Carnet n° 543 du 25 février 2019

« Dis Monsieur, bon Monsieur… »

Dans un des moments de nostalgie que sans doute l’âge qui avance me fait vivre très régulièrement, une nostalgie qui répond heureusement à la définition qu’en avait donnée Victor Hugo : « La nostalgie, c’est le bonheur d’être triste », une nostalgie qui n’est donc pas triste mais tendre et chaude comme le bonheur, je repensais, avant-hier samedi 23 février à cette chanson interprétée dans les années 50 du 20ème siècle par Eddie Constantine, en duo avec une petite fille dénommée Tania,

« Dis Monsieur, bon Monsieur, est-ce que la terre est ronde ?».

Si depuis Galilée, à la fin donc du 16ème siècle, on savait qu’elle était ronde malgré son adjuration imposée par le pape en 1633 sous menace de bûcher en cas de « relapse »,

on sait aujourd’hui que si elle est ronde, elle est aussi, petite, surpeuplée, polluée et donc menacée à moyen terme de disparaître en termes de vie animale et humaine.

Des scientifiques s’emploient depuis quelques années à nous le démontrer avec des études sérieuses dont une récente qui nous dit que si rien n’est fait d’ici 2030, c’est-à-dire, dans moins de 11 ans, le réchauffement sera tel que le pire commencera « sans espoir de retour ».

Saurons-nous le faire ? Saurons-nous changer de consommation pour passer de la viande au végétal ? Saurons-nous arrêter les modes de transport inutiles comme les lignes aériennes intérieures ?, Saurons-nous supprimer les énormes yachts et les « monstres » marins construits pour les croisières ?, Saurons-nous transformer les transports routiers en « ferroutage » en chargeant les camions sur des trains comme on le fait déjà avec le Shuttle de l’Eurotunnel ?

Autant vous dire que je n’ai pas de certitude en la matière même si je suis sûr que des grands plans d’investissements de l’Union Européenne,  créateurs par ailleurs d’emplois, pourraient nous le permettre. C’est ce que je plaide depuis des décennies et j’aurais aimé que les prochaines élections Européennes en rouvrent le débat…

Je crains malheureusement que l’humanité ne continue à se précipiter dans le vide à l’image de cet homme qui tombe du 50ème étage et qui, tout au long de sa chute, marmonne « jusqu’ici ça va »…

Pire que les films catastrophes qui décrivent l’arrivée d’un astéroïde sur la trajectoire de la terre, des films « qui finissent bien » avec même, en final, ici, la recomposition d’une famille qui se déchirait avant, là, le chien de la famille sauvé au tout dernier moment,

ce qui attend notre planète d’ici quelques décennies est inéluctable si des mesures de grandes ampleurs ne sont pas prises dès maintenant à tous les niveaux, planétaire avec de vraies politiques mises effectivement en ?uvre après les « Conférences sur le climat », européen (comme évoqué plus haut), national (au-delà des discours punitifs et creux de nos dirigeants) et local donc l’occasion nous en sera donnée à Villeneuve d’Ascq, en mars 2020 avec, entre autres, mon projet de Ville « nature et nourricière » à élargir à l’ensemble de la MEL.

Si rien n’est fait très vite à tous les niveaux, disais-je, nos enfants et nos petits enfants vivrons, si je puis dire, « la fin d’un Monde »… et ce sera de notre faute car on ne pourra pas dire, comme pour les comètes, météores, astéroïdes et météorites, qu’on ne savait pas…et qu’on ne pouvait pas prévoir…

C’est cette conviction et mon désir de me battre contre tout cela qui auront constitué une des raisons majeures de « ne pas jeter l’éponge » et de laisser, sans me battre, notre monde plonger dans celui si bien déjà décrit en 1973 par Richard Fleischer dans « Soleil vert », un monde qu’il annonçait pour 2022.

On est sûr aujourd’hui que si la date de 2022 en sera décalée, si rien n’est fait très vite, ce sera, au mieux, un décalage de 10, 20 ou 30 ans… ce qui est peu….très peu… au regard de la durée d’une vie humaine.

Et de repenser en cet instant à ces mots de Albéric de Palmaert : « Quand toute la vie a déserté une terre trop brûlée, la première fleur à renaître est le modeste coquelicot, venu de nulle part, venu de l’espérance ».

On comprend « mon amour de toujours » pour cette fleur sauvage, si belle, si fragile et si forte à la fois dont j’ai fait le symbole et la « marque » de mes combats…

Voilà… le diagnostic est posé. Restent à préciser les mesures à prendre en termes de traitement et surtout à trouver les outils, les femmes et les hommes pour les mettre en oeuvre.

Et pour reprendre, à ce stade, les premières paroles de la chanson d’Eddie Constantine « Dis Monsieur, bon Monsieur… » en forme de questions que je pose à l’homme de Progrès que j’ai toujours été et qui croit, encore et malgré tout, que ses idées et ses valeurs constituent les fondements de ces outils destinés à mettre en oeuvre des mesures susceptibles de traiter les périls qui nous menacent :

Dis Monsieur, bon Monsieur, c’est quoi et c’est qui la gauche ? c’est quoi et c’est qui le Camp du progrès ?

A l’heure où le monde et la vie politique se sont fracturés, à la veille d’échéances électorales majeures (élections européennes, élections municipales et peut être référendum ou (et) élections législatives), il m’a semblé nécessaire d’y apporter aujourd’hui mes éléments de réponses même si cela peut apparaître en décalage avec la première partie de mon 543ème carnet.

C’est quoi aujourd’hui « ce Camp du Progrès » dont je me revendique ?

C’est la gauche même ce n’est plus toute « la gauche » quand on entend et que l’on voit les propos, attitudes, références et fantasmes de certains de ses leaders. C’est donc une large partie de la gauche mais ce n’est pas qu’elle, quand on entend et que l’on voit, par ailleurs, d’autres leaders situés au centre, voire plus à droite et avec qui on peut partager des analyses, des propositions et des actions sans pour autant être d’accord sur tout (je m’en faisais la réflexion ce mardi Place de la République lors du Rassemblement contre l’antisémitisme).

« Le Camp du Progrès » c’est penser et agir pour davantage de justice, de solidarité, d’humilité, d’humanité, de laïcité, de citoyenneté.

C’est avoir une volonté d’action au quotidien pour combattre tous les maux dont souffrent, en particulier, les plus fragiles et les plus modestes, mais pas qu’eux, tout en évitant un avenir mortifère à tous à brève échéance.

C’est redonner de la dignité, de l’espoir, du bonheur et pas seulement à des minorités très privilégiées.

C’est faire revivre notre République et ses Valeurs de Liberté, Égalité, Fraternité et Laïcité contre les communautarismes, les violences et les intégrismes de tous poils…

Le « Camp du Progrès » est donc largement ouvert à une grande majorité de nos concitoyens en dépassant les limites partisanes traditionnelles mais aussi celles crées au nom d’un soi-disant « nouveau monde ».

Il est, au demeurant, clairement en manque de voix et de leaders sur tout l’échiquier politique même si certains « émergent » à gauche comme Bernard Cazeneuve mais aussi au centre et à droite, voire chez certain(e)s « marcheurs ».

La question se posera particulièrement dans les prochains mois plus localement, à la MEL, dans les communes, à Villeneuve d’Ascq où il s’agira d’abord de Rassembler sur des projets, des valeurs et des volontés plutôt que sur des « pourcentages » volatiles et sans grand sens…

Je suis convaincu que c’est possible car les forces et ces citoyens existent qui veulent « un autre Monde » et qui ne veulent plus ni un capitalisme ultra libéral ni un crypto-communisme « reliftés », ni un mondialisme financier inhumain et destructeur. 

On s’en doute… j’y réfléchis et j’y travaille d’arrache-pied au quotidien à Villeneuve d’Ascq et à la MEL, sur dossiers, dans les quartiers au contact des Villeneuvois, … pour aujourd’hui et pour demain et c’est pour moi un vrai bonheur que de mesurer un peu partout les effets de décennies de travail acharné, un an aujourd’hui 25 février avant le cinquantenaire de la création de Villeneuve d’Ascq, comme ce fut, samedi soir, un vrai bonheur de voir nos filles du rugby « enflammer » le Stadium lors d’un France-Ecosse mémorable.

« Dis Monsieur, bon Monsieur, est-ce
Que la terre est ronde ?
Si c’est vrai l’oiseau bleu où est-il
Dans le monde ?…
Mon enfant ne pars pas, ne pars pas
Pour ailleurs.
L’oiseau bleu il est là, cherche bien
Dans ton cœur… »

(Paroles de la chanson « l’homme et l’enfant »)

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