Jan 29 2018

Carnet n° 487 du 29 janvier 2018

« Chapeau Monsieur Macron ! »

 

L’expression est connue mais beaucoup l’ignorent, si elle est empreinte aujourd’hui d’un certain humour parfois grinçant, elle date du XVII ème siècle, à l’époque où on enlevait son chapeau en signe d’admiration de celui qu’on saluait.

Aujourd’hui, non seulement le port du chapeau n’est plus « monnaie courante », non seulement ceux qui en portent encore ne l’enlèvent plus pour saluer, mais l’admiration n’est plus la caractéristique d’usage principale de l’expression… qui est devenue une sorte de clin d’œil avec des sens différents d’admiration ou de moqueries…

C’est bien sûr dans ce sens contemporain que j’en ai fait le titre de mon 486 ème carnet.

Depuis un peu plus de 7 mois qu’il est au pouvoir Monsieur le Président Macron a suscité plusieurs fois cette réaction de ma part et, sans doute, de bon nombre de mes concitoyens.

 

« Chapeau Monsieur Macron ! »

Vous avez baissé les impôts des très riches de 4 milliards d’euros (et donc individuellement de quelques dizaines de milliers d’euros)

tout en augmentant les impôts, taxes, tarifs et contributions payés par les classes moyennes et mi- moyennes, les salaires de certain(e)s ont augmenté de quelques dizaines d’euros, le tout compensé par une CSG en hausse pour une majorité de retraités

 ça c’est passé… mais ….

 

« Chapeau Monsieur Macron ! »

Vous avez modifié par ordonnances le droit du travail en réponse aux vœux du Medef avec pour conséquence de nouveaux licenciements sans véritables causes économiques, ni créations de nouveaux emplois à ce jour et donc avec encore un peu plus de chômage…

 ça  c’est passé …mais…

 

« Chapeau Monsieur Macron ! »

Vous avez décidé seul (et en contradiction avec vos propos de campagne) de ne pas faire « Notre-Dame-des-Landes » en suscitant des cris de victoire de dizaines de zadistes mais en sacrifiant des dizaines de milliers de riverains nantais de « Nantes Atlantique » condamnés à subir encore plus de nuisances et de risques..

ça c’est passé… mais…

 

« Chapeau Monsieur Macron ! »

Vous avez promis aux gardiens de prisons en colère des mesures pour répondre à leurs légitimes revendications tout en continuant à dire qu’il y a trop de fonctionnaires (et en en faisant un point d’exigence aux collectivités territoriales que d’en réduire le nombre) et en oubliant que bien d’autres agents des services publics en mériteraient tout autant par exemple dans les domaines de la santé et de la sécurité…(pour citer deux domaines parmi bien d’autres)

 ça c’est passé… mais…

 

Oui je le redis : « Chapeau Monsieur Macron ! » quel talent !

 

Mais… oui aussi… il vous faudra un jour prochain en assumer toutes les conséquences et pas simplement budgétaires avec sans doute de nouveaux impôts et de nouvelles taxes plus ou moins bien « camouflés »…

Chaque jour nous en amène d’ailleurs de nouveaux : hier, le tarif du gaz (qui bientôt aura augmenté de près de 9% depuis le 1er janvier 2018),

Avant-hier, les tarifs postaux, ce matin les péages d’autoroute…

« J’en passe et des meilleurs… »

 

Oui Monsieur le Président, il vous faudra bien tout assumer et vous expliquer devant celles et ceux qui (en dehors des très riches) avaient cru à vos promesses de baisses d’impôts et de créer de vrais emplois durables…

Vos amis et soutiens inconditionnels qui en ont tiré les bénéfices en juin dernier commencent à s’en rendre compte.

Ceux et celles qui rêvent d’en faire autant en mars 2020 contre les élus sortants et expérimentés commencent à s’interroger…

 

Il ne suffit pas d’être jeune et inexpérimenté pour gérer une commune où le rêve, toujours nécessaire, ne peut ignorer le quotidien et où on ne peut, comme l’Etat, vivre à crédit.

Il faut, chaque année, équilibrer son budget (sans déficit) avec d’un côté les dépenses consécutives aux financements de nos services publics (voire, aussi de décisions de l’Etat) et de l’autre des recettes de plus en plus contraintes et asséchées… et ce, sans augmenter nos impôts.

 

Dans ces domaines aussi et à ces niveaux les faits sont têtus et les réalités s’imposent au quotidien… au contact direct des exigences citoyennes…

Il faut donc beaucoup de dévouement pour, être élu(e) local(e), beaucoup de travail, de larges rassemblements et pour les Maires… quelques autres qualités…

Les municipales n’ont rien à voir avec le jackpot d’une élection raz-de-marée à l’Assemblée Nationale comme on en a connu en 1968, 1981, 1993, 2012 et bien sûr 2018.

 

Oui Monsieur le Président… « Chapeau pour votre habileté ! »

Mais cela ne me fait pas oublier que « vous vous êtes essuyé les pieds à Davos » sur la langue française pour plaire sans doute aux hyper-riches-mondialisés,

ni que vous pourrez gommer avec quelques déplacements bien ciblés les inégalités et injustices qui perdurent et qui s’aggravent entre les citoyens et entre les territoires.

 

Nous les élus locaux et les maires, au contact du terrain et des gens nous devons conjuguer les rêves et les réalités, le quotidien et l’avenir,

et pour cela il ne suffit pas d’avoir fait l’ENA suivie d’une carrière de haut fonctionnaire et de présence dans les cabinets ministériels avant de devenir ministre et pour aller plus loin et plus haut… en essayant de faire oublier ses marches précédentes…

 

Jeudi dernier à la MEL (quelques heures après ma sortie du CHR) tout cela nous a été rappelé avec talent par le Président Castelain pour les 50 ans de la Communauté Urbaine de Lille devenue récemment MEL, 50 ans de générations d’élus, de cadres et d’agents publics, 4 Présidents et une Présidente,

50 ans de travail et de passion qui ont fait de Lille, petite ville de province en déclin, une Grande Métropole Européenne.

Je ne voulais vraiment pas rater cet évènement tout comme j’aimerais un jour pouvoir rappeler comment Villeneuve d’Ascq ville en quasi faillite en 1977, menacée d’absorption par Lille, s’est hissée au top 2 (3 ou 4 pour ne vexer personne de la MEL).

 

Ce fut 2 heures de ma vie, ce 25 janvier 2018, que j’ai goûtées avec gourmandise et ce, avant d’aller rencontrer le 26 beaucoup de citoyennes de la Résidence aux vœux de la maison des Genêts (les premiers vœux pour moi, pour les raisons que l’on sait, en cette année 2018),

et lors de 2 ou 3 autres manifestations de week end dont mes vœux au Centre Social du Centre-Ville un grand équipement au cœur de « Grand Angle pour un Centre-Ville du 21 ème siècle ».

Puissent les tenants du « dégagisme » d’aujourd’hui et de demain, (que j’ai d’ailleurs peu vus), s’en rendre compte… sous peine de mise à mort de nos collectivités au profit d’un Etat décideur en tout domaine (à défaut d’être surpuissant) dont rêvent certains des « princes qui nous gouvernent » qu’ils soient élus ou hauts fonctionnaires pour la plus grande joie des surpuissants et riches représentants du monde de l’économie et de la finance…

 

 

Malgré tout en ce lundi 29 janvier 2018, malgré tout ce que j’ai traversé et une analyse peu souriante (mais lucide) de ce qui nous attend…, je terminerai ce 486 ème carnet par une citation de Helen Keller :

« L’optimisme est ce qui mène à la réalisation. Rien ne peut se faire sans l’espoir et la confiance »

 

Et « une petite dernière de Jean d’Ormesson »

 

« Tout le bonheur du Monde est dans l’inattendu »

 

 

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