Carnet n°699 du 21 février 2022

« Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent »

La semaine écouléetandis qu’un risque majeur de guerre est à nos portes en Europe, après déjà une ou deux semaines de  » mise en jambes  » pour certain(e)s et avant sûrement deux autres semaines devant nous « en mode accéléré », a vu une série d’hommes et de femmes politiques illustrer cet aphorisme, devenu un des plus célèbre de la vie politique française, un aphorisme qui a pour auteur Edgar Faure quand, alors qu’il était élu du parti radical, il s’était rallié au Général de Gaulle en échange d’un poste de ministre :  « Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent »

Pour « la petite histoire de France » et malgré tout ce que l’on voit aujourd’hui et sur lequel je reviendrai, Edgar Faure reste donc encore  » le champion toutes catégories  » en la matière en passant du parti radical à l’UNR, puis à l’UDF, au RPR avant de redevenir Giscardien et enfin Chiraquien…. et cela même si certain(e)s, aujourd’hui beaucoup plus jeunes, ont déjà un beau « palmarès », en beaucoup moins de temps, depuis le sommet de l’État jusqu’à chez des courtisans de tous poils…

Ce qui change, à l’image d’ailleurs de la société en général et de la société politique en particulier, c’est la rapidité exponentielle du mouvement, et j’ajouterai, sans avoir l’humour d’Edgar Faure, que chacun(e) des jeunes loups et des jeunes louves d’aujourd’hui essayent de faire oublier leurs passés et les motivations réelles de leurs  » gymnastiques  politiciennes »…sans oublier « les vieux politiciens », hommes ou femmes, qui veulent à tout prix retrouver les lustres des « Palais Républicains »

Les derniers exercices gymniques en date ont pour auteures mesdames Marisol Touraine et Elisabeth Guigou, Marisol Touraine  ex-ministre PS de la Santé de François Hollande sur laquelle Olivier Véran, lui aussi ex-socialiste, n’avait pas manqué de cogner depuis 2 ans pour justifier ses propres erreurs, lacunes voire incompétences, en oubliant que Madame Touraine, en 2015, lui avait confié la présidence du « Comité chargé de proposer de nouvelles pistes de financement pour les établissements de santé »…, en 2015 donc… quand M. Macron lui-même, après avoir été proche du MDC de Jean Pierre Chevènement avant d’adhérer au PS , était « Ministre de l’économie de l’industrie et du numérique » de François Hollande  et ce, durant 2 ans et 4 jours, du 26 août 2014 au 30 août 2016, après 2 ans passés à l’Elysée comme secrétaire général adjoint de son cabinet Elyséen ,… madame Marisol Touraine, disais-je, venant, ce vendredi 18 février 2022, d’annoncer son ralliement au Président  » pas encore candidat  » Emmanuel Macron… quelques heures avant Elisabeth Guigou désireuse elle aussi sans doute de « revivre »…

Deux derniers « loopings » pour clore une semaine qui en a connu bien d’autres parmi lesquels celui de Nicolas Bay porte-parole RN de Madame Le Pen jusqu’au 15 février 2022 avant d’annoncer son ralliement le 16 février 2022 à Eric Zemmour et d’être nommé vice-président de son  parti   » reconquête  » le 18 février 

deux loopings sans doute plus rapide que celui de Ségolène Royal qui, après avoir cherché d’autres voies, a décidé de contribuer à d’essayer d’achever Anne Hidalgo en rejoignant Jean Luc Mélenchon,

deux loopings sans comparaison avec ceux qui se donnent en spectacle, nous dit-on, à Nicemême s’ils sont le fait de seconds et troisièmes couteaux,

les loopings de Maires de la droite vers l’extrême droite, entre les deux candidats de cette extrême droite, de ce qui reste de socialistes certes vers M. Macron,…  et vice-versa… 

j’arrête là l’énoncé d’une liste qui me donne la nausée.

Si j’ajoute à cela l’ ex-ministre PS Monsieur Le Drian, passé lui aussi chez Mr Macron, promettant  » l’enterrement  » d’un PS qui lui avait pourtant tout donné avant qu’il contribue, par son comportement, à faire de son parti d’alors ce qu’il est aujourd’hui et ce, au plus grand mépris des militants et des électeurs qui « l’avaient fait roitelet »…, 

les médiocres spectacles, déclarations et  » prises de position  » d’élus verts dont celle du Maire « vert » de Grenoble, soutenant sans vergogne les « Hijabeuses », après s’être « colleté » avec son collègue, Maire « vert » de Lyon, sur l’origine du nom d’un sandwich, 

les attaques sournoises de leurs ex-ami(e)s politiques menées contre Anne Hidalgo et Valérie Pecresse en des termes qui « fleurent mauvais » la misogynie,

Oui vraiment Edgar Faure fait figure « d’amateur » à côté de toutes et de tous ces pitres quand il disait haut, clair et fort que « ce n’est pas la girouette qui tourne mais le vent ».

Sans doute, le dérèglement climatique actuel qui a pour conséquence des écarts de températures dans les couches atmosphériques, des écarts de températures qui ont eux-mêmes des conséquences en termes de tempêtes et de cyclones et donc en termes de  » forces des vents « ,  est pour quelque chose » dans l’emballement de « nos girouettes »…. Mais quand même… à ce point… c’est hallucinant, et je dirais , à un point tel que j’ai failli titrer mon carnet « la valse à mille temps », non pas à cause des  paroles de cette chanson , mais en raison de son rythme placé sous le signe d’une progression et « d’un crescendo brélien » (du nom de son auteur Jacques Brel ») qui accélère sa diction vu l’espace musical limité qui lui reste tout comme  ces politicien(ne)s  de tous bords ou presque (ce n’est en effet pas le cas de Fabien Roussel qui poursuit son chemin sans débordements ni reniements) à 7 semaines, en ce lundi 21 février, du premier tour de l’élection présidentielle quand, comme « à la roulette », il faut « placer sa mise » en espérant la mettre sur le « gagnant ».

Et de repenser en cet instant à François Mitterrand qui, parlant de sa jeunesse, a eu le courage et l’honnêteté d’écrire :

« S’il était vrai que j’eusse été d’extrême droite dans ma jeunesse, je jugerais plus honorable d’être où je suis aujourd’hui que d’avoir accompli le chemin inverse où on se bouscule, semble-t-il »

Et, pour en terminer avec ces girouettes « d’à c’t’heure », qui n’ont rien de réjouissantes, et avec tous ces arrivistes qui n’ont rien de rassurants, je m’autoriserai cette image qu’auraient aimé Guy Bedos :

« L’arriviste est quelqu’un qui s’engage derrière vous dans une porte tambour et trouve le moyen de sortir le premier ».

Au demeurant, à ce stade et en ce jour, à moins d’une semaine d’une courte déclaration que je ferai sur le site internet de la Ville, quand je tirerai quelques conclusions des  » 200 vœux (reçus) pour Villeneuve d’Ascq  » et , accessoirement, de ma place dans les combats qui me restent à mener pour ma Ville et sa place, mes valeurs et leurs places, et tout ce que l’on doit faire pour  maintenir notre ville au niveau où elle est, tout en aidant au  mieux nos concitoyen(ne)s qui souffrent de la réalité des situations sanitaire, économique et sociale (ce qu’aimeraient bien camoufler, d’ici 7 semaines, nos dirigeants pour se faire réélire « en marchant » sinon en mentant)…., sans oublier les conséquences en termes d’angoisses des risques de guerre.

Je ne peux pas ,en effet,  ne pas dire l’angoisse qui m’étreint face à un risque majeur de guerre en Europe , à une pandémie dont rien ne dit qu’elle ne rebondira pas lourdement, d’un dérèglement climatique qui ,combiné avec les conséquences d’une possible guerre, de violences, d’intégrismes, d’épidémies et de bouleversements mortifères ,pourraient ouvrir une période dramatique dès 2030 sinon avant.

Il n’y a donc pas de temps à perdre pour, dès maintenant, éviter le pire qui nous menace

ce qui suppose autre chose que ces médiocres ralliements pour des « assiettes de soupe » et ces affiches de soi-disant « jeunes pour Macron » où il est écrit à côté du portrait de leur idole : « on a très envie de vous ! »,

et ce qui suppose aussi des services publics pour tous que personne n’a le droit de détruire de quelques manières que ce soit.

 Je le redis, s’agissant de nos services publics communaux, que s’il est une grande majorité d’agents communaux qui, en ces moments difficiles, et cette semaine à cause de la tempête, sont en première ligne, il n’est pas responsable de la part de certain(e)s d’en appeler à malmener un autre service public essentiel pour nos enfants et leurs  parents. 

Je dis donc aux syndicats qui ont parlé de  » mépris  » de ma part quand j’ai rappelé qu’une centaine d’agents faisant grève une heure par jour privent des milliers d’enfants de restauration scolaire, que contrairement à eux qui méprisent ainsi le Maire que je suis avec de tels propos, je n’ai bien sûr pas de mépris pour eux  mais qu’effectivement je suis en colère, très en colère , n’étant pas, par ailleurs, du genre de céder à quelque chantage que ce soit.

Je l’ai souvent dit et répété depuis 2 ans : toutes les crises majeures, quelles qu’elles soient, révélant la nature profonde  des personnalités collectives et individuelles ,

si certain(e)s se révèlent être, en positif, beaucoup plus que ce qu’eux  mêmes n’auraient  pas imaginé être, d’autres, heureusement moins nombreux, font le chemin inverse…

L’Histoire nous montre que cela a toujours été comme cela et qu’à un moment donné, il faut toujours « faire les comptes ».

Personne donc ne m’empêchera donc de le dire et de le répéter où que ce soit, à quelque niveau que ce soit et quoiqu’il risquera de m’en coûter !

S’il en avait été autrement depuis 46 ans, il y a longtemps qu’on parlerait  de Villeneuve d’Ascq comme on  parle aujourd’hui d’Hellemmes ou de Lomme.

Albert Camus le disait déjà en 1946 dans un texte longtemps alors inédit   » qui n’a pas pris une ride  » : 

« Oui, c’est la vérité que nous vivons sans avenir et que le monde ne nous promet plus que la mort ou le silence, la guerre ou la terreur .

Mais c’est la vérité aussi que nous ne pouvons pas le supporter… parce que tout ce qui vaut la peine de vivre demande du temps et de la maturité » 

(je pense avoir la maturité et j’espère avoir encore du temps).

Somme toutes, comme Gandhi, j’ai un seul objectif rivé au cœur , contrairement à beaucoup de « vieux » hommes politiques :

                 « vivre simplement pour que d’autres puissent tout simplement vivre ».

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