Carnet n°560 du 24 juin 2019

« Il y a toujours un avenir pour ceux qui pensent à l’avenir »

C’est avec ces mots de François Mitterrand que j’ai voulu aujourd’hui ouvrir, en le titrant, mon 560ème carnet.

Certain(e)s s’étonneront peut-être de cette envie furieuse qui est la mienne de me projeter dans l’avenir alors que diverses raisons, dont principalement l’âge, réduisent mathématiquement « l’espace d’avenir » que j’ai encore devant moi…

Pour autant, cette contradiction apparente n’est pas, finalement, aussi évidente si on se réfère, en complément de la citation de François Mitterrand, aux paroles de Voltaire pour qui :

« Le présent accouche, dit-on, de l’avenir »

et qu’on la complète par cette pensée de Henri Bergson :

«L’idée de l’avenir est plus féconde que l’avenir lui-même ».

Somme toute, comme l’a dit Raymond Barre :

« Un avenir, cela se façonne, un avenir cela se veut ».

Quoi donc de plus naturel de voir, d’entendre et de lire les propos de femmes et d’hommes sur un avenir qu’elles ou qu’ils ne vivront sans doute pas mais qui se prépare aujourd’hui dans le présent en s’appuyant sur le passé, ses leçons et l’expérience qu’il donne à chacune et à chacun.

L’important et pour en finir avec cette batterie de citations, c’est de ne pas donner raison à Paul Valéry quand il nous dit que « Nous entrons dans l’avenir à reculons ».

Très clairement en ce 24 juin 2019, en ce qui me concerne, que je sois encore ou non candidat en mars 2020 aux élections municipales (ou en 2021 aux élections départementales à Villeneuve d’Ascq), que je sois donc élu ou non à une de ces élections, l’avenir pour moi ne s’arrêtera pas là et je continuerai plus que jamais et tant que j’en aurai la force, à le « penser », à le « façonner », à le « vouloir », ne serait-ce que parce qu’on est d’autant plus responsable de l’avenir qu’on n’est pas sûr de le vivre.

Ce sont, en effet, les décisions que nous prendrons (ou les non-décisions) et les actions que nous engagerons (ou non) qui feront l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants.

C’est pourquoi l’avenir pour moi ne s’arrêtera pas là,

non seulement sur le plan personnel, quand après 57 ans d’activités professionnelles et (ou) électives, (si j’arrête en 2020), j’aurais aussi un peu le droit à « une vie comme les autres »,

non seulement sur le plan familial, où j’aurai encore des responsabilités à assumer,

mais aussi sur le plan public avec :

  • les enjeux pour l’humanité à l’horizon 2050 / 2060 qui seront déterminés par ce que l’on aura le courage de décider et de faire durant la décennie 2020 / 2030.
  • les enjeux pour l’Europe qui peut, si l’on n’y prend pas garde, se briser et nous renvoyer aux affres des années noires du 20ème siècle.
  • les enjeux pour la France où il nous faut convaincre, plus que contraindre, « les princes qui nous gouvernent » et si je suis d’accord pour donner à notre pays les moyens d’exister (et plus encore) au 21ème siècle, ce n’est pas en appliquant des recettes économiques et mentales qui datent du 19ème siècle.

Je l’ai dit et répété : je souhaite que la France réussisse, non pas pour faire plaisir à M. Macron et ses « marcheurs » mais pour le bonheur des Français(es), car si même leurs échecs donneraient « du grain à moudre » aux opposants en 2022, ce sont les moins riches, les plus pauvres, les plus modestes et les plus fragiles qui en paieraient le prix « aujourd’hui et maintenant ».

  • les enjeux pour les Hauts de France, une grande région située pourtant au cœur de l’Europe mais qui, pour des raisons d’héritages industriels et même d’une agriculture intensive, risque de se « couper du monde » y compris avec ses comportements électoraux extrémistes (et ce, même si, de la part d’électeurs, on peut le comprendre).
  • les enjeux pour la MEL, la Métropole Européenne de Lille qui après avoir su, durant des décennies, se mettre à l’abri des excès politiciens pourrait en 2020 s’y complaire après en avoir pris le chemin dans la période que nous vivons en 2019, via des « stratégies guerrières » d’alliances imposées aux uns, avec et grâce à des « stratégies d’éliminations » en direction des quelques « autres restant ».

A l’heure où, à la MEL, il nous faut nous battre plus que jamais pour exister en France et en Europe grâce à nos diversités et les atouts de Métropole de développement durable, de villes nourricières et d’équilibre entre universités, tertiaire, innovations, haute technologie, industries du futur et agriculture et ce, au croisement des axes Paris- Bruxelles – Londres,

on n’a pas le droit de changer de voie, celle du Rassemblement autour de consensus préparés en commun (comme nous sommes en train de le faire pour le schéma de transport et des déplacements 2035).

Pour ce qui est de sa dimension nourricière, nous avons d’ores et déjà des fonciers et des outils pour cela, il reste à en « parfaire » la volonté…

Villeneuve d’Ascq en est une illustration et dispose des moyens avec ses 350 hectares de terres agricoles publiques qu’il faudrait « contractualiser » pour produire « autre chose », … et « autrement ».

Et justement, puisqu’on en est à Villeneuve d’Ascq, qui pourrait imaginer que je me désintéresse jamais des enjeux villeneuvois à la veille de son anniversaire de ses 50 ans, le 25 février prochain ?

D’où mon questionnement : est-ce que je reste et resterai « la meilleure carte » possible pour Villeneuve d’Ascq en étant candidat en 2020 ?

A cette question, il est des éléments qui pousseraient à répondre « OUI » mais aussi d’autres qui poussent à répondre « NON » (en particulier qui pourrait parler, si je me représente, de renouvellement et de jeunesse ? Sûrement pas moi … malgré le sondage plus que positif réalisé en juillet 2018).

Au demeurant, quoi qu’il arrivera, m’imagine-t-on me désintéresser des enjeux villeneuvois, de sa place dans la MEL (un éternel combat), de son modèle urbain toujours envié, de ses capacités d’innovations, y compris humaines, de sa riche vie associative, de toutes ses activités accessibles par tous, de sa dimension « nature » inégalée car fruit d’une volonté politique depuis 40 ans et de sa dimension nourricière en devenir ?

Encore faut-il pour cela qu’un esprit de Rassemblement perdure en évitant les manœuvres politiciennes, les dérives de tous ordres, les trahisons plus ou moins masquées…

Là où je serai, je continuerai à y veiller en dénonçant tout ce qui nous mine (et en effet collatéral, tout ce qui me mine), en proposant des solutions de bon sens sous le bandeau qui a fait « Rassemblement Citoyen » : « il n’est pas nécessaire d’être d’accord sur tout pour travailler ensemble »… encore faut-il avoir des valeurs communes et des comportements communs.

C’est certes plus dur à mettre en œuvre en 2019 / 2020 à l’heure d’un « soi-disant nouveau monde » qu’en 2002 quand j’ai créé « Rassemblement Citoyen », mais, quoi qu’il arrive, c’est en fonction de cela que je dirai mes choix dans l’offre politique Villeneuvoise si je n’en fait plus directement partie.

On le voit, les enjeux sont nombreux et quasiment tous vitaux.

Qui peut penser que je puisse m’en désintéresser en restant inactif et muet ?

« Le jeune lion » que je fus il y a 43 ans est certes devenu « un vieux lion » qui attise l’appétit des prédateurs, voire des chacals, mais j’ai encore quelques forces et une certaine « plume » avec laquelle je pourrais rapidement, en cas de non candidature, tirer quelques leçons d’un long et riche passé et dénoncer un certain nombre de dérives propres au « Nouveau Monde » auquel se réfèrent des jeunes loups et louves de tous bords pour qui :

« Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse »

(Alfred de Musset 1810 – 1857)…

Comme aimait à le dire ma grand-mère :

« Je ne suis pas rancunière mais je n’oublie pas et je ne pardonne pas ».

Et ce n’est pas pour moi en politique « une question de personne », mais de risques pour l’avenir de nos Démocraties que de remplacer les idées, les projets et les actions par des manœuvres politiciennes.

On me dira que c’est la vie, que c’est ainsi partout et pour tous… Cela ne m’empêchera jamais de prendre ma part de combat aussi dans ces domaines, comme pour l’urgence écologique et ce, afin d’éviter le pire à nos enfants, ou tout du moins le réduire, voire d’en reculer les échéances…

« Quand on renie le passé on perd l’avenir » a dit une écrivaine portugaise contemporaine Mme De Dulce Maria Cardoso.

La commémoration, mardi dernier, du 79ème anniversaire de l’appel du 18 juin du Général de Gaulle, nous l’a rappelé : une date, un homme et un appel qui permirent à la France d’être dans le camp des vainqueurs le 8 mai 1945 (et pas seulement dans celui des « libérés »).

Comme quoi souvent l’Histoire tient à peu de choses… mais c’est pourquoi aussi, et de plus en plus, le monde, nos continents, nos pays et nos villes sont fragiles à la merci d’un tweet, d’une poussée de fièvre ou d’adrénaline, d’une manœuvre inattendue ou d’un objectif mortifère clairement assumé.

On n’a pas fini, (et je n’ai pas fini) d’en parler et d’en reparler même si j’ai parfois l’impression « de prêcher dans le désert », pour reprendre l’expression… (et sans ni me l’attribuer ni, bien sûr, m’y comparer) de Jean le Baptiste, prêchant dans le désert de Judée.

En attendant et cette semaine aussi, il y aura eu, entre autres, à Villeneuve d’Ascq, des AG associatives, une fête au Héron avec l’Arpet, une fête aux Genêts, de multiples fêtes d’écoles, de galas de danse et de musiques, la fête du Thé aux Tilleuls, la St Jean et son feu, Elton John et Indochine au Grand Stade avec près de 90 000 spectateurs au total, nos Vikings en football américain champions de France en D2, la fête de la musique un peu partout, des braderies… etc…

Ça c’est Villeneuve d’Ascq, « une Ville en mouvement » qui l’est et devra le rester… envers et contre tout !

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