Carnet n° 596 du 2 mars 2020

« Le tourbillon d’un vent de folie »

Qui ne connaît pas, sinon parmi les plus jeunes, les paroles du tube d’un duo de « musique pop française » (Début de Soirée), qui connaît à la fin des années 80 du 20ème siècle un énorme succès avec « Nuit de Folie »,

un tube qui hante encore, plus de 30 ans après, un bon nombre de thés dansants et de « bals populaires », un tube dont les paroles les plus marquantes restent sans doute les suivantes : « Réveille en toi le tourbillon d’un vent de folie »…

A l’époque, comme on aimait à le dire, « on s’éclatait »

Aujourd’hui si ces mots me reviennent en tête, c’est sans doute pour une cause beaucoup moins agréable en termes de joies et de plaisirs car c’est plutôt parce que depuis quelques semaines et surtout depuis quelques jours, à longueur de journées sur les chaînes et radios « à jets continus » (comme j’aime à les qualifier), on a le sentiment d’être emporté dans « le tourbillon d’un vent de folie » et ce, … à cause du coronavirus.

Les lecteurs de mes carnets savent que j’ai toujours pris au sérieux les risques de ce virus et de sa propagation sur l’ensemble de la planète du fait de ses modes rapides de transmission dans un monde « hyper inter-connecté » dans tous les sens du terme.

J’avais même titré ainsi mon 491ème carnet du 27 janvier, il y a donc un mois et quatre jours : « Probabilité ou Espérance mathématique » pour expliquer qu’il ne fallait pas se baser prioritairement sur la probabilité que « quelque chose arrive » mais sur la multiplication de la probabilité (même faible, voire très faible) par l’importance de ses conséquences…, ce qui est le cas des risques épidémiques et de rappeler qu’en 1347, c’est de Chine qu’était partie l’épidémie de peste noire qui décima l’Europe en tuant 25 millions de ses habitants d’alors.

Aujourd’hui, si le coronavirus baptisé Covid-19 n’a « encore » tué que quelques milliers de terriens (même si c’est déjà trop) et contaminé quelques dizaines de milliers d’autres sur une population mondiale estimée à 7,33 milliards en 2017,

des millions d’habitants sont d’ores et déjà confinés et séparés du reste du monde (comme dans certains films « apocalyptiques » ou « post-apocalyptiques »), des usines sont fermées par milliers qui provoquent des arrêts de production de milliers d’autres, le trafic aérien est en berne, les banques et marchés financiers se replient, les bourses s’effondrent, les structures médicales se voient reconnues enfin leurs besoins, leurs limites et leurs fragilités (voire pire) et d’une manière générale, malgré des chiffres qui sont sans aucune comparaison avec d’autres sources de mortalité,

dans « ce tourbillon de vent de folie » on en arrive à ne plus savoir de quoi demain sera fait, si on pourra aller là où on avait prévu d’aller, participer à des rencontres, réunions, colloques ou congrès, salons, expositions (quand on voit toutes celles qui s’annulent heure après heure), et même participer à l’Euro 2020 …

On a même pu lire cette semaine que le gouvernement s’interrogeait sur la tenue des prochaines élections municipales…

Sans aller jusque-là, on est en droit de se demander si nous aurons encore le droit dans les deux semaines à venir d’organiser des meetings et pour nous, « Ensemble pour Villeneuve d’Ascq 2020 », si après nos 6 réunions publiques de secteur dans la ville, avant les 2 autres du même type, si nous serons autorisés à remplir l’Espace Concorde pour notre meeting de clôture du jeudi 12 mars, voire si, même s’il n’est pas interdit, les citoyens n’auront pas peur de se retrouver ce soir-là à 700 ou 800 après toutes « les pubs » qui passent déjà et qui « nous conseillent » de ne pas s’embrasser, ni de se serrer les mains (quand ce n’est pas le « conseil » de se tourner le dos) et même de « s’approcher de l’autre » à moins d’un mètre…

Oui, à tort ou à raison, l’espèce humaine a déjà, à ce jour, « réveillé (en elle) le tourbillon d’un vent de folie »…

Et quand, ce samedi, j’ai vu « la une » du journal « L’Équipe » avec écrit dessus en gros caractères « le virus de la peur » (en écho sans doute du titre d’un film resté célèbre, « Le Salaire de la Peur »),

oui je me dis que demain et après demain, tout est possible… et même le pire, d’abord en matière d’épidémie mortifère et surtout quant à ses effets en termes de folies humaines…

Là encore, il suffit de voir sur grand écran un des films post-apocalyptiques pour s’en convaincre…

Au demeurant, et sachant que rien n’est jamais certain ni en matière du meilleur ni, bien sûr, en matière du pire, il n’est heureusement pas sûr que le pire arrivera… et que donc, telle l’épidémie de grippe saisonnière qui atteint son pic avant de régresser, …. après avoir fait, selon l’OMS, chaque année entre 300 000 et 600 000 morts dans le monde, ce qui n’empêche pas d’ailleurs beaucoup de celles et ceux qui le devraient de ne pas se faire vacciner prenant ainsi un risque que personnellement j’ai « le bons sens » de ne pas prendre.

Puisse la médiatisation du coronavirus nous rappeler « qu’un jour viendra où le pire arrivera » et qu’il nous faut donc, dès maintenant, ne pas délaisser, voire cesser de sacrifier nos hôpitaux publics, ne plus continuer à laisser s’aggraver une mondialisation débridée, cesser de refuser de voir les risques mortels du « laisser-faire, laisser-aller »,

somme toute, puisse « cette alerte » nous rappeler que l’espèce humaine joue « aux apprentis-sorciers »… et que ce n’est plus possible de continuer ainsi.

Et pour ce qui me concerne, de redire une nouvelle fois que la décennie qui commence est la dernière occasion dans tous les domaines (je dis bien dans tous les domaines) de prendre à tous les niveaux, les décisions nécessaires pour éviter « le commencement de la fin » dans les années 50/60 du 21ème siècle, des années certes hors de portée pour les gens de ma génération mais « les années de vie » pour nos enfants et petits-enfants.

C’est pourquoi, plus que jamais, malgré que mes 75 ans aient « sonné à l’horloge » (dixit Jean Gabin pour ses 60 ans), je suis là, je reste là, et je me battrai jusqu’à mon dernier souffle pour mes concitoyens, pour ma ville, pour mes valeurs, contre tous les dangers, avec le courage de ceux qui, comme moi, n’ont plus rien ni à gagner ni à perdre pour eux mêmes…

C’est cet esprit que j’ai retrouvé chez bon nombre d’acteurs des 50 ans de la nouvelle ville de Villeneuve d’Ascq ce mardi 25 février 2020 dans une « Rose des Vents » pleine de citoyens villeneuvois.

C’est cet esprit que je veux insuffler lors de chacune de nos réunions publiques comme ce vendredi 28 à la Maison des Genêts.

C’est pourquoi, je me bats pour en convaincre les Villeneuvois(es).

Malgré les coups de griffes, voire pire, de mes adversaires, soigneusement relayés par certain(s) média(s)… je dirai simplement en souriant : « même pas peur !»…

Les enjeux de la décennie à venir, les risques et les périls qui nous menacent, sont tels que celui que je prends d’être battu ne pèse rien face à eux.

La seule chose que je ne supporte pas, parce-que c’est nous tous qu’ils affaiblissent en s’y prêtant, ce sont de la part de mes adversaires, des contre-vérités, des méconnaissances de ce dont ils parlent, des petites phrases assassines, des médiocres manœuvres politiciennes.

Quand certains, faute d’idées et de projets ont pour slogan « faire cesser la monarchie municipale » et que d’autres m’accusent de vouloir brader ma ville alors qu’ils (elles) ont bradé leur parti et leurs idées,

je ressens de la peine mais pas de crainte, car c’est le signe de leur part d’une incapacité à proposer mieux que ce que j’ai fait avec mes équipes et tous les Villeneuvois(es) et moins que ce que je propose de faire encore durant les 6 prochaines années.

Pour moi, à l’instar de Georges Bernanos :

« On ne subit pas l’avenir, on le fait »,

et pour cela il faut, comme l’a écrit Albert Camus, savoir et vouloir que :

« La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent ».

Qui peut nier que c’est ce que j’ai toujours fait envers et contre tout… et malgré les « blessures de la vie » ?

  • PS : Ah oui, c’est vrai j’allais oublier : Samedi, lors d’un Conseil des Ministres spécialement réuni, nous avaient-ils dit, pour discuter de la crise du coronavirus et de ses conséquences, le Premier Ministre « a dégainé son 49.3 »  grâce auquel  la retraite par point va supprimer le système actuel de retraite (née de la Résistance) sans vote de l’Assemblée Nationale alors que plus de 70% des Françaises et des Français sont contre ce coup porté à notre système basé sur la solidarité.

C’est du jamais vu pour une question aussi importante… sinon vitale, et c’est une manœuvre d’une médiocrité incommensurable qui devrait interpeller celle(s) (suivez mon regard) et ceux, venus des LR et du PS, qui s’y opposaient il y a quelques semaines ou quelques mois encore….

Nul besoin pour moi de les « qualifier ».

Les citoyen(ne)s électrices et électeurs s’en chargeront sans doute bientôt.

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