’en n’avait jamais connu…

Et surtout qu’on ne me dise pas qu’un lien « extraordinaire » s’est créé entre les Maires et les Préfets.

Au mieux, ces liens existaient déjà, ce qui était mon cas. Au pire, il s’est souvent réduit à des circulaires, instructions et adjonctions multiples et parfois contradictoires d’un jour sur l’autre…

Là aussi l’Histoire sera à écrire…

Il n’y a donc pas eu de « décentralisation », tout juste la « déconcentration » du pouvoir parisien et je ne dirai rien à ce stade d’autres institutions en place ou créées pour l’occasion qui dépendent de l’État… et dont les rôles ont répondu aux mêmes « intentions » du pouvoir avec les mêmes inefficacités…

« Les jours d’avant », disais-je donc, ne peuvent ni être datés en un jour précis, ni même en semaines… sinon davantage…

Quant aux « jours d’après » que nous vivons depuis le 11 mai 2020,

il y a d’abord eu les jours de déconfinement avec, là aussi, des injonctions multiples et contradictoires de dernières minutes… pour nous les Maires, concernant les écoles, crèches, garderies, parcs et espaces de jeux, centres de loisirs et centres de vacances, marchés de plein air, sans oublier nos problèmes de personnels communaux, présents ou non du fait d’instructions peu claires, de craintes et de peurs souvent légitimes, mais aussi, pour nous, l’ardente obligation de services publics à rendre à nos concitoyens… sans en avoir tous les moyens.

Heureusement, grâce à la bonne volonté et le professionnalisme de beaucoup de nos agents, à tous les niveaux de la hiérarchie, nous avons réussi à faire face, mais j’ai aussi des souvenirs de messages, de manifestations et de manœuvres que je ne suis pas prêt d’oublier,

comme par exemple une manifestation d’une quarantaine d’agents municipaux devant l’Hôtel de Ville à deux jours du deuxième tour des élections municipales en présence de « mon opposante des droites institutionnelles Villeneuvoises », ce qui d’ailleurs ne lui a pas vraiment réussi… « not other comment » comme on dit en bon « franglais »…

J’ai tenu bon grâce, je le répète, à mon sens du service public, à mon caractère bien trempé, à mon refus de toute forme de chantage et surtout grâce aux personnels qui majoritairement ont fait que tous nos services ont rouvert, que les écoles ont fonctionné, comme aujourd’hui nos centres de loisirs d’été, que, ce dimanche 12 juillet au soir, 2 centres de vacances sont partis pour Habère Poche et Rémuzat… où les attendent « des familles des Genêts » qu’ils vont remplacer, deux centres de vacances donc en juillet suivis de 2 autres en Août,

avec sur Villeneuve d’Ascq, dans nos CLSH, près de 1400 enfants et jeunes inscrits, près de 1300 présences quotidiennes sous la vigilance, le professionnalisme et la passion d’environ 200 animatrices et animateurs.

Ça c’est Villeneuve et ça c’est « le service public » ! grâce au plus grand nombre de fonctionnaires territoriaux titulaires, CDD, vacataires et, ce, malgré quelques autres…

C’est vrai chez nous comme cela a été vrai dans l’ensemble de la société française :

S’il n’y avait pas des millions de « héros du quotidien », selon une expression présidentielle que je veux bien reprendre (si elle n’en reste pas à des mots et à des médailles),

on n’aurait pas été soigné, ni nourri, ni transporté, ni débarrassé de nos déchets ménagers etc… etc… la liste en est très longue.

Je n’ai cessé de le dire et je ne cesserai pas de le répéter pas plus que je ne cesserai de répéter que tous nos concitoyens n’ont pas vécu le confinement ni de la même manière ni dans les mêmes conditions…

« Des jours d’après » commencés donc dès le 17 mars et amplifiés après le 11 mai qui ont « creusé les traits de notre société » avec une lumière crue sur ses injustices et cela ira de mal en pis en septembre surtout si le gouvernement persiste dans ses erreurs, par exemple en allongeant le temps du travail des aînés privant ainsi d’emplois les plus jeunes…

« Des jours d’après » avec un Conseil Municipal, le 5 juillet, suite au 2ème tour des élections du 28 juin, un Conseil Municipal serein même si en forme de « jeu de rôle » durant plus de 5 heures, avec mon élection pour un 7ème et dernier mandat de Maire et les élections de nos adjoint(e)s.

« Des jours d’après » avec des dizaines d’heures de travail pour mettre en place via mes choix de délégations le meilleur exécutif possible pour mettre en œuvre sans retard notre Projet 2020/2026, la feuille de route sur laquelle moi et notre majorité se sont engagés.

Et je suis fier, oui fier du résultat obtenu… une liste, des listes et des fonctions qu’on découvrira sur le site internet de la Ville www.villeneuvedascq.fr https://www.villeneuvedascq.fr/les-membres-du-conseil-municipal et, début septembre, dans « la Tribune de Villeneuve d’Ascq ».

« Les jours d’après » aussi avec la réélection à la MEL par 68% de Damien Castelain à sa Présidence, un exécutif auquel j’appartiens et une majorité resserrée, ce que je regrette mais qu’il était indispensable de réaliser pour éviter ce que l’on a trop connu après 2014 avec des élu(e)s qui ont eu, en permanence, un pied dedans et un pied dehors, et qui ont eu, pour certain(e)s, des « attitudes » depuis plusieurs mois qui interdisaient tout rassemblement de dernière heure… question d’éthique et de morale…

« Les jours d’après » d’un gouvernement qui n’a de nouveau que le nom et qui, à mon sens, additionne davantage les mauvais côtés du précédent qu’il ne les réduit significativement.

Et pourtant, je le dis :

« Pour la France, les Françaises et les Français, bonne chance quand même M. Castex » pour et dans « les jours d’après »,

« Des jours d’après » en effet avec une crise sanitaire dont on espère pouvoir dire qu’elle est dans « l’après » et pas dans un autre « avant » et avant une rentrée économique et sociale en France qui s’annonce terriblement douloureuse pour des millions de nos concitoyens.

« Des jours d’après », où j’espère que ceux qui ne rêvent que de voir renaître « l’état des jours d’avant » changeront d’avis et qu’on saura prendre les mesures et les décisions qui seules assureront l’avenir de nos enfants et petits-enfants.

« Des jours d’après », avec des prises de conscience que j’espère ne pas voir trop vite oubliées même si le millier de kilomètres de bouchons d’automobiles ce samedi 11 juillet n’est pas un bon signal… même s’il est « compréhensible »

« Des jours d’après » de nombreux discours d’union et d’appel au rassemblement trop vite oubliés par nos dirigeants qui les avaient prononcés…

« Des jours d’après » des larmoiements et des médailles pour les « héros » qui nous ont permis de vivre, de nous soigner, de manger, de nous déplacer, de travailler autrement etc… où on veut espérer que l’heure ne soit pas déjà à l’oubli et aux constats jetés aux orties.

M. Macron en était le spécialiste, Monsieur Castex ne semble « pas mal non plus » en la matière…

En clair et en résumé,

je suis plus que jamais de ceux qui disent :

« Nous ne voulons pas de retour à l’anormal », oui j’ai bien dit « pas de retour à l’anormal » qui, en « ces jours d’après », a le même sens que « le normal » d’hier, un « normal » qui a démontré qu’il était « anormal » !

Ce qui était dit durant « les jours d’avant » impossible a été rendu possible à coups de milliers de milliards d’euros et de dollars.

Alors trouvons les encore ces budgets et ces courages mais pour faire autre chose et faire ainsi en sorte qu’on ne soit pas obligé de « recommencer en pire » et « de revivre en pire encore » ce que nous avons vécu, vivons et vivrons sans doute dans les prochains mois…

Somme toute, on l’aura compris, avant un 14 juillet 2020 que j’espère, sans malheureusement trop y croire, porteur d’espoirs via un discours Présidentiel… « réinventé »,

mon 615ème carnet, plutôt sombre d’apparence, se veut aussi résolument « porteur d’espoirs » pour changer la vie.

On n’avait jamais eu pour cela, depuis 75 ans, un tel « alignement des planètes ».

Je veux réussir à croire que nous sommes aujourd’hui très nombreux à en être convaincus, que « les jeux politiciens passeront derrière le rideau » sachant qu’en s’abstenant massivement, les citoyen(ne)s nous en ont rappelé leur absolue exigence !

Je veux enfin, là où j’en ai quelques moyens et « micro-pouvoirs », à Villeneuve d’Ascq et à la MEL, faire ce que je demande aux autres de faire à leurs niveaux.

J’y mettrai ce que j’ai de forces et d’énergie ayant réussi à Villeneuve à regrouper autour de moi des élu(e)s anciens et nouveaux qui partagent mes exigences, ma volonté et ma détermination, des élu(e)s qui, avec notre administration communale, feront leurs devoirs et, avec moi, tiendront leurs engagements.

En cette année du Cinquantenaire de la Nouvelle Ville de Villeneuve d’Ascq, née sur ses racines profondes Ascquoises, Annappoises et Flersoises, des racines à partir desquelles et grâce auxquelles de nouveaux quartiers et de nouveaux habitants ont contribué à donner à Villeneuve d’Ascq une dimension et un avenir que personne ne peut lui nier,

c’est en ce lundi 13 juillet 2020, mon serment du 25 février que je voulais renouveler.

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