Carnet n°670 du 26 juillet 2021

« L’homme est la créature qui, pour affirmer sa différence, … nie . »

C’est, contrairement à mon habitude, une citation prise dans sa totalité que j’ai retenue pour titrer mon 670 -ème carnet.

Elle est, on s’en doute, d’Albert Camus et elle est extraite de son roman souvent cité « l’Homme révolté », un roman à relire tout comme « La Peste », « le Mythe de Sisyphe » , « l’Etranger » voire « la Chute » ou « la Mort heureuse » sans oublier ses « Carnets »…

Il est vrai que dans tous les domaines…ou presque, sachant, toujours selon Albert Camus, que si « pour qu’une pensée change le monde, il faut d’abord qu’elle se change en exemple », il n’est pas étonnant que, faute d’exemples positifs, les pensées exprimées par les femmes et les hommes politiques (mais pas qu’eux), leur « imposent » de  nier, sinon leurs pensées  antérieures, au moins ce qu’elles et ils ont dit antérieurement…

La gestion sanitaire de la terrible crise épidémique de la COVID 19 et de ses variants nous en ont fourni de multiples exemples de la part des dirigeants de tous les Etats du monde (ou presque) et de la France en particulier pour ce qui nous concerne plus précisément. 

Viendra sans doute le jour où sera écrit et publié, en forme de « bêtisier », le relevé des écrits et des déclarations des « Princes  qui nous gouvernent » depuis  la fin de 2019 quand ils ont commencé à « ricaner » à l’annonce des premiers cas en Chine jusqu’à aujourd’hui 26 juillet 2021 et ce, en attendant 2022, 2023 … voire plus loin…

C’est d’ailleurs cela qui m’a toujours rendu « antipathiques »  Monsieur Emmanuel MACRON, ses disciples et la cohorte de la plupart de celles et de ceux qui ont « su » en 2016 et 2017  » sauter dans le bon wagon  » … soit pour « durer », soit pour naître, dans les sphères du pouvoir. 

En clair, il leur fallait nier ce qu’ils avaient dit et fait auparavant en particulier sous l’ère « Hollande » … pour affirmer leur différence » … et ainsi  » exister  » encore à l’heure d’un « dégagisme ambiant ».

Monsieur Macron en est malheureusement le meilleur exemple, lui qui, alors membre éphémère du PS, a aidé « avec sa plume » M. Hollande à se faire élire en 2012,  avant de le « servir » à l’Elysée durant 2 ans et 2 mois et surtout avant d’être son « Ministre de l’Economiede l’industrie et du numérique «  (excusez du peu) durant deux années et 4 jours du 26 août 2014 au 30 aout 2016  soit un départ 8 mois et 8 jours tout juste avant son élection à la Présidence de la République le 7 mai 2017 sur le thème du « changement » après donc l’échec du quinquennat de Monsieur Hollande, un échec auquel il avait pourtant contribué … , un rôle qu’il a « nié » pour affirmer une » différence »  qui lui a permis d’être élu .

Que dire de plus de celles et ceux qui auront constitué « son premier wagon » venu d’un PS qui les avaient pourtant, pour beaucoup, faits ministres, députés, sénateurs, ou dirigeants de grandes  administrations ?

Oui, vraiment, Albert Camus avait bien raison quand il affirmait que « l’Homme est la créature qui, pour affirmer sa différence, …nie !

Le malheur, et je pèse mes mots, c’est qu’ils ont continué durant toute la gestion de la crise  . 

Je l’ai toujours dit : je ne leur reproche pas leurs échecs face à une pandémie d’une ampleur faite d’évolutions peu prévisibles (encore que) , 

je leur reproche de les avoir niés et d’avoir affirmé en permanence « le tout et son contraire » de qu’ils avaient dit et fait auparavant,

contribuant ainsi à tous les désordres que l’on constate dans la société et dont beaucoup d’expressions sont d’ailleurs intolérables, insupportables, voire pour certaines tout simplement abjectes, et ce, avec des poussées de violences mortifères à tous les niveaux…

Et je le dis sans fard si, selon les sondages, les Maires recueillent encore 74 % de confiance (contre 43 % pour les députés) ils sont quand même et je suis quand même, en première ligne, victimes d’agressions, pour certaines physiques (ce qui n’a pas encore été mon cas) et, pour beaucoup d’autres, verbales ou écrites…

En 45 ans de vie d’élu local, je n’ai jamais connu cela !

 « Merci Macron !  »  (sur l’air de « Merci patron » une chanson interprétée par le groupe vocal « les Charlots » en 1971).

Le malheur aussi, c’est qu’ils ont « donné » l’exemple à bien d’autres intervenants sur « les plateaux des médias », venus de tous les milieux, partis politiques, organisations syndicales, mouvements divers spontanés ou pas,  » grand patrons  » y compris malheureusement pour certains venus du monde médical…ce qui ajoute au trouble de celles et ceux qui, à tort, … mais aussi parfois légitiment, doutent…(des citoyen(ne)s que je ne confond pas avec celles et ceux qui  » en d’autres temps » ont été ou auraient été des staliniens, des faschos, des « kmers  verts »…( j’en passe et des meilleurs) pour qui, qu’importent la ou les réalités,…puisqu’ils sont « contre » et que cela leur permet d’exister….

Oui Albert Camus avait et a raison car aujourd’hui pour être invité (e) dans certains médias, en particulier télévisuel  » à jets continus « , il faut « affirmer sa ou une différence » et, pour cela, nier tout le reste, y compris ce qu’ils ont dit ou fait « auparavant » .

Comme je pense modestement, comme Albert Camus, que « ce n’est pas assez de critiquer son temps (et ses acteurs) et (qu’) il faut essayer de lui donner un avenir » et même si cela n’intéresse que celles et ceux qui lisent mes carnets, (ce qui n’est d’ailleurs déjà pas si mal),

cette différence, (ma différence), dans mes actes et dans mes écrits ne peut pas s’appuyer sur la négation  de ce que j’ai auparavant dit ou fait …

Certes, selon Albert Camus,  » le monde en lui-même n’est pas raisonnable mais ce qui est absurde c’est confrontation entre cet irrationnel et ce désir de clarté dont l’appel raisonne au plus profond de l’Homme », un  « appel profond » qui aura toujours été mon moteur principal dans ma vie publique. 

Reste maintenant, pour ce qui me concerne, à espérer que mes problèmes actuels de mobilité physique finiront par « s’arranger »  pour me laisser le temps et me garder l’énergie indispensable :

pour  lutter contre « la quatrième vague » du COVID, surement suivie d’une  » cinquième »,

pour aider nos concitoyens à  » revivre mieux en vivant autrement  »  

pour convaincre nos dirigeants d’en donner les moyens aux élus (es) locaux 

pour redonner de l’espoir à la jeunesse sans pour autant désespérer les plus vieux, 

pour conjuguer les actions au présent  en pensant à l’avenir et donc en tenant compte des conséquences de nos actions présentes sur cet avenir…

Reste à espérer que la campagne des élections Présidentielles qui commence ne se confondra pas avec «le théâtre de guignol » …, 

que les candidats (es) seront à la hauteur des enjeux, 

que le ou la gagnante sera « une bonne surprise » 

et qu’ensuite celles et ceux qui la ou le soutiendront à l’Assemblée Nationale nous éviteront les piètres spectacles qu’ils nous donnent aujourd’hui…

Comme Albert Camus « j’ai très vite compris qu’il ne suffisait pas de dénoncer l’injustice et qu’il fallait donner sa vie pour la combattre »

et c’est donc ce que j’aurai essayé de faire là où j’en ai eu de modestes pouvoirs, dans ma ville, à la CUDL et à la MEL, au Département, au Parlement Européen en espérant pouvoir le faire encore jusqu’au 26 février 2025, sachant toujours, avec mon philosophe « favori », 

« qu’il n’y a pas de Liberté sans intelligence et sans compréhension « 

et en reprenant en forme de message d’espoir, comme dans une bouteille lancée à la mer, un autre de ses textes :

    « Plus je vieillis ( il n’avait alors qu’une quarantaine d’années quand il l’écrivit ) et plus je trouve qu’on ne peut vivre qu’avec des êtres qui vous libèrent et qui vous aiment d’un affection aussi légère à porter que forte à éprouver ».

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