Carnet n°634 du 16 novembre 2020

« Supplique »

À l’heure d’écrire mon 634 -ème carnet, je lui ai, comme chaque lundi, cherché un titre  afin de « coller » au mieux à la semaine écoulée et à la situation à sa date d’écriture, aujourd’hui 16 novembre, après, bien sûr, y avoir réfléchi durant les derniers jours et une partie de mes nuits… et ce, on le sait, en toute liberté, sans aucun calcul… politicien ou autre.

  J’ai d’abord failli reprendre le titre de mon 623 -ème carnet, daté du 7 septembre, « Labyrinthe », un lieu défini comme « un parcours sinueux muni d‘embranchements, d’impasses et de fausses pistes… » destiné, dit-on souvent, à perdre celui qui cherche à s’y déplacer.

Le 7 septembre, en effet, s’annonçait  » un rebond épidémique « et déjà des réflexions, des annonces et des mesures qui pouvaient nous faire craindre des volontés de la part de nos dirigeants de nous faire à nouveau entrer dans un labyrinthe… pour peut-être nous y perdre…

   Deux mois et demi plus tard, nous sommes dans le labyrinthe, personne n’en doute plus, mais je doute que ce soit véritablement de par la volonté de nos dirigeants, dont je pense qu’ils s’y sont eux-mêmes égarés sinon perdus…, ce qui finalement est pire…

  D’où ce titre  retenu, « Supplique », que les dictionnaires définissent comme une demande adressée à l’autorité compétente pour obtenir certaines choses, certes non contraires à la loi, mais faisant appel à l’équité, 

« une autorité compétente » à qui je veux respectueusement rappeler que l’autorité se mérite et donc ne doit pas se confondre avec l’autoritarisme qui, lui, s’impose par la force.

D’où ma supplique ainsi libellée :

« Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Ministre de la Santé,

Cessez de prendre et de traiter les Français(es) comme des enfants avec, d’ailleurs, s’agissant des enfants, des méthodes d’un autre temps ! 

Même nos pires erreurs et nos insuffisances individuelles dans le vécu de cette crise épidémique ne sont pas pires que les vôtres car après celles concernant les masques, puis les tests…, celle qui consiste à décider d’une division archaïque entre « produits essentiels » et « produits non essentiels », (ce qui ne veut vraiment rien dire en termes de circulations du virus), nous impose une vision de la société et de la vie parfaitement inacceptable.

Quand on vous voit répondre à une demande, au demeurant légitime, des petits commerçants de pouvoir vivre, y compris en acceptant de renforcer leurs contraintes pour fonctionner, …. par des rubans, des barrières et des tentures imposés aux grandes surfaces pour certains de leurs rayons… on se demande ce qui passe dans la tête des « princes qui nous gouvernent » que vous êtes.

   Et quand un « ci-devant Ministre de l’Intérieur », à un moment où le terrorisme est là et où les délinquances urbaines « allument » chaque nuit des voitures, des poubelles et des « fusées d’artifices », demande à ses policiers d’être « impitoyables » dans l’attribution de PV à celles et à ceux qui n’ont pas « le bon formulaire de sortie »tandis que certains de ses amis osent évoquer sans pudeur leurs « rêves » de voir ces PV monter à 10 000 euros,… on se demande dans quelle société on est et avec quels dirigeants…

Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Ministre de la Santé, 

Mesdames et Messieurs les Députés LREM,

  Cessez de prendre les Français(es) pour des enfants, car non seulement cela conduit à de la « tricherie », mais comme elles et ils ne sont pas des enfants… cela conduit et conduira aussi à des révoltes !

Je ne discute pas et je ne conteste pas la gravité de l’épidémie contre laquelle nous devons tous lutter, mais on ne lutte pas contre un virus mortifère par de l’autoritarisme, « des mouvements de mentons » et des menaces à la fois puériles et inappropriées.

Il faut plutôt , avec détermination, conjuguer le bon sens,  la pédagogie et des convictions à partager !

C’est le seul moyen d’éviter une situation où la question du choix entre la santé, l’économie, le social et le sociétal ne se posera plus, puisque vous aurez contribué, (sans en être, bien entendu, les seuls responsables) à casser l’économie, à développer la misère, à rompre un certain équilibre sociétal sans pour autant avoir assuré la santé ! »

« Vous avez dit Supplique ? »

  Oui j’ai dit Supplique car si, pour lutter contre le virus, sur le fond tout peut se discuter,

sur la forme il n’est pas d’autre voie que d’être pédagogue et respectueux de tous nos concitoyen(ne)s quelles que soient leurs places dans notre société, en faisant preuve de l’autorité nécessaire sans sombrer dans un autoritarisme d’ailleurs signe de faiblesse et d’inconsistance !

« Supplique » Mes cher(e)s concitoyen(ne)s,

pour, ensemble, lutter contre un virus qui a déjà fait 44 000 morts en France et plus de 1,4 millions dans le monde.

« Supplique » Monsieur Jean-Luc Mélenchon pour oublier un instant ce que vous croyez encore avoir de  » destin politique national personnel ».

« Supplique » Monsieur Xavier Bertrand pour que vous ne vous consacriez qu’à vos tâches de Président d’une Région qui souffre et pas, vous non plus, aux Présidentielles de 2022.

« Supplique », si j’ose, Monsieur Ugo Bernalicis pour que « vous vous occupiez un peu » de la 2è circonscription et de ses habitants dont vous êtes le député, des habitants qui ne vous auront vu qu’à la télévision durant toute la durée de votre mandat…

« Supplique » Mesdames et Messieurs les dirigeants de l’Union Européenne pour que vous saisissiez cette dernière chance qui vous est donnée de contribuer à faire de l’UE une grande force citoyenne qui compte dans le monde.

« Supplique » enfin Monsieur Donald Trump pour avoir la pudeur d’accepter votre défaite et à vous Monsieur Joe Biden pour redonner aux États-Unis l’image d’une grande puissance soucieuse tout autant de l’avenir du monde que de son propre avenir.

C’est ainsi et seulement ainsi que l’on sortira de ce grand labyrinthe planétaire qui étreint et qui paralyse l’humanité.

« Et pendant ce temps-là » , nous autres, petit(e)s élu(e)s locaux, nous continuerons à « bosser comme des fous » au quotidien, au plus près des gens, des citoyennes et citoyens, pour atténuer autant que possible les effets des crises, aider les plus fragiles et les plus démunisgérer le présent tout en préparant « les jours d’après »donner un peu de couleurs à la grisaille ambiante, faire survivre de l’espoirpenser à des moyens alternatifs pour vivre et vivre réellement, avec le virus… (« vivre » et pas seulement à ne pas mourir), équilibrer nos budgets dont les dépenses explosent et enfin d’agir surtout pour notre jeunesse qui commence à désespérer, ce qui est mortifère pour l’espèce humaine et d’une injustice générationnelle incommensurable….

« Supplique » disais-je et pour finir sur une note sinon plus gai tout du moins plus sereine et plus humaine, je fredonnerai cette belle poésie de Monsieur Georges Brassens :  « Supplique pour être enterré sur la plage de Sète »

Je m’en garderai bien de vous en lire quelques vers préférant vous conseiller de les retrouver sur Internet… 

tous ses vers étant indissociables les uns des autres… 

comme une belle, tendre et merveilleuse leçon de vie…

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