Carnet n°660 du 17 mai 2021

« L’écriture est un voyage… »

S’il est un point commun que j’ai avec deux grands hommes qui ont largement contribué à forger ma vie, Albert Camus et François Mitterrand, c’est bien mon goût de l’écriture même si, bien sûr, je n’ai pas leurs talents,

                         « L’écriture (qui) est un voyage dans l’attente d’un port » (Robert Sabatier), 

une citation dont j’ai tiré le titre de mon 660ème carnet.

« L’écriture (qui) a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne ».

« L’écriture (qui) me donne le sentiment d’ajouter des jours à ma vie (Jean-Marie Gustave Le Clézio).

Et plus particulièrement, pour moi en ce moment,  « Écrire est un apaisement. »

    C’est ce qui m’a conduit à écrire seul durant toute ma vie la plupart des textes qui portent ma signature.

C’est le cas de tous les textes publiés sur mes sites internet et sur mon blog dont le nombre cumulé de connexions (je n’ai bien sûr pas dit « lectures ») dépasse les 10 millions.

C’est le cas des plus de 1 500 carnets européens que j’ai écrits durant mes trois mandats à Bruxelles et à Strasbourg.

C’est le cas de mes centaines de pages manuscrites rédigées lors de mes voyages en Europe, en Afrique, au Japon, au Québec, en Écosse, en Israël et au Moyen-Orient.

C’est le cas de mes discours écrits, de mes éditoriaux-interviews dans la Tribune de Villeneuve d’Ascq.

C’est le cas du petit ouvrage que j’ai publié en 2006, « Comme des p’tits coquelicots ».

C’est le cas enfin, bien sûr de mes 660 carnets à ce jour dont le numéro 1 date du 6 août 2009, qui ont, au compteur, plus de 4,8 millions de connexions (et je le répète: qui dit « connexion » ne veut pas automatiquement dire lecture).

    Au demeurant cette liste et ces chiffres prouvent au moins que j’ai beaucoup écrit, que j’aime écrire (sans illusion particulière sur la qualité de mon écriture qui s’est heureusement sans doute améliorée au fil du temps), et que j’ai des lecteurs.

Mais qu’importe quand on sait, comme le dit Gaëtan Faucer, que : « Écrire c’est parler à quelqu’un sans attendre une réponse immédiate » 

et que surtout pour moi, à l’instar de Michel Houellebecq :

« L’écriture ne soulage guère. Elle retrace. Elle délimite. Elle introduit un soupçon de cohérence. »

    C’est pourquoi aujourd’hui dans mon 660ème carnet, comme j’ai commencé à le faire avec et depuis mon 655ème carnet du 12 avril dernier avec Albert Camus , je vais continuer à proposer des images en vrac « de ce que fut ma vie » à ce jour, toujours en vrac dans le temps comme dans l’espace… et donc sans doute à l’image de ce que sont, comme la mémoire, le temps et l’espace, en eux-mêmes et en lien entre eux, à l’échelle de l’Univers comme l’avait découvert Albert Einstein et comme beaucoup d’auteurs de romans et de films essaient de l’illustrer depuis deux décennies au moins, sinon beaucoup plus à travers des écrits et des croyances  qui se comptent en millénaires…

    Pour en revenir à moi, avec mes images et donc infiniment plus modestement…,

Je commencerai par ma première visite de la « colo » de Rémuzat, les trains de nuit pour m’y faire arriver et repartir dans des gares situées à plus de 60 km de Rémuzat et donc des heures de train suivies de dizaines de kilomètres en voiture sur des routes sinueuses aux côtés de Jef Martin et de Denis Blanchatte avec la découverte de pré-ados  heureux et indifférent(e)s bien sûr à la venue du Maire… 

C’était en août 1977, une année où, à 32 ans, je voyais la montagne pour la première fois, tout comme, en 1978, allant à Grenoble  avec l’EPALE qui voulait m’y montrer « le modèle » de « la ville nouvelle de Grenoble », un modèle qu’heureusement je n’ai pas suivi, je prenais aussi l’avion pour la première fois…

Si j’ajoute à cela ma découverte en 1976 des œuvres que la famille Masurel avait décidé de nous lèguer sous condition de construire un musée dans le Parc urbain de Villeneuve d’Ascq pour les y accueillir, me permettant ainsi ,dans leur maison parisienne, « de voir des vrais tableaux » de la cave au grenier en passant par le salon, la salle à manger, la cuisine et les toilettes…,

ma première entrée dans un théâtre et à l’opéra de Lille,…

une première course à pied sur la piste synthétique du Stadium pour son inauguration derrière Arthur Notebart en 1976, 

l’inauguration par Jean Desmarets de la crèche de la Maison de la Petit enfance, Jean Desmarets alors encore Maire déclarant qu’il l’avait « accepté de l’EPALE » mais qu’il était plutôt réservé… « les bébés devant être plutôt élevés par leur mère »…

etc. etc.

Tout cela peut-être pour expliquer pourquoi j’ai toujours voulu créer et faire vivre des services et des équipements municipaux qui permettent à tous les enfants Villeneuvois de découvrir, bien avant d’être adultes, et quels que soient leurs milieux d’origine,… « les choses de la vie »…,

y compris d’apprendre à nager ce qui n’avait pas été mon cas à Laon.

     Quelques images encore, de toutes autres natures :

François Mitterrand avec lequel on inaugura les première et deuxième lignes du métro ainsi que le tunnel sous la Manche dont j’ai fait, non loin de lui et de Madame Tatcher, le voyage inaugural…

François Mitterrand, quelques années plus tôt. venu, en 1979,  planter, pour son inauguration, un arbre sur la place Léon Blum alors qu’il était Premier Secrétaire du Parti Socialiste, Pierre Mauroy (qui pourtant allait être son Premier Ministre deux ans plus tard) ayant quant à lui décidé de ne pas y venir.

1979, et le congrès de Metz des 6 et 8 avril du PS « où j’ai dû essayer d’expliquer » à François Mitterrand venu me voir dans les travées du congrès que je ne pouvais pas rester lors des discussions finales vu que je devais durant la nuit reprendre ma voiture pour rentrer à Villeneuve célébrer le 8 avril, jour des Rameaux, le 35ème anniversaire du Massacre d’Ascq.

Comment voulez-vous, après cela, être un jour Ministre ? Cela tombe bien… je n’en ai jamais eu envie malgré mon attachement bien connu à François Mitterrand.

Je le regrette d’autant moins quand je vois tous ces socialistes qui ont trahi leurs idées et leurs valeurs pour le devenir…

         Dernières images pour ne pas être trop long aujourd’hui.

– La venue de Valéry Giscard d’Estaing invité « en grandes pompes » en 1980 par Pierre Mauroy à l’hôtel de ville de Lille où « invité que je suis en tant que Maire de Villeneuve d’Ascq », j’organise du fond de la salle « un rien de désordre »… sous les yeux interrogatifs et perplexes des forces de sécurité.

Je n’en suis pas fier ! … mais honnêtement, à quelques mois des Présidentielles qui allaient faire de lui un Premier Ministre…, « hum… », Mauroy n’avait pas non plus lieu d’être très fier…

Après mon refus en 1977 d’accepter la fusion qu’il aurait voulu imposer à Villeneuve d’Ascq, pas étonnant que Pierre Mauroy ne me l’ait jamais pardonné et ensuite bien « montré » entre 2002 et 2008…

mais moi… « même pas peur !    (comme disent les enfants…)

et j’ajoute… ni « achetable »…ni d’ailleurs  « vendable »..., n’ayant pas l’échine suffisamment souple

 – Au demeurant, durant la semaine qui s’est achevée, commencée le 10 mai avec le souvenir de François Mitterrand pour les 40 ans de son élection le 10 mai 1981, les documentaires et interviews nous auront montré sa popularité restée intacte , la réalité de sa proximité avec les gens (voir les photos sur la place Allende lors de l’une de ses venues chez nous), la justesse de ses analyses et de ses discours, sa culture ,  « sa grandeur de Président » ….somme toute qui nous manque…,

lui qui nous a laissé tant de citations, parmi lesquelles,

« Dieu ? je ne sais pas si j’y crois. J’ai juste des regrets de ne plus avoir de conception aussi simple de lacréation et de son créateur ».

« La vieillesse n’est pas une question de mort mais de santé puisque la mort est certaine »,

deux citations de François Mitterrand avant de laisser à Albert Camus « un dernier mot « plus actuel encore, de la part d’un homme pourtant disparu en 1960, il y a 61 ans, à l’âge de 47 ans :

« Devant les perspectives terrifiantes qui s’ouvrent à l’Humanité, nous apercevons encore mieux que la Paix est le seul combat qui vaille d’être mené. Ce n’est plus une prière mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir entre l’enfer et la raison ».

    Quelle actualité à l’heure où depuis la bande de Gaza des milliers de missiles partent vers Israël, Israël qui riposte bien sûr à coups de bombardements aériens !

Gaza aujourd’hui gouvernée par le Hamas. Gaza qui ,avec ses  3 500 ans d’âge, est passée au XXème siècle du protectorat britannique au « contrôle » égyptien puis à l’occupation israélienne avant son évacuation et le départ de son sol de ses 9 000 colons Israéliens en 2005.

Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est annexées par la Jordanie en 1950 avant d’être occupées par Israël suite à des guerres engagées contre elle en 1948 au lendemain de sa création par l’ONU, en 1956 (Suez), en 1967 (les 6 jours), en 1977 (le Kippour), des guerres dont chacun connaît les origines et les résultats.

Israël, ses moins de 10 millions d’habitants dont un peu plus de 2 millions d’Israéliens-arabes, dans des villes israéliennes la plupart du temps coupées en 2 et qui sont autant de poudrières… (J’en avais déjà fait l’expérience en 1992 mais aujourd’hui c’est bien pire).

Oui Camus a toujours raison : puissions-nous faire le bon choix entre l’enfer et la raison ?

Yitzhak Rabin l’avait compris qui l’a payé de sa vie, assassiné par un « juif intégriste », avant que des palestiniens multiplient ensuite des attentats qui firent plus de 800 victimes israéliennes en particulier à Jérusalem et ce ,pour faire venir au pouvoir des droites avec à leur tête Benyamin Netanyahou.

J’ai connu tout cela « au plus près » en tant que Député Européen et Président de la Délégation Parlement Européen – Knesset entre 1994 et 1999.

Et la France me direz-vous avant d’en terminer de ce 660ème carnet ?

    – Côté manifestations propalestiniennes de samedi, n’en déplaise à Monsieur Mélenchon, cela a plutôt été bien géré par les autorités gouvernementales.

   – Du côté des vaccinations, les objectifs, certes revus à la baisse par rapport à ceux d’il y a 3 mois, sont atteints, même si l’horizon est loin d’être dégagé…

   – Du côté des concitoyen(ne)s l’heure n’est toujours pas pour autant à l’optimisme et aux débordements festifs.

Une chose est sûre pour moi : rien ne sera jamais plus comme avant quoiqu’il arrive dans les prochains mois.

   – Du côté de la vie politique et des élections futures : « C’est la grande pagaille ! » (c’est le moins qu’on puisse dire). J’y reviendrai sans doute dès lundi prochain.

Je dirai simplement aujourd’hui que pour les Régionales de juin 2021 et les Présidentielles de 2022, tout est possible même le ou les « pires ».

Enfin ,dans le monde ,pour ce qui est passé cette semaine comme « une anecdote », la Chine a posé un robot sur Mars grâce à une fusée porteuse lancée en juillet 2020 et arrivée en orbite de Mars en février 2021…

Preuve supplémentaire que le monde a changé, n’en déplaise à « ceux qui se regardent le nombril » en France et en Europe.

J’y reviendrai là aussi bien sûr dans mes prochains carnets

y compris en parlant de l’Europe à travers mon travail de député européen entre 1989 et 2004… mais pas que… vu la nouvelle phase de « déconfinement » qui doit commencer mercredi prochain et l’évolution de la situation périlleuse au Moyen-Orient.

À suivre donc… sous le signe d’une citation de Simone de Beauvoir: 

« Choisir la vie, c’est choisir l’avenir. Sans cet élan, nous ne serions rien de plus qu’une moisissure à la surface de la terre »

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