Carnet n° 579 du 4 novembre 2019

« Maintenant Je Sais »

A l’issue d’une semaine « un peu particulière » pour celles et ceux qui n’ont pas vu d’abord en elle qu’une semaine de vacances, une semaine automnale avec en son cœur le 1er novembre, la Toussaint « fête de tous les Saints » dans le calendrier catholique suivie du 2 novembre de la « Fête de tous nos morts »,

j’ai retrouvé, via Facebook, une chanson interprétée en 1974 par Jean Gabin, alors âgé de 70 ans, « Maintenant Je Sais », une chanson qui m’a ensuite trotté dans la tête toute une nuit durant, comme cela m’arrive souvent à la veille de l’écriture de mon carnet du lundi pour finalement constituer, ce lundi 4 novembre 2019, le titre et la trame de mon 579ème carnet.

Car moi qui suis aussi, comme Jean Gabin nous le rappelle en 1974, « à l’automne de ma vie », comme lui il m’arrive de plus en plus souvent de « la voir défiler » un peu comme la multitude de photos-pellicules cinématographiques qui s’ajoutent les unes aux autres sur une bobine de film, qui ainsi existent toutes au même moment et qui ne prendront vie que par « un mécanisme extérieur » qui les fait se succéder à raison de 24 images à la seconde pour assurer un mouvement qui nous fait passer, nous les êtres humains, de la naissance jusqu’à la mort…

Et il est vrai qu’à chaque étape de sa vie, chacune et chacun d’entre nous, que ce soit sur le plan privé, sur le plan personnel, sur le plan professionnel, sur le plan public, voire sur le plan politique (pour ce qui me concerne vu le temps de vie que j’y aurai consacré), sous une forme ou sous une autre, avec des mots sans doute différents, nous nous plaisons à nous dire « maintenant je sais ».

C’est d’ailleurs ce que je crois comprendre quand j’allume la télévision, que je tombe sur une des « télés à jets continus », en écoutant des femmes et des hommes politiques, que ce soient de rares socialistes qui se croient sortis des ruines de 2017, « les républicains » à peu près dans le même état, et aujourd’hui de la part de « marcheurs » de M. Macron revenus de l’euphorie présidentielle et législative, après les coups reçus de la part des gilets jaunes et avant ce qui se prépare à propos de la retraite par points qui va faire connaître aux futurs retraités un sort comparable à celui des chômeurs et, d’une manière plus générale, à celui de tous ceux qui voient « leurs restes à vivre fondre comme neige au soleil » soit par des baisses de ressources comme depuis le 1er novembre quelques centaines de milliers de chômeurs, ou « plus simplement » par hausses de dépenses imposées avec, avec par exemple, les hausses tarifaires comme celle de 3% en ce 1er novembre pour le gaz et ce, à la veille de l’hiver (même Laurent Berger de la CFDT, pourtant habituellement modéré a pu dire : « ça va être une tuerie »).

Et toutes et tous de nous dire « maintenant je sais », espérant encore que les Français(es) ont (toujours) « la mémoire courte » .

Sont-elles et sont-ils sincères ? je n’oserais le dire, ni dire le contraire. En sont-ils seul(e)s responsables ? sûrement pas…, pas complètement en effet, car cela a commencé avant eux… mais quand même un peu, sinon beaucoup, car ils ont continué, voire aggravé tout en le sachant.

Et que celles et ceux qui « ricaneraient » en cet instant en me lisant sachent bien que « je ne m’en exempte pas » même si je n’ai jamais été dans le « cénacle » des « princes qui nous gouvernent ».

Et c’est aussi parce que « maintenant je sais » ce qui reste à faire à tous les niveaux de ma ville, de la MEL mais aussi de la France, de l’Europe et du Monde… sans oublier mes valeurs, que je ne me suis pas senti le droit, peut être à tort (l’avenir et les citoyens me le diront) de prendre une retraite et de goûter ainsi d’un repos sans doute « mérité »…

Cela n’a donc rien à voir avec le « maintenant je sais » du Président Macron à la Réunion ou à Rouen, de ses ministres en tous lieux et sur toutes les estrades, puisque mon avenir personnel n’en dépendant que très peu, ma seule obsession étant de me sentir encore un peu utile pour ma ville, mes concitoyen(ne)s et l’avenir de nos enfants.

C’est pourquoi autour de ce combat, à Villeneuve d’Ascq d’abord, je veux rassembler large… même si c’est difficile et que donc « c’est loin d’être gagné » vu le poids des contraintes de tous ordres…, des ambitions et des égo,… surtout si je ne veux ni me vendre ni me laisser acheter et ce, quelques soient certains chantages et menaces. Je préférerai toujours me démettre plutôt que de me soumettre à qui et à quoi que ce soit !

C’est et ce sera toujours le cas pour ma ville et pour les Villeneuvois(es) quand on sait certains appétits de toutes natures…

C’est et ce sera toujours le cas pour mes valeurs républicaines incompatibles avec quelques communautarismes que ce soient religieux ou non, en quête de conservatisme ou d’expansionnisme.

Personne n’en a été et n’en est exempt. Il suffit de revisiter l’histoire ancienne ou récente depuis les « sorcières brûlées », la Saint-Barthélémy et le massacre des protestants voire, des manifestations contre le mariage pour tous.

Cela n’excuse pas le terrorisme de Daech, la défense politique des signes religieux « ostentatoires », les pressions sur notre droit, ni l’esprit de conquête des uns à côté du « bunker » d’autres…

Cela veut dire un combat sans faiblesse pour une laïcité ouverte et exigeante qui s’impose à toutes et à tous pour que chacun puisse vivre ensemble dans la sphère publique.

A titre d’exemple et très clairement, je n’ai rien contre le port du voile de certaines femmes dans la sphère privée, si c’est leur choix mais dans la sphère publique, pour moi c’est non !

Et pour être encore plus précis, quand une mère porte le voile en allant dans l’école voir son enfant dans un spectacle ou une exposition, elle est dans son droit le plus absolu. Quand elle accompagne un groupe d’enfants en tant « qu’auxiliaire de la vie scolaire », les règles qui s’appliquent aux personnels scolaires s’appliquent aussi à elle.

Je rappelle à cet effet et pour quelques autres sujets que chacun peut m’interroger via ma BAL gcaudron@nordnet.fr et que je mets les questions qui me sont posées et mes réponses sur mon blog : www.gcaudron.org ainsi que sur mon site de campagne :  villeneuve-en-tete.fr

Oui donc et chaque jour qui passe, « plus que jamais » « maintenant je sais » que les petites lâchetés conduisent aux pires malheurs comme au 20ème siècle face à la montée du nazisme et des fascismes, que les populismes font partie de leurs conséquences, que les Républiques et les Démocraties sont souvent bien trop faibles face à eux, que l’Union de l’Europe est la seule garantie contre le retour de guerres européennes, qu’il ne faut jamais sacrifier son honneur et ses valeurs pour « gagner » car, dans tous les cas, après les sacrifices (et malgré eux), les défaites sont toujours aux rendez-vous.

Chacun(e) en est bien conscient… et c’est pourquoi, finalement, en ce qui concerne les élections municipales 2020 en France, c’est un peu « panique à bord » dans tous les partis politiques.

À LREM où on espère « sauver les meubles », chez « les Républicains » garder quelques bastions à tous prix, au PS (et ce qu’il en reste) exister encore, tandis que les Verts sont inaudibles, les Insoumis d’une cacophonie assourdissante, et je ne parle pas du RN, plutôt apparemment en forme… mais pas trop au niveau municipal heureusement.

Cela me conforte dans ma démarche de « Rassembleur hors étiquettes »… mais sera-ce suffisant face à certains esprits suicidaires ? on le saura bientôt sans doute.

Si on tourne maintenant nos regards au-delà de Villeneuve d’Ascq, de la MEL et de la France, du côté de l’Europe on frise le grotesque avec « un Brexit qui n’en finit pas de finir »…,

du côté des États-Unis avec un Donald Trump de plus en plus conforme à sa caricature,

en Amérique latine qui bouillonne,

vers la Turquie et la Russie en proie aux désirs d’antan de suprématie…

J’en passe… sinon des pires.

Quant à l’avenir même de la terre et des mesures à prendre pour éviter « une catastrophe finale », on n’en parle même plus…

Oui vraiment « maintenant, je sais » mais comme le chantait Jean Gabin :

« Moi qui suis à l’automne de ma vie,… maintenant je sais qu’on ne sait jamais, c’est tout ce que j’sais, mais ça j’le sais ».

Et de repenser enfin en cet instant où je défile les images de ma vie à raison de 24 images par seconde à l’image du 1er novembre 1954, en Algérie (j’avais 9 ans) quand un jeune coopérant français Guy Monnerot est assassiné dans les gorges de Tighanimine, un moment de mémoire pour moi déclaré date historique quand l’Algérie en a fait le point de départ de « sa guerre d’indépendance ».

À l’image aussi du 4 novembre 1956, quand les chars soviétiques entrent à Budapest dans une guerre qui fit entre 200 000 et 300 000 morts hongrois, un jour qui me marquera à jamais (j’avais alors 11 ans) et qui me fit quelques années plus tard, au moment de m’engager en politique, choisir les socialistes de la SFIO, pourtant déjà dans un piètre état avant l’arrivée de François Mitterrand, plutôt que le PCF pourtant autrement alors plus puissant.

Ce fut sans doute les premières fois où je me suis dit « maintenant je sais » et qui me fait dire aujourd’hui, les années passant et « l’histoire ayant fait son œuvre »,

« maintenant je sais qu’on ne sait jamais ».

J’en terminerai pour aujourd’hui avec une citation de Léonard de Vinci :

« Tout obstacle (et je n’en ai pas manqués) renforce la détermination (et je n’en manque pas). Celui qui s’est fixé un but n’en change pas (et je n’en ai pas changé) ».

Somme toute, je suis bien loin en ce lundi 4 novembre 2019, malgré mes doutes et mes incertitudes quant à l’avenir et à mon avenir,

des « sanglots longs des violons de l’automne  (qui) blessent mon cœur d’une langueur monotone ».

(Paul Verlaine – 1866 ).

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