Carnet n°605 du 4 mai 2020

« Maires je vous aime ! »

En ces heures sombres que nous vivons, une obscurité qu’aggrave une gestion souvent aléatoire de la crise du COVID-19 par « les princes qui nous gouvernent », qu’ils soient politiques ou « grands maîtres » de la santé publique dont chaque déclaration péremptoire un jour est suivie, 2 ou 3 jours plus tard, d’autres déclarations qui contredisent les premières,

en ces jours sombres, disais-je, sachant que « nous ne sommes pas au bout du tunnel » quand, ce dimanche, on entend tel(le)s Ministre(s) envisager le report de la date du 11 mai pourtant amplement « claironnée » et sur la base de laquelle chacun(ne) est « engagé(e) » à préparer le déconfinement dans les secteurs et domaines qui le ou la ou les concernent,

j’ai voulu en le titrant ainsi, sur la musique d’une chanson bien connue de Julien Clerc, commencer mon carnet n° 605 en essayant de faire sourire mes lecteurs, une chanson dont j’extrairai quelques paroles en suggérant à notre Président de la République « de s’y essayer » la prochaine fois qu’il s’exprimera du haut de son pupitre et face à son prompteur :

« Maires, je vous aime,

Je n’en connais pas de faciles…

Je n’en connais que de fragiles…

Et difficiles

Oui, difficiles… »

Mes collègues Maires, dans leur grande majorité, de droite, du centre ou de gauche, le reconnaîtront et se reconnaîtront.

Si en effet M. Macron n’est pas le premier, depuis qu’en 1982 François Mitterrand et Gaston Defferre ont fait voter nos lois de décentralisation, à tout faire pour qu’elles soient rognées et contraintes, voire, de fait, effacées,

c’est un fait qu’avec M. Macron qui avant d’être élu Président de la République n’avait jamais exercé personnellement un mandat électif et qui, à part les « transfuges » de chez les LR et du PS, n’avait eu autour de lui quasiment aucun(e) élu(e) local(e),

on était passé avec lui depuis 2017 à un mépris affiché sans vergogne des élus territoriaux et surtout communaux avec une volonté constante de les brider, de les dévaloriser, voire de leurs poser toutes les formes de carcan possible (carcan : collier métallique servant à attacher un condamné en l’exposant à l’infamie d’une humiliation publique).

Certes, certain(e)s avaient commencé à « retrouver grâce » à ses yeux pour l’aider à sortir de la crise des gilets jaunes, via des débats bien mis en scène…,

mais ce n’était rien à côté de ce qui se passe depuis plusieurs semaines où chaque discours Élyséen ou en provenance de Matignon est ponctué de saluts et d’appels aux Maires… maintenant pourvus de toutes les qualités…

Alors, le modeste Maire que je suis le dit avec un certain sourire : « Si avant la crise, le dédain (et même pire), était insupportable, cette mise à nue me fait lui dire, en citant Boris Vian : « M. le Président… je vous écris cette lettre, que vous lirez peut-être si vous avez le temps…, TROP c’est TROP ! ».

Et même si je reconnais l’habileté politicienne qui consiste à essayer d’avoir le bénéfice d’annonces « professorales » en laissant aux Maires, sans suffisamment de moyens, la lourde tâche d’essayer de les mettre en œuvre et donc en additionnant les insatisfactions et les colères générées chez nos concitoyens vis-à-vis de leur Maire, ce n’est pas une raison « pour en rajouter » !

On l’a vu et on le voit encore pour l’affaire des masques dont « on » rend la distribution insuffisante, largement de la responsabilité des Maires, tout en faisant tout pour que nous n’arrivions pas à nous en procurer suffisamment… au moment même où les hypermarchés commencent à les vendre… vu qu’eux… en ont eu.

On va le voir pour ce qui est de la réouverture des écoles à propos desquelles les Maires n’ont que « le droit » de devoir les mettre en marche… sans moyens suffisants pour cela et en en assumant tous les risques.

Et je ne parle pas de la question des tests, de la fermeture ordonnée des marchés alimentaires et jardins, des commerces et des vacances estivales, sans oublier les « contrôles » à faire faire par nos policiers municipaux qui ainsi « intègrent un système d’encadrement des citoyens qu’on n’avait pas connu depuis l’occupation », certes alors pour d’autres raisons beaucoup moins légitimes qu’aujourd’hui (je le dis clairement) mais avec des moyens technologiques tellement sophistiqués qu’à terme on risquerait de voir disparaître toute forme de liberté de circulation sinon de liberté tout court… 

Le discours est toujours le même : Interdit… sinon PV, possible à conditions … sinon PV,  aujourd’hui possible pendant une heure, demain peut-être à condition d’être à moins de 100 kms, etc. etc…

Et quand j’entends parler de « brigades COVID » je tremble… oui je tremble…

Comment donc peut-il se faire encore que certain(e)s qui se sont dit socialistes et qui se sont fait alors élire sous cette étiquette puissent aujourd’hui accepter, voter et défendre de telles mesures qui nous mènent tout droit dans « un monde post apocalyptique » avec toutes ses dérives possibles.

Et je ne parle pas des appels faits aux médecins pour qu’ils informent des non-médecins de l’état de santé de leurs patients, rompant ainsi le secret médical qui, je cite, « interdit à tout médecin de communiquer à des tiers des informations sur son patient ».

« Mais où va-t-on ? »

Et je le dis avec force :

Les avantages sanitaires à court terme, que je ne nie pas, ne pèsent rien face aux risques dans la durée d’un tel « virage »… et d’une telle rupture avec notre éthique.

Je ne sais pas si le Professeur Raoult à raison. Je sais, après l’avoir entendu, que ses analyses et son discours ne sont pas dénués de bon sens quant aux épidémies, aux courbes épidémiques, à la nature même des virus et à la course lucrative à de nouveaux médicaments sans que l’inefficacité des anciens ait été démontrée.

Là encore, on est complètement dans un système mondialisé, de recherche des profits à court terme, de la nouveauté avant tout, pourvu que cela rapporte

Et pourtant, si on avait continué à produire chez nous suffisamment de masques, de tests, de médicaments et d’appareils respiratoires, il y aurait eu beaucoup moins de morts.

Je n’en dirai pas davantage…,

Sinon qu’entre désespoir et espoir, colère et espérance, présent et avenir, tenants d’un capitalisme libéral injuste en faillite et une social-démocratie régulée et plus équilibrée,

cette crise me conforte aussi dans les choix politiques que j’ai faits durant toute ma vie, sans jamais en changer, ni trahir, ni me trahir !

Puisse donc, puisque M. Macron, à propos du coronavirus a parlé de guerre, à l’image de la guerre de 1940 / 1945, qu’après elle, il y ait « une libération » avec des hommes et des femmes rassemblés pour rebâtir un projet social et environnemental pour notre pays et pour l’Europe, somme toute, pour réellement « changer la vie », afin de donner encore une chance de durée de vie à l’espèce humaine, en mettant donc au pouvoir des femmes et des hommes issues de ce que j’appelle « le Camp du Progrès » qui, comme à Villeneuve d’Ascq, transcende les limites et les barrières partisanes traditionnelles, et ce, en mettant l’Humain au cœur de tout » !

C’est, qui peut en douter, un combat que je mènerai jusqu’à mon dernier souffle.

Et c’est un combat qui peut être au cœur de celui de très nombreux Maires qui, même M. Macron l’a reconnu, sont proches des citoyens et des problèmes qu’ils rencontrent, en s’appuyant sur le présent, forts de leur expérience passée, pour préparer l’avenir.

Si M. Macron « nous aime », et pas seulement comme « le grand loup aima le petit chaperon rouge »,

qu’il donne aux Maires les pouvoirs d’appliquer d’autres règles d’urbanisme que les règles actuelles pour remettre de la campagne dans nos villes en en diminuant les densités et en en faisant des villes nourricières où il fait bon vivre.

A Villeneuve d’Ascq nous avons déjà de l’avance en ces domaines et notre projet municipal 2020 / 2026 nous faisait déjà faire « un grand bond en avant » supplémentaire…

Mais aujourd’hui, après cette terrible crise, ce ne sera encore pas suffisant.

Il faut dans ces domaines que sont l’urbanisme, la place de la nature, l’agriculture urbaine, les transports et les déplacements… « aller plus haut, plus vite, plus loin » !

Et si M. Macron, ayant fixé une date (« qui sans doute l’arrangera »), pour, si j’ai bien compris, refaire les élections de mars dernier en « s’asseyant sans hésitation sur leurs résultats », là où l’élection ne s’est pas conclue au 1er tour (ce qui est mon cas avec 46,7% à donc 3,3% d’une élection) je décidais d’être candidat, ce serait, plus que jamais, à ces conditions de « rassemblement non-partisan » de femmes et d’hommes du « Camp du Progrès » pour mettre en œuvre un projet qui, en s’appuyant sur tout ce qu’on a déjà fait et qu’on avait déjà écrit pour demain, les dépasse et les transcende sans frilosité ni retard.

Mais encore faut-il et je l’en conjure, lui « qui nous aime », de nous en donner les moyens.

« Maires, je vous aime ».., nous dit-il, alors qu’il nous donne « des preuves d’amour » non pas pour nous mais pour nos concitoyen(ne)s qui voudraient bien n’avoir pas souffert durant cette terrible crise pour rien.

Et que, pour notre monde qui meurt, qu’il sache, comme François Mitterrand avec qui j’avais échangé sur ce point pour des raisons alors beaucoup plus personnelles, on s’en doute,

méditer ces paroles de Platon, philosophe grec du 4ème siècle avant Jésus Christ :

« Mourir n’est pas mourir, mes amis, c’est changer.

La vie est le combat, ma mort est la victoire. Et cet heureux trépas, des faibles redouté. N’est qu’un enfantement à l’immortalité ».

Honnêtement, je doute un peu qu’il sache le faire … (ce n’est pas dans ses logiciels ni dans ce qu’il a appris des grandes écoles).

C’est donc sur une autre citation qu’il saurait sans doute mieux comprendre et intégrer, que je terminerai mes pages d’écriture de ce lundi 4 mai 2020 :

« On ne change pas parce que la vie change mais parce que les circonstances font que nous changeons ».

Honnêtement et franchement, « entre les deux mon cœur (ne) balance (pas) »

Et je préfère celle de Platon.

Mais c’est vrai que je suis et que j’assume être de « l’ancien Monde »…. qui en fait, n’est pas plus ancien que n’est nouveau « le nouveau monde » que le Président de la République et les siens « nous avaient vendu ».

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