Carnet n° 533 du 17 Décembre 2018

« Somme toute, il existe six sortes de violences »

Cette fin d’année 2018 nous aura durement montré à travers toute la France, à la veille des fêtes de Noël pourtant généralement plus propices à de la joie et à de la sérénité, qu’il existait bien des formes multiples de violences qui n’attendaient qu’un déclic pour éclater et se propager tel un incendie estival.

J’en avais déjà fait le titre de mon 532ème carnet de lundi, dernier 10 décembre en forme de question.

J’y avais rajouté, dès le 12 décembre, une citation de Don Helder Camara, un célèbre évêque brésilien.

Je les compléterai, aujourd’hui 17 décembre, pour arriver à un total de 6 sortes de violences  en espérant que cette prise de conscience nous conduira à mieux comprendre qu’on ne peut éliminer certaines sans tout faire pour éliminer chacune d’entre elles afin de les éliminer toutes…

C’est en effet avec un courage peu commun pour un évêque que Don Helder Camara avait écrit qu’il y avait 3 sortes de violences :

  1. la violence institutionnelle qui écrase et lamine des millions (et des milliards) d’êtres humains,
  2. la violence révolutionnaire qui dit (ou croit) vouloir abolir la première,
  3. la violence répressive qui fait tout pour étouffer la deuxième,

ajoutant avec plus que du courage qu’ « Il n’y a pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde ».

Les événements qui se sont déroulés depuis plusieurs semaines nous ont aussi rappelé qu’il existait, mêlées à ces 3 sortes de violences, au moins trois autres sortes :

  1. la violence terroriste
  2. la violence crapuleuse
  3. la violence gratuite,

qui, encore plus que les 3 premières, se conjuguent entre elles et se mélangent aux autres…

Leurs causes respectives ont des points communs, même si elles sont heureusement, largement différentes, tout en ayant des mécanismes d’agrégation indéniables.

Le mouvement des gilets jaunes tire l’essentiel de ses causes dans la « violence institutionnelle » sans pour autant être vraiment « révolutionnaire » ce qui a heureusement limité la « violence répressive ».

Au demeurant, s’y sont rapidement agrégées des violences crapuleuses de pillages, gratuites de casses de mobiliers, vitrines et voitures, et, cette semaine à Strasbourg, d’un épisode terroriste qui nous a fait revivre nos pires cauchemars.

Celles et ceux qui voudraient croire, se persuader et nous persuader qu’il a suffi d’une intervention télévisée du Président de la République assortie de promesses plus ou moins lourdement chiffrées pour les effacer se trompent…

Certes, la fatigue et la météo sans oublier les risques rappelés de terrorisme ont fait régresser l’ampleur et donc la violence des actions mais les vers sont dans le fruit qui ont pour noms « capitalisme débridé », « inégalités », « injustices », « mal de vivre », « loi des plus forts », « arrogance des dirigeants » et « vanité des très riches ».

Nul doute que le mouvement des gilets jaunes ne restera pas sans suite dans les rues et dans les urnes d’autant plus que « la macronie » a tout fait, depuis un an et demi, pour éliminer les corps intermédiaires, se retrouvant ainsi seule face à la rue et devant céder sans négociations ni même contreparties de paix sociale et sociétale revenues…

Et, en tant que Maire, je dis au Président Macron, avec le respect qui lui est dû, qu’il n’est pas question pour nous de nous substituer à lui pour encadrer « un débat national » après qu’il nous ait décrédibilisés et privés de moyens et de droits pour répondre à la légitime colère d’un très grand nombre de nos concitoyens.

  • C’est avant qu’il fallait nous écouter et nous respecter !
  • C’est avant qu’il fallait « donner du grain à moudre » aux organisations syndicales !
  • C’est avant qu’il ne fallait pas miner le tissu associatif en lui enlevant subventions et emplois aidés pourtant vitaux pour permettre le bénévolat !

J’ai redis cela aux aînés villeneuvois dans mes interventions lors des trois goûters de Noël de vendredi, samedi et dimanche, en rappelant que la retraite est un droit acquis par le travail et pas une aide sociale, que les retraités aident de plus en plus leurs enfants et petits enfants, qu’ils constituent le noyau dur de la vie associative, et donc qu’ainsi, en « rajoutant de la vie aux années », en faisant en sorte que chacun(e) reste quel que soit son âge « un(e) citoyen(ne) à part entière » on ajoute à tous les niveaux des actions militantes et sociétales que l’État sera toujours incapable d’assumer.

De tous les pouvoirs que j’ai connu depuis 60 ans, je n’en ai jamais connu un aussi sourd et aveugle que celui d’aujourd’hui.« Quelque part », on peut dire que son quinquennat est déjà terminé même s’il dure jusqu’en 2022.

Le pire c’est qu’il va entraîner l’Europe dans sa chute, au moins en France lors des élections européennes de mai 2019.

Nous n’avions vraiment pas besoin de cela mais, je le dis depuis plusieurs mois, voilà ce qui arrive quand on conjugue amateurisme et arrogance, qu’on ignore les corps intermédiaires et quand on ne connaît pas les réalités de terrain faute, à l’Élysée comme à l’Assemblée Nationale, de savoir même ce qu’est un mandat local que l’on traite, de ce fait, avec mépris faute d’avoir jamais été capable de l’exercer, n’est-ce-pas M. Macron ? ex SG adjoint à l’Élysée après avoir « conseillé » M. Hollande et avant d’avoir été son ministre de l’économie jusqu’en 2016… (ce qui, au moins, devrait l’amener à reconnaître ses responsabilités dans les problèmes auxquels il est confronté).

Mais comme le disait avec humour ma grand-mère avec une formule qui ne vise, bien sûr, personne en particulier et surtout pas les élites au pouvoir (« je vous en fais serment ») :

« On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif »…

Je pense quand même pour avoir vu à la télé, le 10 décembre au soir, M. le Président Macron confit devant son prompteur, que ce qui lui arrive l’aura touché et que peut être il comprendra ce que les Français attendent de lui.

En attendant, je vais poursuivre ma tâche de Maire et d’élu de la Métropole européenne de Lille en termes de dossiers, de services publics et d’actions en faveur de mes concitoyens… en étant toujours à l’écoute et le plus réactif possible.

Certes l’approche des élections municipales et métropolitaines de mars 2020 commence à « tendre les situations », en particulier à la MEL, (on l’a vu vendredi dernier).

C’est aussi le cas dans un bon nombre de communes.

C’est moins vrai à Villeneuve d’Ascq dans l’attente sans doute de ma décision qui sera annoncée le 27 février prochain et je l’espère grâce à mes messages d’appel au Rassemblement dépassant les limites « des appareils partisans » (pour ce qu’il en reste…)

Je le redis une fois encore : dans le respect et le cadre de mes valeurs Républicaines de Liberté, d’Égalité, de Fraternité et de Laïcité où que je sois et où que je serai mon choix a été et restera ma ville de Villeneuve d’Ascq au cœur de la Métropole Lilloise et de ses habitants !

C’est sans doute « banal » pour certaines et certains mais cela restera le combat de ma vie, un combat auquel, personne ne peut le nier, j’aurai consacré l’essentiel de ma vie publique sans jamais me renier.

Comme l’a dit Jean Louis Barrault

« La liberté, c’est la faculté de choisir ses contraintes »

(sinon vraiment toujours le reste…)

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