Carnet n°665 du 21 juin 2021

« La Démocratie nous appelle… »

Oui, et je le dis avec une profonde angoisse au lendemain d’une journée électorale marquée par un taux de participation à Villeneuve d’Ascq et un peu partout en France qui tourne autour des 30 %, soit plus ou moins 70 % d’abstention ( !!),

des paroles du « Chant du Départ », un chant révolutionnaire réécrit en 1794 : « La République nous appelle, sachons vaincre ou sachons périr… »

m’ont inspiré, dès le prononcé des résultats à l’Hôtel de Ville vers 23H10, le titre de mon 665ème carnet : 

    « La Démocratie nous appelle… », sachons vaincre ou sachons périr… 

En effet, si les résultats en eux-mêmes se sont révélés moins mauvais que ce que l’on pouvait craindre avec un très notable effondrement du RN de Mme le Pen, une « gifle » infligée à son tour à « la République en marche », la bonne tenue de sortants de toutes couleurs qui n’avaient pas démérité, « un camp du progrès », certes rarement uni, mais qui pèse grâce à la poussée des Verts et ce, malgré un PS toujours souffreteux et une « France Insoumise » en chute

si donc ces pourcentages à Villeneuve d’Ascq comme dans les Hauts-de-France, selon la manière dont on les prend, peuvent être salués avec certes « le binôme Manier-Martin » qui baisse de 8,58 %, une droite LR-LREM Carnois-Garnier qui augmente de 6,76 %, mais que compense à droite un RN-FN qui s’effondre de 9,41 %

et surtout des candidats à gauche avec le binôme sortant « Didier Manier-Françoise Martin » qui s’ajoutant au binôme « EELV + Front de Gauche » et au binôme « FI »   font au total 52,33 % (contre 46,26 % en 2015),

les chiffres de 29,34 % et de 29,58 % de participation « font froid dans le dos », quelles que soient les explications que les chefs politiques et les commentateurs essaient de donner.

À ce train-là, je le dis en pesant mes mots,  la Démocratie est condamnée, ce que j’essaie d’analyser dans plusieurs de mes derniers carnets, en particulier le n°664 du 14 juin dans lequel j’ai rappelé comment la plupart des démocraties européennes se sont effondrées au XXème siècle ,  en Allemagne, en Italie, en Espagne, en France… mais pas que…

Et que l’on ne me dise pas, concernant cette « mort » possible, que « la démocratie élective »  pourrait être remplacée par une « démocratie participative… » qui n’est, pour moi, au mieux qu’un riche complément à la démocratie élective et au pire, bien trop souvent, « un leurre » dans tous les sens du terme… car confondant trop souvent « l’intérêt général » avec « une somme d’intérêts particuliers ».

D’où le titre de mon carnet en forme d’appel :

« La Démocratie nous appelle… »  sachons vaincre ou sachons périr 

Je l’ai dit hier soir : si nous en sommes arrivés là, la responsabilité en est collective.

Qu’avons-nous fait de notre démocratie ? Ai-je demandé en disant avec force ma colère.

Oui je suis un citoyen et un homme en colère contre les partis politiques nombrilistes et « hors sol », contre les deux derniers Présidents de la République (pour le moins), François Hollande et Emmanuel Macron, l’un ayant biberonné l’autre… sinon couvé…,

en colère contre nous-même et même contre moi-même, « l’enfer n’étant pas que les autres »…,

sans oublier des citoyens de plus en plus nombreux qui, même quand ils ont de véritables raisons d’être en colère, ne se rendent pas compte du bonheur de vivre dans une Démocratie en Paix comme nous en Europe depuis 76 ans… ce qui n’était jamais arrivé en France depuis très longtemps sinon depuis toujours… (il suffit pour s’en convaincre de relire notre Histoire durant les décennies et les siècles écoulés).

Si j’ajoute à tout cela l’accélération de la dégradation de notre environnement dont on en vit de plus en plus souvent les terribles effets avec un dernier chiffre publié : en 15 ans, de 2005 à 2020, on nous dit que la quantité de chaleur absorbée par notre planète a doublé… oui doublé en 15 ans ! (du jamais vu), 

on est en droit de se remémorer les déclarations de l’océanologue Jacques Picard qui, l’INA nous le rappelle, prévoyait déjà, en 1972, une grande catastrophe pour l’Humanité en 2030 avec des chiffres hallucinants que je me refuse même à citer aujourd’hui (on les retrouvera  sur ma page Facebook avec l’interview du Professeur).

Tout est lié : les catastrophes environnementales, les pandémies et la fin des démocraties qui ne semblent pas pouvoir faire face durablement à ces catastrophes.

On vit un peu aujourd’hui les prémices de tout cela.

Et même si Jacques Picard semble alors en 1972 ne nous laisser aucune chance de l’éviter, moi je dis aussi que « tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir » et que le fait que la décennie 2020/2030 commence mal aussi vite est plutôt « une chance » car cela nous oblige à réagir plus vite…

Comme l’a dit Albert Camus, je veux croire, moi aussi, que

« ce qui est possible mérite sa chance », ajoutant même que « là où il n’y a pas d’espoir, il faut l’inventer »,

et ce, en nous suggérant même une « méthode » :

« La civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir dans un avenir plus ou moins proche entre le suicide collectif et l’utilisation intelligente des conquêtes scientifiques ».

Oui « La Démocratie nous appelle »…

D’où mon appel à voter dimanche prochain en beaucoup plus grand nombre qu’hier pour désigner ces élu(e)s locaux que sont aussi les conseillers régionaux et les conseillers départementaux, qui, avec surtout les élu(e)s communaux et les Maires, sont « les derniers hussards de la République » et donc de nos Démocraties !

J’espère que ces votes constitueront la première étape de la reconquête démocratique, une première étape qui devra être suivie, et sans tarder, de bien d’autres en espérant que les jeunes qui ont « boudé » les urnes dimanche (et je peux le comprendre vue ce qu’ils vivent actuellement) , comprendront qu’il s’agit de la survie même d’un monde dans lequel ils vivront.

Si la pandémie m’a fait écrire, dire et rabâcher que « les jours d’après » ne devaient en aucun cas être la reprise « des jours d’avant »,

 ce qui se passe aujourd’hui en termes de « démocratie vacillante » doit nous conduire plus que jamais à ne plus perdre ne serait-ce qu’une minute !

Alors oui, dimanche prochain… votons… et ensuite essayons de travailler tous ensemble ,dans un esprit de responsabilité, sur des objectifs qui ne peuvent être que communs même si les moyens pour les atteindre proposés par les uns et les autres sont et resteront naturellement différents.

Le tout est de vouloir et de savoir additionner ces différences dans le respect mutuel !

Car, et pour finir avec une dernière citation d’Albert Camus,

              « Penser, c’est réapprendre à vivre, diriger sa conscience, faire de chaque image un bien privilégié. »

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