Carnet du 3 novembre 2009

J’aurais applaudi avec joie et sans retenue la mise en examen du maire de Paris que fut « le jeune loup » Jacques Chirac présumé auteur et organisateur d’un système politicien de la pire espèce au service du RPR et de quelques unes de ses chapelles … et ce, sur le compte des contribuables parisiens.

J’avoue aujourd’hui un certain malaise de voir un vieil ancien Président de la République déféré devant un tribunal correctionnel pour des faits certes toujours condamnables mais qui datent d’un autre temps.

Reste que si le système qui protège indument nos Présidents de la République est largement responsable de cette situation… malgré tout … le malaise est là … et je ne crains pas de l’exprimer.

Je n’ai pas crains davantage mardi dernier de dire mon attachement à notre République, à notre identité nationale et donc à une réflexion permanente sur ce concept et ses réalités.

Pour des raisons de calendrier politique la gauche « a dénoncé » et j’ai moi-même dit que la « ficelle d’Eric BESSON » était un peu grosse.

Mais le fond est là et les Français le rappellent à la gauche : ils sont très attachés à cette notion et à ses valeurs.

Qui peut s’en étonner quand on sait, en d’autres temps le prix du sang payé pour la défendre dans tous les partis politiques et en premier lieu à gauche ?

J’ajoute que l’identité nationale n’est pas synonyme d’immobilisme. Elle évolue, y compris du fait des flux migratoires mais une chose est de la voir évoluer, une autre de la faire disparaître.

Immigrer, c’est certes venir dans un pays avec sa culture et son histoire mais c’est aussi y venir avec le désir de s’y intégrer pour l’enrichir de sa différence.

Il y a pour l’immigrant « des règles du jeu » à accepter : se sont les règles et les valeurs de notre République, en particulier la laïcité.

D’où l’importance d’en débattre dans la clarté et sans langue de bois. Le fils d’une immigrée polonaise que je suis n’a jamais pensé ni dit autre chose.

Émigrer ce n’est ni aller en vacances ni apporter dans ses bagages sont pays d’origine, c’est s’intégrer dans son pays d’accueil et se fondre dans une identité nouvelle qu’avec son arrivée on fait et fera évoluer.

« J’entends déjà les commentaires… » comme dirait la chanson… mais comme le dit aussi une autre « on ne m’enlèvera pas ma liberté de penser »…. et j’ajouterai « et de m’exprimer ».

Mais ce début de novembre marque aussi le début d’une période où sont interdites les expulsions domiciliaires, ce que l’on appelle « la trêve hivernale ».

Sur ce dossier aussi, je me suis toujours exprimé sans langue de bois.

L’expulsion n’est jamais une solution : elle coûte cher et elle traumatise de manière cruelle les enfants.

Alors faut-il l’interdire ?

Surement pas quand le locataire a les moyens de payer son loyer et qu’il refuse de le faire. Ce serait une injure faite à tous les ménages modestes qui font l’effort de payer le leur.

Surement pas non plus quand un locataire provoque de tels troubles à ses voisins que, de fait, c’est lui qui en arrive à les expulser.

Alors oui, il faut la maintenir dans son principe et ensuite tout faire pour qu’elle ne soit pas appliquée.

C’est ce que nous faisons à Villeneuve d’Ascq depuis plus de 15 ans avec la C.R.U. (commission de recours ultime) qui ne pourrait fonctionner si la menace de l’expulsion était supprimée.

On ne gère pas la misère et ses conséquences avec du laxisme et en en faisant payer les coûts par celles et ceux qui sont « juste au dessus »…

On la gère avec des budgets prélevés sur ceux qui en ont les moyens, avec coeur, avec des règles fermes et une démarche de responsabilisation.

C’est aussi notre conception de l’action sociale.

Reste que, pour cela, il faut aussi construire de nouveaux logements répondant à tous les besoins, tous les âges, tous les goûts et tous les budgets.

C’est ma conception d’une ville où il faudra mieux occuper les espaces qui peuvent et doivent l’être… sans pour autant faire disparaître les grands espaces qui font sa différence et sa « respiration » !

Alors certes, il y a là aussi comme « une quadrature du cercle » selon qu’on est installé ou qu’on voudrait s’installer ».

Je ne nie pas la difficulté de l’exercice… là encore « un immobilisme synonyme d’égoïsme n’est pas mon fort ».

C’est aussi au niveau de LMCU ma réponse à un discours aujourd’hui majoritaire sur la ville intense parfois matinée de ville dense… des notions qui me laissent plus que perplexe.

Cela implique que l’agriculture péri-urbaine ne soit plus un résidu peau-de-chagrin de l’urbanisation et que les transports publics soient à la hauteur des décisions de construire sans oublier les services et tout ce qui fait le bon côté des villes en terme d’animation et de qualité de vie.

C’est sans doute plus difficile que « d’obliger » ou « d’interdire »…. mais là encore comme disait Jean Jaurés c’est une question de courage.
Je terminerai par une citation dont certains penseront peut être qu’elle est très éloignée de mes écrits du jour… (à chacun d’en juger) :

« La chanson dit qu’avec le temps, tout s’en va. La vie ne dit pas le contraire. Les passions s’estompent, les amours s’effilochent, les illusions se perdent, les souvenirs s’envolent.

Les rancunes s’apaisent et puis bien sûr, le corps inexorablement se fane.

Un peu trop tôt, un peu plus tard, vient le jour où s’inscrit le mot fin… »

Françoise REY


Heureusement qu’avant, pendant, qu’après, … avec le temps …. il y a la vie. 

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