Carnet n° 607 du 18 mai 2020

« Tant va la cruche à l’eau…»

C’est en repensant durant la nuit dernière, du 17 mai au 18, que cela avait fait 3 ans le 7 mai, qu’Emmanuel Macron avait été élu au 2ème tour de l’Élection Présidentielle,

3 ans aussi, le 14 mai, qu’il avait été investi avant de se « glisser solennellement » le long de la Pyramide du Louvre,

3 ans surtout durant lesquels il était passé, lui, ses amis, ses soutiens et ses « ralliés » d’une « victoire à la mode commando » avec un score d’ailleurs dû surtout à son adversaire du deuxième tour (même si inférieur à celui fait en 2002 par Jacques Chirac dans une situation politique comparable),

3 ans durant lesquels, disais-je, il est passé de cette victoire au désamour visible d’aujourd’hui.

De la Pyramide du Louvre à cette infirmière et ces personnels soignants qui lui ont dit, sans fard, tout le mal qu’elle et ils pensaient de lui, de ses politiques, voire de ses postures et fausses promesses,

3 ans de réformes injustes « à la hussarde »,

3 ans dont un an avec la crise des gilets jaunes,

3 ans avec son projet « innommable » destiné à casser notre système de retraite par répartition,

3 ans qui se sont terminés avec la crise épidémique du COVID 19 dont il n’est bien sûr, pas du tout responsable, mais une crise dont la gestion a été pour le moins aléatoire  et les déclarations de sa part, de son Premier Ministre et de ses 2 Ministres de l’Intérieur et de la Santé, (tous deux d’ailleurs venus du PS) pour le moins « contradictoires »,

3 ans où donc le Président Macron est passé d’une élection avec un score de 66,10% à une « côte » mesurée par l’institut BVA ce vendredi 15 mai de 61% de « mauvaises opinions »,

3 ans donc de « descente », qui m’ont rappelé ce proverbe qui ouvre mon 607ème carnet :

« Tant va la cruche à l’eau, qu’à la fin elle se casse »,

un proverbe dont on trouve les racines dans un ensemble médiéval de récits animaliers, « le Roman de Renart » (« tant va pot à l’eve que brise »), repris au XIII ème par Gautier de Coincy et répété depuis tout au long des siècles jusqu’à nos jours, un proverbe qui nous dit que, à force de s’obstiner dans les mêmes erreurs, on en subit les conséquences.

Je pense qu’ainsi résumé tout est dit, sans agressivité inutile mais avec réalisme, un réalisme qui fait que je ne m’en réjouis absolument pas, n’étant pas de ces politicien(ne)s « qui font leur beurre sur la misère des autres »…

Si j’avais voulu en effet « jouer ce jeu » j’aurais plutôt commencé ce carnet par la fable de Jean de la Fontaine « La Laitière et le pot au lait », sa dame Germaine qui court avec son pot au lait sur la tête et son esprit qui vagabonde depuis le lait jusqu’à la vache avant qu’un « malheureux caillou (ne) vint à la rencontre de ses pas »… la faisant trébucher :

« Adieu veau, vache, cochon, couvée… »,

et qu’ « un récit en farce en fut fait… ».

Au demeurant, depuis une semaine, nous sommes entrés dans « un parcours de déconfinement » progressif aux perspectives certes pas toujours très claires, (mais c’est normal), une « urgence sanitaire » que le Conseil Constitutionnel a heureusement quelque peu « balisée », même si sur la forme d’ailleurs plus que sur le fond certains de ses dispositifs continuent à me provoquer des angoisses quant à l’équilibre entre les mesures à prendre pour lutter contre le virus et nos libertés qu’elles soient individuelles ou collectives.

A Villeneuve d’Ascq, la feuille de route que je m’étais fixée avec mes équipes (qui ont donné beaucoup pour cela), a été tenue envers et contre tout :

  • Des masques ont été distribués gratuitement dans tous les foyers par nos personnels de mairie et des vacataires.
  • Les écoles communales rouvrent aujourd’hui lundi 18 après concertation avec tous les membres de la communauté éducative, enseignants, personnels communaux, associations de parents d’élèves, pour y accueillir les enfants dont les parents sont volontaires pour les y mettre et qui en ont besoin pour des raisons professionnelles.

Il en est de même pour les crèches et les CAL (centres d’accueil et de loisir).

  • Tous nos services communaux reprennent progressivement, en veillant à la santé de nos agents, leur fonctionnement complet au service des Villeneuvois(es) même s’ils ne se sont jamais vraiment arrêtés.
  • Le déconfinement des espaces publics et de nature a déjà bien avancé depuis la réouverture des grands parcs dès jeudi 14 mai, tout comme celui de nombreux commerces et entreprises dont je veux saluer l’ensemble des acteurs et salariés grâce à qui la vie de tous les autres citoyens a d’ailleurs pu continuer durant le confinement.

Dans le même temps, nous travaillons sur « les perspectives de l’été » avec une réflexion engagée à propos de centres de loisirs Villeneuvois à démultiplier dans la ville pour accueillir un maximum d’enfants et de jeunes dans des conditions sanitaires respectées,

à propos aussi des centres de vacances pour voir si c’est possible de ne pas tous les annuler et si oui… à quelles conditions.

Certes les grands rassemblements, comme le feu d’artifice du 14 juillet, ne seront pas possibles mais il faudra multiplier toutes les possibilités de loisirs de proximité pour tous et pour tous âges. (Toutes les idées en ces domaines sont, bien sûr, les bienvenues en particulier de la part du monde associatif et aussi des citoyens car j’en connais beaucoup qui se sont révélés).

Après cette crise, sans doute un dernier avertissement à l’espèce humaine, un « monde nouveau » est à bâtir et on ne pourra le faire qu’avec la participation active du plus grand nombre possible de citoyennes et de citoyens, de tous âges, de toutes opinions, de toutes sensibilités et de toutes envies d’engagement.

A ce propos, je pense aussi que pour que tout cela se mette en marche sans retard supplémentaire, il faudrait sans tarder pouvoir installer tous les Conseils Municipaux et en particulier ceux qui attendent un deuxième tour après le premier du 15 mars et dont les populations représentent 40% de la population française, et, bien sûr, à Villeneuve d’Ascq après les 46,7% de voix que la liste que je conduisais, « Ensemble pour Villeneuve d’Ascq 2020 », a obtenues le 15 mars.

Il ne serait vraiment pas raisonnable d’attendre octobre prochain pour refaire les 2 tours.

Avec des précautions renforcées, un deuxième tour les 21 ou 28 juin avec une installation les 28 juin ou 5 juillet serait vraiment la moins mauvaise sinon la meilleure solution possible.

La décision est entre les mains du Président de la République.

Personnellement j’y suis prêt !

C’est le seul moyen d’éviter un enlisement dans les activités de toutes natures et aussi dans les esprits… et j’ajouterai que c’est le meilleur moyen, comme pour les restaurants et bars, de convaincre durablement l’ensemble des citoyen(ne)s de respecter les mesures nécessaires pour sortir définitivement de l’épidémie en changeant de mode de vie et donc en ayant pour cela des rêves, des perspectives et des projets, et ce, sans s’enfoncer dans des débats innommables et indécents comme celui « sur les vaccins »…, et sans continuer, pour certaines et certains, de s’agiter dans « les sables mouvants de campagnes électorales qui ne disent pas leur nom ».

Personne finalement ne peut plus ignorer qu’on peut vivre mieux et avec moins de risque en « changeant la vie », de système et donc de monde…

Pour cela, si on veut avoir une chance d’y arriver… il ne faut pas perdre de temps et donc « Changer la vie, ici et maintenant ! »

(sur une musique de Míkis Theodorákis)

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