Carnet n°657 du 26 avril 2021

« Sa vie, ma vie, la vie »

Si le 12 de ce mois d’avril 2021, j’avais consacré l’essentiel de mon carnet n°655 à la vie d’Albert Camus et si le 19, il y a donc une semaine, c’est de la mienne dont j’ai modestement commencé à parler à travers mes origines et mes premières années,

aujourd’hui 26 avril, c’est en redisant quelques mots de la vie d’Albert Camus et en donnant quelques informations sur une partie importante sans doute de la mienne sur le plan public,

que je me pencherai sur des éléments et donc sur le sens de la vie en général en écho à la vie telle qu’elle est aujourd’hui, à l’issu d’une semaine toujours marquée par une crise épidémique « qui n’en finit pas d’en finir », la vie d’un petit robot sur la planète mars, l’explosion de joie humaine de 2 équipes dont celle de Thomas Pesquet qui se sont retrouvées sur la station internationale, l’ISS, avant de se terminer par « la Journée Nationale des Déportés » sous l’ombre, en ce dimanche, du crime abominable antisémite, il y a 4 ans déjà, de Sarah Halimi dont on sait maintenant que le principal suspect ne sera jamais jugé au motif, je cite : « de raisons plausibles d’une abolition de discernement. »

    Albert Camus donc d’abord dont il faut rappeler qu’il était né en Algérie en 1913 dans le Constantinois, son père étant ouvrier cariste et sa mère femme de ménage dont on a dit qu’elle était illettrée.

À la mort de son père sur le front picard dès 1914 en combattant comme zouave, il est, avec son frère, recueilli par sa grand-mère et il fera de brillantes études à Alger malgré une tuberculose qui lui imposera des soins continus.

Il commence dans les années 30 à écrire avant de rentrer en France en 1940 dans Résistance puis au journal Combat.

C’est ensuite qu’il écrira ses plus grands romans et pièces avant de recevoir en 1957 le Prix Nobel de littérature et de mourir à l’âge de 47 ans, le 4 janvier 1960, dans un accident de voiture à Villeblevin d’Yonne.

On comprendra, après ce rappel condensé d’un grande vie qui en aura fait « un homme pour l’éternité » comme j’aime à le répéter, le sens de deux de ses citations que je veux reprendre aujourd’hui :

« La souffrance n’a pas plus de sens que le bonheur »… voilà pour lui.

« Nous avons à recoudre ce qui est déchiré et à rendre la justice imaginable dans un monde si injuste. C’est une tâche surhumaine. Mais on appelle surhumaines les tâches que les Hommes mettent longtemps à accomplir. »… 

voilà pour nous… encore et plus que jamais aujourd’hui…

    Quant à moi et à la vie longue aujourd’hui de 76 ans, et donc une vie maintenant dans sa dernière étape, j’en avais rappelé il y a 7 jours ses débuts à Royaucourt-et-Chailvet jusqu’à mon arrivée à Roubaix au Lycée Turgot après un peu plus de 5 ans dans les services du Trésor à Laon, Lille et Clermont Ferrand et ce, avant mon emménagement à Villeneuve d’Ascq…

Quand je dis que la vie est un mélange de hasards et de volontés, je pense en être un exemple d’abord sur le plan de mes formations et sur le plan professionnel et bien sûr sur le plan politique et public.

Rappelons-nous que si « le protocole » qui prévoyait la fusion des 3 communes de Flers, Ascq et Annappes pour créer la Ville alors dénommée « Villeneuve en Flandres » datait du 1er février 1970, avant une décision officielle par un vote des 3 conseils municipaux le 25 février, il était signé du Maire de Flers-les-Lille et de celui d’Ascq, il ne l’était pas du Maire d’Annappes Jean Lecoutre mais de son adjoint Pierre Defives, ce même Pierre Defives qui devait devenir Premier Adjoint du Maire de Villeneuve d’Ascq Jean Desmarets, (ex Maire de Flers depuis 1947), avant une rupture en 1975 qui le conduisit à faire démissionner « ses amis » du Conseil municipal, provoquant ainsi une élection partielle en février 1976 dont je fus « l’animateur » (alors inconnu) d’une liste socialiste qui l’emporta contre tout pronostic faisant de moi la tête de liste légitime d’Union de la Gauche en 1977 ce qui n’aurait pas été le cas sans cette élection partielle, Ivan Renar et le Parti Communiste arrivant lors des scrutins précédents largement en tête devant le PS… (cf. l’accord d’alors d’Union de Gauche signé à l’époque).

Je pense même que je n’aurais pas été candidat en 1977.

Hasard bien sûr mais aussi volonté affirmée de ma part au juste moment !. avec toute l’énergie qui doit l’accompagner 

Élu Maire en 1977 (comme beaucoup de socialistes), réélu en 1983 (comme beaucoup moins), puis en 1989, 1995 avant une pause en 2001, mon départ du PS le 2 décembre 2001, mon retour devant les électeurs sous le sigle « Rassemblement Citoyen » en 2008 validé en 2014 et une dernière étape ouverte en 2020 à la tête d’une liste de large rassemblement du camp du progrès pour une Ville dont on peut rappeler qu’elle est passée à partir de 1977 d’une situation où elle n’avait même pas de budget et où elle était menacée d’absorption par Lille et Pierre Mauroy à la situation d’une Ville aujourd’hui située dans le top 2, (3 ou 4) de la Métropole Européenne de Lille.

45 années donc pour moi en tant qu’élu de Villeneuve d’Ascq, doyen maintenant de la MEL comme « dernier élu survivant de 1977 », 7 ans de Conseil Général et 15 ans de Député Européen… J’aurai l’occasion d’y revenir dans « ce jeu complexe » qui conjugue à chaque étape les hasard(s) et les volonté(s)…

    Mais, entre nous, pour en terminer, si un petit rural picard d’origine polonaise peut devenir un jour le maire d’une grand ville  « qui aura compté » et aussi un Député européen qui aura « existé »… je veux en tirer la leçon et le dire avec force à toutes celles et à tous ceux chez les jeunes qui doutent, se replient sur eux mèmes … voire pire : « si il y a souvent, dans la vie, des parts de hasards et des coups de chances ou de malchances il y a toujours sinon d’abord les résultats de volontés, de décisions, de risques pris et de pugnacité… sur des idées, des projets et surtout des valeurs.

    Albert Camus en avait fait la démonstration !

C’est peut-être aussi pour cela qu’il aura été un de mes grands « maîtres à  penser » comme l’aura été François Mitterrand sur le plan politique.

Sa vie, celle d’Albert Camus,

ma vie…, celle d’un certain Gérard Caudron qui s’effacera d’ailleurs beaucoup plus vite que la première,

la vie, la nôtre, les nôtres en tant qu’individus et en tant qu’espèce…

« Une vie qui depuis un an… a le hoquet », une année qui a ouvert une décennie dont je pressentais l’importance, les dangers et les enjeux… pour ne pas dire pire…

    Sans tomber dans quelques formes de « survivalisme » ni se laisser impressionner par « la prophétie de Saint Malachie, (ou Prophétie des Papes) » un apocryphe en latin ésotérique et prophétique avec ses 111 brèves devises qui vont de Célestin II, Pape en 1143, et le dernier pape, Pierre le Romain dont on cherche les ressemblances aujourd’hui, une chose est sûre… c’est que rien n’est jamais sûr !

    Qui peut faire quelque prévision que ce soit en ce qui concerne la fin de la COVID-19 surtout si on écoute ce que nous disent nos dirigeants et les multiples représentants, souvent autoproclamés, du monde de la santé ?

Sait-on même aujourd’hui ce que sera l’été prochain pour chacune et chacun d’entre nous… ?

Pas moi en tous cas !… d’autant que tout ne nous est pas dit et que ce que l’on nous dit est souvent contredit quelques jours plus tard.

Alors, à défaut de « savoir »… battons-nous !…,

comme nous essayons de le faire à Villeneuve d’Ascq avec les moyens restreints qui nous sont donnés en termes de vaccination.

    Qui peut ne pas s’angoisser de voir la violence enflammer des villes et des quartiers ?

    Qui peut ignorer les risques de populisme avec, à la clé, la fin possible de nos Démocraties ? à coups d’alliances contre-nature et de sentiments d’abandon de la part des plus modestes de nos concitoyens.

Je le dis en pesant mes mots « la vie part en quenouilles »et en premier lieu, la vie politique…

Certains même ont parlé de « délitement de la France » …. et pas n’importe qui…

Dans cette tempête, je reste à la barre malgré ses conséquences sur mon état… sans grande illusion mais sans abandonner tout espoir de voir la situation se redresser,

pour mes et nos enfants,

pour ma ville et pour mes concitoyens,

pour la MEL … en espérant que les jeux politiciens en cours ne s’aggraveront pas,

pour mes valeurs Républicaines toujours intactes,

pour une société de tous et pour tous sous le signe de la laïcité,

contre toutes les formes de terrorisme,

par le soutien sans réserve de nos forces de sécurité…,

et j’ajouterai pour une vie plus simple et plus saine en circuit court dans tous les domaines.

Car si « la vie est un roman » et qu’ « il suffit de changer une page pour en changer le cours »…, comme j’ai pu le montrer dans ma propre vie…,

si comme pour Albert Camus Sénèque, au début de notre ère il y a 2 000 ans, a eu raison de dire que :

« Le prix de la vie n’est pas dans sa durée mais dans son voyage »,

si j’ai personnellement appris comme le même Sénèque qu’ « il faut toute la vie pour apprendre à vivre »,

       je terminerai ce 657ème carnet sur une note plus souriante dont l’auteur fut Michel de Montaigne :

« Si ma vie n’est qu’un passage, dans ce passage au moins semons des fleurs ».

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