Carnet n°685 du 8 novembre 2021

« La liberté consiste d’abord à ne pas mentir »

A l’heure où, en France, une pré-campagne Présidentielle, commencée déjà il a quelques mois, conduit à des  » excès de langage  » de la part de celles et ceux qui veulent d’abord et à tout prix, exister tandis que, face à une pandémie du COVID qui  » n’en finit pas de finir « , des déclarations « flirtent » avec ce que l’on pourrait qualifier de vrais mensonges, 

c’est, une fois encore, Albert Camus qui « tire la sonnette d’alarme » à quelques 7 ou 8 décennies de  » distance temporelle  » en nous disant :

         « La liberté consiste d’abord à ne pas mentir. Là où le mensonge prolifère, la tyrannie s’annonce ou se perpétue »,

une citation qui m’aura, une fois encore, fourni le titre de mon carnet hebdomadaire, en l’occurrence le 685ème,

une citation à laquelle j’associerai aujourd’hui une autre, riche d’une grande leçon humaine :

« Il n’y a pas de vie sans dialogue…, un dialogue remplacé par la polémique qui consiste à considérer l’adversaire en ennemi, à le simplifier, à refuser de le voir. Avec la polémique nous ne vivons plus dans un monde d’hommes mais de silhouettes ».

Tout est dit ou presque par Albert Camus dans les années 50 du 20ème siècle, après un demi-siècle d’horreurs, de dictatures, de tyrannies, de guerres et de massacres.

On aurait pu espérer alors qu’après ces malheurs l’avertissement de ce qu’il ne fallait plus jamais faire porterait ses fruits.

Mais si c’est sans doute ce qui nous a permis de connaître 75 ans de paix, aujourd’hui le monde  » tourne à nouveau fou « , qui donne raison à Bertolt Brecht qui, il y a 80 ans déjà ,  écrivait : 

            « Le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde ».

Certes, et je veux le croire, le pire n’est pas encore à notre porte et certain(e)s ressemblent davantage à de « piètres guignols » qu’à des répliques d’acteurs fascistes et nazis du 20ème siècle…

Pour autant, il nous faut être vigilants, en appeler au bon sens et à l’intelligence, croire en notre jeunesse…

Si on veut vraiment ne pas rester dans un monde que décrivait ainsi, je le cite une fois encore, Albert Camus dans « la crise de l’Homme » :

 » Nous sommes dans les nœuds de la violence et nous y étouffons .Que ce soit à l’intérieur des nations ou dans le monde, la méfiance, le ressentiment, la cupidité, la course à la puissance, sont en train de fabriquer un univers sombre et désespéré où chaque Homme se trouve obligé de vivre dans le présent, le seul mot  » avenir  » lui figurant toutes les angoisses, un monde livré à des puissances abstraites, décharné et abruti par une vie séparée des vérités naturelles, des loisirs sages et du simple bonheur. »

Tout est dit déjà par Albert Camus il y a 75 ans pour faire ce qu’il faut afin d’éviter que  » les jours d’après  » ne soient qu’une simple reprise « des jours d’avant »  avec des périls accrus sur tous les plans pour l’espèce humaine elle-même.

On me demandera alors : que faire pour éviter ce  » scénario catastrophe  » ?

Ce n’est pas simple car il n’existe pas de solution miracle mais on peut le faire si chacun(e) agit dans le même sens pour sauver la planète en réduisant nos pillages, nos gaspillages , nos égoïsmes et nos  » capacités polluantes « …,

si nos dirigeants, en cessant de nous mentir, arrêtent de fragiliser nos libertés, 

si on retrouve les vertus du dialogue et que l’on s’attaque aux nœuds de la violence qui nous étouffent.

Nous avons pour cela une seule raison de rester optimistes… c’est qu’à des degrés divers cela dépend de chacun(e) d’entre nous, du niveau individuel du (ou de la) citoyen(ne) que nous sommes, 

au niveau communal, au niveau national, continental ou planétaire… pour vivre autrement, en produisant et en consommant moins et plus intelligemment, en privilégiant le dialogue pour chercher et trouver des raisons de se rassembler avec des compromis réalistes qui transcendent les idéologies.

          « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs » comme l’avait déjà dit Jacques Chirac en 2002 à Johannesburg ».

On pouvait peut-être ne pas trop encore s’en inquiéter il y a 20 ans, mais aujourd’hui cela n’est plus possible !

Il nous faut donc privilégier « le nourricier » sur la recherche des profits à court terme car si le CAC 40 a dépassé les 7000 points et que cela « réjouit certain(ne)s, c’est pour moi une mauvaise nouvelle quand la misère progresse, que les hyper-riches s’enrichissent, et que le réchauffement de la planète ouvre toutes  » les portes de l’enfer  » en termes de désertifications, de  » réveils  » de virus, voire simplement de capacité à respirer.

Personne n’est ni ne sera épargné si on continue sur cette pente !

Même Michel-Edouard Leclercq m’a semblé sincère hier quand je l’écoutais sur une chaine télévisée.

Même aujourd’hui, Arnaud Montebourg m’a semblé crédible malgré des sondages qui sont loin de lui être favorables.

Il faudra bien qu’au niveau de l’État, chacun y mette du sien, chacun à sa place pour lutter contre le réchauffement, contre les violences urbaines, contre la toxicomanie, pour un retour à nos sources de productions associées  à une consommation et une vie apaisées…

C’est le cœur de mes combats d’homme  » qui se rapproche de sa fin  » et de Maire qui s’est assigné des tâches fondamentales pour sa ville et ses concitoyens.

Encore faut-il que « les princes qui nous gouvernent » nous y aident en passant de discours faciles aux actes comme on en attend toujours du ministre de l’intérieur après l’attaque, cette semaine par des voyous, du commissariat de Villeneuve d’Ascq et de ses policiers qui dépendent de lui en tant que Ministre, des policiers que je veux, une fois de plus, assurer de mon soutien plein et entier de Maire.

Le pouvoir régalien doit cesser d’être défaillant et cesser de se défausser sur les Maires comme le Président Macron devrait cesser, (je veux encore l’espérer) dans 2 jours nous « tancer » à propos du Covid en menaçant les plus vieux et les plus fragiles de perdre leur  pass sanitaire  s’ils n’ont pas reçu une 3ème dose de vaccin… une troisième dose « tombée du ciel »  comme une simple hypothèse il y a quelques mois à peine…

Et si certaines ou certains ex-futur ou futur-ex cessaient de vouloir faire parler d’elles ou d’eux en disant n’importe quoi, comme celle (dont j’omettrai de citer le nom) qui s’est qualifiée de « blanche et bourgeoise » pour dénoncer ses propres privilèges… ?

Comment, après tout cela, réussir à convaincre les citoyens du sérieux de la politique et de la nécessité de s’y investir ?

Heureusement je l’ai dit et je le répète, il y a notre jeunesse qui se bat pour le climat !

Heureusement, il y a nos services publics même si, pour certains, ils ne font plus que survivre !

Heureusement qu’il y a encore des fonctionnaires nationaux et territoriaux  » qui y croient encore «  et qui donnent le meilleur d’eux-mêmes !

Heureusement qu’il y a encore des élu(e)s locaux de tous bords qui ne sont pas que des adeptes de « la voix de son maître »… !

Heureusement qu’il y a une vie associative avec ses bénévoles toujours à la tâche, toujours sur le front comme j’en ai encore rencontrés de nombreux cette semaine !

Heureusement… oui heureusement….

et ça me suffit pour m’aider à retrouver la plénitude de mes forces… avec rivés au fond de moi ces mots de Barak Obama : 

 » Le changement ne se produit que si des gens ordinaires s’impliquent, s’engagent et se rassemblent pour l’exiger « ,

conscient que je suis de faire partie de ces  » gens ordinaires  » comme en font parties celles et ceux que j’ai rencontrés tout au long de cette semaine et en particulier samedi à l’Hôtel de Ville, ces nouveaux naturalisés et ces nouveaux Villeneuvois, aux Genêts ces habitants du quartier de la Résidence et ce dimanche au Breucq ces militants de l’Amicale Laïque Pasteur Jean Jaurès.

En n’oubliant jamais et pour terminer ce carnet comme je l’ai commencé avec Albert Camus :

« En vérité, le chemin importe peu, la volonté d’arriver suffit à tout ».

Et cette volonté, je l’ai…, que cela plaise ou non

Qui peut en douter ?

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