Carnet n° 555 du 20 mai 2019

« Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage… »

(Joachim Du Bellay en l’an 1558)

On connaît mes goûts pour la littérature, les fables et les proverbes, les poèmes et les citations, l’Histoire et la culture scientifique.

On entend aussi depuis quelques semaines mes doutes sur mon avenir dans un paysage et un monde politique où certain(e)s se font ou se laissent acheter tandis que d’autres se font « tuer ».

Ce n’est pas nouveau dans un monde politique où « les girouettes » ne datent pas d’hier (dixit Edgard Faure : « ce ne sont pas les girouettes qui tournent, c’est le vent ») mais on n’en a jamais vu autant en particulier en provenance « des socialistes »… (et ce ne semble pas être fini… quand on a vu les vestes retournées de Daniel Cohn-Bendit, Christophe Castaner, Elisabeth Guigou, avant peut-être Ségolène Royal… j’en passe, sinon des meilleurs… tant ils sont nombreux.

Heureusement que beaucoup d’autres ont su, comme moi ce sera le cas un jour, « se retirer en silence »,

Heureusement que certain(e)s, comme Bernard Cazeneuve, restent une alternative d’avenir pour 2022,

tandis que quelques autres, à l’instar de Pierre Bérégovoy, ont montré que « le crime parfait » existait en politique (il suffit pour cela de pousser la victime à « s’éliminer » elle-même).

Ce sont ces constats, ces réflexions et mes goûts littéraires qui m’ont donc fait prendre, de manière positive, comme titre de ce 555ème carnet ce poème vieux de 421 ans de Joachim Du Bellay :

« Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,

et puis est retourné, plein d’usage et raison,

vivre  entre ses parents le reste de son âge ! ».

Il est vrai que mon voyage « à » et « pour » Villeneuve d’Ascq aura été un beau voyage, tout comme les 15 ans que j’ai passés au Parlement Européen,

Villeneuve d’Ascq, une Ville qui va fêter le 25 février 2020 les 50 ans de la fusion de Flers, d’Annappes et d’Ascq,

Villeneuve d’Ascq qui, avec l’Epale gestionnaire de la Ville nouvelle de Lille-Est, fut une des 9 villes nouvelles voulues par le Président Charles de Gaulle, la première qui, en 1983-84, est devenue une commune à part entière tandis qu’aujourd’hui, 35 ans après, 2 villes nouvelles, Melun-Sénart et Marne-la-Vallée, ont encore, pour les gérer, des Établissements Publics,

une ville nouvelle que nous avons maîtrisée tant dans son étendue (dans le décret de sa création en 1968, 13 communes étaient dans son périmètre Flers, Annappes, Ascq, Hellemmes, Lezennes, Forest, Ronchin, Lesquin, Sainghin, Tressin, Anstaing, Mons-en-Baroeul et Hem…),

dans son étendue, disais-je, mais aussi dans sa densité et son peuplement avec ses 63 000 habitants alors qu’il en était prévu plus de 130 000 comme dans la plupart des autres Villes Nouvelles.

Il en a (et il m’en a) fallu de l’énergie, de la volonté et du courage pour en arriver là avec, à l’arrivée, une ville en mouvement, une ville universitaire, une ville des diversités apaisées, une ville verte et de nature (près de 1000 hectares sur 2600 hectares), une ville nourricière pour demain, mais aussi une ville scientifique, une ville technologique, une ville humaine à tous âges avec de bons services publics,

une ville donc faite pour tous et avec tous durant un demi-siècle et ce, après des siècles précédents qui avaient fait avec les communes préexistantes les racines profondes et solides de la ville du 21ème siècle qu’elle est aujourd’hui.

Oui il en a fallu… et il m’en a fallu bien du courage pour résister aux bétonneurs, aux appareils politiques et aux forces de l’argent, pour résister aussi aux communautaristes et donc « accessoirement » multiplier ainsi des adversaires bien décidés à me voir disparaître…. voire « à m’y aider »…

Quand cela arrivera-t-il ? … la date n’en est pas encore fixée.

Mais que mes amis se rassurent, après Joachim Du Bellay dont je récite les vers, il me plaît aussi de fredonner cette chanson de Charles Aznavour :

« Il faut savoir encore sourire

quand le meilleur s’est retiré,

il faut savoir coûte que coûte,

 garder toute sa dignité

sans s’accrocher, l’air pitoyable ».

(et contrairement à Aznavour qui conclut sa chanson en disant « et moi je ne sais pas »….. moi, je saurai !).

En attendant, il m’appartient encore de « parfaire ma tâche », de boucler certains dossiers, d’en lancer d’autres, de témoigner du passé pour transmettre les relais, pour expliquer et réexpliquer comment et pourquoi nous en sommes arrivés là, pourquoi et comment nous avons réussi à être ce que l’on est et pourquoi et comment il faut faire et continuer pour ne pas reculer.

Pour moi, toutes les occasions sont bonnes comme samedi matin au Château de Flers pour y parler « université », « Grandes écoles », étudiants, vie associative, infinité de la nature, culture scientifique de l’infiniment petit à l’infiniment grand avec et partout, « l’humain et la vie au cœur de tout ».

Si Léonard de Vinci a pu écrire que :

« Le fer se rouille faute de s’en servir …

 de même l’inaction sape la vigueur de l’esprit »,

on constatera que la vigueur du mien reste entière et que donc, quoi que je fasse, je ne resterai pas inactif …

A l’instar de Jean Jaurès qui a dit :

« Je ne plierai pas.

Je ne me soumettrai pas.

Je ne me retournerai pas.

Je ne me coucherai pas.»

Oui vraiment : je suis et je reste un « homme politique »…. Pas vraiment comme les autres… même si, heureusement, je ne suis pas le seul dans ce cas.

Quelques mots, quand même, à propos des Élections Européennes qui auront lieu dans une semaine le dimanche 26 mai après une semaine de « braderie politique » et de « recyclages » en tous genres, et après l’entrée en campagne de M. Macron « devenu, de fait, tête de liste d’En Marche ».

Il faut voter le 26 mai et chacun(e) a le choix parmi 34 listes.

C’est un scrutin à un tour à la proportionnelle et donc chaque voix compte.

Il faut refuser le piège tendu de rejouer le 2ème tour des Élections Présidentielles de 2017 pour mieux préparer les Présidentielles de 2022.

On ne peut à la fois réclamer « la proportionnelle » pour mieux représenter tous les citoyen(ne)s et se contenter d’un choix deux listes.

Oui, je le dis et je le répète avec foi et avec fougue : le dimanche 26 mai, il faut aller voter et voter pour la liste la plus proche de ses idées et ce, sans calcul politicien…

Cette possibilité de véritable démocratie est rare. Il faut s’en saisir pleinement. Et ce aussi, en choisissant des députés qui siégeront et travailleront vraiment (et ça, « c’est pas gagné »). C’est pourtant ainsi et seulement ainsi que l’Europe sera plus démocratique.

Seule l’Europe nous permet de peser dans le monde !

Seule une autre Europe, citoyenne, sociale, culturelle de défense et de sécurité, humaine, écologique…. nous permettra de « survivre » en essayant de « mieux vivre » !

Avec une pensée pour ces deux jeunes soldats français qui ont donné leur vie, pour qu’ils ne soient pas trop vite oubliés par « les princes » qui leur ont rendu un hommage médiatisé et éphémère en les qualifiant de « héros »,

je terminerai par ces paroles de « Ma France » de Jean Ferrat

« De plaines en forêts, de vallons en collines, du printemps qui va naître à tes mortes saisons, de ce que j’ai vécu à ce que j’imagine,

… ma France ».

Oui ma France, celle que j’aime et que je parcours chaque été durant 3 semaines et demie, qui me remplit de plaisirs … et de passions.

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