Carnet n° 608 du 25 mai 2020

« Plus près de toi »

Après les 55 jours de confinement qui nous ont conduis à nous rapprocher de celles et de ceux de nos « intimes » non-éloignés géographiquement et ce, tout en nous « coupant » de beaucoup trop de nos connaissances professionnelles, amicales, associatives et autres,

nous avons vécu, entre le 18 et le 25 mai, une deuxième semaine de déconfinement progressif dont on peut dire que, globalement, elle s’est plutôt bien passée (en particulier à Villeneuve d’Ascq) avec certes, quelques comportements individuels en termes de « difficultés de reprise » et en termes d’excès de vitesse routière, mais des comportements qui ne doivent pas masquer le fait que nos concitoyens, dans leur très grande majorité, respectent des règles destinées à éviter un rebond de l’épidémie d’ici l’été prochain,

pas plus que, durant le confinement, il ne fallait « masquer » le fait que beaucoup de citoyen(ne)s ont continué « à être sur le terrain professionnel » pour permettre à tous les autres de vivre (la liste en est très longue et on ne pourra jamais assez les en remercier).

Alors, me dira-t-on, pourquoi ce titre : « Plus près de toi » ?

Certain(ne)s penseront sûrement à un chant religieux chrétien que beaucoup ont fredonné durant leur enfance, un chant choral d’ailleurs venu d’Angleterre au 19ème siècle.

D’autres reverront les images du Titanic quand les passagers et quelques musiciens l’interprétaient juste avant qu’il ne coule.

Personnellement et même si j’ai aussi dans la tête ces 2 « échos », « Plus près de toi » me rappelle une émission de Radio Nova, une radio créée après que François Mitterrand, en 1981, ait autorisé les radios libres qui étaient auparavant poursuivies pénalement par la justice,

une émission en direct dès 7 heures « Plus près de toi…, les beaux réveils… » qui s’adressait « Au peuple du petit matin » et dont l’animateur Edouard Baer disait :

« Ils savent que la vie est courte mais que la journée sera longue »,

une émission qui m’en rappelle une autre sans doute plus connue de Pierre Bonte sur Europe 1 « Bonjour Monsieur le Maire » au cours de laquelle ce sont plus de 4000 Maires de communes, pour la plupart rurales qui connurent ainsi « leur heure de gloire ».

En ces temps où beaucoup ont redécouvert qu’il y avait encore, à leur service, des millions de « travailleurs du petit matin », tandis que beaucoup plus encore de Françaises et de Français ont découvert qu’il existait une France profonde, depuis trop longtemps oubliée, « pourtant si belle »… si utile et si nécessaire pour avoir une chance de redonner sa « dernière chance » à l’espèce humaine,

j’ai voulu aujourd’hui, avec ce titre, redire toute l’importance et le caractère vital de la proximité.

Retrouver la proximité de nos productions alimentaires, avec des aliments bien meilleurs au goût, meilleurs pour notre santé et meilleurs pour notre environnement « quitte à les payer un peu plus cher » (et donc en les gaspillant moins).

Retrouver la proximité de nos productions sanitaires et industrielles en tous genres pour retrouver tous les éléments de notre indépendance et de notre sécurité, quitte, là aussi, à accepter des coûts un peu plus élevés mais générateurs d’emplois et donc de moins de chômeurs face aux terribles conséquences humaines et financières d’un chômage qui risque demain d’exploser.

A ce propos, je revoyais à la télévision un film de science-fiction « Arès », du nom d’un dieu grec, « dieu de la guerre et des destructions », un film qui se situait dans la France de 2035, (c’est-à-dire dans 15 ans), une France en pleine décadence, une France de misère et de violences, avec plus de 15 millions de chômeurs…

L’actualité récente nous montre avec la crise épidémique et le coronavirus, que si les films « post-apocalyptiques » de ces 2 à 3 dernières décennies ne se sont pas traduits dans les faits aux dates indiquées, nul doute que pour certains, on s’en rapproche et que, pour le moins, ils perdent leur caractère de « fiction ».

Oui donc et sans tarder, il faut que la France et l’Europe retrouvent une indépendance productive que nous avons bradée.

Oui donc et sans tarder, il faut que la France et l’Europe retrouve une indépendance nourricière à tous les niveaux et donc bien sûr jusqu’au niveau communal.

Je n’ai pas attendu cette crise pour le penser, le dire et déjà m’y engager à Villeneuve d’Ascq. Personne ne peut le nier…

Mais il faut maintenant aller plus vite, plus haut, plus fort dans ce domaine nourricier et aussi dans celui de l’architecture urbaine, des pratiques de déplacements, de la nécessité « d’espace de respiration » plus importants y compris dans et autour des logements et de l’habitat collectif.

Une condition impérative : que la loi change car pour l’instant les pouvoirs des Maires sont insuffisants pour faire face efficacement aux désirs financiers de certain(e)s citoyens propriétaires et surtout de promoteurs qui veulent et qui ont le droit de trop densifier pour renchérir le prix de leurs terrains.

Je le dis sans fard :

On peut et on doit construire pour répondre aux besoins économiques et de logements mais il faut donner aux Maires les pouvoirs d’imposer de construire autrement, ce que les lois actuelles ne leur permettent pas !

Il en est de même concernant la place qui reste nécessaire de la voiture dans la ville, mais aussi des moyens supplémentaires de « déplacements doux » et sécurisés, sans oublier une gestion différente des transports collectifs.

Toutes ces raisons m’avaient déjà conduit le 2 octobre 2019 à annoncer ma candidature aux municipales de mars 2020 à la tête d’une liste de large Rassemblement des forces de progrès, une liste porteuse d’un projet 2020/2026 déjà particulièrement innovant dans tous les domaines que je viens d’évoquer et qui a recueilli le 15 mars 46,7% de voix.

Ces mêmes raisons aujourd’hui démultipliées devraient me conduire à annoncer ce jeudi 28 mai que je conduirai le 28 juin cette même liste avec un projet renforcé dans ces domaines et exigences, le Premier ministre ayant légitimement annoncé que le deuxième tour aurait bien lieu à cette date, sauf imprévu épidémique qui d’ailleurs aurait les même conséquences sur la période des vacances d’été de chacun(e) sans aucune certitude que cela irait mieux en septembre-octobre, en janvier 2021, voire en mars 2021.

A nous donc tous d’éviter « tout rebond épidémique », sachant, concernant les élections qu’il faudra renforcer les « mesures barrières » en terme d’organisation, mais en n’oubliant pas, avec ces quelques chiffres, que 39 200 électrices et électeurs inscrits et convoqués pour un passage de 10 minutes dans 34 bureaux de vote, (avec au mieux 20 000 votants) cela présente beaucoup moins de risques que les une ou deux heures passées dans V2 que fréquentent près de 12 millions de citoyen(ne)s par an, soit donc à peu près 1 million par mois et ainsi 30 000 par jour, (durant une ou deux heures).

Le Premier ministre a compris que la Démocratie, de fait confinée elle aussi durant 55 jours, devait être déconfinée. Les mairies feront le nécessaire pour que ce soit avec encore moins de risques que pour ceux qui concernent la vie professionnelle, la vie scolaire, la vie sociétale et tous les aspects de la vie quotidienne de chacun(e).

Si on veut sortir de la crise, construire un autre monde pour éviter de retomber, de s’enliser voire de « s’immoler », il faut des communes et leurs élus démocratiquement installés pour être en première ligne de ce combat vital comme nous l’avons été dans la gestion des conséquences de l’épidémie durant 55 jours et plus.

Tout autre calcul aurait été, ou serait, indécent de la part de celles et ceux qui, espérant de meilleurs résultats, auraient voulu annuler le 15 mars, reporter l’élection de plusieurs mois encore, en refaisant alors les deux tours !

Cela aussi je le redis sans fard, quels que soient celles ou ceux qui se sentiront visés !…

Alors oui, EN AVANT !

On déconfine avec précaution, en douceur et en retrouvant, pour notre plus grand plaisir, des gestes, des attitudes, des goûts, des pratiques, des petits plaisirs et des petits bonheurs d’antan… (au son de la musique des « Plaisirs démodés » chanté par Charles Aznavour).

Somme toute… vivons… tout simplement.

C’est ce que j’ai, tout aussi simplement, envie de faire pour mes proches, mes ami(e)s et, s’ils le souhaitent encore, mes concitoyen(ne)s…

Avec, en « épitaphe générique », ces mots magnifiques de Mère Térésa :

« La vie est un défi à relever, un bonheur à mériter, une aventure à tenter »

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