Carnet n° 522 du 1er octobre 2018

« C’est le roi des casseurs, le roi des tombeurs… »

Quand, un jour de cette semaine, j’ai entendu dans les médias que l’ONU décernait à Emmanuel Macron le titre de « Champion de la Terre », j’ai tout de suite cru à une « fake news », comme on dit dans « le nouveau monde ».

J’ai eu la même réaction quand j’ai entendu aussi Jean Luc Mélenchon nous annoncer qu’à Cuba on avait découvert un vaccin contre le cancer du poumon.

Dans les deux cas, malheureusement, ce n’étaient pas des fake news mais des informations illustrant parfaitement « le nouveau monde » d’aujourd’hui et ses principaux acteurs parmi lesquels aussi Laurent Wauquiez et Madame Le Pen (je parle du titre décerné à Monsieur Macron, de la déclaration de JLM sur le cancer ainsi que de tous les chiffres migratoires « jetés en pâture »).

Au demeurant, « ces informations » sont tellement ridicules qu’elles m’ont finalement, durant quelques minutes, redonné le sourire et je me suis alors surpris à fredonner quelques paroles d’une chanson de Jacques Dutronc datant de 1973 décrivant ainsi « l’Arsène » Lupin incarné par Georges Descrières entre 1971 et 1974 :

« Quand il s’approche,
on cache les broches
et les sacoches.
Il vide les poches
sans anicroche..
C’est le roi des casseurs,
c’est le roi des tombeurs…
l’Arsène ».

Malheureusement, si le titre accordé par l’ONU à notre Président aurait pu nous faire sourire, la déclaration de JL Mélenchon aura donné de faux espoirs à bien des gens qui souffrent de cette terrible maladie et ça, « ce n’est vraiment pas bien ».

On me dira qu’il faut « s’y faire » car ce sera de pire en pire, mais moi je n’y arrive pas, pas plus que je n’arrive à accepter ce monde où tout est « dématérialisé » et où tout doit passer par des ordinateurs, des tablettes, des Iphones avec, « par dessus », un ou des « big brothers » qui tiennent nos vies entre leurs mains…

Mais pour revenir à la situation de la France et des Français au moment où « le prince qui nous gouverne et les siens » sont dans une spirale descendante d’une vitesse jamais relevée auparavant (heureusement pour lui et eux qu’il n’y a pas là de radar automatique…),

le moins que l’on puisse dire, c’est que la France et les Français de tous âges, dans leur grande majorité, vont mal !

Le gouvernement et le Président en place depuis 15 mois n’en sont certes pas les seuls responsables, beaucoup de ces maux existant déjà avant leur arrivée, en matière de sécurité qui se dégrade, de disparition de vrais services publics, de baisses de pouvoir d’achat, de hausses d’impôts, de tarifs et de taxes, de poussées accrues de toutes les formes de violences sans oublier un chômage à un tel niveau que le gouvernement se prépare à s’attaquer au portefeuille des chômeurs « pour faire des économies ».

C’est d’ailleurs parce que ces maux existaient déjà que ces « nouveaux » dirigeants ont été élus aussi massivement en dégageant brutalement ceux qui étaient en place sauf, bien sûr, celles et ceux qui, nombreux, ont eu un pied dans les deux camps, y compris le Président Macron qui fut un des principaux conseillers et collaborateur de François Hollande avant d’être Ministre de l’Economie.

Pour autant, puisqu’héritage négatif il y aurait… nous dit-on,

soit on essaie de prendre des mesures de correction, ce que font habituellement les sociaux-démocrates,

soit on prend « fait et cause » pour le système capitaliste libéral pourtant à la base de ces maux (même des économistes très libéraux le reconnaissent) et on prend alors des décisions et des mesures qui les aggravent. C’est ce qu’ils ont fait et qu’ils continuent à faire. Ils nous disent que cela n’a jamais été fait, et je confirme, car même des gouvernements de droite n’ont jamais osé maltraiter un aussi grand nombre de Françaises et de Français.

C’est pourquoi, à part les très riches qui jubilent, tous les autres « trinquent ».

Faut-il s’en étonner ? oui si on se souvient des conditions et des raisons du deuxième tour de l’élection présidentielle voire, le souffle espéré de nouveauté habilement distillé par un candidat qui se disait « ni de droite, ni de gauche », non quand on les voient « jouir » des coups brutaux qu’ils portent à nos concitoyens.

Certain(e)s espéraient élire un nouveau Jacques Delors ou un nouveau Chaban-Delmas…, on a élu un Monsieur Thatcher.

Ils vont électoralement, en 2019 et 2020, le payer très cher et ce sera plus que mérité.

Malheureusement les plus pauvres et les plus fragiles vont continuer à souffrir… et de plus en plus.

Malheureusement aussi ils vont entraîner dans leur chute l’idée Européenne elle-même en juin prochain.

Le pire c’est qu’ensuite, faute d’alternative social-démocrate ou centriste, la porte sera grande ouverte aux extrêmistes populistes à l’instar de ce qui se passe à l’Est de l’Europe, en Italie, voire au Nord de notre continent.

Si j’ajoute à cela que la macronie « étrangle financièrement » les collectivités territoriales tout en renvoyant sur les élu(e)s locaux, les citoyens qui souffrent des politiques gouvernementales…, des élus ainsi pris « entre le marteau et l’enclume » et qui n’en peuvent plus, certains démissionnant dès maintenant, beaucoup d’autres ayant l’intention arrêter en 2020.

Ne resteront alors que « les gardes rouges » Macronistes, Insoumis, Wauquieristes et Lepénistes…

Comme le dit une formule populaire, « avec çà les communes et les citoyens seront bien montés… ».

Mais, sans doute, est-ce là bien ce que recherchent nos gouvernants actuels : avoir des adversaires clairement identifiés qu’on peut battre ou acheter.

En attendant un peu partout et à tous les niveaux « les révoltes grondent » et je conseillerai à certains de voir ou de revoir les films consacrés à la fin de la royauté en 1789 (et +) avec toutes les images de luxe insolent assorties des paroles de Marie Antoinette, de Louis XVI et de leurs courtisans…

Même si « comparaison n’est pas raison » et si « l’histoire ne se répète pas »… elle balbutie, l’histoire de ces deux derniers siècles nous en a donné des preuves et des illustrations.

Si cette semaine je ne reviendrai pas longuement sur la vie Villeneuvoise et la richesse de ses activités, ses manifestations, ses petits et grands bonheurs ou plaisirs…pour ce qui est des gros dossiers les mêmes causes évoquées à d’autres niveaux produisent les mêmes effets avec une technocratie et une financiarisation galopante, un je m’en f…tisme ambiant, des exigences adressées aux élus par les citoyens guidés en cela par l’Etat (de manière de plus en plus agressive) pour les raisons que j’indiquais et qui sont, même pour l’élu expérimenté et amoureux de son métier que je suis, de plus en plus insupportables.

Et de l’illustrer pour moi et à l’intention de mes collègues élu(e)s par le « Rocher de Sisyphe » qui a donné une expression pour caractériser « une tâche particulièrement ardue qu’il faut sans cesse reprendre »,

et par « le tonneau des Danaïdes » où les filles de Danaos, dans la mythologie grecque aussi, avaient été contraintes de « remplir à l’infini un tonneau dont le fond était percé ».

Alors à ce stade, s’il ne me reste qu’une chose à dire pour décrire mon état d’esprit en ce jour, je reprendrai cette citation de Jean Jaurès :

« Le courage c’est de chercher la vérité et de la dire.
Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille.
Le courage, c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ».

Tout pour moi est dit, hier comme aujourd’hui, et sans doute aussi pour demain…

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