Carnet n° 492 du 5 Mars 2018

« EN POLITIQUE »

 

« En politique » aujourd’hui en France, mais aussi partout ailleurs en Europe, et bien au-delà (des États Unis à la Syrie en passant par la Turquie et la Russie) « il se passe tous les jours quelque chose », comme dans un célèbre grand magasin parisien et « y’a tout ce qu’il faut » (comme dans un autre célèbre magasin de bricolage né à Englos en 1969…).

C’est pour essayer de nous faire sourire malgré tout, que j’ai voulu ouvrir mon 492ème  carnet avec ces 2 slogans… Certes, d’un autre temps, mais qui, depuis des décennies, « tournent dans nos têtes » avec, pour le second, une petite musique impossible à chasser de nos mémoires.

Essayer de nous faire sourire et ce n’est pas facile quand on voit et quand on entend tout ce qui se fait et tout ce qui se dit en politique aujourd’hui mais aussi dans la vie quotidienne et dans la vie économique : autant de raisons de ne pas sourire qui n’auront pas manqué.

La semaine écoulée n’en n’aura donc pas manqué pour ce qui est du quotidien, avec une nouvelle vague de froid et un épisode digne du film, « Le jour d’après » autour de Montpellier sur l’A9 et ces centaines d’automobilistes dont certains ont passé 24h dans leur voiture.

Pas manqué de raisons de ne pas sourire non plus sur le plan économique avec cette information selon laquelle 39 des 40 entreprises du CAC 40 ont dégagé plus de 90 milliards d’euros de bénéfices… « Pas mal » quand on connaît par ailleurs les plans de licenciements et les délocalisations en cours ou en préparation et le sort imposé à leurs salariés ! On ne peut non plus oublier les millions de chômeurs, de SDF et de citoyen(ne)s « sous le seuil de pauvreté », des informations qu’on peut assortir d’une autre, selon laquelle les 10% les plus riches dans le monde détiennent 86% de la richesse mondiale, tandis que la moitié de la population mondiale ne dispose que de 0,5% de cette richesse (et comme l’a décrit François Mitterrand : « les grandes fortunes ne se font pas sur les chemins de la vertu »).

Pas manqué de raisons de ne pas sourire sur le plan politique avec un Jean Luc Mélenchon qui dénonce « une lourde attaque du parti médiatique » contre Laurent Wauquiez… : une déclaration qui réjouit Madame Le Pen…

Madame Le Pen qui soutient Monsieur Mélenchon qui soutient Monsieur Wauquiez ?

Qui aurait pu croire cela possible en 2002 ?

Pas manqué de raisons de ne pas sourire encore quand on constate les politiques et leurs résultats des élus de droite dans les Régions et les Départements conquis par eux en 2015 où sans vergogne, « on coupe » dans les services publics avec des réductions drastiques de moyens accompagnées parfois de hausses conséquentes d’impôts ou (et) de taxes.

Pas manqué de raisons de ne pas sourire, enfin, avec les «  haros sur les statuts » :  de la SNCF à la fonction publique où, en s’appuyant sur une opinion publique mal informée ou désinformée, le gouvernement veut (et va) remettre en cause les services publics, alors qu’il suffirait souvent de quelques réformes pour réduire certains excès ou insuffisances, comme il en existe dans toute entreprise, qui dégradent l’image de nos services publics.

Et ce, en n’oubliant jamais qu’un service public est par nature, quasiment toujours déficitaire, soit parce qu’il est dans un secteur non marchand comme par exemple la sécurité ou la justice, soit parce qu’il sert (et souvent d’abord), des citoyens qui n’auraient jamais les moyens d’en payer « l’exact coût » comme les transports publics, la santé ou l’éducation.

En s’attaquant à nos services publics via une remise en cause des statuts de celles et ceux dont c’est la mission, c’est, comme on dit, « jeter le bébé avec l’eau du bain ».

Heureusement « pour les princes qui nous gouvernent », il y a en France une croissance économique qui a repris, résultat sans doute de mesures et de décisions prises ces dernières années et, comme le disent certain(e)s commentateurs (trices), il y a chez notre Président du talent, de l’habilité et de la « com ».

Avec le salon de l’agriculture, une prison revisitée et même une lecture de « Pierre et le Loup » à l’Élysée, nous dit-on par le Président Macron en personne….

Si, dans la vie politique française « il se passe tous les jours quelque chose » et si, « y’ a tout ce qu’il faut », ailleurs en Europe, ce n’est pas mieux avec une Autriche dirigée par une coalition droite- extrême droite, une Italie qui pourrait faire de même après les élections d’hier, une Pologne, face à ses démons, qui légifère pour « contester toute forme de complicité » avec les auteurs du génocide des juifs polonais.

Et ce n’est pas fini sur notre continent avec pour voisins la Russie de Poutine et la Turquie…, une Europe où, jour après jour, un populisme, par essence toujours extrémiste « croît et prospère » comme dans les années 30 du 20ème siècle.

Et si on regarde au-delà de l’Europe, ce n’est pas mieux aux États Unis de Donald Trump, en Syrie où le pouvoir continue à massacrer son peuple, en Afrique secouée au quotidien par des rebelles extrémistes…

Je m’arrête là pour ne pas finir par « faire pleurer ».

Heureusement, me dira-t-on, il y a Villeneuve d’Ascq, une Ville en mouvement !

Sans doute… Mais est-ce que cela peut vraiment compenser toutes les raisons d’angoisse et d’inquiétude qui nous assaillent, y compris sur le plan privé ?

Est-ce que les belles saisons

– de nos Guerrières de l’ESBVA (et leur belle victoire Européenne de mercredi, suivie      d’une autre victoire ce dimanche en championnat)

– de nos nanas du LMRCV,

– de nos filles du VAFF,

– de nos jeunes athlètes de l’ACVA,

peuvent complètement nous faire oublier le naufrage du LOSC et toutes ses conséquences (y compris financières) ? L’absence de « club phare » à la taille d’une métropole de 1,2 million d’habitants dans la plupart des disciplines sportives ?

Sans doute pas…

Cela doit nous interpeller collectivement même si, là aussi, « l’arbre sportif » ne doit pas cacher « la forêt » qui se développe et qui rayonne.

C’est François Mitterrand (encore lui) qui l’a dit : « Les responsabilités nous envahissent, c’est vrai mais sans elles qu’est-ce qu’on s’ennuie ».

Peut-être, mais quand même !

Alors, quittons-nous en ce lundi 5 Mars 2018 sur une « petite dernière » de François Mitterrand à deux ans des élections municipales… « à méditer par toutes et tous sans modération » : « Mieux vaut souvent maintenir en place un adversaire docile que d’installer un ami indocile » (et, je vous le jure, ce n’est pas l’ancien Maire de Lesquin, Dany Wattebled, qui me l’a glissée dans l’oreille…).

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