Carnet n°624 du 14 septembre 2020

« Le retour des sept »

Je vous l’avoue, cher(e)s lecteurs, j’ai beaucoup cherché et beaucoup « tourné  » d’idées de titres dans ma tête durant ces dernières heures, qu’elles soient diurnes ou nocturnes… sans doute davantage que d’habitude sachant quand même qu’il n’est pas simple d’en trouver un nouveau chaque lundi, surtout quand on arrive au numéro 624 …

  Face à une situation sanitaire qui se dégrade, nous dit-on, de manière exponentielle avec plus de 10 000 cas quotidiens nouveaux déclarés en France, des « taux d’incidence » dans le Nord qui ont doublé en moins de deux semaines tout comme le taux de positivité des tests et ce, même  si on constate par ailleurs dans les Hauts-de-France que le nombre d’hospitalisés continue de diminuer avec un nombre de décès qui n’excède pas les deux par jour, une situation sanitaire donc inquiétante tant elle est incertaine quant à son évolution dans un futur proche

tandis que parallèlement la situation économique continue à se dégrader rapidement, que le chômage, la misère, comme toutes les formes de violences s’accroissent, qu’on ne compte plus les incivilités et les désordres de langage et de comportements, sans oublier l’aggravation des injustices et des inégalités… ,

le tout sur fond de « y’a qu’à, faut qu’on », une attitude chère à certains adeptes des réseaux internet (appelés improprement « réseaux sociaux »),

j’ai été tenté par des titres faisant référence « au bord d’une falaise » (celle du Tréport) et à la tentation de « grands sauts » vers le meilleur ou vers le pire,

et par d’autres titres aussi, heureusement plus tendres, voire plus mélancoliques, du type de celui inspiré d’une chanson de Louis Amstrong : « Sometime I feel like a motherless child »…, ce que nous sommes tous, plus ou moins, à des moments ou tout au long d’une grande partie de notre vie,

avant finalement d’en revenir au chiffre 7, même si déjà utilisé, qui correspond non seulement au nombre de jours qui me séparent de mon 623 ème carnet, mais aussi finalement à 7 grands thèmes,  problèmes, enjeux,  dossiers et actions qui ont fait ma vie durant cette semaine écoulée en même temps que la crise du COVID19, de sa gestion et de ses conséquences…

           D’où ce titre en écho du titre d’un film de 1966, « Le Retour des Sept » (qui faisait suite au film « Les Sept Mercenaires » de 1960) :

  Il est vrai, je le redis une nouvelle fois, que le chiffre 7, « chiffre d’initiation et de mystère », a beaucoup servi dans tous les domaines :

Je veux aujourd’hui, par plaisir, en redonner 17 exemples :

Les 7 péchés capitaux, le chandelier à 7 branches, le septième ciel, les 7 chakras, les 7 villes saintes de l’Hindouisme, les 7 merveilles du monde, les 7 couleurs de l’arc-en-ciel, les 7 orifices du visage, les 7 collines de Rome, les 7 collines d’Istanbul, les 7 tomes d’Harry Potter, les 7 jours de la semaine, Blanche-Neige et les 7 nains, les 7 boules de cristal, les bottes de 7 lieux, les 7 femmes de Barbe-Bleue, les 7 notes de musique.

 « Le Retour [donc] des Sept » durant ces 7 jours qui viennent de s’écouler avec en numéro 1, c’était lundi dernier, une riche séance de travail aux côtés de Monsieur le Directeur départemental de la Sécurité publique du Nord sur la sécurité en général et la situation villeneuvoise en particulier au regard des moyens de la police face à une réelle et profonde dégradation sociétale…,

l’occasion pour moi de redire mon soutien à nos forces de l’ordre et de lui rappeler que si Villeneuve d’Ascq a réussi à éviter, jusqu’à ce jour, de sombrer, comme bien d’autres quartiers de bien d’autres villes, elle a toujours été et elle reste une ville « fragile » ce qui suppose et appelle des actions de police permanentes pour nous éviter tout risque de « grand saut »…

 « Le Retour des Sept » avec en numéro 2, c’était mardi, une rencontre avec un de nos inspecteurs de l’Éducation nationale avec qui nous avons discuté des écoles, des effets et des conséquences de l’épidémie sur les plus fragiles des élèves, de l’engagement des maîtres, du dévouement de nos agents communaux… mais aussi des fragilités inhérentes à certains quartiers, ce qui m’a conduit à demander une approche « non comptable » de la répartition de ses moyens…

J’ai aussi évoqué la question qui « m’interpelle » du droit pour certaines familles « d’éduquer leurs enfants » en ne les mettant pas à l’école et ce ,après avoir envoyé une simple lettre d’information au Maire…

 « Le Retour des Sept » avec jeudi, en numéro 3, un Conseil municipal qui s’est finalement « bien passé », où toutes les délibérations ont été votées à l’unanimité… (sauf une qui a eu 4 abstentions). C’est sans doute pourquoi la presse n’a retenu de 2 heures 15 de séance qu’un « échange » qui ne portait d’ailleurs sur aucune de la cinquantaine de délibérations inscrites à l’ordre du jour… le reste n’intéressant sûrement pas ses lecteurs villeneuvois…

 « Le Retour des Sept » avec, le jeudi 10 septembre aussi, en numéro 4, une réunion présidée par Monsieur le Préfet, avec des élu(e)s des Grandes Villes et donc de Villeneuve d’Ascq que je représentais, un Préfet qui, entouré des représentants des grandes administrations de l’État, est venu nous dire l’évolution exponentielle du COVID19 dans le Nord… dans l’attente des annonces de vendredi du Premier Ministre… (qui n’a finalement rien dit) et d’annonces de sa part pour la semaine prochaine sur le thème « on supprime ou on reporte tout ce qui n’est pas indispensable »…

Mais qu’est-ce qui est indispensable ? lui ai-je demandé… la vie elle-même ne l’est peut-être pas… et quelle vie surtout ?… si on ne veut pas demain une société de zombis ?… comme dans certains films post-apocalyptiques. 

Je n’ai pas eu d’autres précisions…

Quant aux « mesures »… aurons-nous, lui ai-je aussi demandé, les précisions, le temps et les moyens de les mettre en œuvre ?

Je ne suis pas sorti rassuré… c’est le moins que je puisse dire…

 « Le Retour des Sept » en point n°5, « la violence et le cœur », avec l’hommage rendu au Capitaine Romain Boulange mort dans l’exercice de ses fonctions à Villeneuve d’Ascq 7 jours plus tôt, victime d’une collision avec une voiture dont la conductrice a depuis été incarcérée…

Dévouement, violence… et tristesse infinie, des sentiments ressentis à l’Hôtel de Police sous la Présidence de Gérald Darmanin… le Ministre de l’Intérieur, avec le rappel des sacrifices de nos forces de l’ordre.

Moi que tout oppose, ou presque, sur le plan politique, au Ministre, j’aurais pu sans réserve lire le discours d’hommage qu’il a lu au pied du cercueil du Capitaine, un cercueil qu’il a ensuite décoré avec, à ses côtés, la très jeune fille de « ce héros du quotidien » disparu tellement trop tôt…

 « Le Retour des Sept » en point n°6, place Salvador Allende, pour l’hommage annuel que nous rendons à ce Président du Chili tué par un putsch militaire conduit par le sinistre Augusto Pinochet, le 11 septembre 1973.

Un souvenir et le rappel que tout peut arriver et que la Démocratie est un bien toujours fragile quand elle se heurte aux armes, à la violence, à la dictature et surtout quand ceux qui veulent sa perte ont le soutien d’un grand pays voisin, avant d’ailleurs que ce pays voisin ne connaisse lui-même le malheur des « Twin Towers » à New-York, un acte terroriste qui a fait presqu’autant de morts que la dictature du sinistre Pinochet…,

des terroristes et un dictateur qui méritent le qualificatif de « criminels de guerre ».

 « Le Retour des Sept », « un numéro 7 citoyen » plus souriant sans doute et plus rassurant en matière d’avenir avec, en cette fin de semaine, une assemblée générale de l’OMJC, « la jeunesse au cœur », une AG de Louise Michel contre les violences de toutes natures faites aux femmes, une friterie qui renaît à Flers-Bourg avec des citoyens heureux, rassemblés dans le respect des gestes barrières, une « porte ouverte » sous le soleil à la Maison des Genêts, une rencontre  avec des militants de l’association « les Incroyables Comestibles »… qui sont venus constater tout ce que nous avons déjà fait en matière de ville nourricière et tout ce que nous avons l’intention d’y faire dans un futur proche pour retrouver avec les citoyens le goût des petits plaisirs, d’une vie plus simple et donc de petits bonheurs qui, cumulés, font souvent les véritables et durables Grands Bonheurs.

  On le voit à travers ce « Retour des Sept » , une liste de 7 points forts d’une semaine villeneuvoise, certes chargée et parfois dure,… mais aussi empreinte d’un certain optimisme basé sur des espoirs fruits d’un socle citoyen villeneuvois qui a fait « le Villeneuve d’Ascq d’aujourd’hui » dont on fête les 50 ans en cette année 2020, pour mieux préparer et vivre un avenir assuré grâce à ses racines profondes et solides... et à la volonté politique, au sens noble du terme, qui a toujours été  la mienne.

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