Carnet n° 558 du 10 juin 2019

2020 – 2030 – 2060 : une humanité à l’image des « trois singes »

J’avais, ce lundi 10 juin 2019, après une semaine à la fois marquée par le 75ème anniversaire de juin 1944 et par une accélération en France de médiocres manœuvres « politicardes » qui n’honorent pas la politique et les politiciens qui s’y prêtent,

j’avais, disais-je, toutes les raisons, y compris personnelles, d’ouvrir mon 558ème carnet par des cris quasiment de douleurs face à des attitudes indignes de leurs auteurs et complices.

J’ai choisi de penser et de dire « plus grave encore » en titrant sur 3 dates : 2020, 2030, 2060 et sur l’image « des 3 singes »,

sachant que si bien sûr les manœuvres « politicardes », dont je dirai quand même quelques mots plus tard en ce carnet, si elles nous mènent tout droit à une dictature en France « à la Bolsonaro brésilienne » sans doute pire qu’à la « Le Pen », les 4 décennies qui nous séparent de 2060 nous mènent droit « au commencement de la fin de l’espèce humaine dans sa forme actuelle », 4 décennies précédées d’une première « 2020 – 2030 » durant laquelle si rien n’est fait, l’échéance 2060 sera inéluctable.

Yves Cochet, un écologiste que j’ai connu, à l’instar de nombreux scientifiques, vient, lui aussi, de nous le rappeler il y a quelques heures.

On n’est plus sur des horizons de fin de 21ème siècle et encore moins de 22ème siècle et si même l’horizon 2050 – 2060 n’est, bien sûr, plus celui de ma génération, il correspond à un moment où nos enfants et nos petits enfants n’auront, pour la plupart, même pas encore l’âge que j’ai personnellement aujourd’hui.

Aujourd’hui donc il nous reste, au grand maximum, 10 ans pour prendre résolument des décisions difficiles certes impopulaires mais absolument vitales si on veut éviter « la catastrophe finale ».

Malheureusement, dans l’humanité d’aujourd’hui, ses dirigeants qui n’ont en tête que leurs prochaines échéances électorales et les magouilles à faire pour en sortir vainqueurs sont bien à l’image des « trois singes », dans leurs dimensions et sens actuels, avec, pour l’un, les 2 mains sur les yeux pour ne rien voir, pour l’autre, les 2 mains sur les oreilles pour ne rien entendre et pour le 3ème , les mains sur la bouche pour ne rien dire… et donc finalement pour les trois, les mains ainsi occupées pour ne rien pouvoir faire d’autre…

(Et c’est à l’image de la société d’aujourd’hui où les 3 singes n’ont plus rien à voir avec le symbole de sagesse des entretiens de « Confucius en 479 av.J.C » où, pour lui avec ses 3 singes, il s’agissait de ne pas voir le mal, ne pas l’entendre et ne pas le dire).

C’est d’ailleurs d’abord cette conscience de l’urgence pour l’avenir de l’espèce humaine, (et donc de nos enfants), d’agir encore (et plus vite surtout) qui m’a conduit le 4 février 2019 à annoncer que je continuerai à me battre tant que j’en aurai la force et les moyens à Villeneuve d’Ascq et à la MEL.

Le problème pour moi dans la vie politique est que « la soumission » a remplacé l’esprit de rassemblement, la menace a pris la place du dialogue et du respect, la liberté pour chacun d’être libre est « radiée », et il faut, à tous les niveaux, choisir entre se soumettre, se laisser acheter… ou se faire éliminer.

L’appel des 72 élus et Maires de droite à rejoindre M. Macron, publié ce week-end, en est le dernier exemple avec, dans la Métropole Lilloise, les noms des Maires de Roubaix et de Wattrelos qui rejoignent officiellement le Ministre Darmanin sur sa route à la Présidence de la MEL où seuls « 2 cailloux » subsistent encore, un gros avec Lille et un petit avec Villeneuve d’Ascq ….

On connaît les difficultés de Martine Aubry et du PS à Lille.

Je connais les manœuvres à mon encontre et les probabilités, si j’annonçais une décision de non-candidature de ma part, de voir les droites aidées ou non par les Verts au second tour de mars 2020 conquérir Villeneuve d’Ascq.

Certes, cela ne me serait pas indifférent (qui peut en douter ?) mais, pour moi, cela ne peut plus se placer sur le même plan que l’arrivée possible à l’Élysée en 2022 ou en 2028 d’un « Bolsonaro à la française » suivie d’un monde en 2050 /2060 à l’image d’un monde décrit par Richard Fletcher en 1973 dans son film « Soleil vert ».

Les commémorations du débarquement en Normandie, la rediffusion du film « Il faut sauver le soldat Ryan » et les 75 ans de l’horrible massacre d’Oradour-sur-Glane par la division SS Das Reich de 642 femmes, enfants et hommes en ce 10 juin 1944, auraient pu enlever les mains des yeux, des oreilles et des bouches « des 3 singes »…

On s’est contenté, au moins pour ce qui est du débarquement, de belles images et de quelques symboles davantage destinés à valoriser les « commémorants d’aujourd’hui » qu’à prévenir le monde et l’humanité des retours possibles et de leurs fragilités pour demain… sans oublier une « polémique » sur le rôle de l’URSS à la même époque qui a connu le plus de victimes durant cette guerre (21 millions de morts) dans la défense de son territoire face à une attaque allemande déclenchée le 22 juin 1941 malgré le « pacte germano-soviétique » signé à Moscou le 23 Août 1939 entre V. Molotov et J. Von Ribbentrop en présence de Joseph Staline…

C’est Georges Orwel qui a écrit dans son roman « 1984 » : « La dictature s’épanouit sur le terrain de l’ignorance », une ignorance à laquelle j’ajouterai, du fait de mon expérience d’élu, « la bêtise, l’égoïsme et la disparition de tout bon sens ».

La disparition de l’espèce humaine dans sa forme actuelle est d’ores et déjà programmée (avec « le début de la fin » sans doute dans une quarantaine d’années) si rien n’est fait dans la décennie à venir avec des risques d’aggravation et d’accélération, fruits de populismes et de dictatures que l’on voit déjà poindre un peu partout dans le monde sans oublier les intégrismes religieux qui en découlent…

C’est pourquoi, dans la décennie à venir, il nous faudra faire de nos villes des villes nourricières, retrouver le rythme des saisons et des proximités, interdire des vols aériens de courtes distances et les pollutions des « monstres de la mer », retrouver le sens de vies simples où on cesse de gaspiller, de consommer davantage que ce qui est produit et de produire plus que ce que notre planète peut produire….sans dégâts.

C’est un rêve me dira-t-on ? C’est pourtant ainsi que l’on vivait il y a moins d’un siècle et que j’ai vécu durant les 10/15 premières années de ma vie entre 1945 et 1960.

De toute façon, ce sera cela où le néant !

On imagine le nombre de puissances et d’appareils politiques, économiques, financiers et religieux que je peux gêner avec de tels propos, et même si mon « pouvoir de persuasion », voire de « nuisance », est bien modeste au regard du leur, à quel point ils soupireraient de plaisir de me voir « disparaître des écrans radars » de la vie publique.

D’où mes angoisses, mes questions et mes doutes, mais aussi mon amour de la vie et mon souci de l’avenir des être chers et des amis qui m’entourent…, avec en tête ces paroles d’un grand britannique s’il en fut (même s’il n’en fut pas récompensé) Sir Winston Churchill :

« Ceux qui ne changent jamais d’avis ne changent jamais rien… ».

Ce week-end encore, j’ai vécu une vie villeneuvoise bouillonnante malgré une météo quelque peu « humide et venteuse » entre manifestations scolaires, compétitions d’athlétisme, compétitions diverses sportives, 2000 enfants au Stadium en rugby, un gala de danse à Concorde, deux braderies, des portes ouvertes, le tournoi international des U 15 de l’US Ascq, Asnapio et les Gaulois, les dimanches féériques de la Ferme d’en Haut, le week-end de Quanta, festif et naturel, près du lac du Héron, sans oublier bien sûr le championnat de France de Foot Fauteuil au Palacium, un moment ineffable…

Oui, ça c’est Villeneuve d’Ascq !

Villeneuve d’Ascq, une ville en mouvement !

Puissent celles et ceux qui seront élu(e)s en mars 2020 ne jamais l’oublier, ne jamais oublier la dimension nature, verte et en même temps innovante, festive, éducative de notre ville, y compris si parmi ces élu(e)s il en est (et j’en connais qui ne manquent pas d’ambitions personnelles) que je n’ai jamais rencontrés dans aucun des ces lieux de la vie villeneuvoise durant ce dernier mandat 2014 / 2020 et pour certain(e)s durant les mandats précédents.

Une chose est d’être désigné(e) comme « vassal », une autre d’être élu(e) par addition de calculs, de stratégies et d’éliminations « d’obstacles »…

Mais une chose, la principale enfin, qui peut n’avoir rien de commun avec les deux premières, que d’être le ou la Maire de tous, à côté et au contact de toutes et tous, chaque jour, chaque heure même…

Cela est, bien sûr, une autre histoire !

C’est peut-être « l’ancien monde »…, sûrement pas le nouveau monde.

Mais cet ancien monde et ses valeurs fut, est et restera toujours le mien quoiqu’il m’en a coûté, quoiqu’il m’en coûte et quoiqu’il m’en coûtera.

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