Carnet n°633 du 9 novembre 2020

« Au bord d’un précipice… la marche en avant ? »

Mes lecteurs que vous êtes, pour beaucoup très fidèles, peuvent comprendre la difficulté qui est la mienne de trouver chaque semaine « un titre », une « musique » et des « paroles », à mon nouveau carnet  en essayant de ne pas vous lasser ni de trop « rabâcher », sachant qu’en toutes choses dans la vie, on est souvent condamné à un choix entre « se répéter » et « se contredire… » , le tout en restant simple, compréhensible et sans excès dans mes propos.

   On m’a déjà entendu m’exprimer dans ce sens  la semaine dernière avec la reprise d’un titre déjà utilisé quelques semaines avant « quand c’est fini ça recommence »,

car il est vrai que depuis mars dernier, en bien des domaines, « ça recommence », … et souvent en pire… que ce soit avec l’épidémie du COVID-19, le terrorisme, mais aussi la délinquance, la récession économique, le chômage, les inégalités sociales, la misère… et les désespoirs qu’ils et elles génèrent chez les « jeunes » comme chez les « vieux » ainsi que dans les populations les plus fragiles .

Si j’ajoute à cela que dans la plupart des cas, quels que soient les domaines, cela s’aggrave…, il est difficile d’échapper à des visions et à des propos apocalyptiques en gardant des lueurs d’espoir avec comme « des rayons de soleil » à travers les nuages d’orages … dans l’attente de se retrouver dans la situation  de passagers d’un avion sortant de grosses turbulences orageuses pour atteindre le plafond où le soleil réapparaît dans toute sa splendeur… »

   Un seul domaine en ce lundi 9 novembre aura échappé à l’angoisse ressentie il y a une semaine et donc échappé à la douleur du recommencement,

c’est l’élection présidentielle américaine où, après des heures d’inquiétudes, l’élection de Joe Biden aura été officieusement proclamée après l’élection de ses 290 grands électeurs contre 214 à Donald Trump !

Cela ne résoudra certes pas tout… mais au moins cela n’aggravera pas la situation mondiale comme sans doute l’aurait fait, ou l’aurait été ressentie, la réélection de Donald Trump.

   Pour le reste, une semaine plus tard… c’est plutôt pire ! Avec une pandémie qui fait de l’Europe, avec près de 400 000 morts, le continent le plus touché (rappelons que la grippe espagnole, il y a un siècle, avait fait en Europe 2,6 millions de morts… en deux ans), avec aussi de nouveaux actes terroristes, de violences diverses, des révoltes qui se multiplient, des perspectives qui  risquent de nous mener au pire… 

et pourtant…, si le pire est de plus en plus « possible », sinon probable… il n’est heureusement jamais certain.

   D’où mon titre pour ce 633 -ème carnet : « Au bord du précipice… la marche en avant ? »,

car si le précipice se définit comme « une anfractuosité du sol très profonde aux flancs abruptes » et au figuré … comme « une situation dangereuse où le risque de désastre est imminent », « la marche en avant » que nous vivons, à l’image sinon dans le même domaine, mais avec des méthodes et des discours comparables, comme ceux entendus dans une chanson de Michel Sardou de 1975 et ainsi titrée « La marche en avant »,

le fait est que le précipice est devant nous et que « la marche en avant » d’ores et déjà prévue et annoncée par nos dirigeants peut nous conduire à nous y précipiter.

Avec les plus de 40000 morts du COVID-19 annoncés en France, sans oublier tous les autres décès consécutifs à terme à la saturation de nos hôpitaux,  le précipice est là… et personne ne voit vraiment ce qui pourrait arrêter la « marche en avant » qui nous y mène .

D’où la nécessité absolue pour toutes et tous, qu’ils soient des « politiques », des dirigeants économiques, des grands patrons du monde médical, des affamés de « passages médiatiques » (où pour y être invité il faut savoir dire  des choses qui « clivent » par rapport aux autres précédemment entendus),

l’heure n’est plus « à se montrer »… au risque, demain, de n’être plus… mais à agir dans l’unité et le rassemblement !

   Sans solution miraculeuse à court terme, il n’y pas d’autre solution !

Si on veut éviter une issue de type « post-apocalyptique » à l’image du film « Kronos » datant de 2017 qui annonçait la fin de l’espèce humaine en 2020, ou si on veut éviter que ne se réalise « la Prophétie des Papes », depuis le premier Pape de la liste ,Célestin II en 1143 ,à Sixte V en 1585 ,jusqu’à 2027, 442 ans plus tard… avec la fin annoncée dans cette prophétie de la papauté… voire de l’espèce humaine…

  Bien sûr je ne crois ni à cette filmologie, ni à ces prophéties…

mais il est vrai, et je l’ai dit bien avant la COVID-19, que la décennie 2020/2030 sera celle de tous les dangers et donc celle qui nous obligera à changer dans tous les domaines si on veut éviter le pire .

Ce n’est pas la première fois que je le dis en parlant  des  » jours d’après « … si jours d’après il y a.

   D’où la nécessité de changer nos comportements et nos façons de penser en termes d’urbanisme, d’environnement, de consommation, de commerce, de « mondialisation à maîtriser », de « circulations » à organiser, de justice sociale et de services publics à relancer…

Je le dis et c’est dans cet esprit que j’ai demandé que les grands dossiers d’aménagements villeneuvois soient remis à plat et revisités sans tarder.

Je l’ai dit aussi à la MEL ce vendredi dernier à celles et ceux de mes collègues qui pensaient presque que la page était tournée… , certains collègues pour qui il fallait presque s’organiser sur l’unique base (et sur ses conséquences ) de la crise que nous vivons en 2020.

Notre vision de l’avenir, si elle n’est pas encore à la taille de celle « du poisson rouge posé sur la table du salon », ne peut pas, ne doit pas, être uniquement contrainte, dans nos décisions d’aujourd’hui, par un calendrier et des calculs allant au-delà de 2021…

En effet, personne, je dis bien personne, ne peut dire ce que seront nos budgets, nos projets, nos réalisations et nos actions à partir de 2022…

J’aurai l’occasion d’y revenir et pour ne prendre qu’un seul exemple qui concerne les jeux olympiques de 2024 à Paris et en France, à l’heure où ceux de Tokyo initialement prévus du 24 juillet au 9 août 2020 sont « esquissés » entre le 23 juillet et le 8 août 2021…,

la prudence s’impose  en toutes choses ,

y compris en termes budgétaires… voire de faisabilité.

Il en est de même pour certains projets plus près de nous, piscine olympique ou patinoire,…

Quand on sait d’une part ce qu’il en est de l’utilisation actuelle de nos équipements (piscines et Grand Stade), ainsi que, d’autre part, des premières « esquisses » de nos budgets 2021 vu les effets du COVID en 2020 et les conséquences en 2021, et ce avant, si cela continue, d’en arriver pour ceux de 2022 et 2023 à « missions impossibles »,

même si la pandémie régresse en 2021 grâce à un vaccin, ce qui est possible mais pas du tout certain.

 Quant au terrorisme islamiste…

il faut plus que jamais prendre les mesures et les décisions pour l’éradiquer, car il se nourrit et se nourrira des désordres incommensurables provoqués par la pandémie surtout si elle explose…

Même si « comparaison n’est pas raison », on se souviendra des effets, en termes de violences et d’horreurs, de la peste noire du XIV -ème siècle, y compris de la part de la religion dominante de l’époque ,avec la recherche impitoyable de boucs émissaires parmi les femmes, les juifs, les mendiants , en grand nombre massacrés et brûlés.

  Oui vraiment, si on est aujourd’hui au bord d’un précipice et s’il n’est pas possible de faire « marche arrière » il faut cesser notre « marche en avant » vers lui et décider de le contourner,

car là aussi, dans tous les domaines, il faut refuser le choix simpliste entre continuer dans « une marche en avant » insensée et s’arrêter purement et simplement, voire reculer… en s’autoflagellant comme durant la peste… (avec les mêmes effets).

Il faut donc réorienter et remobiliser toutes nos forces intellectuelles, morales, sociétales, politiques, financières et surtout scientifiques pour « aller ailleurs et autrement » sans perdre de temps car on en a déjà que trop perdu !…

   Afin néanmoins maintenant de terminer ce 633 -ème carnet particulièrement sombre… par des sourires,

j’évoquerai mes visites de ces mardi 3 et mercredi 4 novembre rendues à 16 couples de jubilaires qui comptent en cette année 2020, entre 20 et 74 ans de mariage, leurs sourires, leurs émotions en ces moments de « petits bonheurs » quand je leur remettais leurs médailles, diplômes, fleurs et petites douceurs…

  Comme quoi, si l’urgence sanitaire nous interdit de faire nos manifestations dans leurs formes traditionnelles, il faut essayer de ne pas les annuler, 

car, on le sait, « le temps perdu ne se rattrape jamais ».

Et si, Sénèque, il y a 2 millénaires, a su dire que : « seul l’arbre qui subit les assauts du vent est vraiment vigoureux car c’est dans cette lutte que ses racines se fortifient », 

c’est Coluche qui, avec son bon sens, nous a rappelé que :« les portes de l’avenir sont ouvertes à ceux qui savent les pousser. »

PS/  il y a 50 ANS le Général de Gaulle , un grand homme et un grand Président quittait ce monde…

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