Carnet n° 484 du 8 janvier 2018

« Des vœux comme s’il en pleuvait »

 

Tradition oblige : après l’exercice des vœux écrits imprimés, électroniques ou manuscrits,

et tandis que perdurent des « embrassades »… quelque peu « perturbées » par « l’air du temps » et les syndromes grippaux,

des embrassades ou poignées de mains assorties d’une formule certes « claquante » mais sans véritable appel en retour : « meilleurs vœux ! » (un peu à l’image de cette question récurrente quand deux personnes se croisent, une question qui n’appelle pas de réponse, « ça va ? »…),

les cérémonies de vœux se multiplient dans toutes (ou presque) les collectivités, associations ou entreprises, des cérémonies qui ont, au moins, l’intérêt de permettre des rencontres conviviales. Parmi toutes celles prévues cette semaine, ce soir c’est celle « très courue » de la Mairie de Lille, celle que « tout bon notable ne peut manquer », ce sera vendredi en Préfecture, et bien sûr la plus citoyenne, en notre Hôtel de Ville de Villeneuve d’Ascq, dimanche prochain à 11 heures.

 

Ces cérémonies sont toujours l’occasion de discours en forme d’exercice : bilan 2017 / projets 2018, « mais pas que »… Car il s’agit aussi, sinon pour moi surtout, de donner du souffle, un éclairage, « une petite musique », un sens à des actions qui imposent à tous, pour réussir, de l’enthousiasme, de l’union, de la volonté et de la détermination vu le contexte qui reste morose dans la vie des communes entre charges et obligations en augmentation d’un côté et moyens en réduction de l’autre (et ce, quelle que soit l’habileté des « méthodes de camouflage » du gouvernement).

Dans ce domaine des discours de vœux, comme dans beaucoup de ses autres discours, le Président Macron excelle… Personne ne peut objectivement le nier.

Il a le style qui sied dans un paysage politique français désertifié comme après une explosion atomique. « Il est là, bien posé, aux manettes »…

Hors de lui rien n’existe plus sur le plan médiatique…. Et celle ou celui qui veut exister prend le risque d’une formule excessive jugée déplacée par une opinion publique qui ne lui pardonnera pas.

Personnellement je salue l’acteur et son talent, tout en rappelant qu’il n’est pas le premier de l’Histoire. Il suffit, sur un plan certes très différent, de « revisiter » l’exercice de « prise du cœur des français » par Bonaparte… et plus près de nous les premiers mois du Président Valéry Giscard d’Estaing en 1974 et 1975… pour s’en convaincre ou, au moins, pour relativiser certaines envolées d’enthousiasme…

 

Mais personnellement, aussi, je n’oublie pas que 2018 verra la fin de l’ISF avec, à la clef, des dizaines et des centaines de milliers d’euros de cadeaux fiscaux aux très riches (pour un total de près de 4 milliards d’euros), mais surtout que la grande majorité des Françaises et des Français verra le poids de la fiscalité, des taxes et de certains tarifs réduire plus ou moins fortement leur pouvoir d’achat.

Et il ne suffit pas, dans un discours d’évoquer, pour 2018, un « virage social », pour que cela change quoi que ce soit en 2018 pour cette majorité de Français. Alors, bien sûr, il y a les sondages qui ne lui sont pas mauvais . Pour moi il n’y a pas aujourd’hui de contradiction,  simplement, les Françaises et Français actifs veulent croire que les efforts qu’on leur demande à nouveau serviront à quelque chose.

Moi aussi je voudrais y croire ! Faute d’alternative politique au centre gauche que j’appelle de mes vœux mais que « je peine à entrevoir ».

Même Luc Ferry, un homme de droite que j’apprécie, hier soir sur LCI, faisait ce même constat et disait cette même nécessité face à un Cambadélis… « rigidifié ».

Le Président Macron a devant lui un boulevard médiatique en Europe, là aussi sans véritables concurrents

Et donc de même aussi sur le plan international avec hier M. Erdogan et aujourd’hui avec tous les dirigeants chinois, tandis que Donald Trump joue avec Kim Jong-Un « à qui a le plus gros bouton »…

 

Des boulevards médiatiques, mais à la clef, sans beaucoup de « concret ».

Somme toute, ici comme ailleurs en dehors du domaine fiscal, à l’instar du prof que je fus, j’écrirai : « Peu de concret mais exercice plutôt réussi ».

Reste que « la République en marche » aura bientôt à traiter de la réforme des retraites et, accessoirement, de « Notre Dame des Landes » où, sans doute, seront sacrifiés les riverains de l’aéroport « Nantes Atlantique » qui verront les nuisances imposées démultipliées et rapidement, avec cette décision, la fin de tout projet de réaménagement urbain possible de ce secteur Nantais.

Ce sera-it- « politiquement habile »… Comme quand le Président Hollande, face aux bonnets rouges, a abandonné « l’écotaxe », une décision avec toutes ses conséquences sur les routes secondaires, leur état dégradé et les morts consécutifs, entre autres, aux surcharges de camions qui préfèrent ne rien y payer que d’utiliser les autoroutes payantes…

Oui en cette année 2018 qui, en mai prochain, nous rappellera qu’il y a 50 ans ce fut « mai 68 », bien des surprises nous attendent sans doute qui pourraient en surprendre plus d’une et plus d’un déjà bien installés dans leurs nouvelles certitudes.

On n’a sans doute pas fini d’en reparler.

Et tout cela sans compter les poussées de violences dans nos villes où on voit (avec angoisse et effarement) des policiers malmenés, la question « des retours des combattants de Daech » qui ne pourra être traitée par une série de tweets, sans oublier la menace de chaque instant d’attentats sanglants majeurs 3 ans après Charlie Hebdo, ces drames qui referaient basculer notre société dans le pire des désordres, des douleurs et des angoisses, (et là aussi quels que soient les progrès réalisés et les énergies déployées par l’ensemble de nos forces de sécurité que je remercie et salue à nouveau).

 

Je terminerai ce carnet du 8 janvier 2018 avec une petite citation de François René, Vicomte de Chateaubriand (1768 / 1848)

que j’offre à Emmanuel Macron pour ses nuits d’insomnies :

« Presque toujours en politique,

le résultat est contraire à la prévision »

 

Notre Président a connu, en 2017, le bon côté de la formule…

Sans doute, quelque part, l’autre côté l’attend.

N’empêche, « Bonne Année à lui »…

Et à travers lui « bonne année au peuple de France », à celui de toujours, à celui qui a fait, à celui qui fait et à celui qui fera la France : en marchant, en chantant, en luttant, en souffrant mais aussi en rêvant, en espérant et en gagnant !

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