Carnet n° 559 du 17 juin 2019

« Retour vers le futur »

Si j’ai aujourd’hui choisi ce titre, ce n’est pas en référence au film de Robert Zemeckis de 1985 où le futur d’un jeune adolescent américain n’est autre que le présent qu’il souhaite retrouver après un saut de 30 ans dans son passé, … encore que la « relativité du temps » qui renvoie à Albert Einstein en lien avec le concept « espace temps » et donc à la « gravité » qui influence l’écoulement du temps, encore que « la notion du temps », disais-je , est de fait tout à fait relative à l’échelle de l’Univers.

Si donc j’ai choisi ce titre, c’est pour retourner aux 4 décennies à venir qui ont titré mon 556ème carnet de lundi dernier.

Certes, la semaine écoulée fut encore riche en manœuvres politiciennes, voire politicardes, en vue des élections Municipales de 2020, des manœuvres de tous ordres, en tous lieux, de toutes origines et de toutes formes avec un point commun, une brutalité dont ne sortiront finalement vainqueurs que les adversaires de la Démocratie,

mais franchement, aujourd’hui, je n’ai pas envie d’en parler .

L’avenir est tellement sombre à échéance 2060, donc dans 40 ans, pour nos enfants et leurs enfants que plutôt que de « pleurnicher », toutes celles et tous ceux qui, aujourd’hui, ont et portent une part de responsabilité ne devraient avoir qu’un objectif, tout faire pour éviter ou au moins réduire l’ampleur du « désastre annoncé ».

On en a parlé, et j’en ai moi-même parlé, mardi dernier à la MEL lors de l’Assemblée des Maires à propos du schéma de transport 2035 et de son coût qui se chiffrerait en milliards d’euros au minimum…, en affirmant tout simplement « qu’on n’aura pas d’autres choix… ».

C’est vrai pour les déplacements, c’est vrai aussi pour tous les aménagements urbains et autres, c’est vrai pour l’alimentation et l’eau, c’est vrai pour toutes les pollutions et les productions qui nous empoisonnent au sens propre du terme.

Cela coûtera à la MEL sans doute beaucoup plus que 3 ou 4 milliards d’euros et en  France, en Europe et dans l’ensemble du Monde les factures s’élèveront à des milliers de milliards d’euros, sinon davantage, sans oublier le fait que tous nos modes de vie devront changer radicalement.

Alors oui, il est déjà bien tard et on peut certes attendre qu’il soit vraiment trop tard…, ou on peut, et donc on doit, avoir le courage de s’y mettre durant la décennie 2020 – 2030 en en faisant la priorité des priorités, sinon la seule priorité !

Je pense que le fait aujourd’hui d’annoncer une hausse des tarifs des transports publics pour le 1er août prochain, même si elle était prévue et votée, n’est vraiment pas un bon signal… après une mise en œuvre déjà « difficile » (le mot est faible) de la nouvelle concession « transport ».

Les calculs financiers à court terme et les profits recherchés des actionnaires « ne sont plus de mise » d’autant que « les profiteurs » de ce système n’en seront pas protégés quant à ses conséquences mortifères à moyen et long termes …, peut-être d’ailleurs moins protégés malgré leur fortune que la majorité des humains qui passent déjà leur vie « à essayer de survivre ».

Pas question donc de se contenter des critères habituels de « bonne gestion », des dettes à contracter, des impopularités générées, et tout le reste…

Quand on lit que le Groenland a pu perdre en une seule journée 2 milliards de tonnes de glace et que l’espèce humaine qui ne représente que 0,01% de la vie sur terre aura déjà fait disparaître plus de 80% de la vie animale et 50% de la vie végétale,

n’est-il pas temps pour l’Humanité, les États, leur Chef(fe) et aussi pour chacun(e) d’entre-nous  « de changer de logiciel » sans plus attendre … (comme on aime à le dire aujourd’hui).

Et pour faire une comparaison, peut-être plus compréhensible, sachant qu’aujourd’hui déjà l’espèce humaine est et sera en guerre pour assurer sa survie, sachant aussi que nous avons connu, en tant qu’espèce et de peuples, depuis nos origines, tellement de guerres, de morts, de blessés et de destructions quasiment en continu…,

ne s’est-on jamais interrogé, avant d’entrer en guerre, soit en tant qu’agresseur soit pour se défendre, du coût de cette guerre et comment on la financerait ?

Sait-on même, une fois terminée, combien elle aura réellement coûté ?

A-t-on la moindre idée de ce qu’aura coûté, par exemple, la reconstruction de la France (ou de l’Allemagne), de leurs logements, entreprises et infrastructures après 1945 ?

J’ai fait des recherches sur internet et je n’ai rien trouvé de convaincant en la matière…

Il en sera donc de même de « la guerre pour la survie de l’Humanité et de l’espèce humaine » à condition que les très riches financiers n’en profitent pas pour devenir encore plus riches sachant, par ailleurs, que la vie n’a pas de prix et surtout que « la vie dans un monde resté vivable » n’a pas non plus de prix.

« Retour vers le futur » dans 4 décennies via un « retour vers le passé » de 5, 6 ou 7 décennies, en aurons-nous la volonté ?

Il n’est pourtant pas si loin, pour les plus âgés d’entre-nous, le temps des canotiers sur la Marne, le temps de leurs pique-niques, le temps des fleurs sauvages, des coquelicots, des oiseaux et du bruit des insectes, le temps des promenades en forêt sous le charme des chants d’oiseaux et des odeurs de l’humus, une terre noirâtre résultant de la décomposition de débris végétaux et animaux dans le sol qui contribue à sa fertilité.

Quand chacun(e) aura compris que non seulement cette guerre pour l’espèce humaine assurera notre survie mais aussi la survie d’une « vie de bien meilleure qualité », on l’aura presque déjà gagnée…

Le problème est qu’il faut l’engager dès maintenant c’est-à-dire à un moment où le pire n’est pas encore ressenti par tous comme certain.

« Retour vers le futur », « Retour vers le passé », les deux sont bien liés dans l’univers de la relativité du temps, un temps humain fruit d’une construction humaine qui n’a rien à voir avec l’éternité de l’Univers, la conjonction de l’espace et du temps, l’infinité d’un espace sans limite connue ni même d’appréhension de la connaissance du cadre dans lequel lui-même y « baignerait »…

J’aime souvent à me dire que nous avons, face à tous ces mystères, le même degré de vision et de connaissance que celui qu’un poisson rouge dans son bocal sur la table du salon, a de notre ville, de notre pays et de notre planète…

Heureusement qu’il y a « à la Bergson » une forme d’esprit éternel qui dépasse nos contraintes matérielles : il suffit pour s’en rendre compte, par exemple, de relire l’histoire ancienne de l’Égypte, d’étudier les racines communes des religions, et les pensées des philosophes grecs…

(Et encore, on ne sait pas tout sinon par recoupements, interprétations et extrapolations).

Et c’est pourquoi, à ce stade de ma vie et de mes réflexions, nonobstant tout ce que s’emploient à faire celles et ceux qui veulent me déstabiliser et sans doute réussir à m’éliminer, je me dois aussi de faire « un retour sur le passé » de ma vie au service de Villeneuve d’Ascq et des Villeneuvois, de mon arrivée en responsabilité avec mes équipes en 1977, sept ans après la décision très courageuse de fusion prise par les élus d’alors pour créer notre Ville, arrivé en 1977 comme Maire d’une ville alors sans budget et vouée à disparaître, à être dévorée par Lille. Une ville, Villeneuve d’Ascq, qui, 42 ans après, grâce aux efforts conjugués de tous ses élus, de tous ses acteurs associatifs, économiques, éducatifs, sportifs, culturels, des acteurs et des militants de la mémoire, de la nature de l’écologie, de la diversité dont on fait des richesses.

Une ville, donc, qui est entrée dans le TOP 4 (voire, dans le TOP 2) de la MEL en termes d’attractivité, de rayonnement, de bien-être, d’humain et de nature.

Et de tout cela je suis fier même si le prix payé et à payer pour « avoir su résister » pour y être arrivé en est lourd, très lourd…

Sans doute aurais-je dû avoir le bon sens de me retirer plus tôt avec « tous les honneurs dus aux anciens qui ne risquent pas de revenir », si j’ai cru qu’il me restait quelques tâches à accomplir pour garantir la pérennité de nos succès.

On ne le saura jamais…

Mais ce que je sais, c’est que pour les prochaines municipales, Villeneuve d’Ascq aura toujours besoin d’une équipe de large rassemblement représentative dans sa diversité, ses différences, voire ses désaccords de la diversité villeneuvoise :

  • pour garder une Ville nature et développer une ville nourricière,
  • pour rester une ville innovante et moderne sans devenir inhumaine,
  • pour toujours permettre l’accès de tous à tous les sports, toutes les cultures, toutes les activités associatives, festives et sociales quelle que soit son origine ou sa situation, avec des services publics de qualité,
  • pour permettre à chacun(e)s quels que soient son âge, ses idées, philosophies et convictions de rester des citoyens villeneuvois et des citoyens à part entière avec les mêmes droits et les mêmes devoirs.

Ce sont aussi des conditions pour gagner « la guerre de survie de l’espèce humaine » dans un monde où les « mégalopoles » risquent de devenir des « enfers de violence ».

A ce niveau et à cette dimension, on est bien loin des combats d’ego, des magouilles d’appareils et des conquêtes de pouvoir.

De ce point de vue, quoi qu’il arrive, contrairement à l’image des « 3 singes » de mon 558ème carnet :

  • je ne me masquerai pas les yeux,
  • je ne me boucherai pas les oreilles,
  • je ne fermerai pas ma bouche,

ni me ligoterai jamais les mains…

Là où je serai, je serai là avec ma tête, avec ma plume, avec ma parole…

Qu’importe les prédateurs, quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent…

On peut essayer de m’effacer des tablettes et des écrans,

on n’effacera pas tous les Villeneuvois et tout ce qu’ils ont fait pour faire, en 50 ans, de Jean Desmarets à Gérard Caudron, la Ville de Villeneuve d’Ascq telle qu’elle est aujourd’hui !

Qu’on se le dise…

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