Carnet n° 486 du 22 janvier 2018

« Savoir jusqu’où on peut aller »

 

C’est Henri Bergson qui m’a donné ce matin, avec une de ses citations, le titre et l’ouverture de mon 486ème carnet en forme de question à laquelle il apporte une réponse qui me va bien : « Je ne vois qu’un moyen de savoir jusqu’où on peut aller, c’est de se mettre en route et de marcher ».

Je commencerai, ce matin du 22 janvier, par un point sur mon état de santé et toutes ses conséquences, en espérant maintenant ne plus avoir besoin d’y revenir.

J’ai été hospitalisé il y a 11 jours pour une septicémie « grave » suite sans doute à un état général de « grande fatigue » et de foyers infectieux dont je me suis, à tort, insuffisamment préoccupé en essayant de continuer à répondre à l’ensemble des sollicitations de ma vie publique.

Ce qui devait arriver est arrivé et heureusement (pour moi) que nous avons un système médical performant… malgré les contraintes budgétaires très lourdes qui lui sont imposées… (sinon…).

Aujourd’hui je vois « le bout du tunnel » même si mes sorties et manifestations extérieures devront être « mesurées » durant encore plusieurs semaines…

Heureusement, la mairie a continué à bien tourner, d’une part parce que je n’ai pas cessé de  suivre, sans retard, tous les courriers et dossiers de la ville et, d’autre part, surtout parce que j’ai pu vérifier que j’avais réussi à mettre en place autour de moi une bonne équipe d’élu(e)s, de cadres et d’agents municipaux qui ont su assurer tous les relais sans aucun retard ni blocage (c’était un de mes objectifs du mandat 2014 / 2020 que, comme beaucoup d’autres, j’ai atteint).

Pour en revenir maintenant à des points plus essentiels pour mes concitoyen(ne)s et sans doute pour les nombreux lecteurs de mes carnets, on peut dire que la semaine écoulée, en dehors des nombreuses « manifestations de vœux », locales et nationales n’a pas manqué d’événements…

Il y a d’abord eu « un nouvel épisode » du feuilleton de Notre-Dame-des-Landes.

Sans reprendre à mon compte la formule cruelle de Luc Ferry à ce propos « Le courage de la lâcheté », je dirai simplement, qu’à court terme, le Président Macron a fait preuve de son « habileté habituelle » pour éviter une crise ouverte.

Cependant je m’interroge :

  • sur la nature et sur l’existence même du projet d’aménagement du Grand Ouest,
  • sur l’avenir de tout grand projet d’aménagement où que ce soit en France si quelques centaines d’irréductibles peuvent mettre à mal les décisions des élus, les consultations et les procédures légales en la matière,
  • et sur les conséquences de cet abandon sur la vie des riverains de l’aéroport de Nantes Atlantique.

Une société où c’est « celui qui crie le plus fort qui a raison » n’est plus une société démocratique.

On s’en rend compte d’ailleurs de plus en plus souvent au sein  même de toutes nos villes sur de multiples sujets médiatiquement de moindre importance.

J’ajoute que le Maire que je suis, attentif aux lois et règlements sur les marchés publics, « hallucine » quand il entend parler de « compensations financières » avec une grande entreprise de BTP entre NDDL et les travaux sur Nantes Atlantique. On n’a pas fini de parler, ni des riverains de Nantes Atlantique, ni des discussions sur les centaines de millions d’euros en cause.

Avec cette autre déclaration de Luc Ferry sur LCI :

« Non, la lâcheté en politique n’est pas un mal nécessaire »,

(oui, vraiment j’aime écouter Luc Ferry).

Autres dossiers européens, la difficile sortie de la crise de l’Allemagne toujours sans gouvernement depuis 4 mois, avec une chancelière, Angela Merkel, très affaiblie et bien sûr la difficile sortie de la Grande Bretagne de l’Union Européenne,  avec Theresa May.

Ces crises mettent, certes, Emmanuel Macron au devant de la scène médiatique…. Mais ce n’est pas suffisant pour sortir l’Europe de son enlisement.

Autres dossiers chauds pour notre Président : le retour des djihadistes, les intégristes et la grave situation de nos prisons (je comprends la colère des surveillants et j’espère que des efforts de l’État seront fait sur leurs revendications).

Le gouvernement est aujourd’hui confronté à de vrais problèmes où le fond ne peut pas (plus) être masqué par la forme…

Et ce n’est pas fini, en cette année du cinquantenaire de mai 68… (que M. Macron avait dit vouloir « fêter »)

Reste que sa formule « Je fais ce que j’ai dit », comme ce fut le cas pour son prédécesseur avec « l’inversion de la courbe de chômage », risque de ressembler au « sparadrap du capitaine Haddock » (pour les amateurs de Tintin)…

Quelques exemples :

Notre-Dame-des-Landes, l’expo universelle 2025, service militaire, les baisses d’impôts promises qui ne sont pas au rendez-vous… etc. etc. Et ce n’est pas fini.

Faut-il à ce stade que je reparle du PS et de son coma prolongé, de sa situation dans nos régions, de ses déchirements entre chefs et sous-chefs, de son prochain congrès ?

N’étant plus depuis le décembre 2001, et sans regret, membre de ce qui fut un grand parti, mon avis importe peu.

Mais ayant eu ces derniers temps, « un peu de temps » pour suivre tous les bulletins d’information à la TV, je dirai simplement que le seul qui a « une gueule », un discours équilibré et qui ne passe pas inaperçu, c’est Stéphane Le Foll, (nonobstant ses positionnements passés et son histoire personnelle).

Mais ce n’est de ma part que « le regard extérieur d’un modeste observateur » et pas celui « d’un militant socialiste aux manettes ».

Voilà, pour moi, tout est dit ou presque…

Comme l’a chanté Gilbert Becaud, « La solitude ça n’existe pas », entre courriers, dossiers, soins, TV, l’Égypte de Christian Jacq et heureusement quelques bons moments privés rassurants pour l’avenir.

Je terminerai ce 486ème carnet par une citation de Victor Hugo destinée à faire sourire, mais sans doute aussi à méditer :

« N’imitez rien ni personne. Un lion qui imite un lion devient un singe ».

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