Carnet n°716 du 20 juin 2022

« Alea jacta est » le sort en est jeté !

Une fois n’est pas coutume sachant que lors d’une élection, très logiquement, on n’en analyse et on n’en commente bien sûr les résultats qu’après l’heure où ils sont annoncés,

c’est, cette fois-ci, la veille même du scrutin ,et donc dès samedi, que j’ai choisi le titre de mon carnet de N°716, un carnet lui-même écrit en ce lundi 20 juin, une fois les résultats connus.

« Alea jacta est », rappelons-le, est une locution latine qui aurait été prononcée par Jules César en l’an 49 avant JC avant de « franchir le Rubicon » en direction de Rome avec son armée, une locution qui signifie  » le sort en est jeté  » voire aujourd’hui  » les dés sont jetés «  et donc qui signifie  » le fait de ne plus pouvoir modifier quoi que ce soit à une situation ».

Alors pourquoi ce choix fait avant même de savoir qui allait gagner ce deuxième tour des élections législatives ?

Je répondrai simplement que même sans en connaître les chiffres  je sentais que M. Macron n’obtiendrait pas la majorité absolue vu qu’il n’avait lui-même été réélu que grâce à des voix de gauche portées sur lui pour éviter Madame Le Pen sans pour autant approuver son programme et donc réélu par des électeurs pas prêts du tout à élire des député(e)s qui s’engageaient à  mettre en œuvre son programme .

De même je sentais  aussi que M. Mélenchon n’obtiendrait pas non plus de majorité malgré  » l’habile gros mensonge «  qui a consisté à nous rabâcher qu’en votant pour les candidat(e)s étiquetés NUPES  « on » voterait pour « Mélenchon Premier Ministre ».

Somme toute, je sentais que pour la première fois sous la V République on n’aurait pas le  » scénario classique  » d’une majorité à l’Assemblée Nationale cohérente avec la majorité du Président, à l’exception, mais certes différente, de 1988 quand François Mitterrand lui-même avait laissé entendre qu’il ne la souhaitait pas vraiment…

Pour autant,   » comme tout le monde « , je n’imaginais pas que le RN aurait 89 élus (selon les chiffres de ce lundi matin), ni que le macronisme ferait un score aussi médiocre, ni que  » le paysage politique français  » serait aussi éclaté.

Monsieur Macron aura donc, à ce jour, réalisé au moins trois « exploits » : 

En 2017 : faire quasiment disparaître les partis de la droite parlementaire et de la social démocratie. En 2022 : faire éclater l’ensemble du paysage politique français et en  2022 toujours faire monter le RN, héritier du FN , … à un niveau jamais atteint par eux.

   « Tant va la cruche à l’eau, qu’à la fin elle se casse » ce qui signifie qu’à force de répéter une action qui comporte un danger, celui-ci finit par survenir.

Alors certes des  » accords électoraux  » peuvent permettre aux médias et aux chefs politiques  concernés  de dire que la « coalition présidentielle » aurait obtenu à cette heure 245 sièges (la majorité absolue étant cependant à 289) et que l’alliance NUPES en aurait 131, mais il serait plus juste d’indiquer qu’en l’état actuel des chiffres connus la répartition entre les principaux partis qui composent les différents partis politiques est le suivant dans l’ordre décroissant :

Renaissance (ex LREM) : 170 sièges, RN : 89 sièges, LFI (France Insoumise) 72 sièges, LR (Les Républicains) : 61 sièges, Modem : 46 sièges, Horizon : 26 sièges, PS : 26 sièges, EELV : 23 sièges, PCF : 12 sièges, UDI : 3 sièges, auxquels il faut ajouter des divers gauche, centre et droite, régionaliste et souverainiste.

Du jamais vu…et ce, sans plus de véritables  » leaders charismatiques  » sur les bancs de l’AN, en dehors malheureusement de Mme Le Pen , mais des « deuxièmes ou troisièmes couteaux » qui s’agiteront en espérant ainsi faire « les bons choix » pour assurer leurs propres avenirs…

Face aux terribles problèmes que nous vivons et aux plus terribles qui nous attendent dans tous les domaines, le moins que l’on puisse dire  c’est qu’on est « mal barré « , une expression qui remonte au 12èmesiècle, qui a changé 3 fois de sens pour en arriver à l’image d’un navire  » mal mené  » car « mal barré » qui donc « ne tient pas le coup » , ce qui est  malheureusement aujourd’hui tout à fait ce qui nous menace .

Certains  prévoient  même déjà une dissolution de l’AN à court ou moyen terme… ce qui, pour moi , risquerait « de faire pire que mieux » avec l’arrivée possible au pouvoir des  extrêmes  sinon unis… au moins « complices » vue la perméabilité d’une partie de leurs électorats respectifs.

A ce stade de mon propos, certain(e)s se demanderont sans doute  » alors que faire  » ?

Je n’ai pas la réponse sinon avec mon expérience, l’envie de dire à tous les  » politiques de tous poils « , qu’il faut privilégier le travail, le bon sens, la citoyenneté , le courage, le rejet de toutes formes de  » facilités  » et de lâchetés, croire en ses valeurs et être honnête… et ce , quel que soit son âge, 

oui les privilégier sur les « effets d’images » ,  » les effets de scène « , les tweets et les belles formules et les bains de foule organisés à coups de selfies … trop devenus « à la mode »

Est-ce encore possible ? pas sûr quand on voit ce qui se passe partout dans le monde dans tous les pays mais il n’est pas d’autre voie pour sortir de ce qui s’apparente à un  » théâtre de Guignol  » , l’humour , les rires , la dérision en moins,  mais avec  des formes d’irresponsabilité « mortifère » en plus…

On n’a pas fini de reparler de tout cela dans les prochains jours et les prochaines semaines en espérant autre chose que  » les agitations des visiteurs d’hier soir  » et la triste « pauvreté »  (pour ne pas dire plus… parce que je pourrais la plaindre) de Madame la Première Ministre sortante….

Alors… « quelqu’un(e) sortira -t- il (ou elle) du bois ou ressortira -t-il (ou elle)  » ?

Rien n’est certes  impossible mais j’avoue ne pas voir de réelle lumière au bout du tunnel.

Plus près de nous le député sortant LFI, avec 53,39%  a été réélu même s’il a perdu 8 points par rapport à 2017 face au Maire de Mons et ses 46,61%.

Je l’en félicite tout en souhaitant qu’il se sente enfin député de la 2 -ème circonscription et donc de notre ville.

Je suis prêt à préparer pour lui un protocole qui organise son rôle au quotidien pour aider concrètement les citoyen(ne)s Villeneuvois(es) afin de trouver des solutions législatives à leurs problèmes, aux risques d’étranglement des communes, des solutions pour lutter contre les délinquances avec des moyens accrus à la police et à la justice , sans oublier de revoir nos lois concernant les désordres des  » gens du voyage  » et des Roms.

En tant que Maire jusqu’en mars 2026 , je donnerai tout de moi-même comme je le fais depuis 46 ans pour ma Ville et ses habitants même s’il me faut  sans doute gérer différemment  » les méandres de mon agenda  » pour me consacrer davantage « à l’essentiel » en délégant davantage « le quotidien » aux membres de mon équipe pour encore mieux les préparer…à  » l’après Caudron »

En tant que Vice Président à la MEL, je continuerai à me battre pour une métropole du 21ème siècle innovante, animée, humaine , naturelle et nourricière.

En tant que social démocrate on me verra sans relâche au premier rang des combats pour défendre nos valeurs Républicaines de Liberté, de Solidarité, de Fraternité et de Laïcité contre toutes les dérives inégalitaires, les attitudes méprisantes ou violentes et les pulsions communautaristes qui nous assaillent de toutes parts.

Ce n’est certes pas dans l’air du temps d’un paysage politique précédemment décrit !

Mais j’assume et j’assumerai jusqu’à mon dernier souffle car si « seul on va parfois plus vite, ensemble on va toujours plus loin » ,  c’est particulièrement vrai sur le plan de la vie communale où j’entends toujours associer toutes celles et tous ceux qui le souhaitent …  au-delà de nos différences légitimes d’origine ou de sensibilités politiques.

Face à l’avenir pour tous et en particulier pour notre jeunesse, il n’y a pas une seconde à perdre .

Fi donc les petits égoïsmes de certains privilégiés ! Fi les lâchetés petites et grandes de toutes natures ! Fi  les privilèges et les excès du présent qui sacrifient l’avenir de la jeunesse et la survie des plus âgés !

Mon expérience et mon absence de toute ambition politique future me permettant de l’écrire, de m’y engager et de le mettre en œuvre.

Somme toute et quel que soit son âge comme l’a dit Georges Bernanos :  « On ne subit pas l’avenir, on le fait »

Et j’ajouterai pour terminer ce 716ème carnet avec Albert Camus :

« Perdre la vie est peu de chose et j’aurai ce courage quand il le faudra. Mais voir se dissiper le sens de cette vie, disparaître notre raison d’existence, voilà ce qui est insupportable. 

On ne peut vivre sans raison », et moi je ne m’y résoudrai jamais !

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