1er mai : Mon intervention lors de la remise des médailles du travail

Mesdames, Messieurs, Mes chers concitoyens,

Il me revient une fois encore l’honneur en ouverture de cette cérémonie en ce jour de 1er mai 2019, en tant que Maire représentant de tous les Villeneuvois, de vous souhaiter la bienvenue ici à l’Espace Concorde, en mon nom personnel et au nom de notre Conseil Municipal dont les membres siègent à mes côtés et que je veux citer :

Vous me permettrez d’ajouter que c’est pour moi, comme chaque année depuis maintenant des décennies, en ce 1er mai 2019, un réel plaisir toujours assorti d’une réelle émotion.

Bien entendu, si je ne veux oublier personne dans ces mots d’accueil, on comprendra que je m’adresse d’abord, et plus particulièrement, à celles et à ceux d’entre vous qui, dans quelques minutes, seront mis à l’honneur par l’attribution d’une Médaille du Travail avec l’appel de 51 récipiendaires échelon argent, 38 récipiendaires échelon vermeil, 47 récipiendaires échelon or et 28 récipiendaires échelon grand or.

C’est donc à ces 164 récipiendaires invités, sachant qu’un certain nombre d’entre eux sont ou seront excusés, que je veux tout naturellement m’adresser en premier, tout en remerciant celles et ceux de leurs familles, de leurs amis et de leurs collègues qui ont bien voulu les accompagner en ce matin de 1er mai.

Mesdames, Messieurs les Médaillés du Travail, je vais donc avoir aujourd’hui l’honneur et le plaisir de vous remettre au nom du Gouvernement Français une médaille officielle qui honore une période qui va de 20 ans à plus de 40 ans de travail.

Pour certains d’entre vous, cette décoration coïncide plus ou moins avec le terme de votre vie professionnelle.

Pour d’autres, la vie de travail continuera après cette distinction.

Aux premiers, je souhaite donc très chaleureusement une retraite heureuse et surtout je vous souhaite que cette retraite constitue une nouvelle et belle étape dans vos vies de femmes et d’hommes.

Aux autres, je souhaite tout aussi sincèrement un environnement professionnel qui reconnaisse le travail accompli et qui vous donne la possibilité de vous réaliser dans ce cadre… et c’est peu dire en cette période de bouleversements économiques, sociaux et sociétaux.

A toutes et à tous enfin, je souhaite surtout que cette journée de 1er mai soit une occasion de vous réjouir et si possible de faire la fête.

Un certain nombre d’entre vous sont venus ce matin accompagnés de leurs familles et amis.

D’autres se retrouveront sans doute ailleurs et à un autre moment pour fêter cette distinction qui va leur être remise.

Somme toute, si cette médaille est aussi l’occasion pour quelques uns de vos proches de vous manifester leur sympathie et leur amitié, elle sera encore plus agréable à recevoir.

Au demeurant, si vous fêterez cette distinction de manière différente les uns et les autres, c’est aussi parce que vous l’aurez reçue différemment et considérée différemment, selon votre passé professionnel, selon votre propre conception de la vie au travail ou tout simplement selon votre conception de la vie.

C’est aussi cela « la » et « votre » richesse humaine, cette diversité qui vous caractérise, une diversité qui, rassemblée, forme notre société Française et donc la Nation Française dont je veux redire toute l’importance en cette période de doutes que nous vivons…

Je vous adresse donc Mesdames, Messieurs, mes chers concitoyens, très simplement, à toutes et à tous, collectivement d’abord avant de le faire individuellement, mes plus vives, mes plus sincères, mes plus amicales et mes plus chaleureuses félicitations.

Voilà, l’essentiel en cet instant pourrait avoir été dit mais on m’autorisera, comme chaque année, d’ajouter que la cérémonie de ce matin est aussi l’occasion à Villeneuve d’Ascq de célébrer le 1er mai, la fête du travail, la fête des travailleurs, autrement dit votre et notre fête ici à l’Espace Concorde avant de le faire à partir de midi dans plusieurs quartiers et équipements.

En effet, dans la longue liste des fêtes et des manifestations qui jalonnent notre calendrier, celle du 1er mai est particulière.

Car d’abord, et je le répète chaque année, une question mérite toujours d’être posée : Faut-il, doit-on, ou peut-on fêter le travail ?

Il n’est pas besoin de remonter très loin dans le passé ni de regarder très loin de nous aujourd’hui pour constater que, pour beaucoup de salariés, le travail, c’est aussi une source de difficultés, voire de souffrances physiques ou morales.

Et en même temps, nous savons tous que pour beaucoup de nos concitoyens, la première angoisse, la première source de difficultés et la première souffrance, c’est bien soit l’absence de travail, soit la peur de le perdre, pour soi- même ou pour un(e) de ses proches.

Individuellement comme collectivement dans notre société, le chômage est un problème qui est à la source de beaucoup d’autres problèmes.

C’est dire s’il nous faut en 2019 encore quand ce chômage reste à un niveau très élevé quand on additionne toutes ses catégories sans « jouer » avec des chiffres et des pourcentages parfois discutables, oui, c’est dire s’il nous faut toujours considérer comme vitale la bataille pour l’emploi mais aussi, pour un emploi durable, correctement rémunéré, qui permette à chacune et à chacun de vivre et d’avoir des projets.

C’est dire s’il nous faut en 2019 encore, nous battre contre le chômage et la précarisation du travail et ce, par tous les moyens, en utilisant toutes les techniques, toutes les actions et en mobilisant toutes les énergies humaines.

C’est l’affaire du monde politique, c’est l’affaire du monde économique, c’est l’affaire des Associations qui agissent dans le domaine de la formation et dans celui de l’insertion, c’est l’affaire des administrations, de Pôle Emploi, de l’association ADéLIE et c’est bien sûr l’affaire des travailleurs eux-mêmes et de leurs organisations syndicales.

Mesdames, Messieurs, Mes chers concitoyens,

Je sais combien peut sembler vain aux yeux de certaines et de certains d’entre-vous cet appel récurrent à lutter contre le chômage et pour l’emploi.

Mais aujourd’hui encore, à l’heure du désespoir pour tant de nos concitoyens et d’angoisses pour l’avenir chez tant d’autres, qu’ils soient jeunes en première recherche ou plus âgés quand le terme de « séniors » les en éloigne toujours davantage, peut-on rester muet en la matière un jour de 1er mai ?

Je sais bien sûr que rien n’est ni simple, ni facile.
Je le dis et je l’ai redis tout au long de mes années de mandat d’élu, en particulier de Maire.

Mais je sais aussi que le premier danger sera toujours d’en venir à accepter le chômage comme une donnée incontournable, presque acceptable de notre société.
Je sais aussi que l’emploi salarié reste toujours considéré par beaucoup de dirigeants comme une « charge » et ce que certains appellent « une variable d’ajustement » alors que c’est le travail salarié qui crée des richesses dont ces mêmes dirigeants sont les premiers bénéficiaires (et la formule est faible).

Accepter de telles idées et propos concernant le travail et les salariés, des idées et des propos que l’on ne cesse d’entendre dans les milieux économiques et dans certaines sphères politiques, serait accepter une société sans espoir pour les moins jeunes et sans avenir pour les plus jeunes avec, d’un côté, des très riches et des très puissants toujours plus riches et toujours plus puissants et, de l’autre, une misère quotidienne qui frappe des millions de nos concitoyens de tous âges.
Je le répète tous les ans, quelque soit le gouvernement en place… et tous les ans, c’est de plus en plus vrai quelques soient les discours de ceux que j’appelle avec un rien de dérision « les princes qui nous gouvernent ».

Mesdames, Messieurs, Mes chers concitoyens.

Le 1er mai, c’est enfin pour nous, l’occasion de repenser durant quelques instants à cette longue marche des travailleurs pour conquérir leurs droits.

Si nous ne sommes pas ici dans une commémoration historique, il nous appartient de mesurer combien d’obstacles il a fallu surmonter, combien de luttes il a fallu mener pour faire sortir le monde ouvrier du « non droit » et pour lui faire acquérir et conserver, la dignité de ses droits.

C’est bien une raison de plus de ne jamais l’oublier, de se méfier de certaines idées à la mode et de refuser ce qui pourrait remettre en cause ces droits si chèrement acquis par les générations qui nous ont précédé.

Au moment où nous sommes réunis pour fêter celles et ceux d’entre vous qui se voient remettre une Médaille du Travail, nous devons avoir ce moment de réflexion pour mesurer l’ampleur de cette marche vers plus de justice mais aussi pour en rappeler la fragilité quand ceux qui ne l’ont jamais accepté avancent sans jamais s’arrêter pour remettre en cause les droits acquis par ces luttes.

J’ose espérer qu’en ce 1er mai 2019 nous puiserons, dans nos mémoires, de la détermination pour poursuivre, chacun à notre place, selon nos propres conceptions philosophiques ou politiques, le seul combat qui vaille, le combat pour une société plus juste, plus fraternelle et surtout plus humaine.

Mesdames, Messieurs les récipiendaires,

en vous renouvelant, pour conclure, mes sincères, cordiales, amicales et chaleureuses félicitations,

en vous redisant le plaisir et l’honneur de vous remettre maintenant individuellement votre distinction devant vos familles et vos amis, je terminerai par ces simples mots :

VIVE LE PREMIER MAI !

Gérard Caudron
Maire de Villeneuve d’Ascq
Le 1er mai 2019

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