26 avril 2020 : Déclaration du Maire à l’occasion de la « Journée Nationale du souvenir des Victimes de la Déportation »

Si en cette année 2020, pour cause de confinement consécutif à la terrible épidémie de COVID 19 qui nous frappe, les manifestations de toutes natures et donc nos manifestations patriotiques sont interdites,

je veux, en ce jour, d’abord rappeler que c’est le 14 avril 1954, il y a donc 66 ans, que par une loi votée à l’unanimité, il était décidé de faire du dernier dimanche d’avril la Journée d’Hommage aux Déportés.

Je veux donc, en ce 26 avril 2020, 76 ans après l’ouverture des camps de la mort, le répéter une nouvelle fois : la Journée d’Hommage aux Déportés n’est pas et ne sera jamais une « Journée » comme les autres.

Et ce n’est pas, on le sait, par hasard que depuis de très nombreuses années nous avions choisi la Place Jean Moulin, pour une cérémonie car devant l’Histoire, chacun le sait, Jean Moulin personnifie et incarne la Résistance aux côtés, bien sûr, de bien d’autres mouvements de Résistance et de résistant(e)s connu(e)s ou anonymes.

Et c’est pourquoi, sur la place qui porte son nom, nous avons rappelé tous les ans que les femmes, les hommes et les enfants à qui nous rendons hommage et qui n’ont pas, pour beaucoup trop d’entre-eux, leurs noms gravés dans la pierre d’un monument, ont toutes et tous leurs noms gravés dans nos cœurs, dans notre Histoire et dans notre Mémoire.

Qu’ils aient été déportés

Parce que combattants,

agents d’un réseau,

militants d’une cause ou d’un parti politique,

porteurs de messages,

déclarés coupables parce que désignés comme différents par des pouvoirs indignes, déportés pour le seul fait d’être nés juifs,

ils ont tous été les victimes du nazisme, des fascismes et de tous leurs complices.

C’est pourquoi en ce 26 avril 2020 et même si nous ne pouvons pas nous rassembler sur la Place Jean Moulin, c’est de plus loin, chacun au fond de son cœur, que nous voulons rendre un hommage particulier à ces femmes et à ces hommes qui ont donné la seule définition qui vaille à une Nation : un ensemble d’êtres humains qui veulent vivre ensemble selon des règles humaines, laïques et Républicaines.

C’est pourquoi aussi, nous avons et j’ai le devoir d’écrire, de parler de la Résistance et de la Déportation au risque de me répéter … mais il est nécessaire aujourd’hui encore de se répéter quand tant d’Européens font preuve de « mémoire courte »… voire pire…

Oui, il faut répéter que les camps de concentration et leurs millions de morts ne sont ni un simple dérapage, ni un « détail de l’Histoire », ni même des faits de guerre mais qu’ils sont la conséquence inique d’idées de haine, du discours nazi et des discours fascistes. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de l’écrire le 5 avril dernier à l’occasion du 76ème anniversaire du Massacre d’Ascq.

S’il y avait aujourd’hui encore une seule chance qu’un jeune ou qu’un moins jeune de plus, entende ce message, il faudrait, il me faudrait, le lancer et le relancer par tous les moyens.

Et il faut donc, sans relâche, répéter que cette Journée commémorative du dernier dimanche d’avril n’est pas uniquement tournée vers l’Histoire mais bien vers notre présent et vers notre Avenir,

que la dénonciation du fascisme et du nazisme n’a de sens que si elle s’accompagne d’un combat acharné de chaque instant contre les formes actuelles de résurgence de ces idéologies.

Il faut redire que la première fidélité à la mémoire de ceux à qui nous rendons hommage consiste à continuer leur combat.

Il faut le faire avec vigilance, avec force et avec détermination, pour qu’il ne soit pas à nouveau, un jour… trop tard…

Certains s’en souviennent encore malgré le temps qui passe, il était des démocrates avant 1940 qui, en toute bonne foi, considéraient qu’il ne fallait pas à propos du fascisme, « crier au loup »…

La catastrophe qui suivit leur a, hélas très vite, donné tort.

Mesdames, Messieurs, Lucie Aubrac a eu un jour une expression que je n’oublierai jamais, en affirmant que :

« Résister est un verbe qui se conjugue au présent ».

C’est bien aussi pourquoi chaque année nous allions, après ce dépôt de fleurs sur la Place Jean Moulin, jusqu’à l’Espace Concorde en passant par les Crieuses à la Paix.

C’est un beau et très symbolique chemin que j’espère nous pourrons tous à nouveau parcourir en 2021.

C’est un chemin qu’il nous appartient résolument de parcourir aujourd’hui par la pensée de la résistance face à l’inacceptable à la concorde entre les gens de bonne volonté pour et par une Paix véritable dans la justice, la liberté, la fraternité et le respect de nos règles Républicaines de Liberté, d’Égalité, de Fraternité et de Laïcité qui régissent notre vie commune.

Nous le devons aux déportés. Nous le devons à nos enfants.

Nous le devons à l’Histoire. Nous le devons à l’Avenir.

Vive la Liberté ! Vive la Paix ! Vive l’Europe ! Vive la République et Vive la France!

Gérard CAUDRON
Maire
Le 26 avril 2020

                                                                                  

                                                                                  

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