Carnet n° 627 du 5 octobre 2020

« La République nous appelle ! »

En ces temps où toutes les formes de désespérance cohabitent avec des discours et des déclarations « solennelles » de celles et ceux qui nous « gouvernent » (ou qui voudraient nous gouverner régionalement ou nationalement, voire les deux, et ce, dans les 18 mois qui viennent), il en est deux qui « excellent » en la matière, le Président Macron et  Jean-Luc Mélenchon.

     Le débat de ces derniers jours sur les risques (ou non) pour la France du développement d’un « islam radical et politique » leur en ont donné l’occasion provoquant à la fois un large assentiment sur le constat des « faits » et des désaccords sur ses raisons et sur ses conséquences pour notre République, en particulier  en termes de mesures et de décisions à prendre…. au-delà de « la facilité des discours ».

Entre un Emmanuel Macron dans son costume de « patriote révolutionnaire » et un Jean-Luc Mélenchon à la recherche d’une « nouvelle base populaire » 153 ans après « le Capital » de Karl Marx,

le nostalgique de la Révolution Française de 1789 que je suis… de St Just à Danton  ,s’est senti, en écoutant Monsieur Macron, revenir en tête les paroles extraites du « chant de départ », un chant révolutionnaire de 1791 : « La République nous appelle, sachons vaincre ou sachons périr… ».

Monsieur le Président Macron ayant qualifié de « séparatisme » une situation que je n’ai d’ailleurs jamais cessé de décrire et d’analyser en tant que Maire depuis des dizaines d’années, en refusant toute forme de lâcheté en la matière, petites ou grandes,

du « séparatisme islamiste » nous a-t-il répété tout au long de son discours, une formule qui certes « raisonne bien » (comme son discours du 18 mai 2017 au pied de la Pyramide du Louvre)

mais qui me semble « inappropriée » car analysant ce que nous vivons de la part de minorités avérées et actives, davantage comme des communautarismes à vocations « extensives et conquérantes » qu’une volonté de se séparer du territoire de la France (un communautarisme conquérant qui heureusement n’est pas le cas d’une large majorité de pratiquants de la religion musulmane) et ce, en rappelant aussi que dans toutes les religions on a connu ou on connaît encore ce que je qualifierais d’une formule bien connue « des tentations de l’Histoire » et d’ailleurs très souvent de manière sanglante ….

Alors, oui, si « la République nous appelle », c’est pour défendre ses valeurs de Liberté, d’Égalité, de Fraternité et de Laïcité,

pour rappeler que ,tout au long de son Histoire, la France s’est constituée puis finalement  enrichie de vagues d’immigrations successives,  ces nouvelles et ces nouveaux Français(e)s arrivant avec leur propre passé, leur histoire, leurs racines et leur culture pour s’intégrer dans les nôtres  ainsi que dans les valeurs de notre République .

C’est ce qu’ont fait ,au 20è siècle, trois millions d’immigrants polonais (dont je suis, de par ma mère ) et quelques millions d’autres femmes et hommes venus du Portugal, de l’Espagne, de l’Italie, de Hongrie, d’Afrique subsaharienne et d’Afrique du Nord…, l’Afrique, un continent où la France eut des colonies durant des siècles ,après déjà bien d’autres ailleurs dans le monde, la première remontant à 1534 sur le continent américain, c’est-à-dire, il y a 5 siècles, et parmi les dernières l’Algérie dont « la conquête » remonte à 1830  avant de devenir trois départements .

Qu’on soit « pour » ou « contre »… ce sont des faits historiques à partir desquels on peut, en Démocratie, avoir des analyses et des opinions différentes,

mais en n’oubliant jamais que tous les peuples ainsi concernés ont fait la France et qu’ils ont donné leur sang pour la défendre, en particulier durant les deux dernières guerres mondiales du 20è siècle avec le rôle majeur de ceux que l’on appelait « indigènes » dans la libération de la Métropole après le débarquement en Provence du 15 août 1944.

La République les a appelés. Ils ont vaincu et certains ont péri, en chantant bien souvent à son propos, « un Français doit vivre pour elle, pour elle un Français doit mourir. »

La question n’est donc pas, Monsieur le Président, une question de « séparatisme » mais une question de « communautarisme conquérant » que refuse d’ailleurs, une majorité de celles et ceux qui pratiquent la religion musulmane… cela aussi, il faut le dire !

Pour autant  ,Monsieur Mélenchon, cette question n’est pas une question mineure que l’on peut balayer d’un « revers de la main », voire pire, au risque de nous voir déboucher un jour sur une forme de « libanisation » à la Française…

Oui donc « la République nous appelle », elle appelle tous ses enfants, d’où qu’ils viennent, quelle que soit leur religion sans non plus jamais oublier tous ceux qui n’en pratiquent pas.

On n’a pas fini d’en reparler…

      Aujourd’hui  aussi, en ces temps difficiles que nous vivons, « la République nous appelle » à nous rassembler sur des mesures de bon sens, clairement expliquées et appliquées avec la rigueur nécessaire pour barrer la route à une expansion de l’épidémie du COVID 19 sans toutefois détruire toute vie sociale et sociétale.

Même Monsieur Trump, après son copain Boris Johnson, a dû en convenir,… personne n’est à l’abri de ce virus qu’il faut prendre au sérieux…

Alors, soyons raisonnables ! et aux autorités nationales je redis : cessez de « naviguer à godille »!… et cessez de vous laisser porter par un courant qui peut nous fracasser sur des rochers.!

Soyez clairs, honnêtes et précis !

Reconnaissez vos erreurs ! assumez vos doutes et vos méconnaissances !…

et on sera toujours « prêt à nous battre »… non pas pour mourir … mais pour vaincre et vivre dans tous les sens du terme.

Et cessez de nous faire prendre des « vessies pour des lanternes » sinon, comme l’a dit Pierre Dac, « on se brûle »…

    « La République nous appelle » enfin … pour aider les victimes des catastrophes naturelles, comme aujourd’hui dans le Gard où des inondations ont fait des dégâts de grandes ampleurs matérielles et humaines !

Est-ce le résultat du dérèglement climatique ?

Sans doute… mais pas que…

La première raison tient dans des urbanisations inconsidérées qui ont imperméabilisé trop de sols, encombré les lits naturels des ruisseaux et des rivières, ce qui ,en cas d’excès de pluviométrie et quelles qu’en soient les causes, conduit aux pires catastrophes…

Le dérèglement climatique que nous connaissons aggrave les conséquences de décisions basées sur des recherches effrénées de rentabilités à court terme. C’est vrai pour des catastrophes naturelles et c’est vrai aussi sur le plan économique, social et sociétal où ,à force de « gérer à flux tendu » et de supprimer tout ce qui n’est pas bénéficiaire à court terme, on provoque des effets de seuil, pour certains  mortifères.

Les exemples n’en manquent pas aujourd’hui avec la crise et ses conséquences : pénuries liées à la mondialisation: de masques, de médicaments, de tests, 

des services publics à bout de souffle, des hôpitaux en angoisse de rupture, etc.

   « La République nous appelle » mais nous, citoyens, avons le droit de lui demander des comptes, via ses dirigeants successifs qui l’ont fragilisée par manque de vision, par frilosité, par lâcheté… voire par incompétence…

et c’est là que se repose aujourd’hui la question de « la durée » et donc celle de ce que j’appelle « l’erreur du quinquennat » ,ces 5 ans qui ont remplacé les 7 années des Présidents de la République en leur enlevant ainsi leur autorité  régalienne et en accroissant le poids des fragilités électorales.

    Quand on lit le dernier sondage paru sur les Présidentielles de 2022 avec, en tête, Madame le Pen suivie de Monsieur Macron, Monsieur Bertrand sur « la troisième marche », la gauche social-démocrate en perdition, les Verts loin de leurs espérances et les Insoumis qui ne surnagent que grâce à leurs « bouées populistes »…,

je me dis que si ces résultats devaient se concrétiser je ne me verrais pas refaire mes votes des deuxièmes tours des Régionales du 6 décembre 2015 et des Présidentielles du 8 mai 2017, sachant ce à quoi ont servi mes bulletins de vote dans la conduite des politiques régionales et nationales par ceux qui en ont bénéficié…

    Heureusement « qu’il n’est point nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer » comme le disait Guillaume 1er d’Orange-Nassau, Prince Néerlandais du XVIè siècle.

A suivre…

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