Mar 26 2018

Carnet n° 495 du 26 mars 2018

TREBES : L’horreur terroriste est de retour !

La semaine écoulée semblait devoir rester marquée principalement par la mise en examen le mercredi 21 mars, après une garde à vue, de Monsieur Sarkozy pour « corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de fonds publics libyens », une « information » suivie, le 22 mars, d’un mouvement social profond, de grèves et de manifestations que l’exécutif gouvernemental aurait tort de sous-estimer, voire de les traiter avec mépris.

Une semaine écoulée « qui m’avait déjà conduit dans « mon mode opératoire » de préparation de mon carnet d’aujourd’hui à imaginer de le titrer : « Tartuffe ou l’hypocrite », pièce de Jean Baptiste Poquelin dit Molière sortie en 1664 en 3 actes, révisée et ressortie en 1669 sous le titre « Tartuffe ou l’imposteur ».

Même si et parce que, le mouvement du 22 mars 2018 me semble particulièrement important et porteur d’avenir pour une expression populaire retrouvée, je pense, de ce fait, que je n’ai pas fini d’en parler, j’avais fait le choix d’une forme d’humour grinçant sur le thème « Hypocrite ou imposteur », un moyen sinon le seul d’exister en politique ? 

Malheureusement et dramatiquement, au lendemain des 21 et 22 mars, à Trèbes dans l’Aude non loin de Carcassonnele vendredi 23 mars, l’horreur terroriste a fait son retour sur notre territoire effaçant « mes jeux d’écriture » à coup d’arme à feu, avec un islamiste qui a tué d’abord un automobiliste, en a blessé un autre, avant de s’attaquer à des CRS qui faisaient du jogging et de prendre en otages des clients et des employés d’un supermarché après avoir abattu deux d’entre eux.

Les crimes de ce terroriste de 26 anssans « radicalisation apparente » (selon le Ministre de l’Intérieur), s’est terminée par l’exécution par ce terroriste d’un lieutenant colonel de gendarmerie qui s’était offert en échange d’otages avant d’être, lui-même, abattu par les hommes du GIGN.

En quelques heures, des civils étaient ainsi brutalement frappés, tués ou blessés, en même temps que des gendarmes dont le lieutenant colonel Arnaud Beltrame : un véritable « héros des temps modernes ».

Une fois encore, face à cette guerre engagée contre nos Démocraties et nos libertés, personne n’est à l’abri, où que l’on soit, qui que l’on soit et à  quelque moment que ce soit…

Je l’ai redit dimanche matin en clôture de la manifestation commémorative du 74ème anniversaire du Massacre d’Ascq lors de la Nuit des Rameaux d’avril 1944 :

« Quel que soit le temps, l’horreur est toujours à nos portes. En 1944, à Ascq, c’était le nazisme, en 2018, à Trèbes, c’est le terrorisme islamique. »

Dans tous les cas, si les criminels s’y préparent, ce n’est pas le cas de leurs victimes, sauf dans les guerres civiles comme aujourd’hui en Afrique ou en Syrie.

L’horreur frappe à tout moment et en tous lieux des victimes innocentes dont la vie s’arrête ainsi brutalement sans même avoir le temps de savoir pourquoi.

Alors face à cela, que faire, me dira-t-on ?…

D’abord ne pas nous « désarmer » comme on a cru pouvoir le faire à la fin de « la dernière guerre froide » après la chute du mur de Berlin en 1989.

Ensuite se former, s’éduquer à mieux connaître l’Histoire dont on dit qu’on est toujours condamné à la revivre quand on l’a oubliée.

Toujours vivre en ayant en tête les risques que nous courrons et en apprenant à déceler à l’avance leurs prémices et leurs formes.

Enfin ne jamais céder aux facilités de ceux qui, soit disent « qu’il suffirait de… », et de ceux qui sont toujours prêts à céder ou, pire, à sacrifier nos libertés.

Oui vraiment le monde que nous laissons à nos enfants, petits enfants et générations futures est bien sombre en termes d’environnement et de violences, d’égoïsme et d’intégrismes, de perversion des religions et de nos valeurs.

Certains nous diront que le combat est déjà perdu. Je ne veux pas ni le croire ni m’y résigner !

Si le monde de demain est aujourd’hui ainsi, nous en sommes tous en partie responsables et nous avons donc le devoir, je dis bien le devoir, de nous battre jusqu’au bout pour éviter cette issue funeste.

C’est, chacun le sait, ma résolution :

Jamais à genoux, encore moins couché, mais toujours debout !

Il faut rompre clairement avec tous ceux qui sont « les descendants génétiques » de ceux qui, en 1870, ont choisi la capitulation, en 1939 « Hitler plutôt que le Front Populaire », le régime de Vichy plutôt que la France Libre mais aussi Staline, « petit père des peuples », Mao, le grand timonier, et de bien d’autres encore « à Droite comme à Gauche »… sur tous les continents.

 Attention donc « aux hypocrites et aux imposteurs » qui toujours agissent masqués pour mieux mener les peuples au pire !

Attention à la tentation des lâchetés, petites et grandes !

Attention aux solutions « de facilité » !

Attention à ceux qui se prétendent victimes pour mieux être ou soutenir des bourreaux !

Attention à ceux qui se disent de « la droite dure » ou qui se reconnaissent dans « la gauche extrême » ! Ils ont souvent les mêmes arguments et les mêmes discours rhétoriques, les mêmes certitudes, la même arrogance et finalement les mêmes méthodes, pour nous conduire aux mêmes résultats.

Mesdames, Messieurs, mes chers lecteurs, je sais les inimitiés que ces mots me vaudront sûrement.

Mais face aux périls qui nous menacent, je les assume tout en souhaitant que nous soyons nombreux, sans a priori ni sectarisme, à nous retrouver pour résister !

J’userai des forces et du temps qui me restent pour y contribuer.

Et je terminerai ce 495ème carnet avec « quelques notes » extraites de poèmes anciens qui auront bercé et rythmé le cours de ma vie… et que j’aime toujours autant :

« Le temps s’en va, le temps s’en va madame, las le temps non, mais nous nous en allons… » Pierre de Ronsard (1524 – 1585)

« Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage »… et puis est retourné plein d’usages et raisons vivre entre ses parents le reste de son âge… , (et ce, avec) plus que l’air marin la douceur angevine » Joachim Du Bellay mort à 38 ans en 1560

Sans oublier François de Montcorbier, connu sous le nom de François Villon (1431 – 1463) et sa « Ballade des pendus » (que je vous laisse rechercher et redécouvrir).

Comme quoi, comme l’a si bien chanté Georges Brassens, « Le temps (l’âge ou le temps de vie) ne fait rien à l’affaire… »

Il n’augure jamais de la pérennité ni de l’intensité des traces laissées dans « l’Histoire de l’Humanité en marche » (« en marche » ?… oui déjà… et même « en mouvement »).

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