Carnet n° 538 du 21 janvier 2019

« Des vœux et des galettes comme s’il en pleuvait… »

Si la date du 21 janvier évoque encore chez certains « extrémistes » de la pensée Républicaine l’exécution en 1793, il y a donc 226 ans, du Roi Louis XVI, elle est, aujourd’hui, pour moi, la date de clôture d’une deuxième semaine où, selon une tradition de « l’ancien monde », se sont multipliées par dizaines des cérémonies et des occasions d’échanges de vœux collectifs, de partages de galettes, à raison de plusieurs par jour pour ce qui me concerne, sans oublier la poursuite des échanges individuels de vœux et les galettes partagées entre amis …

Si c’est parfois « un peu lourd (dans tous les sens du terme) à gérer » sinon à digérer, j’avoue toujours mon plaisir lors de ces contacts citoyens faits de sourires, de convivialité, de promesses d’amitiés et de souhaits d’une meilleure année possible pour chacune et pour chacun.

J’en avais, on s’en souvient, été largement privé en janvier 2018 et ce fut donc pour moi une raison de plus de mieux les apprécier encore, moi qui les vis ainsi à Villeneuve d’Ascq depuis plus de 4 décennies.

Dans les mairies, dans les associations, dans les entreprises mais aussi sur l’espace public, dans les commerces et autres lieux de vie, sans oublier lors de rencontre familiales en contacts directs, par sms ou par mails,

toutes les occasions sont bonnes depuis le 1er janvier, et donc depuis 3 semaines déjà avant une quatrième, de se dire, et finalement souvent sincèrement, des choses aimables….

« Cerise sur le gâteau » cette année, après 10 samedis de manifestations à travers le pays sous le signe des « gilets jaunes » toujours nombreux et légitimement exigeants, notre Président de la République a repris, sous le « cachet » du « Grand Débat National », une campagne aux senteurs électorales, comme il les aime et comme il sait le faire avec une habileté qu’on ne peut nier.

Devant deux salles bien ordonnées, avec des prises de paroles soigneusement organisées, des centaines de Maires, pour beaucoup fiers de se voir à nouveau « estimés » après avoir été ignorés (comme au moment du congrès des Maires), voire brocardés et méprisés, des dizaines de Maires ont pu poser des questions, souvent en forme de vœux avant que le Président ne leur distribue de petits morceaux de galettes, assorties de promesses de quelques fèves… d’ici 2 ou 3 mois…

Sur les écrans de nos télévisions « à jets continus », on a pu les voir ceints fièrement de leurs écharpes « bien repassées », de l’épaule droite à la ceinture gauche, (comme cela se fait depuis 1830 tandis que de rares autres, comme moi, préfèrent continuer à la porter à la ceinture)…

« Du beau spectacle » (« de la belle ouvrage ») comme on disait sous Louis XIV), destiné à faire oublier les citoyens en colère qui manifestent dans nos rues et les messages virulents écrits sur les « cahiers de doléances » sur papier ou par internet au nombre de plus d’une centaine déjà à Villeneuve d’Ascq.

« Du beau spectacle » et « de la belle ouvrage », disais-je…, mais sans grands résultats prévisibles concrets, sans demandes de salles pour rencontrer les citoyens de la part de l’État et de ses représentants… ni la moindre promesse de changements de politiques sinon sur les 80 km/h « en certains endroits »…

On peut le craindre (oui pour mes concitoyens et mon pays, je le répète « on peut le craindre ») « plus dure sera la chute » plus on s’élève, plus dure sera la chute !

Monsieur Macron candidat et élu il y a 18 mois a déjà connu cela depuis 8 mois.

Je crains qu’en février et mars, il n’en fasse à nouveau la douloureuse expérience.

Dans nos villes comme au niveau de l’État, comme à celui de l’Europe (on le verra en mai prochain) les promesses, les bonnes paroles et les effets de lumières ne suffisent plus… surtout quand le Président ne peut s’empêcher de sortir des « petites phrases assassines » méprisantes, voire pire comme il les a multipliées sur les chômeurs, les jeunes, les retraités, les salariés, les femmes etc… avec dernièrement celle sur « les personnes en difficultés qui déconnent ».

Comme l’a dit en réponse M. Robert de la Fondation Abbé Pierre : « Maladresse ou pas, ça fait mal et en plus cela n’est pas le reflet de ce que nous voyons tous les jours ».

Non vraiment, « Un Président ne devrait pas dire cela » comme l’indiquait, en sous-titre, un ouvrage qui a conduit M. Hollande à sa chute sans avoir même eu le moyen d’essayer de remonter…

Dans ce contexte « délétère », un mot qui vient du mot grec « destructeur » et qui se réfère à ce qui est toxique et mortel, un contexte fait de scandales, d’injustices, d’arrogances, de mensonges et de violences,

heureusement qu’il nous reste nos villes, leurs citoyens, nos projets, nos actions, nos rêves même… et les discours de vœux des maires dans leurs diversités en sont de parfaites illustrations.

A Villeneuve d’Ascq, une Ville en mouvement et une Ville en pointe dans le domaine économique, une démarche structurera nos actions à venir en s’appuyant sur de solides bases construites depuis des décennies : « Villeneuve d’Ascq, Ville nature » avec ses, près de, 1000 hectares d’espaces naturels, parcs, lacs, forêts, terres agricoles, espaces verts, etc…, ses 260 000 arbres sur le domaine public, ses cultures qui se multiplient un peu partout, jardins familiaux, jardins privés ou collectifs, « incroyables comestibles » avec tous les légumes de saisons… etc. etc.

Villeneuve d’Ascq, Ville en mouvement, Ville universitaire, Ville de l’innovation, Ville des mixités, Ville des solidarités, Ville nature et je l’espère d’ici 10 ans « Ville nourricière ».

On le voit, j’ai plein d’envies, plein de rêves, plein d’enthousiasmes, plein d’énergie. Il me faut maintenant avoir les garanties nécessaires en terme de rassemblement… j’y travaille… mais ce n’est pas gagné.

Il me faut aussi d’ici mai prochain prendre ma part pour éviter que l’Union Européenne n’éclate ce qui nous ferait reculer d’un siècle, une régression, elle aussi, mortifère !

Face à tout cela, avec tout cela, on comprendra mon envie d’être toujours « à la hauteur » mais aussi mes doutes, mes incertitudes et mes questionnements avec le temps et avec mon temps… qui passent.

Et même si Erik Dickinson a pu dire :

« Nous ne vieillissons pas d’une année sur l’autre, nous nous renouvelons chaque jour »,

ce n’est pas si simple…

Alors comme l’a dit Jean Jaurès,

« Il ne faut (malgré tout) n’avoir aucun regret pour le passé… et avoir une confiance inébranlable pour l’avenir »,

et à l’instar de Sir Winston Churchill, être convaincu

qu’ « Il n’y a qu’une réponse à la défaite, et c’est la victoire ».

C’est beaucoup plus modestement que je terminerai ce 538ème carnet de mon blog (qui a passé les 3 100 000 connexions) avec une citation de Bernard Werber :

« L’important n’est pas de convaincre, mais de donner à réfléchir »

J’espère au moins… que j’y arrive… et que je continuerai « quoi qu’il en sera »… à y arriver.

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