Carnet n° 508 du 25 juin 2018

« Le dos au mur »…

Le sentiment que beaucoup de citoyens ressentent aujourd’hui quand ils observent la situation dans notre pays mais aussi en Europe ainsi que dans le monde et si surtout ils ne veulent pas l’accepter sans agir ni réagir, m’a fait repenser, en ce lundi 25 juin 2018, à cette citation de François Mitterrand adressée à ses amis politiques, une citation réapparue ces derniers jours sur facebook, des paroles et des mots qui doivent dater de 1993 après la défaite des socialistes aux élections législatives et le retour de la droite au gouvernement :

« Ils s’en prendront à nos retraites, à la santé, à la sécurité sociale, car ceux qui possèdent beaucoup veulent toujours posséder plus. Vous vous battrez le dos au mur ! »

 

Vingt cinq ans plus tard, ces paroles en écho peut-être aussi à ses derniers vœux présidentiels du 31 décembre 1994 à la fin desquels il nous disait : « je crois aux forces de l’esprit et je ne vous quitterai pas » me font penser aujourd’hui que s’il nous a quitté, « les forces de l’esprit », quant à elles, sont bien là qui s’impriment dans le temps à travers les générations et les responsables qui les incarnent et qui les représentent.

En ce début d’été 2018, il n’est pas exagéré de dire que, quels que soient les domaines et quels que soient les lieux, nous vivons et, pour certain(e)s dont je suis, nous nous battons « le dos au mur » !

« Le dos au mur » pour celles et ceux qui, en France aujourd’hui, se battent contre des politiques, des attitudes, des déclarations et des décisions pour lesquelles ils ne pensaient pas voter en votant pour M. Macron contre M. Fillion d’abord et Mme Le Pen ensuite (je parle de celles et ceux qui n’en ont pas tiré de « bénéfices » en termes de mandats ou de postes ministériels).

« Dos au mur », face aux attaques que subissent les services publics, les salariés, une majorité de retraités, les associations, les collectivités locales et tous les « intermédiaires » qui, semble-t-il, gênent « les élites parisiennes » (ou soi-disant telles) qui n’en finissent pas de pratiquer « un grattage » sur les plus pauvres, sur les moins pauvres et sur les classes moyennes, pour compenser les cadeaux dispendieux  faits aux riches et aux très riches…

« Dos au mur » qui provoque des réactions de plus en plus virulentes, depuis ces paroles de Philippe Rio Maire de Grigny : « Emmanuel Macron a balayé la réconciliation sociale avec mépris et arrogance » jusqu’à Xavier Bertrand en personne, déclarant que le pouvoir « ne parle plus aux classes moyennes »,

ce qui conduit le journal « Le Monde » à titrer, après les paroles présidentielles sur « le pognon de dingue » consacré au social,

« Social : Macron se refuse à tout changement de cap » 

Résultat, en 2018 la croissance économique « marque le pas » passant de 2,3 % en 2017 à 1,7% prévu en 2018.

« Dos au mur » donc aujourd’hui en France, mais aussi « dos au mur » en Europe face à elle-même et à ses vieux démons.

Oubliant les drames du 20 ème siècle et les dizaines de millions de morts provoqués par les droites extrêmes, fascistes, nazis et leurs complices, l’Europe, dont l’Union nous a pourtant permis 73 ans de Paix, « retrouve ses vieux démons », à l’Est mais aussi en Italie et un peu partout quand on voit les scores électoraux des partis d’extrême droite… sans oublier l’Autriche et son alliance droite / extrême droite qui en présidant le Conseil des Ministres Européens nous mènera aux élections européennes de juin 2019, des élections qui peuvent faire entrer au Parlement Européen sinon une majorité d’anti européens, au moins une très large minorité composée d’adversaires de l’Europe.

L’Européen militant que je suis toujours (et le Député européen que j’ai été) s’angoisse de risquer de ne pouvoir exprimer en juin 2019 un choix européen affirmé pour « une Europe refondée et forte » à travers des listes de battus recyclés, de socialistes convertis au macronisme ou de proches du pouvoir non encore récompensés… et ce face à des listes nationalistes et extrêmistes.

« Delors réveilles toi, ils sont devenus fous ! »

Ah si j’avais quelques années de moins  (ce qui est malheureusement impossible) et cela même si j’ai encore l’énergie nécessaire que pourraient m’envier des plus jeunes à Strasbourg, Bruxelles comme à Villeneuve d’Ascq….

« Dos au mur » en France et en Europe mais aussi « dos au mur » dans le monde, sur le plan économique et éthique face à l’Amérique de Donald Trump qui casse les accords commerciaux, met ainsi en cause la croissance mondiale, souffle sur les incendies du Moyen Orient, réhabilite le dictateur Nord-Coréen, met à mal les accords passés pour lutter contre les dérèglements climatiques et va jusqu’à mettre des enfants mexicains en cage au point de voir sa conjointe, Mélania Trump, aller prendre leur défense de manière ostensible ce qui a provoqué de la part de son mari « une reculade » (selon une forme et une expression qu’il a sans doute connues dans sa jeunesse quand la pilule n’existait pas).

« Dos au mur » dans le monde pour les Européens, la Chine et les pays émergents face à un Donald Trump « qui n’a peur de rien » quand il s’agit pour lui d’exacerber son ego en écrasant les autres… au risque d’ailleurs d’entraîner son pays à sa perte… (heureusement pour lui que MM. Poutine et Macron l’aiment et qu’il a le soutien de la très laïque et progressiste Arabie Saoudite)…

Mais « dos au mur » encore face aux périls qui menacent la planète avec les dérèglements climatiques et toutes leurs conséquences mortifères à échéance des toutes prochaines décennies et, au plus tard, de la fin du 21 ème siècle en termes de famines provoquant des mouvements migratoires incontrôlables, de violences intégristes et de guerres multiples…

Devant ce cataclysme annoncé, la France fait sans doute ce qu’elle peut, elle qui ne représente que 1% de la population mondiale (dans une Europe qui pèse pour 10%)… ce qu’elle peut mais pas plus… avec des freins corporatistes et des choix qui ne sont pas toujours les meilleurs avec, par exemple, les éoliennes aux larges des côtes du Tréport, de Fécamp et de Courselles (mais pas au Touquet) qui en termes de « coûts en offshore » ne sont pas les plus rentables ni financièrement ni d’un point de vue écologique (construction + entretien) sans oublier la pêche, les pêcheurs et le tourisme qui est fragile dans nos régions des Hauts de France et de la Normandie.

Dos au mur enfin, de toute femme et de tout homme face à sa propre fin dont l’horizon se rapproche, un horizon que surtout, à partir d’un certain âge, on regarde avec une attention accrue.

J’avoue que j’y pense même si, après mon gros problème de santé en janvier dernier, je ne m’étais pas senti en si bonne forme depuis des années.

 

 

 

 

 

Alors j’en profite pour gérer le présent et préparer l’avenir, sur un plan personnel bien sûr, dont je mesure la nécessité et les urgences… mais aussi sur le plan de ma vie publique avec, cette semaine, le 18 juin et le rappel de son sens, le projet Grand Angle qu’il faut toujours activer et réactiver, la Haute Borne qui n’en finit pas de réussir, le logement avec un CA des 3F, les 20 ans des Orchidées, le North Summer Festival au Grand Stade, un grand moment festif pour beaucoup de nos jeunes, la belle fête des Verts Tilleuls en Centre Ville, la Braderie de Flers Bourg, les nombreuses fêtes d’écoles toujours aussi imaginatives grâce à leur équipes éducatives, les rencontres chantantes de nos scolaires à la Rose des Vents, les 20 ème Rencontres de l’urbanisme en visite pour étudier notre projet de Centre Ville du 21 ème siècle,

 

 

 

 

 

et enfin pour préparer 2020, nos « ateliers-projets » de Rassemblement Citoyen avec « une boîte à idées qui commence à déborder », un mouvement, RC, qui a conclu la semaine par une grande et belle fête sous le soleil, et ses près de 300 participants autour d’un barbecue familial et joyeux.

Ça aussi, c’est Villeneuve !, ça aussi c’est Rassemblement Citoyen ! ça aussi c’est le résultat de mon engagement pour Villeneuve d’Ascq dans un esprit constructif, pluraliste, festif et de rassemblement pour notre Ville, pour nos valeurs et pour nos projets à préparer et à mettre en œuvre avec les Villeneuvois.

Depuis 4 décennies, cet esprit ne m’a jamais quitté… et malgré le temps qui passe et l’horizon qui se rapproche, je n’ai pas le sentiment qu’il me quittera bientôt.

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais cela, c’est une autre histoire…

Car là, contrairement à ce que j’ai dit tout au long de ce 508 ème carnet, je n’ai pas le sentiment d’être « le dos au mur »…

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