Carnet n°693 du 10 janvier 2022

« Un Président ne devrait pas dire cela »

Ce titre d’un livre écrit par deux  » journalistes d’investigation « , publié le 12 octobre 2016, qui  » fait état  » de 5 années d’entretiens privés avec François Hollande et qui reste considéré, encore aujourd’hui, comme « le coup de grâce » porté à un Président de la Républiquecertes déjà très contesté, y compris du fait des rôles joués par un  » proche d’alors « , un certain Emmanuel Macron, d’abord étroit collaborateur et membre du PS avant 2012, puis à l’Elysée comme chef adjoint de son cabinet avant d’être nommé Ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique qu’il restera durant 2 ans et 4 jours,

ce titre, disais-je, qui est encore dans bien des têtes, à part peut-être dans celle de celui qui en a le plus  » profité « ,

illustre bien ce que nous avons vécu durant une semaine après les déclarations (que je ne qualifierai pas) de M. Macron dans le journal « Le Parisien » du 2 janvier dernier.

Même si les propos rapportés dans ce livre de 2016 n’étaient pas tous du meilleur goût (tout en étant d’ailleurs bien à l’image de François Hollande), rappelons-nous quand même qu’il s’agissait d’entretiens  » privés  » alors que les propos de M. Macron adressés à une minorité de Français(es) furent d’entrée clairement publics via un journal national et d’ailleurs confirmés par leur auteur et  » ses groupies  » durant toute la semaine écoulée, avec plus ou moins d’habilité, c’est le moins qu’on puisse dire…

Dans tous les cas, je le répète avec force : « Un Président ne devrait pas dire cela ».

Ce n’est pas digne de sa fonction, pas digne du Peuple de France et donc pas digne de la France à l’heure où elle prend la Présidence pour 6 mois de l’Union Européenne.

Et si on avait pu espérer qu’il en avait fini avec les multiples phrases assassines qui ont émaillé son mandatle 2 janvier 2022 il a dépassé toutes les limites…, pour ne pas dire pire.

Si, je le répète, je suis en complet désaccord avec celles et ceux qui s’opposent avec des violences tout à fait condamnables à la vaccination contre le COVID, elles et ils constituent des minorités qui, en Démocratie, ont malgré tout des droits… sous réserve de respecter nos lois.

Et je rappellerai à cet effet ce que disait Albert Camus :  « La Démocratie ce n’est pas la loi de la majorité, c’est le droit des minorités »,

tandis que Bertrand de Jouvenel précisait que pour lui :

« C’est une singulière illusion que de croire que la loi de la majorité ne fonctionne qu’en Démocratie ».

Il est en effet bien des dictatures où  » la loi de la majorité existe « … mais où les manières et les techniques pour constituer les majorités et les conserver n’ont rien de démocratiques….c’est le moins qu’on puisse dire.

J’ajouterai à ces 2 citations reprises au départ à propos des minorités qui s’opposent, pour moi tout à fait à tort, à la vaccination mais qu’on peut très largement étendre à la manière dont sont traités les minorités à l’Assemblée Nationale et ailleurs (et ce, même si ce n’est certes pas nouveau),deux autres citations:

l’une est de Georges Wolinski, dessinateur de presse assassiné par des terroristes islamistes dans les locaux de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 :

         « La majorité n’a pas le droit d’imposer sa c…. à la minorité ».

L’autre est de Léo Campion, un personnage à de multiples facettes que je ne citerai pas tant elles sont nombreuses :

        « La minorité a ceci de supérieur à la majorité qu’elle comprend un nombre inférieur d’imbéciles ».

Il faut remonter à Georges Brassens dans sa chanson « Misogynie à part » pour retrouver 24 fois les mêmes termes qu’aujourd’hui employés par le Président Macron (en précisant que  je suis de ces admirateurs de Georges Brassens qui  n’aiment pas du tout cette chanson).

Et pour en terminer avec cet épisode qui n’honore pas son géniteur et en revenir à une analyse plus  » politique «  à moins de 4 mois d’une élection présidentielle où il sera candidat, je citerai François Mitterrand dont on a commémoré le 26 anniversaire de sa mort ce samedi 8 janvier en particulier à Lille en toute simplicité devant sa statue :

     « L’excès de langage est un procédé coutumier à celui qui veut faire diversion »

C’est dit en quelques mots et c’est sans doute plus grave encore que ce que certains qualifient de  » manque d’éducation  » du Président de la République :

Diversion après tous les échecs de ses politiques et des mesures prises pour lutter contre la pandémie qui, malgré des vaccins dont le nombre requis s’accroît, n’empêchent pas les plus de 300 000 cas quotidiens de contaminations, les plus de 24 000 hospitalisés dont près de 4000 en soins critiques, les plus de 10 000 classes fermées dans nos écoles, les plus de 130 000 décès comptabilisés à ce jour au titre du COVID et ce, malgré 51 millions de Français(es) ayant , nous dit on ,un schéma vaccinal complet….

Diversion toujours de la part des  » princes qui nous gouvernent  » face aux situations plus que fragilisées et souvent à la limite de la rupture, qu’elles soient économiques, sociales, environnementales, sanitaires, sociétales …  avec des poussées de violences et de délinquances sans précédent…

Diversion, somme toute, face à un avenir qui pour le candidat virtuel à la Présidentielle Emmanuel Macron semble se réduire à avril et mai prochain….

Mais diversion aussi par l’État qui fait de plus en plus porter les responsabilités de nos difficultés sur les autres, autres pays, autres citoyens, élus locaux et ce, pour ces derniers en renforçant son poids et ses contrôles sur les communes tout en leur demandant d’exécuter  » au débotté  » les décisions prises à Paris…et qui changent parfois d’heure en heure selon ceux qui les annoncent … 

Oui, et pour l’instant on me dira , « ça marche pour eux », vu  les temps de présence accordés dans les médias à ces dirigeants et le peu de moyens de tous ordres que possèdent certaines minorités pour leurs répondre…

On a pu sourire en lisant sur les réseaux internet la référence aux « playmobil » pour décrire ceux qui nous dirigent . 

Mais plus le temps passe et moins cela  me fait sourire de nous voir ainsi gouvernés par eux.

Dans cette ambiance de 2022 angoissante, sans véritable horizon et, même par certains aspects, quasiment mortifèreles élus locaux que nous sommes, le Maire que je suisessayons de faire le maximum avec des pouvoirs et des moyens en réduction, pour maintenir au mieux nos services publics, malgré la maladie qui touche de plus en plus d’agents , des égoïsmes en courbe exponentielle,  des menaces syndicales de blocage s’agissant pourtant de conséquences de décisions de l’État ,sans oublier la situation sanitaire générale . Il est certain, en effet, qu’il est plus facile de s’en prendre à son maire qu’à l’État, ses ministres, son gouvernement et son Président.

Oui nous faisons le maximum pour assurer:

le maintien au mieux de tous nos services publics à l’heure où beaucoup d’entreprises réduisent leurs activités et la SNCF son nombre de trains,

le maintien de la mise en œuvre de nos grands objectifs en termes de Ville nature et nourricière, de rénovations et de services communaux de qualité malgré un prestataire « restauration » qui n’a pas tenu ses engagements

le maintien de notre volonté d’un urbanisme plus humain malgré nos pouvoirs trop limités en la matière,

le maintien de notre réactivité aux demandes citoyennes malgré les freinages avérés de certains de nos partenaires,

le maintien de notre démarche pour associer un maximum de citoyens à la vie de notre ville par la mise en place de nouvelles structures à cet effet,

et bien sûr, dès ce lundi 10 janvier 2022, le lancement, pour remplacer la cérémonie traditionnelle de vœux interdite par l’État, via le site internet de la Ville, de l’opération baptisée : « Faites un vœu pour Villeneuve d’Ascq ! »… une opération qui vise à permettre à nos concitoyen(ne)s de s’exprimer sur tout ce qu’elles et ils espèrent pour Villeneuve d’Ascq en 2022.

Oui on le voit, en ce qui nous concerne, il ne s’agit pas de faire « diversion » de quelques manières que ce soient… mais d’agir 

même si cela intéresse moins les médias que  » des déclarations à l’emporte-pièce « …. tellement plus facile à faire… mais tellement aussi plus vaines !….

Je terminerai maintenant mon 693ème carnet par une citation de Marguerite Yourcenar qui, sans préjuger bien sûr de ce que sera mon vote personnel en avril prochain que je n’ai pas encore décidé, pourrait suggérer le nom de celle à qui je pourrais apporter, si elle en avait besoin, ma signature de Maire pour lui permettre d’être candidate :

      « La protection de l’animal, c’est au fond le même combat que la protection de l’Homme »

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