Carnet n°623 du 7 septembre 2020

« Labyrinthe »

Quand on connaît la définition précise du mot « labyrinthe » dont chacun a bien sûr en tête l’image et ses multiples formes, c’est-à-dire « un tracé sinueux muni ou non d’embranchements, d’impasses et de fausses pistes, destinés à perdre ou ,au moins ,à ralentir celui qui se déplace »,

on peut se dire qu’il convient parfaitement à la manière dont se dessinent, s’expriment et se mettent en œuvre les politiques des  » Princes  » qui gouvernent tous les pays du monde… 

Et quand ce monde est frappé, comme aujourd’hui avec le coronavirus-COVID 19, par une crise majeure, c’est encore davantage vrai car, s’appliquant dans chaque pays à leurs concurrents , adversaires autant qu’à leurs populations,

cette crise renforce les similitudes des discours et des comportements… de tous les dirigeants et à tous les niveaux.

  Nous en avons de multiples exemples en France de la part des dirigeants de l’État et aussi des structures et personnages qui s’expriment au nom des acteurs médicaux… le tout renforcé par un système médiatique « en continu », et donc en recherche permanente du « scoop »…


  Au demeurant, si ce titre m’est venu en tête lors de mes heures d’insomnie durant la nuit de samedi à dimanche, c’est aussi en raison d’un « retour en mémoire « d’un film en 2 épisodes adapté avec talent par Ridley et Tony Scott retraçant des moments de la croisade contre les Cathares initiée par le Pape Innocent III, commencée en 1209 sous l’appellation de « Croisade des Barons » (après le refus du Roi Philippe Auguste de s’engager lui-même),

une croisade appelée aussi au départ « croisade des Albigeois contre l’hérésie cathare » que l’on date entre 1209 et 1229,

une croisade dont l’épisode le plus cruel ,que l’on retrouve dans le film ,est le « bûcher de Montségur », une croisade dont le nombre total de victimes reste encore aujourd’hui imprécis… entre quelques dizaines de milliers et beaucoup plus .

  Pourquoi ce rappel me demandera-t-on ? Simplement pour rappeler que la violence, les violences, la cruauté, les cruautés, l’intolérance et l’intégrisme, les intolérances et les intégrismes, sont inhérents à l’espèce humaine elle-même

au cœur de laquelle, de tous temps, elles et ils ont toujours existé… entre les croisades « en terre sainte », celles contre les hérésies, les massacres de soi-disant hérétiques, les bûchers pour sorcières, la Saint-Barthélémy contre les protestants, etc…

On appellerait cela aujourd’hui des crimes contre l’Humanité comme le furent ceux commis contre les Juifs par les Nazis et leurs complices connus sous le nom de « Shoah »  (mot hébreu signifiant anéantissement).


  Et même si, en cette année 2020, les actes de délinquances ,les incivilités, les violences y compris routières, les agressions verbales et physiques, y compris contre les Maires, sont en forte augmentation et doivent donc être combattus sans faiblesse, naïveté ou lâchetés,

il est juste de dire qu’elles ne sont pas nouvelles, que le 20è siècle en est rempli et qu’auparavant, au 19è par exemple, il était même impossible de sortir dans la rue , en particulier le soir.. sans risque d’être agressé, voire tué.

J’ai d’ailleurs parmi « mes souvenirs de famille » une « canne-épée » datant des années 30 du 19è, qui en fournit la preuve…

  Mais il est vrai que, dans ce domaine aussi, les 70 années qui nous séparent de 1945 et de la fin de la deuxième guerre mondiale nous les avaient fait oublier, même si les « troubles » de tous ordres consécutifs à la décolonisation n’ont pas été « négligeables » ,c’est le moins qu’on puisse dire … mais sans doute « plus localisés », et sans ,bien sûr, les même traitements médiatiques… pour que tous nos concitoyen(ne)s s’en souviennent en dehors de celles et ceux qui , nombreux, en ont été les victimes…


  Dans le domaine de la sécurité aussi, on peut parler de « labyrinthe » pour s’y retrouver dans les déclarations « multiples, variées et contradictoires » de nos dirigeants, commentateurs et politiciens…,

tout comme on peut parler de » labyrinthe « dans les politiques de lutte contre le COVID 19, car si la rentrée scolaire ne s’est pas trop mal passée, qu’en sera-t-il dans les prochaines semaines quand on voit un nombre de nouveaux cas testés qui approche les 10 000 par jour et qu’on entend le Préfet des Hauts-de-France nous annoncer que « le Nord repasse en rouge »… sans d’ailleurs nous dire ce qui va changer…, sinon qu’il pourra à nouveau prendre des décisions qui nous seront « annoncées à la dernière minute », les Maires ayant, la plupart du temps, la charge de les appliquer sans, la plupart du temps aussi, les moyens de le faire… mais en en portant les responsabilités s’ils ne le font pas …


  On comprendra aussi que cela renforce les raisons qui conduisent certain(e)s individus à  agresser des Maires verbalement et physiquement, ce que ne changeront pas les « mesurettes » annoncées voire simplement reprises ces derniers jours  par Mr Le Président Macron et ses Ministres.

  Si conscient que je suis de mes devoirs de Maire et de citoyen, je ne regrette pas de m’être fait réélire Maire pour un septième mandat,

j’en mesure quand même le poids et les risquescomme jamais depuis ma première élection en 1977, d’autant que, parallèlement  à ces risques , on ne compte plus les charges nouvelles , les enjeux et les dossiers vitaux à porter, à gérer et à traiter , le tout … avec des moyens asséchés,

à propos desquels je suis plus que jamais interpelé chaque jour par des dizaines de citoyens, de manière plus ou moins « polie » d’ailleurs, pour des choses qui ne dépendent pas de moi… en particulier pour des demandes de logements sociaux dont les attributions reviennent légalement aux bailleurs via les commissions d’attribution, mais aussi pour des questions de sécurité, de Roms ou de gens du voyage qui sont pourtant du ressort de la Police Nationale (et donc de son Ministre Monsieur Darmanin) ou du Préfet pour exécuter les décisions de justice.


  Ce n’est certes pas simple et loin de moi l’idée de leur jeter la pierre mais quand même, ce sont les élus locaux qui sont en première ligne comme le sont les policiers qui en paient un lourd tribut et tous les autres représentants de nos institutions Républicaines.

  « Le monde est fou » avais -je déjà titré mon 617ècarnet du 27 juillet dernier.

Sans doute… mais cette folie est aggravée par les labyrinthes que façonnent les décideurs et commentateurs de tous poils,

non pas uniquement pour nous y perdre voire pour nous y enfermer (comme Dédale dans la mythologie grecque avec le Minotaure…),

mais aussi sans doute pour s’y mettre à l’abri et pour y cacher leurs « responsabilités »… si ce n’est leurs « incompétences », même si « compréhensibles » vu l’ampleur et la nature de tout ce qui nous menace en ce début de nouvelle décennie que j’ai toujours sentie comme périlleuse, sinon mortifère.

« Et pendant ce temps-là », pour finir sur un sourire, « et pendant ce temps-là » comme le chantait Gilbert Bécaud,

notre Président de la République, Monsieur Emmanuel Macron, entre un plan de relance à 100 milliards d’euros et une épidémie COVID 19 en pente exponentielle, s’est plu en ce 4 septembre, à commémorer la République, ou plutôt la 3è République proclamée le 4 septembre 1970, après une défaite militaire, la chute de Napoléon III et avant « la Commune de Paris » qui vit notre capitale ,Paris,  ensanglantée par le massacre de plus de 30 000 communards , 

et ce ,en oubliant sans doute qu’il y avait eu auparavant  

une Première République qui dura du 22 septembre 1792 au 18 mai 1799, une Seconde République, du 24 février 1848 au 2 décembre 1852 (que fit chuter Napoléon III),

que la Troisième République finit le 10 juillet 1940 avec le Maréchal Pétain, l’État français et la collaboration avec Hitler,

qu’une Quatrième après la Libération de la France  commença le 13 octobre 1946 pour se terminer quand le Général de Gaulle  , de retour aux affaires fit voter une Cinquième République qui vit ainsi le jour le 4 octobre 1958… il y a 62 ans… et qui a perduré depuis avec certes plusieurs modifications… avant une sixième qui viendra bien un jour

au sortir d’un labyrinthe institutionnel que tous les 8 présidents de la République ont contribué à « complexifier »… pour des raisons que je n’aurais pas aujourd’hui l’audace… d’analyser. ..

Labyrinthe ?  Vous avez dit labyrinthe ?


Si ce n’est que pour se donner du temps ou d’en perdre « pour la bonne cause », ce n’est pas si grave… car c’est à l’image de la vie en général et de la vie de chacun(e) en particulier..,

mais si c’était un jour pour y enfermer le Peuple, la Démocratie ou nos  Valeurs alors là ,ce serait beaucoup plus grave voire mortel.

      Mais je n’ose y croire

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